‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 26 sur 112 · AANVIÈT.. . . , 14 8 6 RHONE. . . . 1 2 11 MER 14 15 12 MM · texte numérisé non relu

AANVIÈT.. . . , 14 8 6 RHONE. . . . 1 2 11 MER 14 15 12 MM

(1) Jornal dos Faculltativos militares, n° 67 ; juin 1849.

mois DE 1849. ENTRÉS. SORTIS. SONT RESTÉS.

Me mis 20 15 25 | Ti TE RS 48 25 48 Juillet. : 5 04 25 43 30 MOQUE: 5 us 47 39 n "LS Septembre . . 92 86 d4 Octobre. . . . 35 51 46 Novembre. . . 56 . 49.20 De:

Décembre. . . 71 45 72

Ce mouvement annuel de 353 malades des yeux, rien qu’à Lisbonn était plus grand qu'il n'avait jamais été dans toute l’armée. On peut encore établir ce même mouvement par le nombre de mate da les différents régiments où la maladie s'était déclarée :

4e régiment d’artillerie* 24020400 16 4 bataillon de chasseurs. . . . . . . 22 2e bataillon de chasseurs . . : . . 10 Régiment de grenadiers de la reine . . 158 1e régiment d'infah{erie m0 17 40 » » LS CONNEA 28 A6 » » É 4 PET AUS 1

Le plusgrand nombre d’affectés ayant existé dans le régiment des grenadiet explique le nom que l’ophthalmie a porté à son début (ophthalmie des gm nadiers); mais il n'est pas moins vrai, comme on peut le voir, que la malad sévissait dans presque tous les Ce qui formaient la garnison de Li bonne.

Cette ophthalmie, comment se présentait-elle? Nous n’en ferons pas description détaillée, parce qu ‘elle nous conduirait hors des limites q nous nous sommes imposées. Nous jetterons toutefois un coup d’æil sur, symptomatologie des cas qui ont été observés le lendemain de l’invasio d’après la note que nous avons publiée. Ensuite, nous tàcherons de faire résumé des observations des médecins commissionnés par la Société Sciences médicales de Lisbonne, car nous les considérons comme les pli exactes el les mieux tracées. ‘4

Dans la première période de l’ophthalmie, les malades du 1: de chasse (ceux que nous avons vus à la caserne eu à l'hôpital) présentaient : rougeur tuméfaction de la muqueuse palpébrale, surtout à l'angle externe et aux bon adhérents des paupières; injection plus ou moins force des vaisseaux de la coi jonctive bulbaire; petits flocons dans le fond du sac coujonctival, nageant dal quelques gouttes de liquide lacrymal; adhérence des cils pendant la nu quelquefois rougeur des bords palpébraux ; à la surface de la conjonctive La sieune, des villosités plus ou moins prononcées ; dans quelques cas, de petit grauulations assez visibles; enfin, peu ou presque pas de douleur, et encore la photophobie. C’étaient, on le voit bien, presque tous les symptômes que“ auteurs assignent à la conjonctivite catarrhale; eu quoique nous considéridl maintenant la description que nous en avons faite comme un peu défectueus

on ne doit pas moins y reconnaître le commencement des états qui vont ê décrits (1).

(1) Voyez la note que nous avons citée, dans le Jornal dos Facultativos militares.

| Le rapport de la commission de la Société présente le résultat de l’observa- | sion de l'ophthalmie dans des périodes plus avancées. Cette commission à vu À dans quelques soldats l'injection, .,ou, pour mieux dire, la teinture de la mu- | queuse tarsienne près du bord adhérent, coexister avec des granulations | quelquefois vésiculeuses. Dans la majorité de ces cas, pas d’inflammation très | remarquable, ni de symptômes subjectifs. Mais bien souvent aussi l'inflamma- | tion, au lieu d’être limitée, marchait vers la conjonctive scléroticale, en produisant l'épiphora, un peu de photophobie, et, à un degré plus fort, le chémosis, | la rougeur et la tuméfaction des paupières, la sécrétion d’une humeur puri- | forme, des douleurs très fortes dans l'orbite et le front, et enfin tous les | symptômes d’une vraie ophthalmie purulente. Alors, quand l’inflammation cédait et qu'on pouvait voir les surfaces conjonctivales, l'œil présentait des | granulations presque toujours charnues, occupant toute la muqueuse palpébrale. Enfin, lorsqu'on avait combattu la phlogose et qu'il ne restait plus que ces produits morbides, on voyait très-souvent les récidives, et la même chose arrivait après le traitement des granulations. La commission remarqua qu'il yavait fréquemment une période, parfois très-longue, d’inflammation chronique, pendant laquelle les granulations s'étaient formées; en sorte que ce produit devançait l’état aigu et sous-aigu qu'on avait tant de fois à traiter (1).

On peut reconnaître facilement, par l’esquisse que nous venons de tracer, cette ophthalmie s’identifiant avec celle qu’on connaît sous le nom d’ophthalmie granuleuse ou purulente. Du reste, le commencement de l’épidémie est bien précisé par l’absence antérieure des maladies oculaires ayant existé avant 1849 avec les caractères spéciaux de l’ophthalmie granuleuse, qui ne pourrait être nullement méconnue, vu sa ténacité; de même que par le grand nombre de maladies des yeux présentant les caractères que nous avons nous-même reémarqués le premier jour de notre observation.

