MM. LES MEMBRES INSCRITS DANS LA SECTION SONT
MEssiEURS Alefeld. Esmarck. Lustreman. Serre (d'Uzès).
[Anagnostakis. Froebelius. Loefiler. Seulin.
Bartmer. Gobée. Marques. Siegl.
Bendz. Gradman. Matuschenkow. Sperino.
(Bima. Gulz. Merchie. Stellwag.
Binard. Gunther. Meynne. Stoeber.
Borodine. Hairion. Melchior. Stromeyer.
Borelli. Hammelrath. Montaut. Stromeyer.
(Decaisne. Homburger. Müller. Schotten.
[Dechange. Ingo. Pauli. Thiry. Delhaie. Januskiewicz. Pelikan. Thüne.
Delvaux. Kabath (de). Petithan. Van Dommelen. |Desmarres. Kônigshôfer. Pontus. Vogelsang.
(Dieudonné. Küchler. Plainer. Warlomont.
Fallot. Laveran. Rossi (de Turin). ! Willebrand.
Séance du 13 septembre 1857.
M. LE PRÉSIDENT propose de nommer comme vice-présidents de la section : MM. Benrz (Danemarck), Gogée (Pays-Bas), LusrREMAN (France), Muczer (Prusse). — Chacun de ces noms est accueilli par des applaudissements.
Il demande ensuite à M. Meyxne de vouloir bien s’adjoindre à M. Binard, pour aider ce dernier, comme secrétaire, dans la tenue du plumitif. La sec- [tion ayant appuyé cette proposition, M. Meynne prend place au bureau.
MM. les vice-présidents montent également au bureau.
M. LE PRÉSIDENT prend la parole. Il insiste sur le but des travaux de la sec- Ation, qui doit être surtout pratique; il croit, en conséquence, devoir engager œ
MM. les membres de la section à s’en tenir, autant que possible, à la marche qui a été tracée dans le projet de solution proposé par le comité d'organisation La discussion est ouverte sur le premier chapitre (A) du titre [° de la pre mière question, ainsi conçu : « La transmissibilité de l’ophthalmie purulenté « dite militaire étant démontrée, peut-on déterminer exactement par quelle « voie s'opère la transmission? »
M. Muzer (Prusse) demande la parole pour donner lecture de son travail sur Pophthalmie militaire en Prusse; mais, sur une observation de M. Thiry, il consent à ajourner cette lecture.
M. Meynxe (Belgique). On devrait, selon lui, adopter un nouvel ordre pour la discussion : c'est ainsi qu'il pense qu’il serait plus rationnel de s'occuper d’abord de l’étiologie, ensuite de la prophylaxie et enfin du traitement. M. WarLomowr (Belgique) n’est pas de cet avis, il insiste pour que l’ordre du projet de solution soit suivi. Ce n’est pas sans y avoir bien réfléchi que lt Comité s’y est arrêté, etil croit qu’en l’adoptant de confiance, la section s’épar gnera des causes nombreuses de perte de temps.
Il n'est pas donné suite à la motion de M. Meynne.
M. Decasne (Belgique) donne lecture de la note suivante :
Comme le Comité nous a présenté plusieurs questions, plutôt en vue de servir de base à la discussion que comme faits incontestables, je demanderai 1à permission de m'occuper tout d’abord de l’un des points qui font l’objet dé notre examen, et de faire connaître mon opinion sur l'influence des objets contaminés dans la propagation de l’ophthalmie purulente de l’armée.
Le programme rédigé par la Commission semble admettre, page 5, que Pophthalmie militaire se transmet par l'intermédiaire d'objets contaminés que c’est par infection surtout que celle-ci se propage actuellement dans l’ar mée; que les granulations vésiculeuses ne produisent pas de sécrétion et ne sont pas Contagieuses par elles-mêmes ; que leur présence excite le plus sou vent dans la conjonctive un travail inflammatoire avec sécrétion Muco-purus lente d’où s'élèvent des émanations qui constituent la source priucipale des granulations dites militaires; qu’enfin, l’ophthalmie continue ses ravages dans l'armée parce que les hommes se trouvent placés dans un foyer d'infection, form par les émanations qui s'élèvent du milieu où is vivent ; et, partant de là, le Comité conseille, pour prévenir et empêcher la propagation de l’ophthalmien militaire, de désinfecter les casernes, les prisons, les hôpitaux, tous les objets enfin à l'usage du soldat.
En fixant notre attention sur ces diverses phases de l'histoire de l ophthals mie de l’armée, le Comité ne peut avoir oublié que la plupart de cesquestions avaient vivement pe l'esprit des hommes éminents qui se trouvaient, avaut 1850, à la tête du service médical de l’armée. On sait, en effet, que là plupart des contagionistes ont précisément recommandé et exécuté les moyens de désinfection qu’on indique aujourd'hui comme efficaces. Partant de cettë idée, ils crurent nécessaire d’anéantir tous les objets suspects, ainsi qu’on lé pratique pour les écuries occupées par les chevaux atteints de la morve. Mais si, Comme ou le croit, ces mesures restèrent sans effet parce qu’on ne com naissait pas les granulations, je demanderai sur quelles preuves on se fonde pour prouver aujourd'hui que de simples granulations exhalent un miasmeë granulaire, et quels sont les faits qui démontrent qu’elles peuvent être um foyer de contagion nécessitant la désinfection des effets comme imprégnésM d'un virus miasmatique? Je demanderai encore sur quelles observations ON
s'appuie pour admettre que des granulations vésiculeuses, les seules qui aps paraissent de nos jours dans l’armée, peuvent procéder d'un principe mias=
atique, ou qu’elles peuvent exhaler un miasme capable de produire à leur bur des granulations vésiculeuses sur un individu sain? Ne semble-t-on pas mettre comme trop bien démontrés des faits encore très contestables, et en lpposition directe avec ce qu’on remarque dans les autres affections des memlranes muqueuses, qui, on le sait, ne sont contagieuses qu’à l’époque où elles ont arrivées, sinon à leur summum d'intensité, du moins à une période l'acuité bien déterminée de l’inflammation. Du reste, le comité reconnaît bien hi=même qu'ilen est ainsi, puisqu’à la page 13, titre 1v, il convient que : « Les hits prouvent qu’une conjonctive peut recéler les germes de l’ophthalmie, sans lu’il soit possible à l’œil nu de saisir le moindre changement, soit dans la Pxture, soit dans les fonctions de cette membrane; que, pour donner un dévebppement rapide à ces granulations latentes, insaisissables à l'œil nu, il ne faut lue l'action d’une cause irritante quelconque, un refroidissement, une lésion raumatique, un corps étranger venant se loger sous la paupière, ou toule utre cause susceptible de déterminer sur la conjonctive un mouvement fluxionaire. » Si l'on accorde une aussi large part à cette cause latente, ce qui stconforme du reste à ce qu’on remarqueen d’autres circonstances, pourquoi rétendre que les granulations naissent d’un miasme caché dans les effets des loldats, ou niché dans un coin obscur de toutes les casernes qu’ils habitent, |L pourquoi dès lors recommander de nouveau des mesures que tont le monde | reconnues inutiles avant 1850.
Mais, en admettant même que les soldats, à leur entrée dans les cadres de armée, doivent leurs granulations aux émanations des objets contaminés, au hilieu desquels ils commencent à vivre, on demandera encore d’où provientent tous les granulés qu’on rencontre dans Île civil, qui n’ont jamais eu chez ux d'objets imprégnés de ce prétendu virus granulaire , et qui affirment ne être jamais rencontrés avec des personnes atteintes d’ophthalmie militaire. ji, aujourd'hui comme par le passé, des soldats sont atteints lorsqu'ils sont [e service, de garde ou de faction, il n’en faudra cependant pas conclure que fophthalmie continue ses ravages dans l’armée, parce que les hommes se trou- ‘jen’ encore plongés dans un foyer d'infection produit par les émanations qui lélèvent des objets contaminés qui les entourent. Ne voyons-nous pas les mêmes effets de literie servir indistinctement à toutes les troupes d’une même jarnison, ainsi qu'aux malades d’un même hôpital? et cependant chacun de pous à pu constater une espèce d’immunité parmi les cavaliers et les artilleurs, lont la constitution semble les mettre à l’abri de la maladie qui nous occupe. |! y a plus encore, on a vu souvent un régiment, absolument exempt d'ophhalmiques, en remplacer dans la caserne un autre qui en était fortement lueint, et, bien que se servant des objets qui ne quittent pas même les chamres, ce nouveau régiment rester sain, et conserver tonjours, au centre du >rétendu foyer d'infection, le petit nombre de granulés qu'il avait à son arrivée. l'en est de même dans les hôpitaux, où les literies et les capotes servent indisinctement à tous les malades.
Oublie-t-on qu’à deux reprises l’armée française, pendant son séjour en zelgique, s'est servie de nos literies et a occupé nos casernes sans avoir emorté le germe de notre ophthalmie ?
Eufin, lorsque 1859, on eut établi à Namur et à Ypres un dépôt général l'ophthalmiques de l'armée, je demanderai si ces locaux, pour ainsi dire saurés de virus (en admettant l'opinion émise par le programme), et qui n’ont essé de servir de casernes, ont fourni plus de granulés que les autres?
Ces faits, dont aucun médecin militaire belge ne contestera l'authenticité, lémontrent jusqu’à l'évidence que les effets d’habillement et de casernement
ne contiennent point le miasme granulifère, et dès lors, il me paraît inutile« ramener la question ou le débat au point où ils étaient il y a plus de trente ar
Si je ne partage pas l’opinion de ceux qui font jouer un grand rôle aux vêt ments imprégnés de miasmes, on ne s’étonnera pas si je diffère également d’oJ nion au sujet du traitement; car on semble toujours oublier que ce n’est dans les hôpitaux, ni dans les salles de granulés des casernes que nos solda sont pris d’ophthalmie; que c’est, au contraire, en revenant des manœæ vres, ou à la suite d’une irritation quelconque, toujours indépendante 4 causes anxquelles on l'avait attribuée dans l’origine, qu’ils sont atteints 4 cette funéSte maladie.
Ce re sera donc pas en séquestrant nos soldats, en les renfermant dans d hôpitaux comparables aux maladreries du moyen âge, qu’on arrivera à fai disparaître les premiers symptômes de l’ophthalmie, c’est-à-dire les granu tions. Si mon opinion prévaut dans cette circonstance, on-cessera d’attribut aux salles de granulés, établies aujourd’hui dans chaque caserne, la grawi de certaines affections oculaires, bénignes à leur début, et d’y chercherd source où de nouveaux soldats vont puiser l'affection qui se déclare dans n régiments. Je reconnais cependant, mais uniquement dans l'intérêt du servit militaire, la nécessité d'établir dans les casernes une salle convenable, bie aérée et vaste, spécialement et invariablement consacrée au traitement d granulés. (Je ne compliquerai pas cette discussion en y introduisant la que tion de savoir s’il convient ou non de transporter ces dépôts dans les vil universitaires ainsi qu’on le demande.)
