Hairion
4Redoubler de soins pendant les recrudescences de l'épidémie. Si elle ient à sévir dans une caserne, l’évacuer immédiatement, éloigner ct séquesrer le régiment dans des localités spacieuses, jusqu’à ce que l’ophthalmie v loitentièrement éteinte ; laver les literies et les habits qui auront servi aux balades, désinfecter les objets qui ne sont pas susceptibles d’être lavés, et lanchir les murs.
5 Le fléau une fois éteint, continuer pendant longtemps encore la même urvéillance, et s'assurer que les mesures bygiéniques sont fidèlement et poncuellement exécutées.
L'expérience chèrement acquise de tous les pays à démontré le bon résultat le ces mesures prophylactiques.
Be Traitement curatif. — Dans le traitement d’autres maladies, une saine hérapeutique nous prescrit de les attaquer dès leur début, aussitôt qu’elles se fononcent par des symplômes assez apparents pour ne laisser aucun doute Jur leur présence. Elle donne ce conseil, tant pour les arrêter dans leur déveoppement, que pour en abréger le cours : nul doute qu’en le suivant, on ne
Pour être inconnue dans son essence, la cause première de notre ophthalmiene l’est pas dans ses effets, c’est-à-dire dans les modifications organiques
barler de l'inflammation et de la granulisation. Or, si ce sont là, comme je fe ense, les principaux agents de la cause première, $i c’est en les mettant en beuvre qu'elle se perpétue, on peut raisonnablement espérer qu’en s’opposant à leur développement par tous les moyens que possède l'hygiène, et en esanéantissant chaque fois qu’elles se manifestent, on verra disparaître peu hpeu le fléau dont depuis longtemps l’armée et, par elle, le pays sont affiés (1). » M. Fallot partage donc l’opinion de la plupart des auteurs, lauelle est aussi la mienne; que par un traitement approprié on sera à même l'arrêter ou de couper cette affection dans le cours de son développement, En offet; quiconque aura bien observé tous ses phénomènes, conviendra que oplithalmie militaire n’a rien de fixe, n’a point de phases régulières à parcour-puisque tantôt on la voit rester stationnaire à son degré primordial le plus noffensif, sans jamais passer outre, tantôt se moutrer de prime abord avec des Hmptômes assez alarmants d'emblée sous la forme de blennorrhée, Ici je citeencore M. Fallot, non-seulement parce que l’expérience de tous les pays est venue confirmer ses vues, mais parce que les conseils donnés par lui sont émineémment pratiques. « Pour réussir, dit-il, à prévenir la formation, le développement des granulations palpébrales, il faut combattre avec l'énergie nécessaire toutes les inflammations oculaires qui se manifesteront chez les olats", et ne permettre à ceux-ci de retourner à leurs corps qu'après leur parfaite guérison, et après s'être assuré qu’elles n’ont pas laissé de granulations après elles. Cependant, comme elles peuvent être l’effet de simples
(1) Fazer. Nouvelles recherches pathologiques et statistiques sur l'ophthalnie qui règne dans l'armée belge. Bruxelles, 1858, p. 66.
irrilations congeslives, non encore inflammatoires, et qui peuvent avoir ex sans que le porteur en ait eu la conscience, il est nécessaire que les mi cins des corps visitent très souvent les yeux des hommes dont la santé est confiée, et recherchent surtout s'ils sont porteurs de granulationss ayant soin, s'ils en découvrent, de les diriger tout de suite sur les hôpi ou Îles dépôts d’ophthalmiques, dans lesquels les granulés seront tenus € soumettre à une médication convenable, de peur que l'affection négligéem se transforme en ophthalmie blennorrhagique aiguë ou chronique, tn de funestes suites, non-seulement pour les porteurs de granulations “eux mêmes, mais encore pour ceux avec lesquels ils peuvent se Lrouve re contact (L). à Je suis Rae d'avis que, non-seulement il est rationel, la chose étant cons dérée sous ce point de vue, mais encore utile sous quelque rapport quée soit, de traiter le mal dès son début, c’est-à-dire dès qu’il s'annonce sur I'M face de la conjonctive palpébrale par des granulations glandulaires à l’ét siculeux, ou par cette forme catarrhale, en apparence innocente, dont om souvent méconnu la nature. Je recommande d'autant plus de suivre cette# tique, qu'à ce degré le mal cède ordinairement avec une grande facilité » € qu'en la suivant moi-même je n'en ai jamais vu de résultats fâcheux. Lesy ceptes contenus dans la circulaire de l'état-major médical de l’armée at chienne, du 14 août 1850, viennent à l’appui de ce que j'avance, en prescriva expressément de traiter le trachôme commençant, notamment les granulti vésiculeuses ou primitives jusqu'à ce qu’elles soient détruites, et jusqu’à ce toute trace de ces corps ait disparu (2).