Presqu’'en même temps que l'ophthalmie se déclarait de cette manière dans la garnison de Lisbonne, on la voyait se manifester à la ville de Vianna-do- Castello, située à soixante-deux lieues de la capitale. La différence dans le - mouvement de l'hôpital, appartenant au 5° régiment d'infanterie, a été remarquée vers la mi-août de 1849. C'était à peu près l’époque du plus fort développement de l'ophthalmie à Lisbonne. Voici le fait dûment vérifié par la statistique del'hôpital, en ce qui se rattache aux malades entrés pour le traitement d’affecions oculaires pendant l’année 1849 :

Janvier. . . . n HONTIER. . . . 3 Mars. . 1 Avril. STD Put à | MAR hs LS 4 2 LL SR STE a PIE... + à A AL EU Lo à 11 ° : Septembre. . . ere 9 osbre eu. 21 Novembre . j:

Décembre . . . . 9.

Dans l'hôpital du 5° d'infanterie, les symptômes et la marche de l’ophthal- Mie ont été plus graves qu'à Lisbonne. Il y avait pourtant, dès le début, des

(4) Jornal da Sociedude das sciencias medicas de Lisboa, n° 1 de 1850,

tt

éléments pour le même diagnostic, puisqu'on observait les granulations, soit dans les cas où l’inflammation n’était pas encore sortie de son état latent, soit dans ceux où elle se manifestait sous la forme purulente. Parmi les 71 malade qui ont été à l'hôpital, il yen a eu 52 qui ont perdu un œil ou les deux yeux, à Ja suite de différentes complications.

Une fois nos confrères de la garnison de Lisbonne avertis de l'existence d’ ophthalmie qui commençait à sévir parmi les soldats, revêtant , au surplus, une forme qui ne s’était jamais présentée (1), le Conseil de santé militaire COM mença à recueillir des informations, soit directement, soit par les médecin!

militaires, et à considérer l’épidémie comme elle devait l’être. Mais rien n’était prévu, et les doutes, dans ce cas, loin d'être profitables, n’ont abouti qu faire perdre un temps précieux. ;

L'histoire de l’ophthalmie militaire en Portugal, est, sous ce rapport, ct qu’elle a été presque partout. Dans le commencement, les uns ont nié le fait les autres l'ont exagéré. Des doutes ont été soulevés sur la nature et la wa leur des phénomènes morbides observés dans l’ophthalmie. Des théories des explications étiologiques, plus ou moins raisonnables, plus ou moin fondées sur l'observation ou la lecture, mêmes des idées bizarres, il y eut dt tout cela en Portugal comme ailleurs. En Belgique même, combien d'année de discussions, d'expériences, d'essais sans succès et de doutes n’ont pas prés cédé la connaissance plus approfondie de l’ophthalmie ?

En effet, le 16 novembre 1849, le Conseil de santé de l’armée portugaise des manda au directeur de l'hôpital militaire de Lisbonne, M. 'A.-J.-M. de Seixas, et au chirurgien-major du régiment de grenadiers, M. J.-B. Moreira, une infor mation détaillée de toutes les circonstances de la maladie (2) ; ensuite il pro céda lui-même à quelques investigations dans les casernes du même régiment et adressa un rapport à Son Excellence le ministre de la guerre sur les mesurë qu'on croyait devoir être adoptées (3). Le 24 du même mois, Son Excellencé le ministre de la guerre, M. A.-M.-G. Ferreri invila une commission COMmposéeMg de médecins civils et militaires nommés par lui-même, — « à s'informer dés causes de l’ophthalmie épidémique du régiment des grenadiers de la reine, el indiquer les moyens convenables pour son extinction, en èn déterminant aussh le traitement le plus avantageux. (4) » Après cela, l’ophthalmie est le sujelm d’autres études faites par MM. Moreira et Seixas (5), par une commission dela Société des sciences médicales de Lisbonne (6), par feu le docteur Florent Cunier, qui a été consulté par le minigtre de Portugal à Bruxelles, M. le comté d’Azinhaga (7), par M. J.-P. d'Almeida, chirurgien inspecteur dans les 32€ 4° divisions militaires (8), par beaucoup de médecins civils et militaires, qui ont porté le plus vif intérêt à la question, et plus tard encore par M.J.-B. Leào;

(1) Nous sommes heureux de pouvoir dire ici que les plus forts contradicteurs de nos idées et des faits que nous signalâmes, nous ont rendu, quelques mois après, pleine justice. Un de nos confrères, M. A.-J. d'Abreu, s'est même exprimé à ce sujet avec une franchise très-louables malgré le silence qu'il a cru devoir garder sur le nom de celui dont il adoptait les idées. [3

(2) Dépêche du 22 novembre 1849, adressée au Conseil de santé de l’armée. Jornal da Sociedade« das Sciencias medicas, août 1850. 9

(5) Rapport du 50 novembre 1849. Document inédit.