Quant au traitement à suivre, je constate que De Courtray (1) et Klu kens (2) qui connaissaient déjà fort bien en 1819 les granulations, celles mêr de la paupière-supérieure, affirment que les fumigations, à titre d’anti-ophthal miques, doivent être proscrites, puisque les virus ou miasmes vers lesquels@ les dirige, n'existent que dans l'imagination de ceux qui admettent la prop: galion par voie miasmatique. « Je nie, dit De Courtray, que le pus provene d’une ophthalmie puisse former des miasmes susceptibles d’être absorbés p la conjonctive, et devenir la cause déterminante de cette affection. » Ici, jen sépare cependant de ces praticiens, en ce qui touche à l'innocuité du pus. Pot moi, je le regarde comme doué de la possibilité de transmettre l'ophthalmié ainsi que je l'ai déjà exprimé ailleurs (3). De son côté M. Alexander, professe à Utrecht, affirme que la désinfection, le lessivage des objets de couchage d'équipement el d'ornement, comme mesure à instituer contre la contagic n’ont jamais parü justifiés, et que ces objets ne recèlent aucun miasme suscé tible d’occasionner l’ophthalmie de l’armée. |
Comme on le voit, la thèse avancée aujourd’hui tombe devant l’observati rigoureuse des faits, puisqu'en admettant même qu'on parvint à extirp chez tous les soldats d’un régiment jusqu'à la moindre trace de granulatiom où ne serait pas même en droit de rapporter à un virus granulaire, cac dans une couverture ou sous un traversin, la réapparition de la maladie En effet, à chaque instant de la journée, le fantassin, plus que tout autre; trouve exposé au développement spontané et immédiat des Gran ALES | faudra donc reconnaître qu’en entraut au corps, les nouvelles recrues trouvent porter en elles le germe de l'affection. é
Pour me résumer en uu mot: je dirai que la population HEMes et surtol
Rs. en mn: cm eu A ones EL ST
(1) Coup d'œil sur l'ophth. Gand, 1827, (2) Dissert. sur l’ophth. contag. Gand, 1819. (5) Annal. d'Ocul., 1. V, 1841.
Me des campagnes, porte virtuellement en elle le germe d’une affection que s causes les plus variées, les plus différentes les unes des autres peuvent faire évelopper à Pimproviste.
M. Harmion (Belgique) répond à ce que vient d'avancer M. Decaisne, quant à désinfection des locaux, des effets d’habillement et de couchage. [l est d'avis e, si l'ophthalmie est encore si commune dans les armées, c’est qu’alors Won désinfectait les casernes on laissait subsister les granulations, et que epuis qu'on traite celles-ci, on n’a pas assez fait contre l'infection des habitions militaires. Lorsque l’on à fait marcher de pair ces deux ordres de hoyens, c’est-à-dire la désinfection des bâtiments d’un côté, et le traitement hratif des granulations de l’autre, on à obtenu le succès le plus complet. l'est ce qui a eu lieu dans le pensionnat de Thildonck, près de Louvain. « Eci, lui, comme dans nos casernes, l’affection se montrait avec des caractères bntagieux et avec des symptômes propres à l’ophthalmie de l’armée. Cette \aladie s'était développée au milieu de circonstances hygiéniques très-défavoables, à la suite d’une ophthalmie catarrhale épidémique, qui avait régné lans la commune voisine, et dont quelques cas s'étaient aussi déclarés dans le ensionnat. Chez l'une des pensionnaires qui en avaient été atteintes, ophihalmie, par suite de mauvaises conditions constitutionnelles, était passée l'état chronique, en revêtant la forme purulente. C'est ce dernier fait qui ait servi de point de départ à l'ophthalmie granuleuse dont presque toutes s élèves ont été atteintes. Jai fait d’abord séparer les élèves saines de celles i avaient la maladie, et disséminer celles-ci dans des chambres larges et bien Érées.
| « De grands changements furent exécutés dans la distribution des salles, et ‘ss murs blanchis à la chaux: tous les objets non susceptibles d’être lavés hrent soumis aux fumigations de chlore. Enfin, le traitement convenable fut Imployé contre les grauulations palpébrales. Après quatre mois et demi de ins, Popbhthalmie avait complétement cessé, sans qu’on eût eu à déplorer le oindre accident, ni à constater plus tard une seule récidive.
« Des faits analogues au précédent se sont encore présentés à notre observa- Jon au peusionnat de Montaigu età l'établissement des orphelines à Malines, où les mesures et un traitement semblables furent adoptés avec le même succès. « Ces faits établissent pour nous :
« 4e La propagation de l’ophthalmie granuleuse, par l'intermédiaire des lbjets contaminés ;
« 29 L'insuffisance de toute mesure, de tout traitement dirigés contre l’oplhalmie, si l'on n’y joint en même temps la désinfection de ces objets. »
M. DECAISNE n'a pas nié la conutagiosité de l’ophthalmie, quand elle est à état de purulence, mais quant à la contagion par la voie miasmatique, elle ’estmullement prouvée par des faits authentiques. [se pourrait d’ailleurs que, ans les faits cités par M. Hairiou, Pophthalmie eûc été due à l’action de causes atarrbales.
M. Harmion fait observer que, dans les faits qu'il a rapportés, il n’était nulleent question de causes catarrhales ; il s'agissait d’une ophthalmie granuleuse u tout semblable à celles qu'on rencontre dans l’armée.
M. Roserrs (Angleterre) croit que l'ophthalmie se propage parmi les miliaires, nou-seulement par le contact médiat et immédiat, mais aussi par l’infeclon de l'atmosphère, viciée par l'exsudation purulente dans les casernes. Cette jiciation de l'air ne se manifesie pas à l'odorat, comme la gangrène et d’autres {ffections ; elle ne se démontre,que par ses effets. La propagation de l’ophthalhie épidémique ou endémique ne dépend pas cependant exclusivement de
cette influence; elle est aussi sous la dépendance des changements brusques dé saison et des vicissitudes atmosphériques, causes qui agissent d’autant plus énergiquement que le soldat est plus affaibli et déprimé au physique et au moral. Me
Quand, au contraire, le soldat est dans de bonnes conditions hygiéniques, les épidémies d’ophthalmie catarrhale n’affectent pas la tendance à la puru lence. C’est ainsi que, dans l’automne de 1855, l’armée anglaise fut atteint@ en Crimée de celte variété de conjonctivite : les soirées devenaient subitement froides, les soldats, fatigués par les travaux de terrassement, se couchaient souvent sur le sol et prenaient ainsi l’'ophthalmie catarrhale. Eh ! bien, cette ophthalmie, qui était primitivement et essentiellement aussi grave que toute autre épidémie de cette nature, ne manifesta aucun caractère de purulence, dé contagioa, ni d'infection. C’est que les soldats, au lieu d’être logés dans des chambres resserrées, occupaient des tentes et des baraques, parfaitement accessibles à l'air. — Ajoutez-y que, dès le commencement de 1855, le soldat avait une nourriture succulente, ce qui ne laisse pas d’avoir aussi dans ces circonstances une action bienfaisante. — Nul doute que, dans des conditions opposées, l’ophthalmie ne fût devenue bien autrement grave et con: tagieuse.
En résumé l'encombrement, la mauvaise nourriture, tout ce qui est en étabk de déprimer le physique et le moral, toutes les causes d’irritation sont en état: d'y donner le caractère fâcheux dont nous venons de parler; l’établissement de bonnes conditions hygiéniques, et par-dessus tout l’éparpillement des
. hommes sont les moyens préventifs. |
On peut dire aujourd’hui que, grâce à ces salutaires mesures, l'ophthalmie ne règne plus dans l’armée anglaise; elle ne se manifeste plus qu'accidentel= lement dans l’une ou l’autre colonie.
M. Marques (Portugal) résume une partie du mémoire qu’il a présenté au Congrès sur l’ophthalmie de l’armée portugaise. Au commencement de lépi= démie, dit-il, on a beaucoup parlé de limportation d’une contagion qui aurait été le principe, la seule cause de la maladie oculaire, qui, plus tard, a ravagé presque toute l’armée. Mais cette opinion, et spécialement les idées soutenues par feu le docteur Florent Cunier, ont été entièrement renversées par la lumière de l'histoire. Le début de l’épidémie a été parfaitement démontré; on a su quand et comment elle avait commencé, et son origine, due à une constitution catarrhale, est aujourd'hui reconnue par tous ceux qui se donnent la peine d'étudier les faits. Ce commencement, qui remonte à 1845, est non-seulement certifié par le témoignage des médecins militaires, mais par des données statistiques dignes de la plus grande confiance. L'origine catarrhale de l'épidémie est de même établie par bien des circonstances qui, à elles seules, suffisent à expliquer le développement de l’ophthalmie sur des sujets prédisposés, sous l'influence de causes très communes dans les grandes réunions d'hommes.
Plusieurs faits sont ensuite cités par M. Marques, pour justifier ces assertions, et surtout la dernière, qui rapporte la cause de l’ophthalmie à une constitution épidémique catarrhale. Il insiste particulièrement sur le développement de l’ophthalmie, dans le même jour, chez quinze soldats d’une compagnie de chasseurs qui se trouvaient auparavant dans un état de santé parfaite; sur la marche. progressive que la maladie a eue dans le bataillon. auquel appartenait cette compagnie ; sur l'apparition de l’ophthalmie, presque» en même temps, dans différents régiments de la garnison de Lisbonne, et enfin sur le fait très singulier du développement de la même maladie, presqu’à la
SÉANCE DU 13 SEPTEMBRE. 107 même époque, parmi les soldats d’un régiment qui était caserné à plus de soixante lieues de la capitale, où l'épidémie avait éclaté.
| Mais M. Marques ajoute que, en reconnaissant l'origine catarrhale de l’épi- Idémie ophthalmique dans l’armée portugaise, il est très loin de contester, en [présence des faits non moins clairs qui se sont produits, le rôle important qu'a |joué la contagion pour répandre la maladie dans presque toute l’armée. Qu’au |contraire, cette contagion est la manière la plus simple, et peut-être la seule, (qui puisse expliquer la diffusion de la maladie, au moment où l’on pouvait [déjà considérer comme éteinte l'influence de la constitution catarrhale, recon-
ltrer comment la maladie s’est répandue dans la garnison d’Elvas, et dans 1plusieurs régiments qui avaient été épargnés dès le début de l'épidémie.
{ En énumérant les motifs qui lui font admettre la contagion, M. Marques [ajoute que la transmission directe est un fait aujourd’hui généralement admis par les médecins militaires portugais, comme il est admis par les médecins Ides autres armées, qui ont été frappées de la même maladie. Que toutefois, les preuves ne sont pas également claires pour démontrer la contagion indi- [recte, ou l'infection par un miasme émané des soldats atteints de granulations. {Il cite pourtant de nouveaux faits qui indiquent d’une manière presque indubitable l'existence d’une infection miasmatique, et où la chose ne pourrait être {autrement expliquée. En songeant à des cas d’ophthaimies développés en quelques jours chez des recrues, nouvellement arrivées dans le corps où il {était alors chirurgien-major, il ne peut trouver la cause de la maladie que dans [l'usage que ces recrues ont fait des lits et des objets qui avaient servi à d’anfciens soldats affectés de l’ophthalmie. Il croit devoir rapporter à la même {origine des granulations palpébrales, précédées de l’état inflammatoire, qui se {sont développées chez plusieurs soldats qui étaient en traitement pour d’autres {maladies dans l'hôpital de Vianna-do-Castello, malgré la séparation qu’on avait Jeu soin d'établir entre les ophthalmiques et les malades d’autres affections. En présence de ces faits, et d’autres non moins convaincants pour la [question de l'infection par les objets de caserne, par des miasmes qui, à leur |tour, iraient affecter les soldats exempts de toute maladie, ouaggraver l’état de {ceux qui seraient déjà affectés de granulations à l’état rudimentaire, il croit qu'il faut admettre comme démontrée la nécessité de désinfecter les objets ayant servi à des individus atteints de l’ophthalmie des armées.
| Il termine en exprimant ainsi son opinion, tout à fait favorable à l'adoption des idées émises dans cette partie du programme : En admettant même que cette infection ne fût que très probable, il pense qu'il y aurait bien, moins d'inconvénients à l’accepter comme un fait démontré, qu'à Ia nier absolument ; car il faut s'attendre à voir les gouvernements s'appuyer sur les délibé- {rations du Congrès, et, si celui-ci n’était pas explicite, il serait fort à craindre qu'on négligeàt de songer à une cause de diffusion qui paraît établie par des faits tirés de l’analogie, et dont l'importance est immense.
| M. Laveran fait la proposition de mettre aux voix le & 4% du chapitre A ((p. 5).
