C'est le siuème des Dialogues des dieux
OeTv , ôçTTÊp xât TtpoêaTa. Au dialogue appelé 4>iXo<}/euST5(; * : Kc/^Tflvdreç «Tevèç , Trpoçeïj^ov aôxw YgpovTÊÇ dfvSpsç , âXxofxevoi TTjç f ivo'ç. Et l'invective qu'il a falote contre un ignorant qui acheptoit force livresS xal y^p o^x oTS' ^irwç facrroç eÏ TTJç f tvoç ^xgffôai , xa\ Treoreueiç aÔTOÎç ^Tcavra.
Il y a aussi le plus souvent de Thyperbole en ces façons de parler qui sont aucunement proverbiales. Les cheveux me dressent à la teste de peur; Il clacque les dents de froid : comme aussi quand on dit , U gelé à pierre fendant. Je ne di pas qu'il y ait tousjours de l'hyperbole; pource que ce sont choses qui peuvent, et mesmes qu'on veoit advenir quelquesfois , que les cheveux dressent à la teste de grande peur qu'on ha : et souvent aussi on clacque les dents de froid ; aussi on veoit la gelée fendre les pierres. Mais souventesfois pour exprimer une fort grande peur, on adjouste ce dressement de cheveux , encores qu'il n'en soit rien ; et pour monstrer un froid extrême , on le depeînd par ce clacquement de dents , encores qu'on ne les ait point clacquees ; et pour donner à entendre comme il gelé asprement , on adjouste ce fendement de pierres. Tant y a que je trouve que telles façons de parler ont esté paravant en usage entre les Grecs. Et premièrement , quant aux cheveux qui se dressent de peur, Lucian, en sou Philopseudes , *0paT6, Içt), SxwçltppiÇa, w <p{Xoi, (xeraîl» SiTjyoufxevoç; xai éffiia Xsyodv , lôetxvusv ô EùxpaxTiç tàç lirl
1. Le Menteur ou l'incrédule : ce dialogue est, du* reste, bien moins dirigé contre les menteurs» que contre les philosophes du temps de Lucien , qui admettaient et propageaient volontiers les pins folles superstitions.
2 . Cette satire est dirigée contre un homme riche dont la manie eût dû trouver grâce aux yeux d^un homme de lettres : Lucien avait sans doute quelque motif d'être son ennemi.
( 186 ) Tou wfiYjio^ ^9^'A^^ nSotv ôpôdi< uiro tou cpo'êou. Et combien est ancienne telle manière de parier, nous le pouvons cognoistre par Homère , qui en a usé; comme aussi ont les poètes latins après luy ^
Quant au froid qui fait clacquer les dents (que nous disons quelquesfois Trembler à dacquedents) , nous trouvons ceste locution dedans le mesme Lucian mot pour mot » en son KcxTànXouç ^ Tupavvoç ^, où le povre Micylle dit , OOx Iti ô xaxo8ai[jiu>v IcoÔev e< é<ncÉpav ausvn^
SiafAEVÔ), OuSè TOU }^6l)Acli)V0Ç àvU1Co8STO< TE Xttl ^{AlYUpO^ TTEptVOOT^aU , T0ll< 68OVTOIÇ U7T0 TOU XpUOUÇ (TJfXpfntâ'^ . Ot , Sl
j'ay bonne mémoire, ce mesme auteur, en quelque endroict , dit aussi xoùç ôSovTaç 67co tou 8Éouç cruYxporeîv ,
ou uTcb TOU 9060U' : c'est-à-dire , Clacquer les dents de peur.
Quant à ceste façon de parler, Il gelé à pierre fendant (en laquelle aussi nous devons observer une application estrange de ce participe fendant) , il ne me souvient pas bonnement en quel auteur grec je Fay leue; mais J'ay bien mémoire d'un passage d'un comicque latin nommé AfraniusS Quis tu es, ventoso in locosoleatus, intempesta nocte sub divo, aperto capite, silicem quum findat gelus ?
Voici une autre sorte d*hyperbole plaisante. Nous disons d* une viande apprestee fort friandement. Vous en mangeriez vos doigts ; Ils en ont cuidé manger
1. Voy. Homère, IL, XXIV, 359, et Virgile, En. , II , 774; etc.
2. Le trajet ou le Tyran : espèce de dialogue des Morts, doublement recommandable et par la peinture des caractères qu'il renferme et par son but moral.