(4) Rapport de MM. Beirào et Pulido, du 5 décembre 1849, publié dans le Diario do governt n° 502 du 22 décembre. 1

(>) Dépêche publiée dans le Diario do governo, n° sus-indiqué. |

(6) Jornal da Sociedade das sciencias medicas de Lisboa, janvier 14850. La commission étail composée de MM. Simas (rapporteur), Magalhâes Coutinho et Guerreiro. 1

(7) Jornal da Sociedade das sciencias medicas de Lisboa, nos de mars et juin 1850. 4

(8) Relatorio sobre a ophthalmia do regimento d'infanteria 5; dans la Gazetu medica À Porto, nes 205 et 206. ;

chirurgien militaire, qui avait été à même de bien chserver l’ophthalmie belge, et à qui le gouvernement portugais en avait recommandé l’étude (1). Les recherches de bien d’autres médecins ont donné lien à plusieurs travaux; nous indiquerons entre autres ceux de M.F.-J. de Moraes (2), de M. A.-G. de Valle (3), de M. J.-C. Mendes, chirurgiens militaires (4), les différents articles du professeur de clinique médicale à l'École de Lisbonne, feu le docteur Lima Leitào (5), | étrencore ceux de M. le docteur J. C. Loureiro (6).

Pa discussion qui a eu lieu dans la Société des sciences médicales de Lisbonne s’est nourrie de presque tous ces travaux. Cette discussion a excité le plus grand intérêt parmi les médecins civils et militaires, et a été soutenue avéc beaucoup d'éclat (7).

Quelles conséquences ont eues tous ces efforts réunis pour l’éclaircissement des questions qu’on avait tant à cœur de résoudre ? Quel profit y a t-il eu pour Métiologie de la maladie, pour son diagnostic, pour son traitement el sa prophylaxie ? Quelle à été l'opinion générale à l'égard de la question tant débattue de la contagion ?

Sept années se sont déjà écoulées depuis que l’ophthalmie militaire a fait son apparition en Portugal, et maintenant bien peu d'intérêt ressortirait de tous ces travaux, où n'existe peut-être plus la signification des idées et des opinions que chacun professeaujourd’hui sur cette opiniâtre maladie. Il nous suffit de savoir que, — quant à la nature de l’ophthalmie, les uns la regardaient comme étant celle à laquelle a été donné le nom de mililaire ou belge (MM. Simas, Magalhäes Coutinho, Guerreiro, Pulido et Beirâo), et pouvant être d'origine blennorhagique (MM. Beirâo et Pulido); les autres la considéraient comme catarrhale (MM: Moreira, Moraes, Valle, Loureiro, Leäo, etc.), ou comme endémique (docteur Lima Leitào); —que relativement à la cause, les uns la rapportaient à une constitution médicale régnante, les autres à des conditions de localité; d’autres encore étaient dans le doute et ne trouvaient pas de solution possible, après avoir fait l'énumération de toutes les causes, plus ou moins plausibles, qui ont été invoquées pour l'explication du développement de lophthalmie; — que sur la symptomatologie, les interprétations étaient différentes, malgré la précision du cadre qui a été fait de la maladie par les membres commissionnés de la Société des scicnces médicales (MM. Simas, Magalhäes Coutinho et Guerreiro) etpar le chirurgien-major du 10° régiment d'infanterie, M. F.-J. de Moraes ; — que quant au traitement, on trouvait l'énumération des moyens cités dans uu travail du docteur Cunier (MM. Beirào et Pulido), la recommandation de la méthode de MM. Fallot et Loiseau, et de celle de M. Buys, et d’autres encore Qui tendaient à combattre plutôt l’ophthalmie que le phénomène granulations; — que relativement, enfin, à la prophylaxie, incertaine comme elle était, Pétiologie étant elle-même méconnue, tous les travaux, plus ou moins détaillés, iudiquaient les précautions d'hygiène générale, la création d'hôpitaux

(1) O Escholiaste medico, n° À de la 2e série, juillet 1851.

(2) Algumas pulavras sobre a ophthalmia que lem grassado no regimento de granadeirus da rainha. Jornal du Sociedade dus sciencias medicas de Lisboa, février 1850.

(5) Consideracôes sobre a ophthalmia que tem grassado em differentes corpos do nosso exercilo, dans le journal ci-dessus mentionné: Indagacôes clinicas sovre a ophthalmia do exercito portuguez, dans lEscholiaste medico, juillet et août 1851.

(4) Gazeta medica do Porto, nos 205 et 210.

() Voyez, entre autres, les nes 47, 49, 71, 72 et 74 du journal O Esculapio, 1850.

. (6) Escholiaste medico, nos 5, 4, 19, 14 et 20 de la 2e série.

