‹ CongoChapitre 11 sur 39 · BAYANZI PRENANT LEURS DISPOSITIONS DE DÉPART · texte numérisé non relu

BAYANZI PRENANT LEURS DISPOSITIONS DE DÉPART

lesquelles la fuite à la rive, en un bon refuge, constitue le seul salut.

Les tornades viennent généralement de l’est et sont annoncées par de gros nuages sombres, qui apparaissent soudain à l’horizon. Ils marchent avec une rapidité très grande vers le zénith, où ils ne tardent pas à se déchirer et à déverser vers la terre de véritables cataractes accom-

pagnées de vent et d’orage qui, par leur violence, jettent l'épouvante. Les indigènes ont un talent spécial pour s’abriter. Us lient ensemble à la rive quelques branches d’arbres, jettent par-dessus une natte ou deux et, après avoir allumé un feu, se blottissent sous cet abri et y sont aussi à l’aise que si les éléments n’étaient pas déchaînés. A terre quand ils sont surpris par la pluie, ils fuient et au préalable pour ne pas mouiller leurs pagnes, ils les enroulent et les placent sous leurs bras.

Le fétichisme. — Chez les noirs du Congo le fétichisme est autant d’ordre politique que religieux, pour autant que l’on puisse qualifier de religion les pratiques d’une grossière superstition. Tout ce qui se rattache au fétichisme est réglé, par les prêtres ou féticheurs, d’accord avec les chefs indigènes. C’est une institution destinée surtout à faire adopter par la masse les décisions des dirigeants, en leur donnant une consécration occulte. C’est si vrai que j’ai eu fréquemment l’occasion d’entendre de jeunes chefs, non encore habitués à s’appuyer sur les manifestations fétichistes, se moquer de la trop grande crédulité avec laquelle la masse accueillait ces sortes d’oracles. Est-ce de l’autosuggestion, ou toute autre manifestation d’ordre psychique? Toujours est-il que les anciens féticheurs et les chefs d’âge semblent croire sincèrement à la puissance de leurs invocations. Le profane est d’autant plus impressionné que toutes les manifestations du culte sont soustraites à ses yeux. Il n’en connaît jamais que les résultats.

De la part de l’indigène, on n’aperçoit aucune manifestation extérieure d’un sentiment religieux. Tout au plus s’entourent-ils de quelques objets d’usage courant, tels que des pots en terre de formes et de dimensions diverses, auxquels ils attribuent le caractère de fétiche après y avoir versé des mélanges d’huile, d’arachide, de n’gula (écorce

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