Or, le sulfate de cuivre en crayon est ici un remède prompt, qui agit po ainsi dire d’une manière spécifique contre les granulations vésiculeuses. J@ touche que celles de la paupière inférieure, la supérieure n’en présentantt très rarement au début; et je ne l’applique qu'une seule fois ou, Lout au pli deux fois par semaine." Aux jours intercalaires je fais instiller un ee turnin (2 à 4 grammes de sel de saturne dans une once d'eau), ou j “appliqi tous les matPns le tannin au moyen d’un pinceau à miniature (un demi-gro dans une demi-once de glycérine fraîche). La durée de ce traitement a du degré de réaction du côté de la conjonctive qui accompagnelies granulat vésiculeuses. J'ai guéri une foule de cas de ce genre en deux à trois semai mais souvent aussi le traitement se prolonge jusqu’à six. L’expériencen prouvé que ce remède ne suffit que contre les granulations vésiculeuses em sranulations confirmées récentes ; mais elle m’a aussi prouvé que les rechute ne sont pas rares. Îl n’est nullement nécessaire d'envoyer à l'hôpital ceux souffrent du mal à ce léger degré, le traitement se faisant très facilement di la salle d'isolation de l'établissement auquel ils appartiennent. S'agit-il d’ophthalmiques qui présentent la forme sub-aigué, je commer toujours par combattre la phlogose avant d'avoir recours aux moyens énelg ques, sauf les cas dans lesquels l’état en apparence phlogosé du globe de @ est dû uniquement à l'irritation produite par les grauulations papillaires paupières supérieures. .
Les phénomènes inflammatoires étant dissipés, et l’état du mal réduit, a plus haut degré de chronicité possible, il y a deux modes de traitement-quejl 4
= & «à D nn | ns =. > = s = À. à D = À. =
(1) Fazzor. Nouvelles recherches pathologiques et statistiques sur l'ophthalmie qui rip d l'armée belge. Bruxelles, 1838, pp. 65-67.
(2) Circulare über die Behandtund der granulôsen Ophthalmie; herausgegeben von di obernfeldürztlichen Direction in Folge hohen Kriegs ministerial rescriples vom 23 july Wien, 1850.
ei j'ai préférés. L’un consiste dans l'emploi de la solution de nitrate d’arné(argentinitrum : un, deux à quatre gros dans une once d’eau distillée), commandée par M. J.-B. Müller et plus tard par M. Hairion. Je laplique au moyen d’un pinceau à miniature alternativement aux deux paupières, »mmençant par les deux paupières supérieures. Après l'avoir étendue sur la ynjonetive palpébrale, j'attends quelques moments, puis je lave plusieurs fois | surface avec de l’eau fraîche. Je réitère l'application une ou deux fois par bmaine, selon les effets du remède et le degré de réaction qui en suit l'usage. luxjours intercalaires, je laisse les paupières tranquilles. J'ai guéri beaucoup e-malades par ce remède puissant, dont on ne saurait se passer dans le traibment de ces malades : toutefois, je ne dissimulerai pas que ce traitement resouvent très longtemps, et que les malades se plaignent assez souvent des louleurs intenses qu'il cause, surtout pendant la nuit qui suit son application. se passe ordinairement longtemps avant que la conjonctive, traitée par ce hioyen seul, recouvre son élat normal et que la sécrétion morbide cesse entiè- »ment. Quoi qu'il en soit, dans des cas chroniques graves, où les paupières, tout les supérieures, sont hérissées d’une foule de granulations très dévehppées, ce remède est le plus propre à faire décroitre les granulations, à accérer la disparition des phénomènes inflammatoires, et à préparer la conjoncve à l'emploi du plomb.