(7) Nous nous faisons un devoir de nommr iei les médecins civils MM. Simas, Candido da Costa, Beirào, Pulido et Magalhàes Coutinho, ainsi que MM. Moraes, Morcira et Abreu, chirurgiens militaires.

spéciaux, d’infirmeries de convalescents, la séquestration des affectés, ele Pour ce qui concerne la grande question de la contagion, celle qui avant tout devait attirer l'attention, car c'était à elle de justifier la légitimité de certaines mesures, les uns se prononçaient pour l’affirmative, en cherchant la voie de contagion non-seulement dans la transmission directe, mais encore dans lim fection (MM. Beirâo et Pulido); les autres l’acceptaient avec beaucoup de serve (M. Valle, etc.); d’autres, touten la regardant comme l’ophthalmie belge, doutaient de la contagion, en thèse générale, et l’admettaicnt franchemer dans l’ophthalmie aiguë et grave (MM. Simas, Magalhäes Coutinho et Guerreiro) d’autres niaient plus ou moins ouvertement la contagion, en s'appuyant & certains faits d’immunité des officiers, des sergents, des gardes-malades, ete Il y en eut, pourtant, qui, dès le commencement de l'épidémie, acceptèrent l’'ophthalmie de l’armée portugaise comme franchement transmissible, ayan reconnu comme bien démontrées les idées de M. Desmarres, qui établite principe que l’ophthalmie granuleuse (catarrhale) est toujours contagieusesi elle est en même temps épidémique. L'opinion de ceux de nos confrères qi pensaient de cette manière, a été celle que nous avons émise, et que nous awol vu partager par d’autres médecins après quelques mois d'observation. Not citerons un grand nombre de preuves réunies dans un rapport de M. J.-P. d'Al meida, auquel nous aurons bientôt à recourir.

Voilà donc, Messieurs, nn court résumé des premiers faits, et les interprén tations qu'ils ont reçues. L'histoire de l’ophthalmie militaire portugaise n’est elle pas, comme nous l'avons dit, la même, à peu près, que celle de cett même affection en Belgique, en ltalie, en Danemarck? Nous croyons que cet qui, dès le premier jour de l'irruption d’une maladie épidémique observée pout la première fois dans une localité, prédira de semblables événements, en auk écrit d'avance l’histoire. 11 y a plus : c’est que la même chose est arrivée pol le choléra-morbus, maladie parfaitement connue par sa symptomatologie dar notre continent.

Tout près du Portugal, en Galice (Espagne), tous ces doutes, tous ces con flits d'opinions, toutes ces hésitations de mesures à prendre ont eu li lorsque le choléra-morbus à pénétré dans le lazaret de St.-Simon (à Vigo) et de là s’est étendu dans cette province d’Espagne en 1854!

Les mesures que le gouvernement portugais a cru devoir adopter, après kk enquêtes auxquelles il à fait procéder, ont été : l’organisation d’un hôpital spécial pour le traitement des ophthalmiques; le déplacement des grenadiers envoyés dans une autre caserne; les visites sanitaires générales et journalières dans tous les régiments de la garnison, afin d'isoler immédiatement tous le nouveaux affectés ; la recommandation des plus grands soins de propreté Su les individus et dans les casernes; l'établissement de salles pour les convales" cents, où étaient reçus les soldats affectés de granulations; plus tard, l'organe sation d’un autre hôpital, etc.

Quant à ce qui concerne l’ophthalmie qui faisait ses ravages dans le 3° d'it fanterie, à Vianna-do-Castello, la marche insidieuse de la maladie, dont gravilé à été seulement reconnue après plusieurs cas de purulence et d'acte dents les plus sérieux, n’a donné lieu à de pareilles mesures qu'un peu taf | peut-être ; mais enfin elles ont été adoptées lorsque le Conseil de santé ae à connaissance de l’ophthalmie, et, dans ces circonstances, avec d'autant plus” d'énergie qu’on avait déja plusieurs aveugles. 4

L'année de 1850 à trouvé l'épidémie dans l'état auquel nous avons fail allusion jusqu'ici. L'expérience de cinq mois en avait dit assez pour que les médecins militaires s'apprêtassent à combattre un si redoutable ennemi;

c'est en effet dans cette même année que l'épidémie a pris son plus grand développement, en faisant redoubler tous les efforts pour la maîtriser.

L'étendue de la maladie en 1850 est représentée par le chiffre de 2,825 ophthalmiques entrés dans les hôpitaux militaires, — nombre extraordinairement élevé, même si l’on fait la soustraction d’un certain nombre de soldats qui ont été plus d’une fois à l'hôpital. En effet, l'ophthalmie exerçait non-seulement ses ravages dans les régiments qui avaient été affectés depuis le commencement de l'épidémie, mais se montrait encore çà et là dans quelques autres. B'épidémie a continué à sévir particulièrement dans le 3° d'infanterie, où il ya eu presque autant des soldats atteints que dans les régiments les plus affectés à Lisbonne. Dans la place d’'Elvas, la garnison a commencé aussi à souffrir. Enfin, dans le 1 de chasseurs, où nous étions alors chirurgienmajor, quelques ophthalmies granuleuses s’y manifestaient toujours.