M. Tuimy (Belgique), avant de voter sur ce paragraphe, croit devoir faire une observation qui lui semble fort importante, en présence de la diversité des opinions émises jusqu’à présent au sujet de la contagion. L’affection étant contagieuse ne peut dépendre que d’une cause contagieuse, ce qui doit simplifier beaucoup la solution de cette question. Cette cause est, pour lui, une cause spécifique, c’est-à-dire un virus. Il va, en conséquence, déposer l’amendement suivant : |
« L’ophthalmie contagieuse, granuleuse, purulente, ne se transmet que pe » l'intermédiaire d’un virus. — Ce virus doit être nommé granuleux. — Er » raison, On peut comprendre la transmission médiate, mais en pratique » cette transmission est rare; cependant il est utile, indispensable, au point | » de vue de l'hygiène, de la reconnaître. »
M. DecaisnE admet la coutagion de l'ophthalmie à à l’état purulent, mais il ne peut admettre l'existence d’un virus spécial, granuleux.
M. Tuiy entre dans quelques détails sur la fréquence de l’ophthalmie gra: nuleuse dans la population civile; cette maladie n’est pas l’apanage exclusif de l’état militaire. L'état granuleux, en outre, se rencontre autre part que sur la muqueuse oculaire, car il a eu souvent l’occasion de l’observer sur le col utérin et dans l’urètre. Ces productions spéciales, ces granulations, identiques sur toutes les muqueuses, sans analogue dans l’économie, sont transmissibles par contagion.
M. Srerino (Sardaigne). « N'ayant pas trop l'habitude de parler la langue française, je prie l'honorable assemblée de m'accorder pour un instant son indulgence ; je lui exposerai en peu de mots quelques-uns des résultats des études sur l’ophthalmie granuleuse que j'ai eu occasion de faire à Turin, de puis une vingtaine d'années.
« La contagiosité de l’ophthalmie étant pour moi un fait démontré depuis longtemps, j'ai cherché à constater si la maladie se propageait toujours pa! contact, ou si elle se développait quelquefois spontanément. Voici ce que jai vu | « Chez un très grand nombre de malades atteints d’ophthalmie granuleuse j'ai pu en constater la propagation par le contact immédiat du ‘pus, sécrété par la conjonctive malade avec l'œil sain; mais j’ai vu des militaires ren: voyés chez eux, avec des granulations sans sécrétion purulente, ne trans= mettre l’ophthalmie qu’un certain temps après leur séjour au sein de la famille, c’est-à-dire seulement quand une cause catarrhale ou rhumatismalé avait produit une exacerbation de la maladie, en ranimant la période de purus lence. |
« J'ai vu ensuite que la transmission a lieu très souvent par l’intermédiaire d'objets contaminés. C’est ainsi que j'ai constaté qu’elle s’est propagée dans les hôpitaux à un grand nombre d'individus, parce qu'ils se servaient du nième vase pour se laver ou d'un même linge pour s’essuyer les yeux.
« Chargé, en 1854, comme membre du Conseil de salubrité, de visiter plu= sieurs établissements de Turin, j'ai signalé à l'autorité que, dans la caserne où les militaires se lavaient avec l’eau venant d'un irrigatoire, ou ne trouvaib plus depuis longtemps aucun cas d’ophthalmie militaire.
«Aussi, je suis parfaitement convaincu que, lorsque cette maladie se pros page, c’est par le transport médiat ou immédiat du pus conjonctival fourni par l'œil malade sur l'œil sain. Mais l’ophthalmie purulente n'est pas toujours le produit de la contagion, c'est-à-dire qu'elle se développe quelquefois spontanément. En effet, j'ai vu un certain nombre d'individus qui n’ont jamais été en rapport avec des granulés, et chez lesquels l’ophthalmie a été le résultat d’une cause catarrhale. Je lai vue survenir en 1845, à la suite du transportdu pus d’un abcès palpébral sur la conjonctive d’un enfant, et j'ai constaté que l'ophthalmie purulente, même très grave, est quelquefois chez les enfants pro duite par la blépharite impétigineuse, ou eczéma impétigineux, transporté sur Ja conjonclive. :
« Ainsi, d’après mon expérience, l'ophthalmie purulente n’est qu'une conjonctivile qui, de l'état catarrbal, est passée à la période de purulence, et qui
est un degré plus aigu de phlogose dépendant.de plusieurs causes; mais, dès qu'elle est purulente, quelle qu’en soit l’origine, l’ophthalmie est contagieuse.
« Or, le principe du pus conjonctival qui est susceptible de produire Ja même maladie sur une conjonctive saine, doit-il être appelé virus granuleux, comme l'honorable M. Thiry vient de le proposer? Il me paraît que la question ne serait pas beaucoup avancée en adoptant cette dénomination; je crois, en conséquence, devoir vous soumettre encore les considérations suivantes :
@ En général, on a, jusqu’à présent, donné en pathologie le nom de virus au principe qui, introduit dans l'organisme, ne se borne pas à une action locale, mais est absorbé et produit ensuite des phénomènes généraux, comme lefont les virus de la rage canine, du vaccin, de la syphilis. Or, que voyonsnous dans l’ophthalmie militaire? Nous trouvons une inflammation de la conjonetive, plus ou moins aiguë, produite ou non par le pus que fournit un œil atteint de la même maladie, mais dont l’action est toute locale, car l'organisme d'un individu qui a été atteint d’une ophthalmie purulente, blennorrhagique, même au dernier degré, n’est point contaminé par le principe qui a donné lieu à cette ophthalmie. Nous croyons-pouvoir en induire que le pus conjonctival produisant une maladie toute locale, ne peut pas être appelé virus gra- Inuleux.
| « En outre, ne voyons-nous pas des individus portant des granulations conjonctivales sans sécrétion purulente, ne transmettre la maladie que si une cause quelconque ramène l’ophthalmie à l’état aigu, parulent? Ne voyons-nous pas des femmes atteintes de granulations au col de l'utérus ne commuiquer jamais la blennorrhagie à ts maris ? Ne voyons-nous pas des filles publiques avec des granulations utérines ne propager l’urétrite que lorsque, à la suite de rapports sexuels trop fréquents, la muqueuse utéro-vaginale vient à Isécréter une matière purulente? N’est-il pas mieux de dire que cette matière propage l’ophthalmie par une action irritanie exercée sur la muquçuse conljonctivale, plutôt que de la considérer comme une conséquence d'un virus granuleux ?
« Enfin, permettez-moi, Messieurs, d'ajouter que si aucun fait n’est venu jnsqu'à présent prouver que l’ophihalmie militaire peut se transmettre par l'intermédiaire de l’air chargé de principes contagieux , je serai néanmoins disposé à voter toutes les mesures sanitaires que le Congrès proposera à cet égard, car je crois que les moyens hygiéniques concourent puissamment à la guérison des granulations. Ces mesures auront aussi poar résultat de s'opposer à la propagation de cette terrible maladie ; qui est aussi, malheureusement, très fréquente chez nous, surtout depuis que l’on renvoie plus souvent chez eux Îles militaires portant encore des granulalions conjonctivales.
«Les moyens thérapeutiques de guérir le plus sûrement et le plus promptement l'ophthalmie militaire étant généralement connus et adoptés, le Congrès aura rendu un grand service à l'humanité en faisant connaître aux gouvernements combien sont utiles et nécessaires les moyens prophylactiques. »
L'amendement de M. Tuiry est mis aux voix et rejeté.
M. Loerrcer (Prusse) pense qu’on peut admettre la rédaction du Comité avec un seul changement, qui est d’intercaler après les mots: « la transmissibiflité de l'ophthalmie purulente, » les mots : « comme cause seule et unique. » I croit jque celte restriction est nécessaire, afin qu’on ne puisse pas confondre l'ophhalmie purulente, contagieuse avec l’ophthalmie catarrhale, qui, dans certaines conditions, serait passée à l’état purulent.
Sur l'observation de M. le Présinenr, l'examen de cette question est ajourné à la discussion du titre IV, $ 5 (p. 14).
M. Bima (Sardaigne) admet la transmissibilité de cette maladie par contagion: C’est reconnu en principe par les médecins sardes, et les circulaires du dépar= tement de la guerre, notamment celle du 21 décembre 1836, qui renferme les mesures proposées dans le programme, en font foi. — On avait prescrit d'abord la formation, &ans chaque corps infecté, d’une infirmerie à laquelle étaient renvoyés les cas légers ; mais le Conseil supérieur du service de santé militaire ayant fait remarquer qu’on risquait de coustituer ainsi des foyers permanents d'infection, il fut décidé que tous les ophthalmiques, indistincte* ment, seraient envoyés dans les hôpitaux. — Sous l'administration du ministre général de la Marmora, il fut établi une infirmerie de convalescents, où les hommes sortant des hôpitaux sont soumis à une espèce de quarantaine et scrupuleusement surveillés.
Quoique la transmissibilité par infection ne soit pas encore généralement acceptée par les médecins de l’armée sarde, les mesures hygiéniques qui sont adoptées sont suffisantes pour s’y opposer. Dans une question de cette importance, alors qu’elle cest entourée de doute, on ne peut pas pécher par trop de prudence.
M. Axacxosraxis (Grèce) entre dans quelques considérations sur la différence qui existe entre le produit de la sécrétion purulente de l'œil e4 un virus tel que le virus blennorrhagique, qui sont de natures tout à fait différentes.
Il admet aussi qu’une ophthalmie catarrhale peut donner lieu à une ophthal= mie purulente, comme on'le voit souvent en Egypte, ainsi qu'il eroit l’avoi démontré dans son « Exposé de l’état de l’ophthalmologie en Grèce, » lu dans la première séance du Congrès.
M. LocrrLer insiste de nouveau sur la nécessité de faire une distinction réelle entre l’ophthalmie catarrhale et lophthalmie purulente. |
M. ze PRrésinenr fait observer que c’est là une question de diagnostic, dont le | Comité n’a pas eu à s'occuper.
Le $ 1° du chapitre À est mis aux voix et adopté avec une modification indi: quée par M. Mercure, et qui consisie à supprimer cette phrase : « Ce mode de transmission de la maladie, assez commun à l'époque où elle régnait à l’étab aigu, est rare aujourd'hui. »
La discussion est ouverte sur Le $ 2.
M. Merci (Belgique) lit la note suivante, sur la transmission de l ophthals mie par voie miasmatique :
« Messieurs, la question de la Fe de l'ophibalmie purulente, dite militaire, présente une importance et un intérêt si puissauts, sa solutior fausse ou réelle conduit à des conséquences pratiques et matérielles sj étem dues, que ce n’est pas seulement un droit, mais un devoir de la part de tout médecin de contribuer, pour autant qu’il est en son pouvoir, à jeter quelque lumière sur un problème tant étudié, tant discuté, et sur lequel néanmoins à science ne possède encore que des données bien vagues, bien insuffisantes.
« C’est dans l'unique but de remplir ce devoir que je viens vous soumeLre les réflexions et les observations qu'une longue pratique m'a permis de recueillir.
« Le projet de solution présenté par le Comité d'organisation, à la première question de son programme, me semble trop a ca il me paraîl trop peu conforme aux déductions de la logique et à la saine interprétation des faits pour que je puisse m'y rallier. — La part que le Comité fait au contact, sait médiat soit immédiat, n’est pas assez large. — Le service des ophthalmiques de l'hôpital que je dirige renferme en ce moment encore plusieurs malade: chez lesquels l'affection s’est positivement développée par cette voie, et le chiffre
de ces malades, comparé au nombre total des hommes atteints d’ophthalmie militaire, est trop considérable pour qu'il soit permis d'affirmer que la contagion est rare aujourd'hui, et pour ainsi dire exceptionnelle.
