‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 75 sur 243 · CVI · texte numérisé non relu

CVI

on ne s'étonnera pas qu'une sorte de superstition se toX emparée des esprits et qu'on ne sût plus croire que les princes et les grands pouvaient mourir , comme d'auti«s hommes , par des causes entièrement naturelles. Butant les simples explications de maladies , d'accidents et de vieillesse , l'écrivain s'ingénie pour assigner des motifs sinistres au trépas de tous les personnages importants de cette période. Il en fait peser l'effrayante responsabilité sur cette femme qui a introduit , dit-il , parmi nous tous les vices de son pays. Désastres particuliers ou publics 9 calamités de la guerre ou de la paix» meurtres accomplis ou projets de meurtres , il rassemble tout avec un art qui donne aux accusations groupées une affreuse vraisemblance, pour en accabler [agnmde coupable, qu'il appelle notre Brunehaut Italienne. C'est en effet par une comparaison de Catherine avec Brunehaut qu'il couronne cette sombre énumération de perfidies et d'attentats : encore lui semble-t-il que, dans ce parallèle, la balance du crime penche grandement du côté de la première ; et rappelant le supplice infligé à la digne rivale de FrédégondeS il montre à la reine-mère cette horrible mort comme une menace suspendue sur sa tête.

L'emportement de la passion contemporaine est ici manifeste. Catherine de Médicis , que l'on a mieux jugée de nos jours, n'avait, ni dans sa politique ni dans ses forfaits, cette profondeur raffinée que lui prête H. Estienne : ce ne fut ni la meurtrière ni la furie qu'il suppose; mais femme ambitieuse, faible et légère, fort au-dessous, par le caractère et l'esprit, du trône où l'avait placée la fortune, elle ne connut de principes de

1. " Traînée, dit-il, à la queue d\in cheval, elle finit sa méchante vie, étant déchirée par pièces. *>

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