‹ CongoChapitre 15 sur 39 · UNE EXÉCUTION CHEZ LES BAYANZI · texte numérisé non relu

UNE EXÉCUTION CHEZ LES BAYANZI

se livrent à mille contorsions. En s’abordant, ils se questionnent sur le départ du maître, du parent, de l’ami. Où est-il ? Parti pour le grand voyage. 11 ne nous aimait donc plus? Et ces scènes se prolongent pendant toute l’exposition publique du corps, jusqu’au jour des grandes cérémonies. Mais la première phase reste intime, les habitants des autres villages n’y participent pas. Le corps est lavé, paré, et la toilette est poussée jusqu’à ses derniers raffinements : on fait usage en abondance d’huile de palme et de teinture rouge. Le corps est veillé jusqu’au jour de l’enterrement. les femmes ne mangeront que des fruits crus de la terre. En guise de deuil, elles abandonnent les étoffes européennes, pour se vêtir de la façon la plus sommaire; elles s’enduisent la figure et le corps de charbon de bois pilé. Pendant six lunes elles porteront ce deuil, sans jamais user de la moindre ablution.

Des émissaires se rendent dans les environs dès que le cérémonial des funérailles a été arrêté. Et au jour convenu, l’on voit s’organiser de véritables pèlerinages qui, dans un ordre parfait, s’acheminent à la file indienne vers le village du défunt. Ce sont des milliers d’indigènes, hommes et femmes, en grand apparat, qui vont porter leurs condoléances et leurs présents; ceux-ci, consistant en pièces d’étoffes, perles, sonnettes, etc., etc., sont attachés, bien en vedette, autour de la ceinture des visiteurs. Au village les danses sont organisées : aux unes prennent part les étrangers, aux autres les concitoyens du défunt. Le malafu est distribué avec largesse, et il semble extraordinaire que, dans ces conditions, ces bacchanales se déroulent sans que de nouveaux drames viennent les ensanglanter. Les danses varient à l’infini. Les unes sont réservées aux hommes seuls. Les autres aux femmes, à d’autres enfin participent les deux sexes. J’ai vu à une de ces occasions un cercle formé par de vieilles femmes, qui toutes portaient des

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