« Si le Comité n’accorde qu'une action, que je crois trop restreinte, à [acontigion, par contre il attribue une influence presque illimitée à un mode de transmission occule, insaisissable, dont la réalité n’est rien moins que démontrée. 11 pense que, le plus souvent, l’ophihalmie militaire se propage par infection, c'est-à-dire par l'intermédiaire de l’air atmosphérique, des literies, des vêtements, elc., qui s'imprégneraient d’un miasme déterminé, et deviendraient ainsi, dans certaines conditions, les véhicules de la transmission, — Pouvonsnous partager cette manière de voir? Pour ma part, je conserve des doutes à cet égard ; ces doutes reposent sur des faits et sur le raisonnement.
« Si le miasme adopté par le Comité existait réellement, l'énergie devrait en être prodigieuse; il serait impossible que son activité se renfermât dans les limites des salles occupées par les malades atteints d’ophthalmie ; il faudrait qu'il se transmiît au dehors par l'infection des objets qui y ont séjourné, et je me demande si, en ce moment même, mes vêtements ne recèleraient pas ce germe malfaisant, et si les ophthalmologues belges ici présents ne deviendraient pas des voisins redoutables pour les illustres étrangers qui siégent à | leurs côtés ?
« Heureusement il n'en est rien; nos hôpitaux nous en fournissent la preuve. Là, en effet, le miasme se trouve dans les conditions les plus propices à son développement, à sa condensation et à sa transmission, Une salle quelquefois peu spacieuse renferme souvent un grand nombre d’ophthalmies purulentes graves, la production des émanations doit y être immense, et avec quelle facilité la transmission ne doit-elle pas s’y opérer ?.. l'air contaminé des ophthalmiques se mêle à l’air respiré par les autres malades; les infirmiers circulent jour et nuit, transportent mille objets d’une salle à l’autre, les malades euxmêmes; les médecins se chargent de colporter les émanations infectieuses d’un lit à l’autre, et cependant la propagation ne se fait pas! Pourquoi ne se faitelle pas? Toutes les conditions énoncées par le Comité comme favorables à la transmission ne s’y trouvent-elles pas réunies?
« Passons des hôpitaux aux casernes. Certes, ici, les éléments d'infection, au point de vue de l’ophthalmie, ne sont pas aussi énergiques ni aussi multiples que dans les établissements hospitaliers; les ophthalmiques n’y sont jamais réunis en aussi grand nombre; le séjour des hommes dans les chambrées n’y est pas aussi continu, et cependant c’est là, s’il faut en croire le Comité, que se fait la transmission; c’est pendant la nuit, lorsque les chambres sont encombrées et devenues infectes qu’elle s'opère. Sans doute, je suis loin de’contester l'influence de l'encombrement et de la viciation de l'air atmosphérique sur le développement des maladies contagieuses, mais je persiste à croire que cet. ensemble de circonstances même: n’explique pas suffisamment Popinion émise par le Comité. Voyons, en effet, ce qui se passe : le soldat rentre au quartier le soir; il se couche et s'endort, les yeux fermés évidemment; or, c'est pendant son sommeil que le miasme va exercer ses ravages; et sur quelle partie des organes oculaires va-t-il agir ? Est-ce sur le bord palpébral qui seul y est accessible? Nullement. Est-ce sur la région cornéale ou péri-cornéale qui est habituellement découverte? Non plus! Est-ce sur la muqueuse qui recouvre les cartilages tarses? Pas davantage. C’est sur les derniers replis oculo-palpébraux, c’est-à-dire sur les endroits les mieux protégés, les moins accessibles qu’il va développer ses effets! On ne peut donc pas admettre que le miasme agit directement... Comment le fait-il alors?
Serait-ce par absorption générale, par la respiration, par la circulation comm dans certaines maladies qui affectent l'organisme dans son ensemble? Éx demment non; il faudrait avoir une foi trop aveugle pour songer à souteni une pareille théorie. 11 n'existe aucune relation entre la cause et l'effet qu pourrait autoriser une hypothèse aussi hasardée. |
« Si les opinions du Comité se bornaient à des théories, je n’y verrais pa grand inconvénient, mais elles tendent à se traduire par des faits ; elles entraÿ nent des conséquences d’une grande portée. C’est là qu'est le mal. »
Après avoir exposé les conséquences sur l’organisation de l’armée et de établissements militaires... les charges onéreuses qui résulteraient pou l'État de l'adoption de ces mesures, M. Merchie reprend :
« Et quel sera le prix de toutes ces dépenses ? L’ophthalmie persistera, j'en suis convaincu... Comment expliquera-t-on ce résultat négatif? On accuseré les médecins d’abord d’inaction, de demi-mesures, et on les rendra respon sables d’un échec, uniquement imputable à une théorie vicieuse. . . . . M
Ir ne suffit pas de démolir, il faut édifier. | « Pour nous, l'ophthalmie militaire débute sous l'influence de causes catarrhales.. Les conditions inhérentes à la vie du soldat y impriment ur caractère spécial, déterminé... Examinons ces conditions ; — Changement de régime, de vêtements, congestious habituelles vers la tête ; gardes de nuit, etc: L'ophthalmie militaire ressemble à ces variétés de plantes qui acquièrent des caractères particuliers dépendant de la nature du sol sur lequel elles ont pris naissance.
« Les conditions dans lesquelles vit le soldat impriment à son organisme entier une modification évidente... Or, nous savons par les expériences de M. Magendie, que les modifications générales des humeurs retentissent immé diaiement sur les organes de la vue.
« L'ophthalmie militaire existe actuellement dans presque toutes les armées permanentes. Il ne faut pas croire que c’est par infection qu’elle s’est ainsk transmise dans les contrées les plus reculées de l’Europe. Cette ophthalmie se développe chez le soldat par cela même qu'il vit de la vie du soldat, de même que la mitte, le plomb attaquent le vidangeur à l'exclusion de tout autre artisan. | Ici ae de l'exemple des soldats de l’armée d’Afrique et termine pal ces mots :
« Voilà le mal... Quel est le remède? La destruction des granulations n'es qu'un palliatif.. [1 faut chercher à modifier les conditions d'existence du soldat quant au logement, à l'équipement, aux exercices, aux gardes, etc. » M. Lavera (France) pense que les objections de M. Merchie manquent de précision et de justesse. Si l’ophthalmie est plus contagieuse que ne le dit He Comité, c'est une raison d’insister avec lui sur l'isolement des granulés ; si l'infection à plus de puissance, pourquoi ne pas accepter sans réserve les mesures qu'il propose.
M. Merchie paraît d’ailleurs s’abuser sur l'influence de la profession militaire comme condition de développement de l’ophthalmie contagieuse; Ia comparaison de sa cause à celle du plomb et de la mitie mauque complétement de base.
En effet, en France, l’ophthalmie contagieuse n’existe pas dans l’armée, mais bien dans la population civile; chez des personnes vivant en commun (les orphelins du choléra, par exemple). En Algérie, où cette maladie est endé: nique, elle sévit plutôt sur la population civile que sur l’armée.
A ce sujet, M. Laveran pense que la comparaison des personnes alteintes confirme les observations faites en Égypte sur l'influence du méphytisme des lieux habités.
En Algérie, l’Arabe qui vit sous la tente, le soldat au bivouac ou dans une caserne aérée, échappent à l’action de l’ophthalmie purulente qui sévit particulièrement sur les colons des villages bas, insalubres, les Arabes des villes, et surtout sur les habitants des oasis entassés dans des huttes infectes, élevées
sur un sol humide au pied des palmiers.
Après quelques nouvelles observations de MM. Decaisxe, LAvERaAN, MER- CHIE, ANAGNosrakis, le $ 2 (p. 5), est adopté, avec les modifications suivantes : {les mots « le plus souvent » (lig. 15), et toute la fin du paragraphe depuis les mots « cependant » (lig. 22) jusqu'à ceux « de la maladie » (lig. 25) sont supprimés.
La séance est levée à cinq heures.
Séance du 14 septembre.
La séance est ouverte à neuf heures.
Comme suite à la discussion qui a eu lieu dans la précédente séance, { MM. Laveran et Lusrreman (France) déposent l'amendement suivant :
« L'encombrement des locaux et l’aération insuffisante favorisent le déve- « loppement des foyers d'infection, au milieu desquels les sujets jeunes, les « personnes inaccoutumées, les nouvelles recrues viennent puiser le germe « de l'ophthalmie contagieuse. Les foyers d'infection aggravent la maladie « lorsqu'elle est développée et lui donnent une durée plus longue. »
L'amendement est mis en discussion. x
M: Mevnxe déclare en quelques mots qu'il partage entièrement l'opinion des deux auteurs de l'amendement.
M. Srorger (France) croit aussi devoir l’appuyer. Selon lui, la cause seule de l'encombrement suffit pour développer la maladie, et il n’est pas toujours besoin de l'intervention d’un principe contagieux, dont l’action aurait été | préexistante. | | M. Mercme est également porté à croire que parfois les granulations peuvent se développer spontanément.
M: Bexoz ( Danemark). L'historique de l’ophthalmie qui s’est montrée dernièrement en Danemark lui paraît pouvoir en éclairer l’étiologie. Cette affection n'y avait jamais été observée avant 1848; elle fut communiquée, à cette époque, à l'armée danoise par les troupes des Duchés, avec lesquelles elle fnt alors en rapport. À dater de ce moment, la maladie prit beaucoup d'extension.
A la fin de la guerre, en 1851, les nouvelles recrues, venues du Holstein et | qui furent incorporées dans l’armée danoise, propagèrent cette affection dans tout le Danemark.
Il est un fait constant et sur lequel on doit particulièrement insister, c’est {que jamais, avant la guerre des Duchés, l’ophthalmie dite militaire n'y avait été observée, et jamais aucune cause catarrhale n'avait pu la produire. Jamais non plus on n’a vu en Danemark l’ophthalmie catarrhale dégénérer en ophthalmie militaire. I! est donc impossible de soutenir que, dans ce royaume, l’ophthalmie catarrhale ait été le point de départ de l’ophthalmie dite militaire.
M. Sroeser prend de nouveau la parole et s’occupe encore de la question de savoir si la contagion seule peut servir à expliquer le développement dela maladie, et quelle est l'influence que les autres causes peuvent avoir à ce égard.
M. Guzz (Autriche) aurait voulu voir la discussion s'établir d’abord sur la nature des granulations, afin qu’on püt bien s'entendre sur la source du secretum qui, pour lui, est la seule cause qui reproduise les granulations.
MM. Paurr, HarrioN, LogFFrLer, sont encore entendus sur l'amendement, qui est enfin adopté à une assez forte majorité.
On passe au chapitre B (p. 6) : « Quel est, dans la transmissibilité de l’oph- (thalmie, le rôle que les faits permettent d'y assigner aux granulations, et « quelle est la nature de ces dernières? »
M. Harmion. Pour éviter des discussions qui, quoique intéressantes sans doute, n'auraient pas un but d'utilité pratique, et pour hâter les travaux de la section dont la tâche est encore bien considérable, je crois devoir proposer l'amendement suivant, destiné à remplacer le $ B, p. 10 :
« Quelle que soit l’idée que l’on se fasse de la nature des granulations pal © pébrales, leur présence cause le plus souvent dans la conjonctive un travail « d'inflammation avec sécrétion muco-purulente, d’où s'élèvent des émana* « tions qui constituent la source principale des granulations dites militaires. »
M. Guzz fait quelques observations sur cet amendement; il s'explique sur tout sur les effets que peut produire sur la conjonctive l’inoculation du pros duit sécrétoire des granulations.