L'autre mode de traitement consiste à employer l’acélate de plomb neutre d’a-
rès la méthode de M. Buys, remède indispensable pour moi, et sans lequel je esentirais très embarrassé dans mes tentatives pour vaincre l’opiniàtreté de mal. Il est toujours bon de préparer la conjonctive à son emploi par l'usage réalable du nitrate d'argent en solution. Toutefois, dans des cas légers très hroniques, ne voulant pas perdre de temps, je procède immédiatement à l’aplication du plomb. Daus les cas de granulations très développées, comme je aidéjà dit, je m'applique à diminuer préalablement l’engorgement chronique tes granulations par l'usage du nitrate d'argent, continué pendant des seaines ou des mois même. On ne gagne rien à abréger ce traitement préparadire, le plomb étant ordinairement impuissant contre les granulations papilhires très développées des paupières supérieures, de sorte que, pour l'avoir Juitté vrop tôt, on est maintes fois forcé d'y recourir plus tard. Au commencement, j'emploie le plomb tous les quatre ou six jours, en lapdiquant la première fois sur les paupières supérieures. Afin que le remède énètre au fond des replis, il est indispensable de bien faire sortir ceux-ci endant l'opération. Lorsque j'agis sur la paupière supérieure, celle-ci tantrenversée, je fais regarder le malade en bas, et comprimer le bulbe à ravers la paupière inférieure par mon aide : alors toute la conjonctive de la égion rétro-tarsienne sort et se plisse en demi-cercle au-dessus du globe de {œil En agissant sur la paupière inférieure, je fais regarder le malade en haut ftdéprimer la paupière inférieure par l’aide, en même temps qu'avec le pouce emma main gauche je comprime la partie supérieure du globe à travers la pauère supérieure. De cette manière, toute la région rétro-tarsienne se découvre & Mient proéminer plus ou moins. Enfin, pour bien plomber les canthes de "œil; ce qui est indispensable, on ne doit rien négliger afin de pénétrer pardub c'est en plombant la paupière qu’on y parvient avec le plus de facilité. Y'agit-il en effet du canthe externe, il faut faire tourner l'œil en dedans, et jice versa. En agissant sur le canthe interne, il est indispensable de bien coumir de plomb la caroncule lacrymale grossie, et le pli semi-lunaire engorgé , urtout le prolongement supérieur de celui-ci. |
Je veille toujours à ce que l’acétate du plomb soit neutre et qu'il soit réduit
256 MÉMOIRES SUR L'OPHTHALMIE MILITAIRE. e
en poudre impalpable. L’ application faite, si la réaction est forte, ou si les y sont très sensibles, je ne m'en sers qu'une fois par semaine ou tous les a jours, et, après chaque application, je lave plusieurs fois la surface LR à avec de l'eau fraîche au moyen d’un pinceau de poils de blaireau. Axa recommencer, il est indispensable que la réaction, les symptômes subjeetifs provoqués par l'application précédente, aient entièrement disparu. En réalités on ne gagne absolument rien à vouloir forcer le traitement sous ce rappor L: au contraire on tourmente les yeux, on entrave la résorption, on entreti ® cette irritation chronique qui fait parfois pousser lesgranulations avec uneñi ju velle force, et l’on risque enfin de provoquer la phlogose des parties intert È de l'œil, si souvent dangereuse pour la vue, et qui empêche pour longtem de retourner à l'application du remède le plus puissant que nous possédiol , En cas de réaction considérable, je cherche à la maîtriser par l’applica | des sangsues près des oreilles, par des fomentations d’eau à la glace sur paupières, et des bains de pied sinapisés. Maintes fois j° ai eu l’occasion d'a prendre que cette conduite contribuait pour beaucoup à dompter et à faire « paraître l'irritation chronique dont je parlais tout à l'heure. Pour préveniml réactions intenses chez quelques sujets pléthoriques qui ont les yeux irritabl le il est bon de faire précéder le traitement d’une déplétion générale de sa et d'y recourir He rd selon les circonstances. Plus la guérison approclk plus rarement on aura recours à une nouvelle application de plomb. Voilà certainement des observations qui suffisent pour démontrer que l'ém ploi du plomb exige toujours des précautions et beaucoup d'expérience n’est pas l'opération elle-même qui fait obstacle, bien qu’elle exige jours une certaine manière de faire, une certaine habitude qui n’est promptement acquise. Généralement parlant, il est facile de plomber, mais n’est pas aussi facile de plomber en temps utile. Ce sont probablement ces« ficuliés qui ont fait rejeter le plomb par plusieurs praticiens distingués. A juger par les appréciations qui ont été faites chez nous comme ailleurs, sut mode de traitement, il est hors de doute que tout le monde ne sait pas le nier. Si j'osais, moi, d’après l'expérience que j'ai déjà acquise, préciser u règle à cet égard, je dirais :