Le résumé qui suit fait voir le nombre des affectés dans les corps qui l'ont été davantage dans le courant de 1850 :

HHhésiment d'artillerie (Lisbonne). . . … . . . . . . . 156 2e Régiment d’artillerie (Elvas et Lisbonne). FETES 67 De cument de lanciers (Lisbonne) . . .... . . . . . 411 8° Régiment de cavalerie (Castello-Branco) . . . . . . 90 4e Bataillon de chasseurs (Saint-Ubes). . . . . . . . . 127 2e Bataillon de chasseurs (Lisbonne). . . . . . . . . 445 & Bataillon de chasseurs (Lisbonne et Castello- Branco) 28

Régiment de grenadiers (Lisbonne). . . . . . . . . 430 1 Régiment d'infanterie (Lisbonne) . POSTE LL 5° Régiment d'infanterie (Vianna-do- Castello). RE D nietdanianterie (Elvas) . . . . , . . . . . . . 64 HD Héciment d'iblanterie (Lisbonne). . . . . ... . . . 458 16° Régiment d'infanterie (Lisbonne) . . . . . . . . . . 183 D mentidänfanterie (Elvas) ... . . ... . . . . .. 61

Dépôt des prisonniers (Lisbonne). . . . . . . . . . 96

Les mesures que cette extension de l’ophthalmie a fait adopter ont été encore : — la recommandation aux officiers du génie de chacune des divisions militaires de s'entendre avec les médecins militaires, pour déterminer, d’après la capacité en mètres cubes de chaque caserne, le nombre de soldats qui y devaient être reçus, — l'interdiction expresse de dépasser le nombre de ces soldats, sous aucun prétexte; — l'établissement de visites sanitaires fréquentes, afin de surveiller la propreté des soldats et de séquestrer tous ceux qui seraient affectés, quelque légèrement que ce fût; — la ventilation journalière des lits; — l'inspection des cols, qui devaient être assez larges pour ne pas comprimer le cou ; — la régularité dans les ablutions quotidiennes, en faisant toujours renouveler l’eau ; —- la fourniture d’essuie-mains pour chaque soldat ; — Pusage des bains daus la saison convenable, une fois par semaine; — le nettoiement des environs de chaque caserne; — la désinfection des fosses d’aisance et des égoûts ; — le choix des heures les plus convenables pour les exercices et les manœuvres, qui ne devaient toutefois pas durer longtemps ; — l'inspection de toutes les denrées alimentaires, et en particulier du pain, afin de connaître leurs qualités; — l'établissement d’une salle, dans chaque caserne, pour recevoir et conserver, entièrement isolés, les convalescents

Sortis des hôpitaux et ceux qui seraient en observation; — l’exemption du ser-

vice journalier de tous ceux qui s’y trouvaient; — la recommandation à tous

les chirurgiens militaires de donner les plus grands soins à tout ce qü serait du domaine de l’hygiène ; — la détermination de faire surveiller tout c& service par les chirurgiens-inspecteurs; — le traitement de tous les soldats dans les hôpitaux jusqu'à la parfaite extinction de la maladie; — l'observation de ceux qui seraient sortis des hôpitaux et qui devaient être conservés dans les salles de convalescence ère tout le temps nécessaire pour acquérir I certitude de leur guérison ; l’autorisation d’ envoyer les aveugles dans les corps de vélérans — enfin, l'on a statué qu’un chirurgien de chaque division militaire viendrait à Lisbonne pour bien observer l’ophthalmie et suivre l@ traitement qu’on y faisait subir aux malades (1).

Malgré tous ces soins et ces précautions, l’ophthalmie n’a pas décliné aussi rapidement qu'on devait s’y attendre, bien que, nonobstant les idées de non-contagion et les doutes qu’elle soulevait encore, le principe contraire eût été respeclé dans toutes les dispositions de l'autorité.

Les soins médicaux qu’on a donnés aux ophthalnmiques dans les hôpitaux n’ont pas été moins scrupuleux. Dans celui qui a été organisé à Belem (hôpital du 1° d'infanterie), le traitement se faisait d’après les mélkoilés les plus prônées en ce temps-là, en les modifiant d’ailleurs suivant une foule de circon stances, qui le rendaient, pour ainsi dire, différent pour chaque cas. |

L'azotate d'argent y a occupé la première place, employé quelquefois en collyre d’une force variable (5 à 15 centigr. par 32 gr. d'eau) contre les symp* tômes primitifs de l’ophthalmie, vierge de tout traitement. À côté de ces moyens, on à fait usage des collyres avec le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc, l’eau de Goulard, etc., en essayant aussi les applications avec le crayon d’azotate d'argent, dans le but d’arrêter le développement de la phlogose: Mais les suites n’ont pas été celles que l’on attendait. L’ophthalmie parcourait toujours ses différentes périodes, lesquelles se montraient toutefois plus lentes chez les malades traités par l’eau simple ou mêlée à l’eau de Goulard (2).

Lorsque l’inflammation siégeait à la fois sur toute la conjonctive palpébrale et dans le repli; quand il y avait de la tuméfaction et de la sécrétion de muco= sité, on commençait le traitement par une saignée et un purgatif salin. Si I& phlogose affectait aussi toute la conjonctive bulbaire, en s’accompagnant de photophobie plus ou moins forte, de cornée terne, de sécrétion muqueuse augmentée , on employait les sangsues et les collyres à l’azotate d’argent (3 centigrammes pour 52 grammes d’eau). Les collyres plus forts n'étaient pas aussi avantageux, et chez quelques malades qui, dans.ces conditions , unt été soumis à la cautérisation la phlogose s’est accrue, en donnant lieu quelque” fois à des accidents très redoutables.

