‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 98 sur 243 · P. 313 et 314 de Tédit. in · texte numérisé non relu

P. 313 et 314 de Tédit. in

2. De latinitate Lipsii Palœslra prima, Francfordii, 1595, in-8'.

3. Teissîer, Éloges des hommes savants, tirés de V histoire de M. de Thon, avec additions, în-12, 1696, Utrccht, t. II, p. îg*».

( CXLYIII )

magne une école de latinistes» qui par subtilité et par affectation tendaient à dénaturer la langue. Enthousiaste de Tacite, à une époque qui ne savait pas assez admirer ce grand écrivain , il n*avait pu éviter entièrement, dans son effort pour s'approprier les beautés de ce périlleux

modèle, recueil de l'obscurité et celui de l'archaïsme; il avait pris aussi à Sénèque quelques-uns des vices brillants signalés par Quintilien : les disciples de Jaste Lipse avaient, suivant l'usage, copié, en les exagérant, les défauts du maitre , plus faciles à reproduire que ses qualités. Henri Estîenne n'a pas été le seul à remarquer de son temps cette influence corruptrice* ; mais gardien des bonnes doctrines, il se croyait plus qu'un autre appelé à com battretout ce qui choquait la pureté du goût classique. La concision exagérée de cet écrivain, sa recherche de la finesse et du trait , qui semblait tendre des pièges à l'intelligence des lecteurs, sa teinte surannée à dessein, son érudition prétentieuse, ses expressions souvent fausses et pëdantesques en visant à la profondeur, sont, pour Henri Estîenne, l'objet de moqueries sans mesure : peu auparavant il avait déclaré dans pne première lettre satirique , en s'adressant aux imitateurs de Juste Lipse, qu'il ne voulait être oison railleur ni son flatteur* : la vivacité de sa nouvelle attaque eut pour fAcheux résultat de le faire passer pour un envieux de cet homme illustre.

1. Voy. Pasquier, Recherches de la France, IX, 29, etc.; cf. Scioppius, Judicium de stylo historicOj Soraî, 1658 , in-l2, p. 10 et siiiv.

2. 11 jouait sur les mots Lipsiomimi, Lipsiomomus eiLipsk)' colax : cette lettre était placée à la suite des deux harangues Adressées au congrès de Ratisbonne. En rapprocher la xi^" Dissertation chrétienne et wioraZc de Balzac où celui-ci raille comme H, Esticnne « les singes de Lipse. »'

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