« Réduisez le mal au plus haut degré de chronicité possible avant « venir à l'application du plomb; ne répélez que rarement celte application, « ne craignez pas pour cela que la guérison se fasse attendre plus longtemps: Néanmoins, il faut bien l’avouer, j'ai traité des cas, excessivement opini tres il est vrai, dans lesquels un traitement suivi pendant plus de dix mois pas suffi. Ici ce furent surtout les granulations papillaires des paupières supl rieures qui bravèrent Lout essai de traitement. Dans les cas de ce genre, je me suis comporté de deux manières. Ou j je ni suis abstenu absolument de tout traitement pendant quatre ou six semain pour laisser aux yeux tourmentés l’occasion et le temps de se rétablir ebd perdre cette sensibilité factice, qui n’est que trop souvent le fruit d’un tement prolongé; ou j'ai suivi le conseil de M. J.-B. Müller, de changer remède pour quelque temps. J'ai observé en effet que la réce put de surfaces altérées change quelquefois notablement chez le même sujet, que j'en aie pu pénétrer la raison. Le remède, qui, pendant plusieurs moi avait produil les meilleurs effets, non-seulement cessa tout à coup d’en ax i aucun, mais devint visiblement nuisible, en ravivant l’état d'irritation ou. ( phlogose chronique qui, combattu depuis longtemps, fil prendre aux gral lations un nouvel essor. J'ai donc suspendu l'application du plomb danss cas de ce genre, pour recourir à celle du nitrate d argenl en . solutidi Alor
les“granulations qui avaient bravé le plomb se sont peu à peu dissipées sous l'action de ce remède, de manière à laisser enfin la surface de la conjonctive outà fait lisse et unie, mais boursoufflée. Revenant alors à l'emploi du plomb, ewis seproduire avec facilité cette couche métallique, qui arrête toute sécrétion hnormale et rend l'intéressé inoffensif aux hommes sains. Quelquefois, mais plus-rarement, le sulfate de cuivre ou de tannin m'ont rendu le même service. | Enfin je dois faire observer qu'en quelques cas, j'ai en vain tâché de combattre L'état en apparence inflammatoire des yeux avant d’en venir au traitement des granulations par les moyens indiqués. L'emploi, même longtemps Lontinué, des moyens antiphlogistiques ne fut à même de vaincre ni la photophobie, ni l'injection vasculaire du globe de l'œil, ni la kératite panniforme lemla partie supérieure de la cornée, ni enfin la sensation de sable très lésagréable que le malade éprouve entre lc globe et les paupières supérieures. onformément aux principes sus-mentionnés, il me parut cependant indissensable de faire disparaître cet état avant de procéder à l'emploi des movens >nergiques contre les granulations. Après bien des lâtonnements à cet égard, acquis enfin la conviction que tous ces phénomènes n'étaient que des symptomes d'irritation, provoqués par les granulations des paupières supérieures, nullement des signes de phlogose des parties internes de l'œil. Je les vis en Hfetcéder promptement au traitement des granulations par le nitrate d'argent solution, mais surtout par le plomb: l'injection du bulbe, le pannus commenantet la blennorrhée disparurent en très peu de temps, comme par enchante- (ment: Depuis que j'ai fait cette expérience, qui s'accorde entièrement avec celle eM: Wotypka (1), je m'enquiers soigneusement de l’état des paupières dans tousles cas de ce genre. Les succès obtenus m'ont déjà prouvé les bons effets de ellespratique. Il est d'autant plus nécessaire d’y faire attention à temps, que imitation de ces granulations, par suite du jeu sympathique des nerfs, pourra ovoquer la phlogose des parties internes, de l'iris, du corps ciliaire, de la bhoroïde et de la rétine, et finir avec l’amaurose, l'hydrophthalmie et ja baralysie des muscles. J'ai rencontré un exemple de cette triste terminaison. | Ees deux modes de traitement que je viens de décrire offrent le même Vantage, de ne rien détruire dans la composition anatomique de la conjonc- Aivepalpébrale et de ramener lentement celle-ci à son état normal. N'ayant Wmais employé le nitrate d'argent en crayon, je parle ici de la solution plus Ju.moins concentrée de cet agent. Cependant, la méthode de M. Buys a cet jmmense avantage sur l’autre, de causer au malade moins de douleurs, de broduire une couche albumino-plombique, qui non-seulement arrête peu à peu Ja sécrétion morbide, mais contribue puissamment à dissiper les granulations Pengorgement chronique de la conjonctive, et partant de rendre plus tôt intéressé propre à passer parmi les membres sains d'une rénnion quel- ‘0nque; d'amener la guérison complète dans un espace de temps bien plus -ount, enfin d'être plus rarement suivi de rechute.
