Quelquefois d'un seul mot cAaucfecoZc, premier mouTeneat
IteiDi quand nous parlons ainsi , Mon pas pour dire , nous exprimons l'adverbe grec àliok&fta^ : comme si on me demande, Est-elle belle? je respondray, Non pas pour dire y ou, Non pas pour en parler : comme qui diroit oôx à^ioXoycoç xak^ ; ou , sans user du mot composé , oux â^iov Xoyou l/owa xaXXo<. Nous disons aussi quelquesfois f Gela ne vault pas le parler : comme qui diroit ,
ouSiv d^ioXoydv iaxt.
Nostre langage reçoit aussi telle commodité de ces mots, avantage, desavantage, et avantagé, désavantagé, que les Grecs des leurs , irXsov^xTvifAa, (A6tov^xT7)(Aa , et icXsovextwv, (AeiovexTÎov : au lieu que les Latins sont contraincts d*user de cinq ou six mots pour l'un de ceuxd» et encores en la fin ne se trouvent point advenir du tout à la signification.
Mais nous sommes encores plus riches que les Grecs en ce que nous disons en sa signification active , Avantager quelqu'un» et Desavantager quelqu'un , ce qu'ils ne peuvent exprimer par leurs icXeovexreTv et (utovexTEtv.
Or, combien que les quatre mots françois, que j'ay dicts cidessus , accordent avec les quatre grecs en la signification, je ne nie pas que si on ha esgard à l'etymologie, avantage ne s'accorde mieulx avec ?rpot£py)fjLa , qui aussi signifie une mesme chose : mais il n'est pas tant en usage que itXeovixTiifAa, et moins encores est usité son contraire , asçavoir uarspyijjia.
Nostre langue ha aussi quelques petits mots simples (c'est-à-dire non composez) qui s'accordent avec les grecs en leur origine ou etymologie , aussi bien qu'en
emportement soudain. Agir à la chaudecole (ou comme Tëcrit H. Estienne, à la ehaulde choie), c'était agir sans réflexion. Choie ou cole, dans le vieux langage français, signifiait bile, et par extension , disposition , désir.
leur signification. Exemple : IM est l'adverbe duquel \^ OD vse quand oo monstre quelque chose; ce que les La tins disent eeee, les François voici. Mais ecce ne respond anconement an grec quant à l'origine : au contraire nosbre vowi se rapporte totalement à iSou. Car voici est autant que si on disoit, Yoy ici, c'est-à-dire, Regarde id. Or s^y-je bien que j'ay observé telle convenance de ces deux langues en autres petits mots, et mesmement en adverbes, comme l'est cestuy-ci; mais maintenant la mémoire ne me les peult fournir.
Il y a aussi plusieurs autres mots en nostre langage, et principalement verbes, acoordans avec les mots grecs en la signification qu'ils aillent métaphorique : sca- Aoir est quand on transporte à quelque mot la signification qui proprement appartient à un antre. Exemple : voulant signifier qu*on m'a tansé fort rudement et dict grosses injures» je diray. Il m'a pensé estrangler. Les Grecs usent ainsi extraordinairement de leur âicotcviyEty (qui proprement signifie estrangler)^ tesmoin Locian en quelques passages, desquels cestuy-ci est un, au dialogue intitulé Choron s diroicvi^cic yèi^i^Z oTS' Su) lov
*'0(A3)pov xsteXOÀv, ha TÎj ftrfaXr,Yopia tSv èicwv.
Autant en est-il de Siap^YvuvOai ou ^ta^orpivat : car ils usent de ce verbe métaphoriquement (et nommeement Lucian en son Symposium) , pour exprimer un despit extrême, ainsi que nous de nostre verbe crever, auquel nous adjoustons aucunesfois de despit, et disons, Crever de despit.
Mais ce mesme auteur (je di Lucian) use aussi fort volontiers en ceste signification du verbe àiminvfta^^i, et mesmes quelquesfois de l'actif diroicviYEtv , comme
TfllÛTa [xg àiroTcvtyei, Acopiciiv*.
1 . Voy. le XTV* des Dialogues de courtisanes, déjà cilés pîus haut, p. 72.
Pareille convenance est entre le (rufjLtpépecrOat grec et Dostre comporter : car telle signification que nous donnons à nostre comporter, quand nous disons , Je prise beaucoup de se sçavoir comporter avec toutes sortes de gens; telle la donnent les Grecs à leur ouf^cpépEcrOat , quand ils disent, o!$e 9ufii(pspEff6ai toIç irapouvi*.
£t ceste façon de parler me fait souvenir d'une autre : asçavoir quand nous disons , Il ne peuit compatir avec personne y ou, Ces choses ne peuvent compatir ensemble, ou, Ces choses sont incompatibles. Esqueiles locutions ce mot compatir n'ha rien de commun avec le langage latin , mais semble qu'on le doibt plustost rapporter au mot grec sympathie ^ comme si on disoit compathie, en changeant la préposition grecque en la préposition la-* tine, qui est aussi nostre.
Item , comme nous disons J'ay faim de dire ou de faire cela, au lieu de, J'ay désir, ainsi use Xenophon de TceivavS qui proprement signifie Avoir faim.
Item, ne plus ne moins que nous disons avoir perdu ce qui nous est eschapé de la mémoire ; ainsi a usé Lucian de aTcoXcaXexa^ en ce passage du dialogue intitulé Jupiter tragœdus, ^TroXwXexaç , 5 Zeîî , wo^^ta.
Nous disons aussi quelquesfois, J'ay mangé ce que je voalois dire, ainsi que Plante use de devoravi*; et Lucian auiSSi a dict* àvafxyipuxaaôai t^ fAViîfJi.yi xà peêpwfx^va;
1 . Xenophon a employé cette expression vers le commencement de son Vif !• livre de la Cyropédie : toi; ji-èv 69) \i.^ itapovaiv oCItw npoceçëpsTo.
2. Dans son Banquet des philosophes , IV^ 36 (édit. Didot), où , en mettant au grand jour les principes de son maître Socrate, il s'est proposé surtout de rendre hommage à Tinnocence de ses mœurs.