M. HarrioN rend compte des expériences qu'il a faites sur le même objet. Ce: n'est pas le pus sécrélé par les granulations, et transporté immédiatement sun la coujonciive, qui donne lieu au développement des granulations : celles-ci proviennent des yeux sécrétant celte matière muco-purulente, bien que celte deruière, inoculée directement, n'ait jamais produit de granulations vésiculeuses
M. Gurz répond quelques mots et revient de nouveau sur sa manière de voir quant à l’inoculation des granulations. Il insiste sur le mode de transmis= Sion du secretum des granulations; son opinion est qu’il n’y a pas de contagion possible sans sécrétion muco-purulente : la granulation vésiculeuse nom sécrétante ne fournit pas de contagion.
M. Paurr (Bavière) croit devoir admettre l'existence de deux principes de contagion : un principe blennorrhagique et un principe vésiculeux. Le premier n’est susceptible de se développer que sur les muqueuses externes comme rés sultat de l’inoculation de la matière muco-purulente. Le principe vésiculeux en diffère essentiellement, en ce qu'il ne se communique que par infection au moyen de l'air, Le contact immédiat n’est pas indispensable comme pour le développement des granulations, suite du transport du secretum blennors rhoïdal ; ce dernier ne se transmet pas par l’air comme le principe vésiculeux®
MM. Harrion et Guzz prennent de nouveau la parole sur le développement des granulations par l’inoculation de la matière muco-purulente. Ces deux membres sont d'accord sur la formation des granulations su l'influence des émanations résultant d’une sécrétion purulente; seulement, M. Gulz ne l'ads met pas pour lés simples granulations vésiculeuses, Landisqué M. Hairion pense qu'il en est aussi de même dans ce cas, et que la sécrétion muco-purulente existe également alors, bien qu'elle soit assez peu considérable pour éLtg constamment apparente.
M. WarLomowr fait quelques observations au sujet de la distinction qu’or voudrait établir entre les granulations sécrétantes ou non sécrétantes, chars
nues ou vésiculeuses. « Cette distinction, dit-il, au point de vue pratique, est & souvent impossible, car il est fort difficile d’assigner des limites aux granu- «@lations qui donnent ou ne donnent pas lieu à un produit de sécrétion. »
M. Mevnne partage la manière de voir de M. Gulz sur l'importance de la distinetion à établir entre les granulations accompagnées de sécrétion et celles qui ne le sont pas.
M. Tuone rend compte des observations qui ont été faites à Copenhague sur {les circonstances qui, dans certains cas, peuvent faire passer les granulations vésiculeuses à l’état de vascularisation. On y a vu parfois aussi les granulations vésiculeuses disparaître spontanément.
M. Haurion fait remarquer que la même observation a déjà été faite ailleurs; {mais, dans l'immense majorité des cas, on ne voit pas disparaître spontanément les granulations vésiculeuses.
MM. Mevxe e4 WaRLonoNT s'expliquent de nouveau sur l'importance de la
distinetion à établir entre les granulations sécrétantes et les vésiculeuses. [D’après M. Warlomont, aussi longtemps qu’on n’a pas la certitude (et elle est pratiquement impossible) que les granulations vésiculeuses ne sont pas accompagnées de sécrétion, il faut les considérer comme une des causes de l’ophthalmie, qu'on a le plus grand intérêt à faire disparaître. | M. STROMExER (aîné) partage complétement l'opinion de M. Warlomont; il trouve que les distinctions que M. Gulz à voulu établir entre les différentes granulations sont dangereuses, et qu'il est de la plus haute importance de quérir les granulations vésiculeuses pour s'opposer au développement ultérieur {de l’ophthalmie militaire.
M. Ponrus demande la permission de faire remarquer qu'il lui paraît important de distinguer les granulations d’après leurs variétés, car le danger qu'elles présentent diffère selon qu’elles sont sécrétantes ou non sécrétantes. Les granulations vésiculeuses, par exemple, ne produisent point de sécrétion et ne sont en général pas à craindre. Chez les hommes placés dans de bonnes conditions hygiéniques et logés dans des locaux bien aérés et convenablement ventilés, on voit souvent ces granulations disparaître spontanément, ou toujours rester inaffensives. « J'ai vu, dit-il, plusieurs fois des réactions violentes succéder à lemploi le plus méthodique des moyens les mieux indiqués pour les réprimer, et donner naissance à des conjonctivites granuleuses plus ou moins aiguës. Aussi, pour mon compile, ai-je l'habitude, dans mon régiment, de |newraiter les granulations que lorsqu'elles donnent lieu à une sécrétion. Je | Liens toutefois note des hommes porteurs de granulations vésiculeuses pour ne | pas les perdre de vue et les traiter au besoin avec toute la prudence possible, [eu choisissant l’époque de l’année (l'hiver) et les agents thérapeutiques qui | d'ordinaire exposent le moins aux réactions oculaires. Je demande donc que, sans s'occuper de la nature des granulations, il soit permis de parler des variétés sous lesquelles elles se présentent le plus communément et de porter la discussion sur leur importance au point de vue du pronostic. »
M. WarLomonr : « Messieurs, nous sommes jusqu'à présent tous disposés à admettre que les granulations sont contagieuses du moment où elles sont | accompagnées d’un produit de sécrétion. Pour quelques-uns d’entre nous, cette condition est indispensable à la coutagiosité. Eh bien, si, en théorie, celte Opinion à de la valeur, pourra-t-on me dire quelle donnée sérieuse elle apportera à la pratique? Comment saurez-vous si cette grauulation sécrète ou si elle ne sécrête pas? Combien faudra-t-il de ce produit de sécrétion pour que la granulation soit inoculable ? Qui vous dit que telle granalation, sèche aujour- | d'hui, en réalité ou cn apparence, ne sera pas demain sécrétante? Et s’il en est
ainsi, et vous savez combien de causes peuvent amener cette modification ce nouveau modus faciendi, quelle conséquence pratique tirerez-vous de cet distinction ?
« Messieurs, nous tendons à, atteindre un but pratique. La différenciatiot que vous cherchez à établir nous y mènera-t-elle? Non. Nous n’avons, en vérité qu’une chose à faire, c’est de faire disparaître les granulations palpébrales quelles qu’elles soient, parce que leur présence est, tout au moins, une épint capable de développer, presque instantanément, une inflammation qui les ren: dra susceptibles de se communiquer. — On dit que les vésicules palpébrale ne sont pas contagieuses par elles-mêmes ; mais, en supposant celle assertio démontrée, ne sait-on pas, d’autre part, qu’il suffira de l’action de la moindre cause pour les vasculariser et les rendre sécrétoires? Comment justifier, d'aprè cela, l'opinion de ceux qui prétendent qu'il ne faut rien tenter pour les fair disparaître. Comment! vous avez là un ennemi caché; il dort; quelquefois meurt et disparait tout à fait, c’est vrai, sans avoir été attaqué ; mais, d'autre fois il apparaît armé de toutes pièces, prêt à tout envahir, et vous voule attendre paisiblement ce réveil, sous prétexte que souvent il ne se manifes: tera pas!
« Cette conduite ne me paraît pas justifiable. On nous dit que la vésicull est de si bonne composition que souvent elle disparaît d'elle-même. Est-ce une raison pour la livrer à ses propres instincts ? Si elle est si facile à guérir, gué rissez-la tout d’abord, et vous aurez un ennemi de moins, et pr lequel vou n'aurez plus à vous tenir en garde.
« On me répond : Mais en agissant sur les vésicules, vous courez le risque de déterminer une irritation des paupières d’où résulteront souvent des gra: nulations plus graves. Messieurs, cette objection n’est en vérité pas sérieuses Nous ne sommes plus au temps où le traitement des granulations était livré à un empirisme grossier, et l’on voudra bien nous accorder que si nous cherchons à faire disparaître une granulation vésiculeuse, nons saurons trouver, pour Y réussir, d’autres agents, d’autres procédés que les agents ou les procédés désorganisateurs dont on cherche à nous effrayer. « On ajoute encore : Mais les vésicules sont si fréquentes que, si l’on isolail dans notre armée les hommes atteints de vésicules de ceux quien sont exempts, on séparerait de l’autre une moitié au moins des soldats. Cela n’est pas exact à beaucoup près; et cela füt-il démontré, j'y trouverais une raison de plus dé tout essayer pour faire disparaître ces vésicnles si nombreuses, et qui, € somme , constituent toujours au moins un état anormal, susceptible d’en* traîner des conséquences fâcheuses que chacun reconnaît possibles et que, pouf nous, nous affirmons très fréquentes. »
Après le rejet des changements proposéspar MM. LosrrLer el Tauxe, l’amen* dement de M. Harrron est adopté avec la modification demandée par M. MercRiE et qui consiste à dire : « une des causes du développement, » au lieu de# « la cause principale. » spl paragraphe B est donc remplacé par la rédaction suivante :
« Quelle que soit l’idée qu’on se fasse des granulations palpébrales, leur « présence cause le plus souvent dans la conjonctive un travail d’inflammation « avec secrétion muco-purulente, d'où s'élèvent des émanations qui consti tuent une des causes du développement des granulations dites militaires. »
La discussion est ouverte sur le chapitre C (p. 8) : 4 « Est-il une formule de traitement dont l'expérience ait sanctionné la sup « riorité dans le traitement de l’ophthalmie militaire? »
M. Marques ditque, puisqu'il s’agit de savoir s’il y a une formule de traitement dont l'expérience ait sanctionné la supériorité dans le traitement de lophthalmie militaire, ce serait le moment d'exposer ce qu'on pense dans son pays, non pas du traitement de la maladie, considéré en général, mais des moyens employés contre le phénomène le plus important de l'affection — la granulation palpébrale. Mais comme il a écrit à ce sujet une note qu'il a ajoutée à son mémoire, il croit seulement devoir faire connaître, en peu de mots, que tous les moyens conseillés jusqu’à présent contre les granulations ont été lessayés dans les hôpitaux militaires portugais, sans que pourtant on puisse se dire satisfait de leurs résultats, très-souvent incertains et parfois dangereux. Le crayon de nitrate d’argent a été d’ailleurs l'agent le plus profitable, et de toutes les autres méthodes de traitement, c’est celle de M. Buys, par lacétate de plomb, que l'expérience a condamnée le plus. M. Marques s’en réfère ensuite, pour les résultats de l'expérience qui en a été faite, à ceux qui ont été [publiés par la presse médicale portugaise.
C'est pour remédier à ce défaut d’une méthode digne d’une confiance entière, que M. Marques à fait connaître dans son journal l'Escholiaste medico, le traitement recommandé par M. France, de Londres, et qui a été essayé à Lisbonne par M. Sa Mendes avec les résultats les plus satisfaisants. Les malades traités par cette méthode sont déjà en assez grand nombre pour qu'on puisse dire, en effet, qu'on possède un traitement d’une légitime supériorité sur tous les autres connus jusqu’à ce jour.
M. Marques expose en quelques mots en quoi consiste le procédé de M. Frañce. Ce sont des scarifications faites par une méthode particulière, c'est-à-dire de petites incisions parallèles au bord libre de la paupière, trèssuperficielles, de très peu d’étendue, mais qui arrivent quelquefois jusqu’à quarante ou cinquante. À ces incisions on ajoute l’action astringente du sulfate de cuivre, aussitôt que le sang a cessé de couler. Dans des cas exceptionnels, selon la méthode de M. France, on pratique la division de l’angle externe de l'œil, pour empêcher le frottement si nuisible des granulations sur la cornée.
Pour de plus amples détails, M. Marques renvoie à son mémoire. Il termine | en disant que le nitrate d'argent est néanmoins encore considéré en Portugal comme le plus avantageux parmi les moyens employés auparavant, et que, dans des cas, à vrai dire rares, où les scarifications n’ont pas donné tout le succès que l’on en attendait, on essaie l'action bienfaisante de cet agent modificateur.
M. Monraur (Espagne). « L’ophthalmie granuleuse, sous toutes ses différentes formes, est très-fréquente en Espagne. Livré à la pratique spéciale des mala- | dies de l'œil depuis 1843, j'ai eu l’occasion de combattre cette maladie chez un | nombre considérable d'individus, non-seulement dans le civil, mais aussi chez des soldats, en ma qualité de professeur du Corps de santé militaire, auquel j'ai | l'honneur d’appartenir.
