‹ Conformité du langage français avec le grecChapitre 93 sur 256 · CXX1V · texte numérisé non relu

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chet ordinaire des écrits de ce temps ; mais on n'y trouve aucune des hardiesses coupables qui avaient été précédemment blâmées. La sévérité de ses nouveaux concitoyens s* expliquera donc plutôt par un mou vement de susceptibilité et d'envie. En réalité , cet ouvrage fut contre Henri la cause ou le prétexte de rigueurs peu justifiées 1 . L'inspection des registres du conseil d'État ne laisse à ce sujet aucun doute. Une partie des exemplaires fut saisie : on le cita même devant les magistrats ; on l'accusa de n'avoir point publié son manuscrit tel qu'il l'avait soumis à la censure , mais d'y avoir fait , dans le cours de l'impression, des additions considérables. Ses réponses, empreintes d'impatience et d'aigreur, parurent aggraver sa faute. Menacé dans sa liberté , il crut prudent de s'éloigner de nouveau, et ce fut à Paris qu'il alla encore chercher un refuge. Il y résida, par ce motif, pendant la fin de l'année 1578 et presque toute la durée de 1579, jouissant, principalement à la cour, d'un accueil empressé et très-propre à lui faire oublier les contrariétés dont il avait été victime. Il faut le redire à cette occasion : loin qu'il ait été l'objet de quelques persécutions en France, il y trouva dans ses vicissitudes un appui qui ne se démentit jamais. On voit même Henri III le protéger, par l'entremise de son ambassadeur Harlay de

l . L'écrivain ne s'était dissimulé en effet , dans cette publication pseudonyme, que sous un voile fort transparent, se donnant pour un ami intime de Henri Estienne, dont il citait plusieurs travaux. L'étant allé voir dernièrement, disait-il , il l'avait trouvé devant une grande table chargée de vieux livres français, la plupart écrits à la main, et occupé à y rechercher, avec la connaissance de l'ancien langage, la trace des nombreuses altérations qu'il avait souffertes. Celui-ci , ajoutait-il, lui avait même communiqué là-dessus « un recueil des observations qu'il avait faites :» p. 131 des Dialogues.

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Sancy, auprès du gouvernement de Genève , et demander qu'il y puisse rentrer avec sécurité pour reprendre la direction de son imprimerie. Mais le conseil de la république se montra peu disposé à le recevoir en grâce. Il n'y consentit enfin qu'en lui réitérant l'avis d'être plus circonspect et l'ordre de ne rien éditer qui n'eût été auparavant examiné et autorisé 4 . Par un retour fait sur d'anciens griefs, on se plaignit que la témérité de quelques-uns de ses ouvrages lui eût dès longtemps mérité le surnom de Pantagruel de Genève et de prince des athéistes. Il dut, en conséquence, faire amende honorable pour le passé, et protester de son repentir dans une séance du consistoire. Une conclusion assez piquante de ces détails, c'est que la république de Calvin avait moins de tolérance que la monarchie des Valois. Les Estienne , en abandonnant leur pays natal , avaient cru mettre le pied sur une terre de liberté : ils purent reconnaître leur erreur; beaucoup de contrainte et peu de sympathie les y attendaient. Quoique l'établissement de cette famille n'eût pas été sans profit et sans gloire pour Genève , comme le faisait remarquer de Sancy, les chefs de la ville, affectant de ne pas être pour elle jaloux de cet avantage , signifièrent en plus d'une circonstance à Henri qu'il était maître de la quitter, quand il le jugerait à propos 3 .

1. Dans sa publication sur les principes du droit, « Juris civilis fontes et rivi, » qui eut lieu peu après, il fut tenu de montrer à un des ministres de Genève chacune des feuilles, avant de les inprimer ; et , pour avoir ensuite entrepris de reproduire , sans autorisation préalable , les Fastes consulaires de Sigonius , il fut cité devant le conseil , qui , non content de lui infliger une amende , joignit sans doute à cette peine la suppression de l'édition commencée, car elle n'a pas paru.

1. Il est vrai que, d'après Scaliger (voy. plus haut p. xxxvii,

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