Quant à la forme catarrhale de l’ophthalmie militaire, je l’ai traitée d’après es mêmes principes. L’engorgement villeux de la conjonctive, ordinairement rés Opiniâtre, a été combattu avec succès par le plomb.
Vaï peu de mots à ajouter pour le traitement de l’ophthalmie militaire à son Ummum d'acuité, de l’ophthalmie dite purulente. Aussi longtemps que prélominent les phénomènes suraigus, je fais faire des injections fréquentes (tous 4 quarts d'heure au début), afin d’éloigner la sécrétion morbide et d'empéher qu’elle reste trop longtemps sur la cornée. J'emploie de l’eau tiède simple
(1) Loc. cit., p. 98.
pour ces injections. En même temps, j'applique sur la paupière supérieure une petite vessie, remplie d’eau et de glace pilée, et je cherche à combattre l’acuité du mal par la saignée, l'application de sangsues aux tempes, de ue 1s de pieds sinapisés, et par l’usage interne du mercure jusqu'à ce que la: bouche s’entreprenne. Aussitôt que la sécrétion des yeux est devenue plu liée et muquense, de séreuse et très chaude-qu'elle était, j'ai recours à la solutio de nitrate d'argent (dix grammes dans une once d’eau distillée), en promenanf une ou deux fois par jour le pinceau sur toute la surface de la muqueuse! phlogosée. Selon moi, aucun remède n’est plus propre à favoriser la résorpti® du plasma exsudé, et à améliorer les qualités de la sécrétion. S'il y a desu rations sur la cornée, je les touche avec le nitrate d’argent solide ou en st tion concentrée, et, s’il y a danger de perforation de cette membrane, je fais instiller un collyre avec de l’atropine, afin de dilater la pupille et d’écarter l'iris autant que possible de l'endroit où la rupture menace de s’opérer. COuIR les maux de tête périodiques, j'ai employé avec succès la quinine et des friction aux environs des yeux avec l’onguent mercuriel uni à l’opium. Je ne continue pas trop longtemps les embrocatiôns glacées. Quant au traitement des gran à lations dans des cas de ce genre, il faut que la ph'ogose des parties inter 4 ait entièrement disparu, que la photophobie ait cessé, avant qu'on songe à le attaquer par les moyens énergiques. Ordinairement je commence par l’appl tion du nitrate d'argent en solution (un gros par once d’eau), car l'expériene n’a prouvé que l'usage prématuré de l’acétate de plomb daûs de telles cir pui a siances peut facilement réveiller la phlogose des parties internes, et qu’alôi on a plus de difficulté à la combattre. C’est surtout la paupière inférieure que se montre la plus sensible sous ce rapport. |
J'ai employé le plomb avec beaucoup de succès contre la kératite pannifort
et contre le pannus lui-même : dans les cas de cegenre, la maladie de la cornée était toujours due à l’irritation causée par les granulations siégeant aux pières supérieures. Dans un cas, je l’ai aussi employé avec plein succès coll le staphylôme conique des deux yeux : sous l’action de ce sel sur les paupièrel supérieures, j'ai vu non-seulement décroître la protubérance du staphylôme mais la pellucidité de la cornée se rétablir de jour en jour. Le malade dont s’agit, qui, en commençant la cure, avait la vue tellement affaiblie qu’il pouvai à peine se guider lui-même dans les rues, finit par recouvrer la facnlté di voir à tel point que, non-seulement il était à même d'aller librement partout
mais à un certain degré même de lire et d'écrire. à #
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NOTE SUR L’OPHTHALMIE GRANULEUSE QUI A RÉGNÉ DANS LA GARNISON 'aLTONA» | DE 1852 A 1857, 1
PAR H.-P. GRADMANN, 1
Médecin attaché à l’armée danoise. 4 |
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$ Ler. j | Chargé du service de santé du 46e bataillon d'infanterie, qui avait été re cruté dans le Holstein, j'arrivai le 4‘ mai 4852 à Altona. Beaucoup de troupi
infectées de l'ophthalmie militaire avaient été cantonnées dans cette ville pendant la dernière guerre.
