‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 202 sur 243 · Lucitisou l'Ane, c · texte numérisé non relu

Lucitisou l'Ane, c

3. Cette expression se trouve dans la belle ode dirigée contre les mœurs corrompues des Romains : III, 6.

Canformiié. 7

avons raison 4e dire qu'eux ont esté en ceci imitateurs du langage grec comme nous : veu que tel usage de ceste préposition nous est plus familier qu'à eux. Et Horace nommeemelity disant de tenero ungui, il n'y a point de doubte que selon sa hardiesse accoustumee(de laquelle j'ay parlé cidessus), il n'ait voulu exprimer mot pour mot y èl âirocXôSv dvu)^u>v. Toutesfois quand je di que les Latins ont emprunté l'usage de Ix en leur de nocte, il me souvient bien que Donat est d'autre opinion, disant que dbundat prœpositio de; ce qui est vray, si nous considérons qu'il pouvoit dire simplement noete pour le mesme; maifrà mon jugement (sauf Thonnenr de ce personnage » prince des grammairiens latins), il y a plus d'apparence que ce de respond à èx, veu qu'il se trouve mis ainsi en quelques locutions esquelles on ne pourroit aucunement dire qu'il fust superflu.

Obs. 4. J'ay aussi pris garde à un autre usage de ex ou e; , fort beau , en une certaine manière de parler, qui est autant aisée à rendre en françois qu'elle est malaisée à rendre en latin : c'est où ceste préposition se joindan génitif cas de l'article postpositif : comme 1^ £v abô(£vo(iiai. Mais je renvoyeray le lecteur au chapitre de l'article; adjoustantseulement cest exemple dcLucian, au dialogue de Parasita , oO^ iTepov ti , IÇ Sv çTjffiv , ^ to icapaffireTv, eu8aifi.ov vojxiCcov. Car je ne doubte que il £v (p^jaiv , ne se puisse et doibye interpréter mot pour mot en françois, A ce qu'il dit, qui vauit autant que. Selon son dire: comme en ces autres locutions, A ce quej'enten, A ce que j'en ay ouy , A ce que j'en puis veoir.

Obs. 5. Encores ne fault-il pas oublier cest accord de Ix avec nostre de : c'est que nous disons Henri Estienne de Paris, pour Parisien ; comme on dit en grec M(Xa)v 6 |x KpoT(a)vo< , au lieu de Mi^v 6 KpoTCDyiàTYic ^ et une infinité d'autres semblables.

ÛBS. 6. De il je viendray à èitl, qui est aussi une préposition qui ha grand cours (respondant à nostre sur), et mesmes en significations diverses : l'une desquelles est quand iivC dénote charge, comme 6 IttI zm dTro^j^i^TODv,

ô licl Tâ)v iTrtoToXcijv , ô iiA Tb>v ditoxpi{iiàT(it>Vy 6 iià tmv

^evîuv (que nous appelons aujourdhuy mareschal des logis). Je di que nous donnons à nostre sur ceste mesme signification en quelques façons de parler : comme quand nous disons , Il est sur toute la maison ; ou , Il est sur toute Tarmee; ou , il est sur les finances : au lieu de dire » Superintendant des finances.

Les Latins se sont aidez d'une autre préposition pour signifier telles choses , asçavoir a on ab : comme ab epistolis, a secretis, a pedibus. Toutesfois Q. Cuï'ce s'est monstre plus hardi que les autres (comme aussi en quelques autres endroicts) à imiter la façon de parler grecque 9 usant ainsi de super somnum}.

Obs. 7. Geste préposition IttC^ estencores en deux autres usages conforme particulièrement à nostre langage. Le premier est celuy que nous voyons en ce passage de Lucian: en la fin du dialogue* où Amour prie lupiter de luy pardonner , ItcI toutoiç aùtoïç «{piTjfxi ce : item en cest autre qui est vers la fin de son Symposium, Itci TouToiç SieXvÔY) TO cufATcociov ; car on peult veoir que liçi se prend en ces deux passages comme nous prenons aostre sur, quand nous disons , Sur cela il prit congé de luy. Ce qu'on dit autrement en vieil françois, Et à tant il prit congé de luy.

1. Je ne trouve pas cette expression dans Q. Curce; mais J'y rencontre en effet plusieurs acceptions notables de super, parti - <îulièreiiient , VI, 1 1 , et VIII, 4 , à la An (édit. Lemaire).

2. Les deux éditions de la Conformité portent ici 1% : mais c*est une méprise évidente.

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