Le développement de la purulence, comme période d’invasion, était un phé | nomène très rare; mais, soit primitif, soit secondaire, on le traitait toujours par les solutions de nitrate d'argent, à la dose de 1 gramme 6 décigrammes” pour 32 grammes deliquide. Quelquefois aussi on employait l’azotate pur. Ces moyens étaient secondés par les saignées, les dérivatifs sur le canal intestinal; l’excision du chémosis, les injections répétées avec de l’eau froide, les com:

ES

SO

(1) Instruccôes em respeilo a ophthalmia mililar. Ordem do exercito, no 22 du 27 avril er n° 27 du 6 juin 1850.

(2) Tous ces renseignements et presque tous ceux qui concernent la thérapeutique employéen dans le commencement de l'épidémie, nous les avons tirés d’une note qui a été écrite par le directeur de l'hôpital d’ophthalmiques, à Belem, et qui a fait partie du rapport de la coms mission de la Société des sciences médicales. (Voyez le n° 2, de 1850, du journal de cette Sucielé.) Pour ce qui est de l'expérience acquise sur la thérapeutique et les moyens employés actuellement, nous en ferons un chapitre à part. ,

presses trempées dans l’eau de Goulard affaiblie, et successivement, quand l'inflammation était tombée, par les collyres de nitrate, mais très-faibles aussi. L'emploi du cyanogène a été depuis cette époque le moyen par excellence pour combattre la photophobie,— phénomène qui, d’ailleurs, n’était pas toujours en relation avec les autres symptômes.

Aussitôt que l’inflammation était arrivée à son terme, ou qu'elle était assez diminuée pour rester stationnaire, les granulations commençaient à être le but du traitement, et les cautérisations avec le nitrate d'argent faisaient presque tous les frais de la thérapeutique, selon les méthodes er avec les soins qu'on avait déjà établis en Belgique, ou que l’expérience conseillait aux médecins.

L'application de l’acétate de plomb neutre et l’excision des granulations ont été parfois essayés à l’hôpital de Belem ; mais la méthode de M. Buys n’a pas répondu à l'espoir des médecins, et l’excision n’a pas semblé devoir être préférée à la cautérisation par le sel lunaire dans le petit nombre d’ophthalmies où celle-là était indiquée.

Enfin, dans la période stationnaire, parmi beaucoup d’autres moyens, on essaya la pommade de précipité rouge, la même avec du camphre, la pommade de nitrate d'argent, etc. Au nombre des applications dont l'utilité a été nulle ou très-douteuse, nous trouvons : — le proto-chlorure de mercure, les sétons, les vésicatoires et les exutoires, à Lisbonne; les collyres astringents, végélaux et minéraux, de cachou, de sulfate de zinc, de ratanhia, d’écorce de chène, alumineux, de sulfate de cuivre, etc., auxquels on a eu recours à Vianna-do-Castello (1) ; le tannin et l’iode essayés à Lisbonne par M. A.-G. do Valle (2), et enfin, un collyre que son auteur, M. L.-M. d'Assumpçäo, a cru devoir être préféré à l’azotate d'argent, et qui était composé de plusieurs substances (3).

Noilà, en peu de mots, le traitement que presque tous les chirurgiens mililaires ont suivi à cette époque, en y joignant toutefois d’autres moyens qui ‘étaient réclamés par les complications de la maladie. Nous pourrions ajouter le résultat de notre expérience personnelle; mais comme elle n’en diffère pas beaucoup, nous avons cru préférable de présenter les idées pratiques de ceux de nos confrères qui ont eu le plus d’ophthalmiques confiés à leurs soins.

Parmi les moyens qui ont été proposés cette année pour empêcher la marche del'épidémie, nous trouvons celui de renvoyer les soldats affectés dans le pays de leur naissance, en les congédiant temporairement. Le Conseil de santé de larmée, afin de procéder d’accord avec les opinions des chirurgiens de la garuison de Lisbonne, a organisé une conférence, qui a eu lieu au ministère de la guerre le 49 mars 1850. La question a été débattue, et l’on s’est prononcé

(1) Rapport du chirurgien inspecteur, M. J.-P. d'Almeida, Gazela medica do Porto, nos 205 et 206. i

(2) Indagacôes clinicas sobre a ophthalmia do exercito porltuguez. Escholiaste medico, juillet et août 1850.

(5) Voici la formule :

M M De su lucie ne

(We) RL. .. (ru 52 grammes.

Deuto-chlorure de mercure. . . . . .

oi, € PU grammes.

