‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 18 sur 112 · LS · texte numérisé non relu

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Lk PROCÈS-VERBAUX DES COMITÉS GÉNÉRAUX.

M. Tiny. Mais le travail des sections est un travail d'intérieur, auquel doit participer tout le Congrès. Si vous voulez que la vérité surgisse, 1l faut que chacun de nous, 1l faut que les savants étrangers accourus à votre appel viennent ici émettre leurs idées.

Je ne veux pas entrer dans le fond de la discussion, mais je vois qu'on va mettre aux voix un paragraphe qui n'est qu'une hypothèse. On dit : La matière qui est exsudée par laconjonctive dans l'ophthalmie granuleuse dégage une émanation contagieuse qui est un moyen de propagation...

M. Le Présmenr. Ce ne sont pas les expressions exactes. Veuillez relire la proposition de la section.

M. Taimy. Eh bien! c'est précisément ce que je disais. Ainsi, d'après la section, il s'élève des émanations de ces sécrétions muco-purulentes produites par la conjonctive, en supposant que cette conjonetive soit bien le siége des granulations contagieuses. Mais si nous sanctionnons cela, nous posons un axiome qui n'est nullement démontré. Nous n'avons pas de faits. Je demande à l’auteur ou aux auteurs de l'amendement de bien vouloir nous dire sur quelfait matériel, palpable, ils ont pu s'appuyer pour émettre ce jugement.

Messieurs, ne nous laissons pas séduire par des hypothèses, par des idées. Tous, nous avons traité des malades atteints d’affections de ce genre ; NOUS aVOns eu nos yeux en face d'yeux atteints des affections de la conjonctive les plus violentes que l’on puisse voir: nous avons vu des infirmiers soigner constamment les ophthalmiques dans les hôpitaux, et cela impunément.

Je le repète donc, il ne faut pas se borner à une simple affirmation ; on doit nous apporter les raisons sur lesquelles on s'appuie, on doit nous donner des démonstrations. Il faut, en un mot, que la question soit élucidée avant que le Congrès puisse se prononcer.

M. Croca (Belgique). Si j'ai bien compris, la section propose de supprimer tout le chap. B, proposé par le Comité; je erois que cette suppression serait chose trop grave pour qu'elle püt avoir lieu sans quelques explications. En effet, le chapitre B avait pour but de poser des principes sur la nature des granulations. Je n’adopte pas les principes qui y sont posés; mais je dis que, sous une forme ou sous une autre, il doit exister. |

En effet, que lisons-nous : « Existe-il une formule de traitement « dont l'expérience ait sanctionné la supériorité dans le traitement de « l'ophthalmie militaire? » Et plus bas : « Dans les granulations pal- « pébrales, le traitement se compose de l'emploi d'agents caustiques « ou résolutifs. » Mais avant de conseiller ainsi un traitement consistant en agents caustiques ou résolutifs, il n’est pas inutile de savoir à quelles espèces de lésions on doit opposer ces agents. Il ne suffit pas de dire que sous le nom de granulations on confond les choses les

plus diverses ; 1l faut spécifier, parmi ces choses diverses, celles auxquelles on doit opposer les agents caustiques ou résolutifs.

Je crois donc qu'il y aurait danger à supprimer purement et simplement la proposition du Comité pour la remplacer par le paragraphe dubitatif que l'on propose.

Je vais par quelques faits rendre ma pensée plus claire : — II y a des saillies que l’on rencontre souvent à la surface des conjonctives palpébrales et qui ne sont produites par aucune espèce d'ophthalmie. Ainsi, chez de jeunes enfants, qui ne se plaignent pas de mal aux yeux, vous voyez qu'il existe sur la conjonetive des saillies, de véritables granulations. Pouvez-vous les ranger parmices granulations qu'il faut traiter par les agents caustiques? Mais si vous cautérisez, vous développerez une inflammation qui n'existait pas.

Je dis done qu'il faut définir ce qu’on entend ici par granulations, et ne pas émettre un principe général.

Je vais, à cette occasion, Jeter un coup d'œil sur les différentes altérations qui sont énoncées au chap. B.

M. Le Présipenr. Vous vous écartez de la question.

M. Croce. Pardon, je parle pour le maintien du chap. B, ou tout au moins d'un paragraphe qui émette une pensée analogue, c’est-à-dire qui définisse les granulations, dans lequel on dise aux praticiens : voilà les cas où il faut appliquer la thérapeutique que nous conseillons.