« L'expérience m'a démontré que les scarifications sont un excellent moyen pour combattre les granulations vascularisées, avec sécrétion, tandis que les | granulations vésiculeuses ou commencantes cèdent avec facilité à l’acétate de plomb ou au sulfate de cuivre.
« Quand les granulations sont végétantes, et cette forme est malheureusement très-fréquente dans l’armée espagnole, les scarifications sont alors insuf- | fisantes, et l’excision est indispensable.
« Cette excision s'exécute de deux manières différentes : d’abord avec le scarificateur que j'ai l'honneur de vous présenter ici, et ensuite au moyen des ciseaux, lorsque ces granulations sont très volumineuses ; c’est aussi la pra-
tique de notre très honorable confrère le docteur Guépin (de Nantes), qui assiste également au Congrès. (Les deux instruments dont je me sers ont été fab qués par l’habile coutelier de Paris, M. Charrière.) Après l’excision, je touche. la paupière opérée avec le sulfate de cuivre, et cette opération est répétée aussi longtemps qu'il reste quelque végétation. » 3
M. Jean pe Kapata (Russie) recommande tout particulièrement l’emploi dti pitrale d'argent en crayon ou en solution, soit seul, soit alterné avec le sulfate de cuivre : «Il est préférable, dit-il, à tous les autres agents, à cause de sa prompte efficacité, et parce qu'il anéantit le processus blennorrhoïdal. » M. dé Kabath cite à l'appui de son assertion des faits très convaincants, dont on trot vera la relation dans le mémoire qui est déposé. (V. ce Mémoire.) ,
M. Guzz croit devoir faire remarquer qu'il ne peut y avoir de traitemenm exclusif, ahsolu, et que les moyens curatifs doivent toujours se régler d’après les différents stades de la maladie.
M. Gogée ne veut pas abuser des moments de la section en lisant un mémoire où sont exposées ses vues sur le traitement de l’ophthalmie militaire. (V. ce Me moire.) Il fait seulement observer qu’en Hollande on cautérise, dans la ben norrhée aiguë, les paupières avec le crayon de nitrate d'argent pourfaire avort@m l'inflammation, etque cetraitement a toujours donnélieu aux meilleurs résultats
M. Desmarres entre dans quelques détails sur un moyen opératoire qu croit propre à empêcher la destruction de la cornée dans l’ophthalmie purun lente. I cite à ce sujet l’observation suivante :
« M. X... âgé de 21 ans, demeurant à Paris, rue Beaubourg, 42, est pris, 1@ 20 avril 1856, d'une blennorrhagie urétrale. Le à mai, l'œil gauche se prend d'une ophthalmie purulente des plus intenses, accompagnée d’un chémosis phlegmoneux que les cautérisations avec le nitrate d'argent, les scarifications profondes, les émissions sanguines locales énergiques ne peuvent arrêter dans son développement. Du deuxième au troisième jour, la cornée fut détruite en totalité et l'iris tout entier le traversa. Le lendemain, 9 du même mois, l'œil droit se prit de la même manière, et le mal en vingt- “quatre beures fit des progrès des plus rapides. La purulence était des plus marquées; et un chémosis semblable à celui qui avait été remarqué dans l’autre œil s'était développé, avec rapidité. M'appuyant alors sur l'observation de ces faits, danslesquels la | cornée, s’ouvrant rapidement sur un point de sa circonférence, est conservée) | dans sa totalité, je pratique l'opération suivante : l'œil est fixé avec des élévan| teurs etune pince, comme dans la pupille arüficielle, et le couteau lancéolaire’ œ Beer est plongé dans Ja cornée à la partie supérieure pu de cet
j'y fais une perte de sabre a un coup de ciseaux. À partir de ce momefi la fistule établie reste ouverte cinq jours, et pendant ce temps tous les sympz | tômes qui menaçaient la cornée disparurent entièrement. La petite plaie se | cicatrisa régulièrement et l’œil se guérit complétement.
« dau hui 16septembre 1857, la vue està l’état physiologique, le aa | lit sans difficulté le n° 4 de Jaeger, depuis 10 centimètres jusqu’à 40. Le mas, lade a repris son état de chapelier depuis l’année dernière. La pupille est un peu déformée en haut et en dehors; la cornée présente à l'endroit où elle | subi une perte de substance une tache de la grandeur d’un grain de millet, qui n'offre ni élévation ni vaisseaux apparents. »
M: Bima. Dans le principe de l’épidémie, en 1835, 56, 37 et 58, il y eut de brands dissentiments entre les médecins dirigeant le service dans les hôpitaux de Gênes, Alexandrie et Chambéry. Mais le Conseil supérieur de santé, prenant conseil des résultats obtenus, ne tarda pas à se faire une idée exacte du traitement à préférer dans les divers degrés et les différerñtes périodes de la maladie. Il conseilla d’en faire l'essai, mais sans l’imposer l'une manière absolue aux chefs de service, ni vouloir enchaîner leur
Dès 1855, le commandeur Riberi, alors président du Conseil supérieur de santé, ayant réuni dans sa clinique chirurgicale, à l'hôpital Saint-Jean à Turin, quelques militaires réformés, porteurs d'accidents oculaires graves, avait attiré
ause mécanique des altérations de la cornée, et sur la nécessité de diriger contre ces granulations un traitement convenable. On ne peut douter par conséquent que, dès cette époque déjà, les médecins
{[militaire. On ne pourrait nier cependant que tous n'étaient pas pourvus de la [patience et de la persévérance nécessaires pour ne pas céder quelquefois à -|l'importunité des malades, et permettre leur sortie de l'hôpital avant leur parfaite guérison. — C’est ce qui explique pourquoi la maladie existe encore dans l’armée sarde.
| M. SrRoMEYER (ainé) pense que, dans le traitement, il serait bon de s'occuper [plus qu'on ne le fait de la partie hygiénique, car souvent une bonne hygiène est plus avantageuse dans la cure des granulations que tous les autres moyens; lun air pur et abondant est plus utile que la plupart des agents qu’on emploie habituellement contre ces productions anormales. Aussi, maintenant en Allemagne, la cautérisation preprement dite perd du terrain de jour en jour, et les moyens les plus doux, les collyres qui n’ont pas une action caustique, sont ceux [qu'on préfère en général,
Le chapitre C (p. 8) est mis aux voix et adopté à l'unanimité, La séance est [levée à midi. :
Séance du 45 septembre.
La séance est ouverte à neuf heures. M. le président recommande de nou- | veau à messieurs les membres de la section de ne pas perdre de vue le but pratique que doivent avoir leurs travaux. | | M: Muzrer demande à être autorisé à lire la partie de son mémoire qui | concerne la nature des granulations. M. le président de la section ne peut lui donner actuellement cette autorisation, mais il fera une démarche auprès de M: le président du Congrès, afin que M. Muller puisse lire son mémoire en | séance génerale.
La discussion est ouverte sur le chapitre D (p. 8): « Quelles sont les meilleures mesures à prendre pour prévenir l'apparition | « et empêcher la propagation de l’ophthalmie militaire? »
M. Le PRÉsipENT expose les motifs pour lesquels le Comité d'organisation a adopté la division de ce chapitre en quatre paragraphes.
M. Mevxxe pense que la discussion de ces paragraphes, tels qu’ils sont disposés, est maintenant inutile, puisqu'on devra discuter de nouveau les mêmes objets à l’occasion des paragraphes de détail.
M. Le PRÉSIDENT n’est pas de cet avis; il lui semble que la division es nécessaire pour donner un peu d'ordre à la discussion.
Après quelques observations de MM. Laveran et Decaisne, l’ordre du proje de solution est admis.
Le K Er est mis en discussion.
M. Lorrrcer propose d'adopter d'emblée les 13 premiers articles.
M. MEyNxe ne veut pas aller aussi vite que l’honorable M. Loeffler: il pro: pose seulement la discussion immédiate de l’art. 4®.
Le $ I est adopté sans discussion.
On passe au K IE (p. 9).
M. Laveran voudrait voir changer la rédaction de ce paragraphe, surtou quant aux mots de désinfection des locaux, car la nécessité de cette désinfection n'est pas démontrée pour tout le monde.
M. Meyxxe s'élève contre la rédaction de ce paragraphe. Il croit que cetté proposition exagère les dangers de la contagion par voie miasmatique. « Déjà la majorité de la section, dit-il, a combattu cette idée en faisant disparaitre la seconde moitié du $ 2 de la page b: pour rester conséquents, nous devons encore modifier le paragraphe en discussion. »
M. Harmion. « Le point de savoir si les locaux habités par des hommes ayant été atteints d’ophthalmie seront ou non désinfectés, est de la plus haute im portance. En 18928 et 1829, on croyait que l'infection des locaux était la cause de la persistance de l’ophthalmie dans l'armée, mais on ne tenait pas compté alors du grand nombre de granulés qui se trouvaient dans ses rangs. Si l'on veut complétement extirper le mal, il faut franchement l’attaquer dans ses deux principales sources. La désinfection des focaux et des objets con taminés et le traitement des granulations, permettent d'atteindre ce but En 41898, on n’a fait la chose qu’à moitié, comme on peut le dire encore depuis lors; car si maintenant on s'occupe de faire disparaître les grauula tions, on néglige la désinfection des locaux. Ce n’est qu’en agissant à la fois contre ces deux causes qui entretiennent l'ophthalmie dans l’armée, qu'on pourra arriver à un résultat complet, définitif, comme je l'ai déjà obtenus d’ailleurs, dans les circonstances que j'ai rapportées dans la première séance.»
M. Decaisxe croit devoir s'opposer à l'adoption de ce paragraphe. « Le Comité de rédaction semble considérer nos casernes, dit-1l, comme un foyer permanent d'infection. Je ne pense pas que cette assertion soit bien fondée, car on ne conserve pas d’ophthalmiques dans les casernes, et ce ne sout pas les individus porteurs de granulations vésiculeuses qui peuvent servir à for mer un semblable foyer. Si, en effet, on admeutait l'opinion du Comité, tous les objets devraient être désinfectés, même ceux appartenant aux individus aiteiuts seulement de granulations vésiculeuses.
« Lorsque l'armée raies en 1852, a occupé les locaux que venait d’ habiter l'armée belge, elle n'a pas été infectée, et ce fait nous paraît avoir une haute signification sur l'importance des foyers d'infection que renfermeraieut no$ casernes. Je crois, dit l'honorable membre en terminant, pouvoir mainteni# tout ce que j'ai déjà dit à ce sujet: les miasmes fixés sur les murs des casernes sur une foule (l’objets, etc., n'existent que dans l'imagination de certaines personnes. Enfin, on ne voit pas le moindre accident être la suite des rapports que les hommes atteints de granulations vésiculeuses peuvent avoir avec des hommes sains; les granulations, dans cet état de simplicité, sans sécrétion muco-purulente, Ne sauraient servir à propager le mal. Ce qui se passe à la prison d’Alost, et j'invoque ici le témoignage de mon confrère le docteuf Poutus, pourrait, au besoin, en être ia preuve la plus convaincante. »
SÉANCE DU 15 SÉPTEMBRE. 121
M. Srromeyer (aîné) pense qu'il serait utile de faire une distinction par rapport à la désinfection des locaux. Il est, en effet, certains endroits dans les | habitations qu'on ne peut trop assainir, les latrines, par exemple, ou autres [lieux pouvant fournir des émanations dangereuses. La désinfection par le chlore, à laquelle on n’a pas cru devoir recourir dans l’armée hanovrienne, (ne semble pas jouir d’une grande efficacité, et l’on n’y attache pas la moindre {importance. M. Stromeyer est, dans tous les cas, bien convaincu que les hommes atteints de granulations doivent toujours être considérés comme une des principales sources de l’ophthalmie.
| M. Bexpz admet l'existence d’un miasme, et son mémoire sur l’ophthalmie militaire, déposé au Congrès, renferme plusieurs passages à l'appui de cette |assertion, corroborée par de nombreuses citations d’autres ouvrages sur l’ophthalmie.