; pee pulr: 5. . | Li. de MAE ds ce

« M, pour appliquer avec un pinceau.

contre l'opportunité de cette mesure. L'expérience acquise en Belgique a été pour beaucoup dans cette résolution. “4 Les choses s’élant ainsi passées, il ne restail plus qu ’à insister sur les me sures de prophylaxie et sur la thérapeutique que l'expérience indiquait comme { la plus profitable. EL si nous n'avons pas enrayé la marche de l'épidémie, SM le décroissement n’en a pas élé très considérable, nous avons cependant pré | paré une amélioration sensible, comme on peut le voir par le nombre dés affectés en 1851. 4 Sans doute cette amélioration pourrait être plus marquée, à notre awis Il y a eu un certain nombre de causes qui ont fait échouer bien des mesures prophylaxie, et parmi elles se trouve peut-être l’organisation de l’armé datée du 20 décembre 1849. Cette loi a donné lieu, dans le courant de 185 à un grand nombre de mutations de soldats d’un régiment dans un autre, de cette manière l’ophthalmie s’est peut-être introduite dans quelques corp qui ne l'avaient pas. Ainsi, l'organisation a créé à Elvas le 47° d'infanterie ave les contingents d’autres corps, en particulier du régiment de grenadiers, il est tout naturel d’attribuer à cette circonstance l’ophthalmie qui depuis @ temps a commencé à sévir dans les régiments de la garnison de cette place,

La marche du 12: d'infanterie, à cette époque, a de même contribué, si ell n’en à pas été la seule cause, au développement de l’ophthalmie dans ce régi ment. Le 12e d'infanterie est venu à Lisbonne quand lépidémie y faisait déjà ses ravages ; il est parti peu de temps après pour la ville da Guarda, etdà l’ophthalmie a pris graduellement de grandes proportions. Par contre, le 2% de chasseurs, qui est venu de Guarda à Lisbonne, a été plus affect qu'aucun autre corps de la garnison de la capitale (445 entrés dans l'hôpital d’ophthalmiques, en 1850). | | On pourrait de la sorte suivre le développement de la maladie dans d'au tres régiments. Ainsi nous croyons que telle a été la source de l’ophthalmie« dans le 8° de cavalerie, à Castello-Branco. Le 8° de chasseurs comptait déj : quelques ophthalmiques quand it a fait une marche sur cette ville, où il es resté quelque temps caserné, en venant de Lisbonne; et depuis cette époque, le 8 de cavalerie a présenté plusieurs ophthalmiques, ce qui n'avait pas el lieu jusqu'alors. | x Ces idées, on le voit bien, nous les émettons comme des opinions tout fait personnelles, et en nous appuyant sur le fait de la contagion ; car notre manière de voir à cet égard, comme nous le dirons plus tard, reconnaît une double source à l’ophthalmie. Et pourtant dans tout cela il ne faut pas s'el rapporter à qui que ce soit, parce que certaines exigences du service et dela

discipline se trouvent quelquefois en opposition avec toutes les autres. Voici quels ontété les corps les plus affectés dans le courant de 1851 : «

1% Régiment d'artillerie (Lisbonne). . . . . . xs: DRE 49 2* Régiment d'artillerie (Lisbonne et Elvas). . . . . ve li 2° Régiment de lanciers (Lisbonne) . . . - … .…....… : 69 4 8° Régiment de cavalerie (Castello-Branco) . . . . . . 80 |

1 bataillon de chasseurs (Lisbonne et Saint-Ubes) . . 155 2 bataillon de chasseurs (Lisbonne). . . . . . . . . . 309 8° bataillon de chasseurs (différents points). . . . . . 22 9e bataillon de chasseurs (Porto) . .= "25 Régiment de grenadiers (Lisbonne . . . : . . . . . . . 202 1 Régiment d'infanterie (Lisbonne) . . . 7. . .r. . . 198 3° Régiment d'infanterie (Vianna-do-Castello) . . . . . 117

DE L'OPHTHALMIE MILITAIRE EN PORTUGAL. 205 AcRégiment d'infanterie (Elvas) . . . . . . . . . . . . 95 D ment d'infanterie (Porto) . . ... , . . . . . . . 91 10° Régiment d'infanterie (Lisbonne) . . . . . . . . .. 166 12°Répgiment d'infanterie (Guarda) . . . . . . . . . .. 41 15° Régiment d'infanterie (Lagos). . . . . . . . » ads 52 16° Régiment d'infanterie (Lisbonne) . . . ... . . . . . 129 17e Régiment d'infanterie (Estremoz). . . . . . . . . . 51

| L'épidémie avait beaucoup perdu-de son intensité, en épargnant davantage es-corps affectés depuis le commencement; mais, en revanche, elle s'était diséminée presque par toute l’armée et dans les prisons. Le chiffre en était touteis moins considérable que l’année précédente. En 1852, nous avons vu continuer le décroissement commencé en 1851. Dans uelques régiments, il y a eu plusieurs exaterbations de très peu d’impornce.

Les régiments les plus affectés par l’ophthalmie ont été :

1 Résiment d'artillerie (Lisbonne) . . . . . . . . .. 18 2 Régiment d'artillerie (Elvas et Lisbonne). . . . . 21 D nCrument de lanciers (Lisbonne) . . . . . . . . . 7 8° Régiment de cavalerie (Castello-Branco) . . . . . . D6 As Bataillon de chasseurs (Lisbonne). . . . . . . “AE 74 2e Bataillon de chasseurs (Lisbonne). . . . . . . rt 51 5e Bataillon de chasseurs (Lisbonne). . . . . . . . .. 51 Do aullon de chasseurs (Porto) . . . . . . . . . .. 19 D épiment dunfanterie (Lisbonne) . . . . . . . . . . 15 3° Régiment d'infanterie (Vianna-do-Castello) . . . . . 91 D -meut danlanterié (Elvas) . . . : . . . . . . ., 15 10®Régiment d'infanterie (Lisbonne) . . . . . . . . .. 155 12e Régiment d'infanterie (Guarda) . . . . . . .. ur 54 D nent d'infanterie (Lagos). . . . . . . ... . ., 119 16° Régiment d'infanterie (Lisbonne) . . . . . . . . . . 59 D ment dinfanterie (Estremoz) . . . . . . . . . . 45 Régiment des grenadiers (Lisbonne) . . . . . . . . .. 94