3. c'est Oico Toù T(>ô(iou, sens identique : voy. Jupit. trag-i c. 45.
4. H. Ëstienne a donné la même citation dans ses Fragmenta poelarum velerum latinorum, 1564, p. 62.
leurs doigts. Qui penserait qae les Grecs nous eussent aippris à parler ainsi? et toutesfois voici de quoy en ce passage d'un poète comicque nommé Alexis, au XII« livre des Deipnosophistes d'Athenee ,
— IIoXl^v S* Iyo) 'Eiv TcapaOâ) aoi, TupoçxaTfiSyi xoùç SaxTuXouç ,
Et en ce passage aussi d'Aristophane , Iv IIuOaYopetocç , allégué par le mesme Athenee au 1V« livre ,
'EtteI irapdlOeç aÛTOîaiv ly^Z^ ^ xpéaç , Kh [A^ xaTE^Oicodi xal Tobç ^axxtjXouç , 'EOéX(i) xp£;i.«^^0(i ^xaxiç.
Il me souvient d'avoir leu en quelque autre endroict TcpoçxaTscpaYov xal roi^ç SaxtuXouç. Or, ce qui a donné occasion àceste façon de parler, c'a esté qu'en quelques pays on lèche ses doigts quand on a touché à quelque friandise : mais au lieu de dire , Vous en lécherez vos doigts, tant vous le trouverez hon; on dit, Vous en mangerez vos doigts : asçavoir à force de les lécher \.
1 . On pourrait citer encore bien d'autres expressions figurées , communes au grec et à notre idiome. En voici une par exemple : veçéXt) o(ppu(dv , nuage de sourcils , de front , pour air reflrogné. Nous disons un front nuageux ^ couvert de nt/agcs, comme Racine a dit aussi : un front chargé d'ennuis. Plusieurs de ces locutions se trouveront dans un travail publié à Berlin en 1826, et qui porte sur le même sujet que le traité de H. Estienne. C^est une thèse de M. le professeur Ârlaud, divisée en deux parties, dont la première est latine et la seconde française : « De gallici sermonis cum graeco Convenientîa, » 33 p. in-4". Elle a paru dans un livret ayant pour titre : « Programme dHnvitation à fexamen public du collège royal français, fixé au 17 mars 18!26. » hauteur a profité beaucoup de la lecture de Henri Estienne, comme il le montre en
A propos de viande bien apprestee , nous usons aussi d'une hyperbole qui est venue des Grecs y quand noos disons de quelque viande , laquelle n'ha besoin de de- Ile meurer long temps au feu , mais est incontinent rostie, p Il ne fault que luy faire veoir le feu • ou , Il ne fault que la monstrer au feu^ Or , que ceste locution aussi soit venue des Grecs, leur proverbe XBe mîp à<pua^, en rend suffisamment tesmoignage.
Il y a aussi de Thyperbole en ceste façon de parler, Il n'y daigneroit pas toucher du bout du doigt ; laquelle il me souvient avoir lue en quelque ancien auteur grec, et se trouve en saint Matthieu ^.
Je vien tout d'un train à des autres proverbes, qui ne sont point de ceste façon , c'est-à-dire desquels la grâce consiste en autre chose qu'en hyperbole.
Gomme nous disons à quelqu'un qui survient après qu'on a tenu quelque propos de luy , Les oreilles vous comoyent-elles point (car nous usons en deUx sortes de ceste façon de parler)? ainsi disent les Grecs, oux l^fA^ei aoi rii &xol ; Lucian , en un de ses dialogues het»riqnes', yj irou, co Ilapfjiévfov , lêofA^si xiitaxa ôfxTv; àelyoïp
lfA6(AVy)T0 i[ X6)CTV)(A€VV) fASxà SaXf>Ub)V.
Item , comme nous disons , Il m'a fermé la porte aa
le citant à diverses reprises. Dans ce morceau ^ exclusiTement grammatical , il n'y a même qu'un résumé des idées développées par notre écrivain ; mais les mots et tours semblables que présentent Tune et Tautre langue sont rapportés en assez grand nombre. C'est là Tobjet d^une espède de glossaire qui forme toute U deuxième partie.
1. Voy. le recueil des Proverbes grecs par Schott, Anvers, in-4*', 1612, p. 446. Cet adage répond à celui-ci des Français: aussitôt dit, aussitôt fuit.