La granulation vésiculeuse qui est, d’après lui, le premier degré de la maladie, n’est pas directement contagieuse : ce n'est que plus tard, quand cette |granulation s’est vascularisée sons l'influence d’une cause quelconque, qu'il se forme une sécrétion pouvant reproduire la maladie.
M. Powrus. « Les membres du Comité me paraissent faire jouer à l'infection un trop grand rôle dans la production ‘de l’ophthalmie militaire. Permettez
moi, Messiéurs, de vous citer un fait dans le but d'éclairer la question: au |mois de décembre 1850, j'ai reçu ordre de reprendre le service de la maison de détention militaire établie à Alost et d’y introduire toutes les prescriptions réglementaires en vigueur dans l’armée. Le service de cet établissement était confié, depuis 16 à 17 ans, à un médecin et à un chirurgien civils, et pendant ce temps, aucune visite générale oculaire n'avait été jugée nécessaire. « Ma première visite des 800 honimes détenus alors dans la maison, me fit | découvrir 79 individus atteints de granulations chroniques, presque toutes |accompagnées d’une sécrétion muqueuse; quelques hommes seulement por- [taient des granulations avec sécrétion muco-purulente. Tous, ces granulés |couchaient dans des dortoirs différents, et chaque dortoir en comptait un [nombre à peu près égal.
« Jusqu'à cette époque, j'avais toujours accordé à l'infection, comme presque | tous mes collègues de l’armée, une grande part dans la propagation de l’ophthalwie militaire; je fus donc étonné de ne pas trouver un plus grand nombre | de granulés et d apprendre que les ophthalmies militaires aiguës étaient rares | dans un établissement où se trouvaient réunis tant d’ hommes sortant des rangs de l’armée, et où l’on ne soumettait pas les yeux à des visites régu- [lières. :
« En parcourant les locaux occupés par les détenus, je constatai qu'il y existail presque partout et en tout temps une ventilation assez considérable, ce qui me donna à penser que c'était sans doute à cette hèureuse condition hygiénique que l’on devait l’innocuité du séjour des granulés parmi les hommes säins. Je Commençai à avoir moins peur de l'infection, et, après avoir fait adopter quelques mesures destinées à assurer une aération encore plus généreuse dans tout l'établissement, je me bornai à faire entrer à D bmerie les quelques granulés avec sécrétion muco-purulente.
« Quant aux hommes affectés de 9 granulations vésiculeuses non séerélantes, ou hien de granulations ne produisant qu'une sécrétion muqueuse, je ne craignis pas de les laisser au milieu de leurs camarades. | «Je profitai de l’après-dinée du samedi pour les traiter, parce qu'il n’y avait | point de travail et que le dimanche était encore pour eux un jour de repos.
« Avant la fin du premier trimestre 1851, tous les granulés étaient guéris ;
SE
ceux qui restaient à la fin du trimestre étaient de nouveaux condamnés, entrés dans la maison depuis ma première visite. — Il est bon d'ajouter qu'aucune désinfection n’a été pratiquée.
« Ce fait et quelques autres, que j'ai eu l’occasion d observer depuis, sont venus considérablement restreindre dans mon esprit l'importance de l’infec tion dans l’ophthalmie militaire. »
M. WarLomont croit que l’on se méprend étrangement sur la signification du mot désinfection. Étendre la ventilation jusqu’à ses dernières limites, faire disparaître par des courants d’air bien ménagés les miasmes contenus dans les chambrées, n'est-ce pas désinfecter, et où a-t-on vu qu'il fallût des agents chimiques pour obteuir la neutralisation des principes morbifiques ? En Suède, à l'hôpital des Séraphins de Stockholm, par exemple, tous les locaux occupés par les malades sont évacués pendant plusieurs semaines de l’année ; toutes les fenêtres et les portes sont largement ouvertes pour établir de forts cou=
rants d'air dans le but de chasser les miasmes. N'est-ce pas là une bellce bonne désinfection ?
Quel inconvénient trouverait-on à recommander semblable mesure pou les casernes, hôpitaux, etc., occupés par les soldats granulés, toutes les fois que la chose sera possible, et à y aider par le blanchiment des murs?
Il pense donc que l'observation de M. Pontus, loin d’infirmer P importance de l'infection ne fait que la corroborer.
MM. Decusne et Hairion échangent quelques explications sur le fait cité par le dernier, et dans lequel il s'agissait des pensionnats de Thildonck et de Malines. M. Hairion affirme de nouveau que cette ophthalmie était réellement de la même nature que celle de l’armée et qu’elle s’est transmise par conta 210n.
M. Benoz rapporte un fait qui lui semble prouver la nécessité de désinfecte les casernes. L’affection granuleuse s'était montrée sous la forme la plus simple dans le corps de la garde danoise, dont il est le médecin, et dont la force est de 5,000 hommes environ; et comme elle y faisait des progrès continus, il proposa de faire évacuer la caserne pendant un certain temps. Les soldats ont été logés sous des tentes, el, à partir de ce moment, le nombre des granulés a com mencé à décroître considérablement, et, au bout de 4 mois, le nombre en était réduit à 7.
M. ve Kapara lit la partie de son mémoire qui concerne l'historique et l’étio” logie de la maladie en Russie. |
M. Srromeyer (Ernest) cite quelques faits qui viennent à l'appui de ce qu’ a dit M. Hairion sur l'utilité des mesures de désinfection dans certains ças: En Hanovre, on a constaté que c'est principalement dans trois ou quatre villes qu'on rencontre le plus de granulés, et dans la ville de Hanovre même, c'est une caserne qui les produit presque exclusivement. Le développement et 14 propagation des granulations dépendent fréquemment des conditions hygiéni ques des locaux.
On peut bien, jusqu'à un certain point, adopter certaines mesures ayant pour but de désinfecter Les locaux, mais la véritable, la plus puissante désin fection des casernes est une bonne ventilation permanente, et c’est là aussi le moyen le plus sûr de s'opposer à l'extension du mal. |
M. FazLor fait voir combien il est difficile d'expliquer pourquoi telle ou telle caserne favorise le développemeut de l’ophthalmie. Le miasme n’est pas un: agent matériel dont on puisse démontrer l'existence physiquement, on ne le connaît que par ses effets. On a de tout temps cité des faits qui prouvent que certains locaux ont été le siége de prédilection de l’ophthalmie : il en es
SÉANCE DU 15 SEPTEMBRE. à
{ainsi pour les casernes de Mayence et de Namur. Mais la question de désinfection des locaux, dans le doute même, doit être résolue affirmativement, à cause des conséquences que la non-exécution de celte mesure peut entrainer. N'est-ce pas d’ailleurs le même but qu’on veut atteindre quand on recommande une ventilation active, incessante, pour éliminer, par l'air sans cesse renouvelé, le principe miasmatique qui est alors extrêmement dilué et entrainé pour ainsi dire à mesure qu'il se développe.
M. PauLi revient sur la distinction qu'on doit établir entre le principe vésiculeux, qui diffère du principe blennorrhoïdal coutagieux. Le premier n'est pas contagieux, et tant que la vésicule reste intacte, qu'un travail d'inflammation {ne vient pas s'ajouter à la sécrétion muco-purulente, blennorrhoïdale, la contagion ne peut exister.
Le $ Il, amendé par M. Stromeyer (Ernest) et sous-amendé par M. Hairion, est adopté dans les termes suivants :
« L’assainissement et, s’il y a lieu, la désinfection des locaux (casernes, « prisons, hôpitaux, etc.) et des objets à l'usage des soldats. »
Les $ HE ec EV sont admis sans discussion.
On passe aux articles de ces divers paragraphes.
Art. 4°. « On ordonnera dans les corps des visites sévères, fréquentes et | « minulieuses. »
M. MEYNNE à présenté un amendement ayant pour but d’ordonner de visiter également les hommes qui vont en congé, ou reviennent après une absence quelconque.
M. Fazcor s'oppose à cet amendement, par la raison que les mesures d’exécution peuvent varier selon les pays : c'est aux médecins à apprécier ce qui { convient le mieux à ce sujet.
L'’amendement de M. Meynne est rejeté, et l’art. 1° est adopté avec la rédaction du Comité.
Art. 2. « On instituera des salles de granulés, destinées exclusivement aux « hommes atteints de granulations, et l’on dirigera sur les hôpitaux ceux dont « l’état exigera d’autres soins que le traitement mis en usage contre les granu- « lations. »
M. Gosée donne quelques renseignements sur l’état de l’ophthalmie en Hollande ; elle y à aujourd’hui presque totalement disparu, et jamais cependant on | n’y a reconnu la nécessité d'établir des salles de granulés. Il ne pense donc pas que celles-ci soient aussi utiles que le Comité semble le croire.
M. Fazzor est d'avis que cet article a une grande importance et qu'il doit être maintenu. En effet, il faut toujours, autant que possible, séparer les hommes atteints de granulations des hommes sains, et surveiller attentivement les premiers ; car les granulations, même sous la forme la plus bénigne, peuvent prendre en vingt-quatre heures, et sous l'influence d’une cause quelconque, un développement capable d'entraîner des conséquences plus ou moins graves.
M. Bima pense que la séparation, dans une même caserne, des granulés d'avec les hommes sains, est une mesure insuffisante. Selon lui, tout individu atteint de granulations doit être envoyé aux hôpitaux : il a déposé une note écrite sur les mesures qui ont été prises en 1836 et plus tard en Sardaigne pour l'extinction de l’ophthalmie militaire. Il résume comme suit ses vues sur la prophylaxie :
Ce serait une chose fort désirable que l'extinction de cette maladie, et elle s'obtiendra le plus sûrement : {° en améliorant autant que possible la condition hygiénique du soldat; 2 en visitant scrupuleusement les malades
et les envoyant dans les hôpitaux; 3° en les y guérissant radicalement ; 4° er ne rendant à leur famille que ceux qui ne présenteraient ni granulations, ni aucun autre reste de la maladie.
Quant à la première condition, en présence des soins que porte au sol dat M. le Ministre de la guerre, secondé par l'administration, et autant que cela est compatible avec l’état des finances, il ne reste rien à faire de ce chef en Piémont. Quant à la deuxième, il suflit d'y faire exécuter avec rigueur les règlements existants. Troisièmement, on pourrait se demander s’il est. pré férable d'abandonner, comme cela se fait aujourd’hui, à chaque garnison le soin de ses ophthalmiques, ou de les réunir, comme cela a déjà eu lieu, dans un même local ou un petit nombre de localités, et d’en confier le traitement des hommes d’une expérience éprouvée. — La quatrième et dernière conditior est prévue dans les règlements; car, d’une part la maladie est déclarée conta sieuse, et de l’autre il est ordonné qu'aucun homme ne peut rentrer dans ses foyers d’une maniére quelconque, sans porter sur sa feuille de route la signature du médecin de l’établissement d'où il sort, attestant qu’il n’est porteur d'aucune maladie contagieuse.
En procédant ainsi, lorateur pense qu'avant peu il n’y aura plus dans l'armée qu’un petit nombre de cas d’ophthalmie, dus à des causes traumatiques ou à des causes communes, et que bientôt on verra disparaître l'accusation lan cée contre les armées, de répandre dans la population le fléau Li l’ophthalmies militaire.
Enfin, l’orateur répète ce qu’il a déjà dit dans la première séance de la section, que le meilleur moyen de combattre l'extension indéfinie de l’ophthalmie dans les casernès, c’est d'établir dans les cours des fontaines pourvues d’un robinet, où chaque soldat pourra aller se laver, sans devoir recourir à des ustensiles avant servi à d’autres. Bien entendu que, comme cela à lieu en Piémont, chaque soldat aura son essuie-mains en propre.