Les mesures adoptées par l'autorité, et les moyens employés dans les hôpiux ont été les mêmes que dans l’année 1851 ; mais nous eûmes de plus une pinion presque arrêtée sur la valeur des bains de mer, qu’on avait déjà ssayés avec des résultats très douteux. |

C'est à M. Sa Mendes, alors directeur de l'hôpital d’ophthalmiques à Belem, u’on doit les renseignements qui suivent, et encore bien d’autres que nous urons occasion de citer dans notre travail. Après plusieurs considérations, uemous nous abstiendrons de citer, M. Sa Mendes conclut : — que les bains e mer ne produisaient pas toujours des effets salutaires sur les malades teints d’ophthalmie militaire; — que quelquefois, pour en obtenir les effets ésirables, ils devaient être secondés par les cautérisations avec le nitrate argent ; — que, chez quelques malades, les bains, hätant le développement es granulations, étaient alors plus nuisibles qu'avantageux; — que, au conaire, l'efficacité des bains était remarquable dans les cas où les conjonctives résentaient seulement des traces de l’ophthalmie; — mais aussi, comme l’acon des bains n’était pas la même sur tous les malades, et dans les différents als et aux diverses époques de la maladie, on avait besoin d'épier, pour

ainsi dire, les idiosyncrasies, les occasions êt les conditions plus favorabli pour qu'il en résultât quelque profit (4). |

On avait beaucoup compté sur les bains de mer, surtout dans les ophih: mies longtemps traitées dans les hôpitaux, et pourtant, comme on le voit, lé périence n’en a pas démontré la constante utilité. Certains ophthalmiques, outre, qui presque depuis le commencement de l'épidémie entretenaient mouvement dans les hôpitaux, exigeaient des mesures particulières, car Pét de ces malades était émpiré par le long séjour dans ces établissements. Da une note écrite par M. Sa Mendes (2), notre honorable confrère disait & « L'état dans lequel se trouvent quelques-uns de ces malades est bien déplor ble (il parle de quelques ophthalmiques qui depuis longtemps étaient à lhôf tal de Belem); cet état fait leur désespoir et celui du médecin. Les uns 50 affectés de granulations charnues, cartilagineuses, résistant avec tant d’opini treté, qu'après quelques mois de traitement, elles sont encore stationnaif ou l’on ne les voit céder que pour reparaître après quelque temps. Les autr ont les paupières épaisses, dures; les conjonctives rouges, baveuses et im gulières à leur surface palpébrale, résultat des ulcérations et des cicatrie

de

qu'y produisent les cautérisations employées à détruire les granulations, le quelles se montrent d’ailleurs sur tous les points qui ne sont pas encol ulcérés ou cicatrisés. On en voit quelques-uns dans l’état qui vient d'êu décrit ct, accompagnés de plus ou moins de photophobie et d'épiphora ; là 10 traitement est insuffisant. Dans les autres, enfin, on rencontre tout ou par t de ce qu’on vient de dire, compliqué avec les pannus, les ulcères, les cicæ trices et les opacités kératiques, et en outre, des kéralites, des hernies ( l'iris, des synéchies, des symblépharons, de la cécité d’un ou des deux yeux (6 A ces différents états vient s'ajouter une complication terrible, le scorbut, qui avait déjà fait ses ravages quelquefois, et qui se montre à présent d'une manière remarquable, non pas par son intensité, mais bien par le grand no bre de malades qu'il assaillit..…. Cette dernière affection est entièrement dt au long séjour dans l'hôpital, au genre d'alimentation, non insuflisante, mais très peu excitante et variée, et encore à la dépression morale où l’on trou plongés les ophthalmiques, accablés par l'idée d’une maladie dans laquelle ils ne voient plus aucun soulagement. » | C'était pour ces malades que M. Sa Mendes demandait des mesures proposait, entre autres, l'établissement d’une maison de convalescence àM campagne, où les malades étant dans des conditions plus favorables, on po vait faire mieux réussir le traitement chirurgical. M. Sa Mendes avaitA béaucoup de malades devenir granuleux en très peu de jours ; d’autres, €l qui les granulations se montraient tour à tour à la paupière supérieure @l l'inférieure, ou vice-versd, ou dans un œil ou dans l’autre, et tout cela san qu'il y eût d'autre raison que le long séjour des ophthalmiques à l'hôpital Le gouvernement a très bien saisi la part qui lui revenait dans les cons rations d’un chirurgien qui était à même d'apprécier ce qu’il fallait fainé mais l’occasion n’est pas venue en aide à ses projets. Quelques mesures du importance secondaire ont été prises, et malgré le peu d’espoir qu'on a en eux, on à essayé encore une fois les bains de mer, | La saison des bains étant passée, d’autres mesures devenaient nécessai

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