“En arrivant, j'y trouvai encore plusieurs détachements de régiments auLrichiens, dans lesquels on avait compté beaucoup d’ophthalmiques; ces troupes nesortirent de la ville que dans le courant de juin.
“Le 16° bataillon était logé dans une petite caserne, vieille, et dont une partie servait d'hôpital. L’ophthalmie, auparavant assez fréquente dans ce bataillon, nesy était pas montrée depuis quelque temps, et l’on croyait qu'elle en avait complétement disparu. — Mais, le 5 mai déjà, je remarquai un cas aigu de celle affection, jusqu'ici inconnue chez nous. Bientôt après, un autre soldat fut affecté, qui avait servi de garde-malade au premier, et, daus le courant de trois mois et demi, cinq cas de la même intensité se manifestèrent.
Le2 août 1852, l'autorité mulitaire de la province publia un règlement qui ordonnait des visites hedomadaires, l'isolement des individus atteints, cerlains allégements daus le service, des désinfeclions, etc.
Le 15 août 18592, le 16€ bataillon quitta Altona, et y fut remplacé par le Sthataillon, venant de Copenhague, d’où il ameuait avec lui, comme j'ai lieu dede croire, quelques hommes portant des granulations latentes. Une companie du bataillon fur aussitôt logée dans ladite caserne. Quoique je crusse que celle-ci était assez désinfectée, et bien que l’hôpital eùt été transporté dans un autre bâtiment, huit jours s'étaient à peine écoulés depuis l’arrivée du bataillou, lorsque la maladie éclata dans ladite compaguie, qui, à partir de ce moment, continua à fournir un nombre de cas aigus assez graves, tandis que les | autres compagnies, logées dans des maisons privées du voisinage, n’en fourhirent que très peu pendant plusieurs mois.
Dans le courant de septembre, la garnison de la ville et des environs fut augmentée d’une batterie, de deux escadrons et du 9° bataillon d'infanterie ; ces troupes, jointes au 95° bataillon déjà nommé, formaient un total d'environ 1,200 hommes, nombre qui, pendant l'été, c’est-à-dire dépuis l’arrivée des re- | crues le 1% juin, jusqu’au renvoi en congé des anciens soldats, vers la fin de | septembre, s’élevaient à environ 1,900 hommes.
“Je commencerai par faire une courte statistique des trois premières années
demon séjour à Altona, du 4° mai 4852 au 50 avril 1855. — Dans cette pé- Mode, pendant laquelle tous les ophthalmiques de la garnison envoyés à l’hôpltal furent soumis à mes soins, les diverses troupes en fournirent, en y comptant les récidivistes, le nombre que voici :
CORPS. 1852-1855. 1855-1854. 1854-1855. rorar.
OM NS | LL, 8 > re 8 141 111,10 NME 56 56 60 172 22 LE NOTONS y 93 60 90 Une batterie et deux escadrons. . 6 49 1 926
7 arche le 121 9295
Quant au 16: bataillon, nous avons déjà remarqué que les cinq cas s'étaient Manifestés dans les casernes. — La batterie et l’un des escadrons, qui étaient Lous deux logés à Altona, envoyèrent respectivement à l'hôpital 13 et 12 hommes, landis que l’autre escadron, logé dans un village voisin, ne fournit qu’un seul
ophthalmique pendant ce laps de trois années. Mais c'est le 3° et le 9° bata il lons qui nous occupent spécialement. |
Le 5° bataillon eut toujours une ou deux compagnies logées dans la casern tandis que les autres étaient distribuées dans les maisons privées ne tes. — Comme ce fut tantôt l’une, tantôt l’autre compagnie qui fut incaserné il devint assez évident que la caserne était le foyer principal de la contagion — Nous fûmes pourtant peu à peu assez heureux pour arriver enfin, pa | moyen de désinfections continues, à ce que ce bâtiment ne fournit guère plus d’ ophthalmiques que les quartiers de la ville. |
Les cas traités à l'hôpital peuvent, sous le rapport de l’acuité de l'inflam k tion, être divisés en cas légers, subaigus ou plus graves et aigus; et enfin @ très graves (phlegmoneux), division qui correspond à peu près aux 44, 29 3° degrés d’Eble.
Jusqu” en avril 1855 il fut fourni, les récidivistes non compris, par les hon mes appelés au service :
Lo eo ne em M RE NE en Éue ee