‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 220 sur 243 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

ADVERTISSEMENT

vant que venir au recueil alphabétique des mots de re langue, tant de ceux qui sont purement et entiesnt grecs, quant à leur origine, que de ceux qui en pris leur etymologie, je mettray ici le dénombret d'une partie de ces premiers-la (asçavoir qui sont lement grecs) , par ordre des matières et comme des K communs des significations.

3 di donc, en premier lieu , qu'une grande partie des s par lesquels nous signifions les maladies, sont » : les uns terminez en sie, comme hydropisie, lisie, paralysie, phrenesie, pleurésie; puis ayans » leurs adjectifs terminez en ique, comme hydropi- , phthisique , paralytique , phrenetique ; hormis uns desquels les adjectifs seulement nous sont délirez en usage, comme éthique (pour hectique), unatique (et mesmes s'en trouve quelqu'un qui est stantif, soubs ceste termination, comme colique).

Les autres terminez en lie eu xie, comme melancholie, apoplexie; les autres ayans autre termination, comme migraine ( ou piustost roieraine ) , catarrhe. Aussi d'aucuns substantifs grecs nous avons faict des adjectifs, comme podagre, chiragre.

Et comme nous avons retenu les noms grecs de la plus grande partie des maladies , aussi avons-nous gardé un grand nombre des noms grecs des medicamens on remèdes , tant composez que simples : comme emplastre, cataplasme, clystere, apozeme, ptisane, oxymel, etc., et mesmes aucuns de ceux qui commencent par dia, comme diacuion ^. Et des noms des herbes : comme auronne, cichoree, ozeille, persil [pour petrosil), menthe , coriandre, agaric , aloe, anis, aneth , comin (pour cumin) , coloquinthe, asperges, mandregloîre (pour mandragore^). Semblablement des noms de fruicts: comme citron, pistaches , cerises, chastaignes. Et nonseulement les noms des medicamens, mais aussi de ceux qui les fournissent : car apothiquaire vient du grec, ayant la mesme origine que boutique. Quant aux noms de ceux qui les ordonnent ou applicquent , nous avons pris Tun du grec, Tautre du latin : chirurgien (comme aussi chirurgie), du grec ; médecin et médecine (pour medicin et medicine) , du latin. Et à propos de l'art de chirurgie, nous avons aussi pris du grec, anatomie, anatomique, anatomiste. Pareillement avons-nous retenu quelques

1. Aujourd'hui diachylon. On apercevra aisément les légères modifications qu'il faut ainsi faire subir à plusieurs des mots qni précèdent ou qui suivent.

2. Cette dernière forme subsiste seule aujourd'hui. Jadis on disait aussi main de gloire, et cela venait de ce que les charlatans attribuaient à la racine de la mandragore, préparée d'une certaine manière, des propriétés merveilleuses, celle, par exemple, de doubler l'argent qu'on mettait auprès d'elle.

noms des instramens des chirurgiens ; entre lesquels est trépan.

Nous avons aussi retenu quelques noms des parties du corps humain : comme estomach, chef; car si on use en x£(paXi{ d'une mesme syncope de laquelle usent les poètes en xapv^vov (qui ha la mesme signification)» quand ils disent xdçv\, il demeurera xs<py auquel mot nous changeons la lettre aspirée en sa contraire, comme nous disons, chien, faisans du c latin un ch, au lieu que les Picards retiennent le c, disans, cien. Item je ne doubte point que rable (lequel toutesfois se dît plustost de quelques bestes) ne vienne de pot^i<:. Aussi ont pris les Picards leur gargate^, deYàpY«ps«V'

Item fault noter que nous avons aussi formé des adjectifs d'aucuns de ces noms : comme de (XToVa^^oi; nous avons faict stomachal (en la mesme sorte que nous disons cordial}, exprimant^ ce que les Grecs disent gxoilol- X,ixov et plus souvent eudToixayov. Mais il fault prendre garde qu'en l'adjectif nous corrigeons la faulte que nous faisons au substantif, au devant duquel nous mettons une lettre superflue, quand nous disons estomach; la-quelle nous laissons' en stomachal. Et telle superfluité se trouve en plusieurs autres mots, les uns pris du grec, les autres du latin : comme eschole , estude. Et comme nous laissons le e en stomachal , que nous mettons en estomach ; aussi laissons-nous, en studieux, le e d'estude. Mais ce vice de cest adjoustement de e est beaucoup plus commun à ceux du Dauphiné et de Languedoc , et de ces quartiers-la, qu'à nous autres : car ils disent

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