M. ze Présibenr. On a demandé la suppression du paragraphe, vous en demandez le maintien ?

M. Croco. Oui; bien entendu avec des modifications.

M. Le Présipexr. La suppression étant demandée, si la majorité se prononce pour cette suppression, toute discussion est inutile. Si, au contraire, le Congrès décide que le travail proposé par le Comité d'organisation sera maintenu, vos observations viendront à leur place.

M. Croco. Je crois qu'avant que le Congrès vote la suppression du paragraphe, il faut l'éclairer sur sa portée. C'est dans ce but que j'ai demandé la parole.

M. ze Présipenr. La question est aussi nette que possible. On demande la suppression du paragraphe, et l'on ne peut discuter sur le paragraphe qu'autant que la suppression en soit rejetée. Toute autre manière de procéder conduirait à la confusion. Je crois que le mieux serait qué le Congrès se prononcät d'abord sur la question de savoir si le paragraphe sera supprimé ou non.

M. Tesreuix (France). Je voulais réfuter les observations de ces messieurs , mais Comme ils n'ont pas encore pu les produire, il me serait assez difficile de leur répondre. Il me semble qu'ils sont dans leur droit. Je suis cependant de l'avis de la section; je pense qu'elle

ne pouvait pas faire chose plus sage que de demander la suppression du paragraphe. Ces messieurs étant d'un avis opposé, il est, ce me semble, de toute justice qu'ils exposent les raisons qui leur font demander le maintien du paragraphe.

M. Dinor (Belgique). J’appuie de toutes mes forces la demande de M. Thiry et de M. Crocq. Avant de parler des granulations, il faut savoir ce que c'est qu'une granulation. Il importe que, dans un document authentique, officiel, émanant d'un Congrès d'ophthalmologie , la granulation soit définie, attendu que dans l’état actuel des choses, celte expression donne lieu à mille interprétations. Je demanderai donc à l'honorable président si, dans l'amendement proposé en remplacement du paragraphe primitif, il existe quelque formule qui définisse les granulations. S'il n'en existe pas, je demande le maintien du paragraphe primiuf, amendé si on le juge convenable. Mais je crois qu'il importe que le Congrès, avant de dire que les granulations doivent être traitées de telle ou de telle facon, s'entende, si cela est possible, sur les lésions auxquelles ce mot de granulations est apphecable.

M. ze Présinexr. Mon intention nest pas d'étrangler la diseussion ; mais il me semble que le Congrès sait maintenant parfaitement sur quoi il va voter. Ces messieurs demandent le maintien du paragraphe pour qu'on discute ce que c'est que les granulations. La section à cru qu'il n'y avait pas lieu de discuter cette question. Je vous demanderai si vous partagez la manière de voir de ces messieurs ou celle de la section.

M. Try (Belgique). Je pense que la question ne doit pas être posée ainsi, mais qu'il faut demander à l'honorable assemblée si elle entend continuer la discussion ou si elle veut la clore. Si la clôture est prononcée, on votera pour la suppression ou le maintien du paragraphe. Aïnsi, selon moi, la première question à poser est celle-ei : Le Congrès entend-il qu'il y ait une discussion au sujet des granulations? Et je crois qu'il serait utile que le Congrès déerdàt affirmativement cette question.

M. Harmiow (Belgique). J'ai quelques mots à répondre à M. Thiry. Nous avons passé trois heures hier à discuter cette question. Aujourd'hui encore, la discussion menace de se prolonger, et nous arriverons à la fin de cette séance sans avoir pris aucune décision. D'un autre côté, il est certain que la plupart des membres, je dirai même tous les membres qui ont pris la parole et qui ont donné leur opinion sur la nature des granulations , ont émis des avis différents, et cependant tous sont d'accord sur une chose : c’est que les granulations réclament le même traitement. Ainsi, dans notre armée, il n'est peut-être pas deux médecins qui se rencontrent au sujet de la rature des granulations, et cependant le traitement est le même, il est appliqué partout de la même manière.

La discussion sur la nature des granulations me paraissait donc devoir nous demander un temps extrêmement long, nous menacer de

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prolonger indéfiniment le débat, et, par conséquent, de ne pas nous permettre d'atteindre le but pour lequel nous sommes réunis. Ce but, vous le connaissez, c'est d'établir les bases du traitement et la prophylaxie de l’ophthalmie de l'armée. J'ai donc proposé en section de supprimer le chapitre B, de le remplacer par une autre disposition, et cette proposition a été adoptée à l'unanimité ou à peu près.

M. Le Présipexr. Je crois que la question est suffisamment éclairée.

M. Triry. Il me resterait quelques mots à dire.

M. Le Présinexr. Vous avez eu deux fois la parole. Le Congrès sait parfaitement sur quoi il se prononce. Je lui demande donc s'il approuve la proposition faite par la section, de retrancher le chapitre B et de le remplacer par la rédaction qu'elle a formulée.

