PANIERS
est promenée par les villages avant l’enterrement. Les porteurs affichent une violence extrême en accomplissant cette partie du rite funéraire, ils se précipitent à travers les rues des villages, passent et tourbillonnent dans les parties élargies et finalement tombent épuisés, le corps couvert de sueur. Ils ne s’inquiètent guère de ce qu’il peut advenir du cadavre pendant ces courses folles : il appartient aux spectateurs de s’efforcer de le maintenir en équilibre sur ses assises. C’est une cérémonie véritablement infernale, destinée à effrayer les esprits et à écarter leurs noirs desseins.
Les femmes libres sont enterrées en grande pompe. Mais pour l’esclave le cérémonial est plus simple. Il peut devenir imposant quand on désire célébrer certaines vertus extraordinaires que possédait le défunt. En l’espèce, c’est surtout la vertu guerrière qui est exaltée. La tribu honore le mort, dans l’espoir d’hériter de sa bravoure en décidant l’esprit du défunt à passer dans le corps de chacun de ses membres, de façon à faire d’eux autant de héros. La guerre était en honneur, car c’est par elle qu’on imposait la loi au plus faible. Il fallait être fort et vaillant pour ne pas subir le joug du voisin. D’où le culte spécial rendu à la bravoure.
Telles sont les phases émouvantes du drame qui se déroule quand la mort vient frapper l’indigène. Mais ces cérémonies sont précédées d’un apparat moins bruyant et plus impressionnant par sa simplicité. La mort d’un des habitants semble tout d’abord plonger le village dans la consternation. Ce n’est qu’après, quand les danses et les libations auront échauffé les esprits, que se produit l’explosion de sauvagerie que nous venons de décrire.
Dès que la mort est constatée, les proches et successivement tous les habitants, se répandent par le village, se lamentent, pleurent, se prosternent, se roulent par terre et