CXCVII
seor y que Henri Estienne a dédié ce dernier traité , où il combat, dans cette école serviie, les ennemis du progrès des lettres et de la raison humaine. Un rare bon sens y assaisonné de malice, telle est dans ses mains l'arme empruntée à Érasme, qui porte à cette idolâtrie les derniers coups. En refusant Tempire do langage à un seul écrivain , quelque parfait qu'il puisse être, il arrive à cette sage conclusion , que l'étude de tous les auteurs classiques réunis doit concourir à former le style : cette diversité même des modèles lui semble éminemment propre à aiguiser la pensée ; elle est à ses yeux , pour l'esprit , un principe fécond d'activité et de puissance. Il a hérité de son père le culte respectueux de Gicéron; mais, en loi consacrant un libre et intelligent hommage y en s'appliquant surtout à le bien entendre, il croit lui faire plus d'honneur que les imitateurs maladroits qui compromettent son nom*
Ces doctrines littéraires , conformes à Thumeur indépendante de Henri Estienne, le conduisaient à repousser également tous les genres d'exagération. Par un rôle analogue à celui qu'il remplit pour notre idiome, toujours attentif à maintenir les bonnes traditions dans le langage latin, il devait parla suite, comme on sait, résister à rimitation outrée de Sénèque et de Tacite, en conseillant à Juste Lipse d*étre un peu plus cicéronien.
Remarquables par la rectitude du sens, le Psevdo- Cicéron et le Nizoliodidascalus ne se distinguent pas moins par leur élégante latinité. On y trouve cette fusion de styles que l'auteur, étranger à tout système et à toute école, recommande en l'accréditant par son exemple. Un savant spirituel, frappé du mérite de ces traités, a déclaré Henri Estienne meilleur philologue en latin et ea grec qu'en français^ : cette opinion indique l'estime