‹ CongoChapitre 26 sur 39 · RAPIDES DE LÉOPOLDVILLE · texte numérisé non relu

RAPIDES DE LÉOPOLDVILLE

quitta pour rentrer en Europe. Tous mes instants furent d’abord absorbés par la nécessité de préparer l’arrivée de l’expédition Stanley. Nous n’avions pas de quoi nourrir notre monde, et une troupe de huit cents hommes et de six Européens allait atteindre le Pool ! Les bruits répandus parmi les indigènes sur les agissements de cette expédition n’étaient pas de nature à faciliter les choses. De toutes parts les chefs indigènes me faisaient demander aide et

protection avant même qu’ils eussent vu un homme de la grande expédition. J’avais beau les rassurer, envoyer du monde dans leurs villages pour les protéger contre les excès possibles des gens de Stanley, toute la population avait fui au loin de la route des caravanes, abandonnant villages et plantations. Des méfaits furent évidemment commis par des individus isolés, mais ils n’atteignirent certes pas la gravité que leur attribuait la rumeur publique.

Les événements allaient se précipiter. .Te reçus, en effet, une première lettre de Stanley par laquelle il m’annonçait officiellement son arrivée prochaine (1).

Le 21 avril, un jour avant ses prévisions, Stanley atteignait Léopoldville. Il établit son camp sur un plateau à gauche de la route qui conduisait à la station et entre cette route et la mission dirigée par M. Bellington. Les premières réflexions que j’échangeai avec le chef de l’expédition furent plutôt graves, caries conditions dans lesquelles nous nous trouvions étaient presque désespérées. Nous

i) Rivière Kwilu, 5 avril 1887.

U Monsieur le Commandant de Stanley-Pool.

Cher Monsieur,

Le président du Comité exécutif doit vous avoir communiqué mon arrivée au Congo avec une expédition pour secourir Emin Pacha. Je dois également vous faire savoir que Sa Majesté le roi Léopold m’a promis la disposition pour quatre-vingt-dix jours du steamer Stanley -, deux allèges et les autres embarcations dont vous pourriez disposer à Stanley-Pool et qui ne sont pas immédiatement nécessaires au service de l'Etat. J’espère que vous accueillerez favorablement cette communication et que vous prêterez toute votre assistance pour préparer le Stanley, de telle façon que je puisse en disposer à mon arrivée à Léopoldville, vers le 22 de ce mois.

Je suis, très sincèrement, votre

IIenuy M. Stanley.

n’avions pas de vivres, bien que Stanley eût pris la précaution d’apporter à Vivi des approvisionnements de riz, mais il fallait les faire parvenir à Léopoldville par la route des caravanes et compter avec les relais de portage, car l’expédition avait devancé ses bagages et ses approvisionnements.

Pour le transport de la mission, nous disposions du

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