Ce système a été introduit pour la première fois dans la caserne de l’artillerie de Pavie et y a produit les meilleurs résultats. Il est actuellement en voie de se généraliser.
L'art. 2° est adopté.
Art. 5°, « Ces salles seront vastes, bien aérées et assez activement surveilléess « pourempécher les soldats infectés de communiquer avec les hommes sains.»
MM. Decaisxe ct Meynne ont déposé des amendements. M. Decaisne a pro posé son amendement parce qu'il pense qu’il est inutile de séquestrer complé-« tement les granulés, le traitement qu’on leur fait subir rendant la contagion presque impossible.
M. MEëynxe, qui, dans son amendement, a | demandé que la sphère respiratoire de chaque homme fût fixée, pense qu’il serait de la plus haute importance que le Congrès prit une décision à cet égard en fixant un minimum de mètres cubes d'air par homme. Ce minimum, il croit devoir le porter à 25 mètres cubes. Si le Congrès prenait une semblable initiative, on ne verrait pas sans doute transgresser si souvent celte loi de l'hygiène, en donnant aux soldats un volume d'air tout à fait insuffisant, et que les chefs de corps, dans bien des circonstances, croient pouvoir réduire encore. L |!
M. E. SrromEyer appuie de toutes ses forces cet amendement. Dans une} caserne qu’on vient de construire à Hanovre, il a fortement insisté pour faire accorder à chaque homme un volume d’air au moins aussi considérable.
M. DeCHaNGe se rallie à l'amendement de M. Meynne : il fait valoir plusieurs motifs sur l'utilité qu'il y aurait à fixer, dans les casernes, un minimum de 25 mètres cubes d'air par homme.
M. Harm1oN fait observer que la question de ventilation des casernes, surtout quant au volume d'air à accorder à chaque homme, n'est pas encore résolue de Va même manière par tout le monde et que, par conséquent, il serait prudent M'ajourner cette question.
‘L’amendement de M. Meynne n’est pas adopté.
L'art. 30 reste tel qu'il a été rédigé par le Comité.
Art. 4. « Les hommes atteints de granulations avec blennorrhée seront séparés de ceux qui présentent des granulations sans sécrétion. »
M. Tuune propose, sous forme d'amendement, de dire qu’on doit envoyer les ommes à l'hôpital, au lieu de les faire entrer aux salles des granulés, quand existe une certaine sécrétion.
| Après quelques observations de M. Hairion, l’art. 4° est adopté sans chanbement. |
Art. 5°. « Tous les jours, après sa visite, le médecin désignera ceux qui peuvent faire entièrement leur service et ceux dont le service doit être allégé ou complétement interrompu. »
M. Lavera propose de remplacer cet article par le suivant :
« L'emploi du temps des hommes atteints de granulations sera réglé d’après les conseils des médecins. »
Cette modification est adoptée.
N. B. Ilest entendu que la note jointe à l’article 5° ne sera pas reproduite. Art. 6° et 8. « Dans les hôpitaux, on séparera les ophthalmiques des autres malades; on classera également fes ophthalmiques par catégories séparées, d’après le degré de gravité de leur maladie, l’abondance de la suppura- Lion, etc. Les convalescents seront placés dans des quartiers isolés et soumis à une surveillance spéciale. » — « Chacun y aura en propre son essuiemains et les ustensiles à son usage. » — Adoptés.
Art. 7e. « À leur entrée à l'hôpital, les ophthalmiques seront neltoyés et recevront un lit et des vêtements propres. » — Supprimé.
Art. 9%. « La plus grande propreté doit régner dans les salles, et l’air y être
Adopté avec la modification proposée par M. Stromeyer aîné, consistant à ajouter le mot « continue » après « ventilation convenable. »
Art. 10°. « Après la visite du matin, il faut évacuer les salles qui peuvent « l'être sans inconvénient pour les malades, les aérer, et ne les rouvrir qu'aux « heures des repas et du coucher. Hors de là, les malades prendront, autant {« que leur état le permettra, de l'exercice à la cour, au jardin, dans des gale- {« ries couvertes ou des salles de rechange, suivant la saison, les commodités [« et les ressources des locaux. Dans les salles qui ne peuvent être évacuées, [« on devra entretenir un dégagement lent de chlore. » — Adopté sans disussion.
Art. 11. « De temps en temps, on devra faire évacuer les salles pour quel- {« ques jours et les désinfecter, ainsi que les literies. » — Adopté avec la suppression des mots : « ainsi que les literies » dèémandée par M. Decaisne.
Art. 12°. « On fera désinfecter, comme pour les hommes alteints de la gale, « les habits que portaient les ophthalmiques à leur entrée à l'hôpital, ceux « qui leur ont servi pendant le séjour qu'ils y ont fait, ainsi que leurs lite- « lies. » — Adopté après une courte discussion, à laquelle ont pris part MM. Decaisne, Stromeyer et Fallot, le premier demandavt la suppression de cet article, et les deux derniers étant d'avis qu’il y avait une certaine importance à le conserver dans sou entier.
Art. 13°. « A leur sortie de l’hôpital, les militaires seront dirigés : a) s'ils
« sont entièrement rétablis, sur leurs corps, où ils seront soumis à une sur: « veillance active; b) s'ils offrent encore des traces de granulations, sur « salle des granulés; c) sur un établissement central, espèce d’institut ophthal « mique, s'ils sont jugés impropres au service. » — Adopté sans changement malgré quelques nouvelles remarques de M. Bima, qui ne peut admettre qu'on renvoie de l'hôpital dans les corps les hommes conservant des granulation palpébrales. Il rappelle et recommande les mesures prises dans ces circons stances en Piémont.
Art. 14°. « On réunira dans cet établissement une commission de médecin « chargée d'examiner les militaires en traitement qui leur seront présenté « comme devant être éloignés du service, du chef de l’une ou de l’autre affec « tion oculaire. À des époques déterminées, cette même commission exam « nera les hommes pensionnés provisoirement pour affections contractées al « service. Ceux dont la commission estimera que la situation est encore sus « ceptible de s'améliorer par des procédés thérapeutiques seront conservé: « en traitement. Ceux qui sont déjà pensionnés provisoirement, et au sujé « desquels elle croira devoir prononcer l’ajournement définitif ou provisoire « seront renvoyés immédiatement dans leurs foyers, tandis que les militaires « nou encore pensionnés provisoirement seront renvoyés à leurs dépôts res « pectifs, munis d’un certificat constatant leur incapacité au service. » Adopté, mais en supprimant toute la seconde partie, qui commence à [a phrase : « À des époques déterminées, etc. » suppression à laquelle se ralli@ le bureau. j
Art. 45°. « Dans des cas véritablement exceptionnels, il pourra y avoil « lieu à renvoyer un convalescent d’ophthalmie dans ses foyers, mais en ayant « soin d'indiquer aux parents et à lui-même les précautions à prendre pour « empêcher la maladie dont il est atteint de se communiquer à d’autres. » — Adopté après quelques explications données par M. Fallot.
La séance est levée à midi. ?
em
Séance du 16 septembre.
La séance est ouverte à neuf heures.
M. Le Présinenr fait part à l'assemblée du désir qui lui a été manifesté qu'une partie de la séance fût consacrée à examen de la question de la naturé des granulations. À cet effet, il engage les membres qui prendront la parolë à être aussi brefs que possible, pour qu'il puisse, après que tous les articles, qui restent à discuter auront été votés, accéder à ce désir. L'ordre du jour appelle la discussion des articles du titre IL. (p. 12.) Art. 16°. « Désinfecter les casernes, les prisons, les hôpitaux et tous les « objets à l'usage du soldat. »: | | M. Decaisxe demande la suppression des considérations qui précèdent cet article (p. 11 et 12) ainsi que de l'article lui-même, qui fait réellement ici un double emploi.
M. Hamion souscrit à ce qu’on supprime toutes les considérations qui précèdent l’art. 16°, mais ce dernier doit être maintenu. On pourra néanmoins lé modifier en adoptant la rédaction du titre 11; il sera alors rédigé comme suit: « L’assainissement et, s’il y à lieu, la désinfection des locaux (casernes, « prisons, hôpitaux, elc.) et des objets à l’usage des soldats. »
Cette nouvelle rédaction est approuvée.
On passe au titre IT (p. 12).
La première partie de ce titre, avec tout qui a rapport aux causes et qui est indiqué dans les $ a, b, c, est admise sans discussion importante.
Art. 47°. « Éviter l'encombrement dans les casernes, prisons corps de « garde, etc. ; faire en sorte que les soldats soient placés à la plus grande « distance possible les uns des autres. »
M. Mercme propose de déterminer l’espace dont chaque soldat devra pouvoir disposer, afin de lui donner ainsi le volume d’air reconnu le plus généralement comme nécessaire à l’entretien de sa santé. Les gouvernements n'ont pas adopté partoutla même règle à cet égard, c'est pourquoi il pense qu'il serait important que l'influence du Congrès püût les engager à ne pas s'écarter, à l'avenir, d’une mesure hygiénique dont l’inobservance doit avoir les suites les plus fâcheuses. C’est dans ce but qu'il vient déposer l'amendement suivant :
« Éviter l'encombrement dans les casernes, prisons, corps de garde, etc., « en donnant à chaque homme au moins 20 mètres cubes d'espace. »
M. Guzz. En Autriche, ce point a été décidé réglementairement, et l’on y a adopté un minimum qui dépasse celui proposé dans l'amendement de M. Merchie. Il appuie d’ailleurs cet amendement de toutes ses forces, car il considère aussi cet objet comme d’une très haute importance, et comme pouvant exercer l'influence la plus puissante sur le développement ou l’extirpation de l'ophthalmie militaire.
M. Srromeyer (Ernest) fait observer qu'il a déjà émis l'opinion que Île minimum d'espace à fixer par homme doit être au moins de 25 mètres cubes.
L'amendement de M. Merchie est adopté et remplacera l'arc. 470.
Art. 18°. « Entretenir dans ces locaux un air pur, et veiller à ce que la plus « grande propreté y règne. »
M. Decaisne expose les motifs pour lesquels il voudrait voir réunir les art. 18° et 22°. Le nouvel article serait rédigé de la manière suivante :
« Ÿ entretenir un air pur; veiller à ce que la plus grande propreté règne « dans ces locaux et autour du soldat. » — Ce changement est adopté.
M. MeynxE propose d'ajouter au nouvel arc. 18 un article complémentaire fixant l'étendue des chambres destinées au logement des soldats. La question des grandes ou des petites chambres dans les casernes a été soulevée fort souvent ; il serait utile que le Congrès se prononçàtl sur ce point. L'étendue des chambres à des rapports directs avec la contagion de l’ophthalmie, en même Lemps qu'elle intéresse l'hygiène générale des habitations.
M: WarLomonr reconnaît toute l'importance de cette question ; mais celte importance même lui fait craindre qu'on ne puisse y accorder lout le temps nécessaire. Il demande, en tous cas, que la discussion des articles soit continuée auparavant, sauf à ouvrir la discussion sur la question incidentielle dès que le programme sera épuisé.
M. Laveran. Une question hygiénique aussi importante que celle que vient de soulever M. Meynne ne peut pas se décider en quelques minutes; ce n’est | pas au pas de course qu’on peut émettre un voue sur un point semblable, qui se rattache à une foule de considérations de plusieurs espèces, et ce n’est qu'après mûre réflexion qu'on pourra aborder la solution d’un tel problème.
Après uue réponse de M. Meynne, qui fait valoir plusieurs motifs en faveur de sa proposition, il est décidé que celle-ci sera discutée dès que le programme
aura été épuisé, si le temps le permet encore. {| Art. 19°. « Empécher, par des mesures sévères et rigoureusement observées.
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