M. Sicuec. Messieurs, je demande que la question soit divisée ; qu'on vote d'abord sur la suppression du paragraphe et ensuite sur la rédaction que la section propose d'y substituer.

La suppression du paragraphe est mise aux voix et prononcée.

M. Le Présipenr. Il s’agit maintenant du paragraphe proposé par la section.

M. Croce. Messieurs, il m'est, en conscience , Impossible de voter ce paragraphe, parce qu'il n'y a que certaines lésions anatomiques qui puissent constituer les granulations ; je demande qu'on supprime le chapitre de la section et qu'on ne dise rien des granulations.

M. Harmion. Remarquez, Messieurs, qu'il s’agit uniquement ici de lophthalmie de l'armée, par conséquent des granulations qui se rencontrent chez les militaires. Il n’est pas question des granulations qui se présentent dans les populations civiles.

M. Tuimy. En réponse à cette observation, je demanderai depuis quand on considère l’habit que porte le malade comme pouvant influer sur la nature de la maladie. Le nom d'ophthalmie militaire est une chose fâcheuse, car il est cause qu’on n’a pas voulu étudier la question sous son véritable aspect. Les ophthalmies sont chez les militaires ce qu'elles sont chez les autres individus.

Je regrette, Messieurs, qu'on n'ait pas examiné la question des granulations ; mais, puisqu'il en est ainsi, je demande , comme conséquence logique, qu'on efface tout ce qui se rapporte aux granulations, c'est-à-dire qu'on supprime le chapitre proposé par la section.

M. Hamon. Messieurs, j'ai parlé de l’ophthalmie contagieuse dite militaire, et je pensais que tout le monde comprenait quelle affection j'avais en vue. Cette affection ne règne pas seulement dans l’armée, elle règne aussi dans les autres classes de la société.

La rédaction proposée par la re section est mise aux voix et adoptée.

M. Le Présipenr. Nous passons au chapitre C. — « Est-il une for- « mule de traitement dont l'expérience ait sanctionné la supériorité « dans le traitement de l'ophthalmie militaire? »

La section, à l'unanimité, a adopté sans modification la solution proposée par le Comité. (VW. p. 8.)

Cette solution est mise aux voix et adoptée sans discussion.

M. Le Présipexr. Nous nous occuperons demain de la parte pratique, qui est certainement la plus importante, et sur laquelle j'appelle toute l'attention du Congrès.

La parole est à M. Testelin pour faire un rapport sur les travaux de la 5° section, relatifs à la question V. (V. p. 17.)

M. Testez. Messieurs,

Voici quelle était la question soumise à l'examen de la 5° section : « L'expérience a-t-elle établi que certaines formes de la cataracte peuvent être guéries sans opération? Dans l’affirmative, quelles sont « ces formes, et quels sont les agents qui peuvent suppléer aux « moyens chirurgicaux ? »

La Commission d'organisation du Congrès avait proposé les réponses suivantes :

« Si par le mot cataracte on entend l'opacité spontanée(ou survenue sous l'influence de causes dont l'action est jusqu'à présent restée inconnue) qui se produit plus ou moins rapidement dans la substance de la lentille cristalline, on peut répondre sans hésiter : Non, il n'existe lans les annales de la science aucun fait authentique propre à démontrer qu'une cataracte ait jamais rétrogradé, ou se soit Jamais arrêtée dans sa marche sous l'influence d'un traitement médical quelconque.

« Si l’on applique la dénomination de cataracte aux opacités du cristallin, qui sont la suite de lésions traumatiques, il existe des faits démontrant qu'un traitement antiphlogistique institué avec énergie est parvenu à arrêter le développement de ces opacités, à en empêcher la trop grande extension, ou même à les faire diminuer lorsqu'elles existaient déjà.

« Si enfin l’on étend le mot de cataracte aux opacités de la capsule, qui, dans l'immense majorité des cas, pour ne pas dire dans.tous, ne sont que des dépôts consécutifs à une inflammation de l'iris ou de la membrane de lhumeur aqueuse, l'expérience a démontré que Fon peut souvent obtenir la disparition de l'opacité par me d'un traitement propre à ces dernières affections. »

Après diseussion, la section à reconnu à l'unanimité que personne n'a jamais obtenu de cure radicale de la cataracte par des moyens médicaux. En conséquence, elle a adopté le K E‘' du projet de réponse. Néanmoins, deux de ses membres lui ayant exposé qu’ils avaient tenté des expériences desquelles il résultait pour eux que, dans certains cas, l’opacité lenticulaire avait diminué, et que par conséquent la maladie

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