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CHAPITRE III

BOLOBO ET LES BAYANZI

Nous étions au début du mois de septembre 1883. Stanley, qui n’avait pas rencontré un bon accueil à Bolobo à son précédent voyage, y fut reçu, cette fois, plus mal encore. Comme ses vapeurs longeaient les rives du fleuve, il essuya de nombreux coups de feu, partis des villages bayanzi. 11 apprit en arrivant à la station même de Bolobo, que deux Zanzibar! tes du personnel avaient été assassinés par les indigènes et que leurs têtes avaient été placées sur des piquets au village de Manga, vieux chef très hostile aux blancs, qui fît sa soumission plus tard, nous verrons dans quelles circonstances.

Bolobo jouait de malheur. Après un homme admirable comme le sous-lieutenant Orban, la station fut commandée par un impulsif, qui d’une crainte extrême, un véritable affolement, passait sans transition à un semblant d’énergie irraisonnée. Au milieu de populations nombreuses et turbulentes comme les Bayanzi, la situation devait évidemment se tendre. L’indigène ne s’y trompait pas, il disait que ce blanc était sans force et sans volonté. Toutes ses manifestations pour faire croire à son énergie ne changèrent rien à la situation et jusqu’au dernier jour de sa présence à Bolobo son influence sur les indigènes fut nulle.

Stanley ne répondit pas par la force à l’agression dont

l’expédition avait été l’objet. Il parlementa avec les chefs, chercha à obtenir satisfaction, à convaincre les indigènes que le forfait qu’ils avaient commis méritait un châtiment sévère et qu’ils avaient aggravé leur situation en tirant sur les vapeurs de Bula-Matari. Quand il vit que ces moyens restaient sans effet sur les belliqueux Bayanzi, il avisa aux mesures à prendre pour les ramener à l’obéissance. Jugeant tout d’abord qu’il ne pouvait pousser plus avant sans avoir réglé ce grave différend et estimant encore que

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