‹ CongoChapitre 13 sur 39 · SOUFFLET DE FORGE · texte numérisé non relu

SOUFFLET DE FORGE

Dans l’au-delà, l’on sera plus ou moins riche, heureux et puissant, suivant les conditions où l’on s’y présentera. C’est là l’origine des sacrifices humains. L’homme le plus puissant serait déchu dans l’autre monde s’il ne s’y faisait accompagner par un cortège de ses esclaves et n’y apportait une partie de ses richesses.

C’est en conséquence de ces croyances qu’à la mort d’un chef ou d’un homme libre, on sacrifie un nombre d’hommes et de femmes en rapport avec le rang social du défunt. Parfois aussi, on place dans la tombe des indigènes vivants, dont les corps servent d’assise au défunt. Ces sacrifices s’accomplissent suivant différents rites : les femmes sont généralement pendues à proximité de la tombe, tandis que les hommes ont la tête tranchée. Les victimes sont exposées pendant plusieurs jours à côté du corps. L’indigène prétend qu’elles sont heureuses de leur sort. Tout ce que j’ai pu constater, c’est que ces malheureux sont épouvantés à tel point, qu’ils ne semblent plus se rendre compte de ce qui se passe autour d’eux.

Souvent aussi on cherche à acheter des esclaves étrangers au village, de façon à ne pas trop entamer la population de celui-ci. Il est d’ailleurs à remarquer que la qualité des esclaves, leur âge, leur force, ne sont pas toujours pris en considération ; on ne semble attacher d’importance qu’au nombre. J’ai pu constater avec certitude que c’étaient généralement les plus misérables, les femmes les plus vieilles, qui étaient immolés. Les étoffes et objets divers faisant partie de la fortune mobilière du défunt servent à ensevelir le corps. On le place sur une chaise que l’on recouvre des étoffes auxquelles Ton fixe extérieurement des perles, des assiettes, des gobelets, des cuillers, des fusils, etc., etc. Le tout forme une masse volumineuse qui constitue la bière à laquelle on cherche à donner l’apparence d’une civière allongée, facilement transportable. Cette bière

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