II s^agit de Martial, dont le vers se lit ainsi
Posthume , noa bene olet qui bene semper olet.
Epigr,, II, is, 4.
La première-édition de la Conformité, qui diffère d'ailleurs trèspeu de la seconde que nous avous suivie, n*a pas répété sempet.
|u*il vous fasse la grâce de parvenir au comble de vostre nieulx : item , Auquel j'ay mis toute Tesperance de aion mieulx, etc.
Je trouve aussi de mauvaise grâce ceste manière de parler i je l'ai remercié du bien qui m'a estéfaict en sa contemplation, au lieu de dire, pour son regard, ou en faveur de luy , ou simplement , selon le plus commun parier 9 pour Varrwur de luy^ Je ne prend gueres plus de plaisir à ces autres grands vilains mots : pour eorroboration de mxm dire , ou de mon propos ; démonstration ou signification d'amitié; et autres semblables. Hais surtout Je trouve une affectation fort impudente, et toutesfois fort fréquente, en quelques mots attribuez aox grands seigneurs, et principalement en ce mot de créature, quand on dit : Il est la créature d'un tel seigneur*; ce qu'on exprime aussi en cette sorte : Il est faict de la main d'un tel seigneur^.
1. Cette expression obséquieuse venait d*ètre empruntée aux Italiens, comme on le voit dans les JHalog, du firançois italianizé.
2. Deux passages de la première édition , outre une observation finale, ont été omis dans celle de 1569; et, par ce motif, je n'ai pas jugé à propos de les rétablir dans le texte. Toutefois, pour satisfaire la curiosité des amateurs de nos anciens textes , et pour que cette édition fût bien complète, j*ai cru devoir placer en note et cette observation et Pun et Tautre de ces fragments. Dépourvus de valeur littéraire , ceux-ci attestent seulement les sentiments hostiles de H. Estienne à Tégard de la papauté et ses velléités antireligieuses. Voici le premier , qui avait sa place ici : a Or, quant àceluy qu^on appelle La sua Santita^ il semble que cest honneur luy appartient aucunement en qualité de Dieu en terre (car par mesme raison quMl se fait appeler Dieu en terre , je croy qu'il ne fait pas conscience de s'appeler Créateur ; et par conséquent peult appeler tous ses supposts, et principalement les cardinaulx, ses créatures) : mais à Tesgard des seigneurs temporels, qui ne se mescognoissent jusques-là de prétendre aucune part ou portion à h deité , il me semble qu'on leur fait grand tort de leur attribuer des créatures. »
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Je me suis aussi esbahi souventesfois de ceux ^i, pour s*esloigner du commun parler, ont esté les premiers auteurs d'user de composez au lieu de simples, et de simples au lieu de composez : comme de déporter au lieu de porter , et de porter au lieu de supporter* Exemple : Il s'est bien déporté en ceste affaire , au lien de 9 II s*est bien porté; et y II estoit porté par les pliis grands 9 au lieu de dire, supporté. Mais encoresjwr^^' pourroit beaucoup mieulx passer, à mon avis, pour supporté, que port pour support. Et quant est aussi du f' verbal deportement , il me semble qu'il ha encores pIiK mauvaise grâce que son verbe déporter. Je confesse bien que le simple portement n'est point ou gueresen usage; mais aussi qu'est-il besoin de dire, Ses actim et deportemens, puisque le premier suffit? Et quant au verbe déporter, pourqaoy dirons-nous, se déporter y où nous pouvons user du simple porter? veumesne- f ment que desja se déporter ha une autre signification expresse : comme quand on dit , deportez-vous de cela. Quel besoin aussi est-il de se servir de port pour st^ port, puisque desja le vieil françois a retenu ce mot port pour signifier autres choses, et mesmement pour exprimer ce qu'on dit autrement maintien? LaqjOidïe signification de port s'accorde fort bien avec ceste façon de parler de Virgile, Quem sese ore ferens^.
Je ne doubte point que ce n'ait esté aussi par affectation, et pour se retirer du commun usage, qa'on a changé la construction de certains verbes et noms, comme : Je me suis esclarci^ de telle chose , au lieu de
t. Mn, IV, V. 11.