Institut ophthalmique de Louvain
Nous avons exposé plus haut les attributions de cet établissement, et différentes catégories de malades qui y reçoivent des soins. [l ne sera questie ici que des hommes qui y ont été envoyés des hôpitaux ou infirmeries de gar nison, pendant les années 1840, 1845, 1850, 1855, pour des accidents oct sionnés par l’ophthalmie militaire.
Le tableau suivant indique non-seulement le nombre de malades qui y 0h été envoyés pendant ces années, mais encore la destination de chacun d eu} à la sortie de l'établissement. |
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| Les ophthalmiques proposés pour la pension, suivant qu’ils sont compléte- “ment aveugles, qu'ils peuvent à peine se conduire ou qui, jouissant encore dun certain degré de vision, se trouvent néanmoins dans l'impossibilité depourvoir à leur existence par Île travail, reçoivent des pensions plus ou moins élevées, dans les rapports, pour le soldat, de 575, 5350 et 250 francs.
emarquable, ainsi que le tableau ci-dessus le démontre, nous trouvons en butre, d'autre part, que les peusions fortes sont devenues de plus en plus rares, ce qui implique une diminution dans la gravité des accidents. Ainsi sn 1840, il a été accordé sept pensions de la première catégorie, dix de la Micuxième; en 1845, une de la première, et onze de la deuxième ; en 1850,
que des pensions faibles.
Au: septembre, il restait à l’Institut 28 malades envoyés des hôpitaux pour des accidents provenant de l’ophthalmie de l’armée,
Il résulte des données précédentes :
4° Que le nombre de malades atteints par l’ophthalmie dans l’armée a proyressivement diminué depuis 16 ans:
90 Que la maladie a perdu de son intensité;
3° Que les altérations oculaires qui en proviennent sont moins fréquentes, moins graves et que le chiffre des réformes et des pensions accordées de ce chef a subi une réduction importante.
Que si nous cherchons les causes de ce résultat, nous les trouvons :
a} Dans le soin apporté à l'assainissement des casernes, objet des préoccupations incessantes de l’administration supérieure, puissamment secondée dans ses efforts par le corps entier des officiers de santé.
b} Dans l'existence pour le soldat de conditions hygiéniques meilleures, pro- [venant de l'assainissement dès casernes d’une part et de la diminution de lMencombrement de l’autre, par suite de la mise sur le pied de paix de
l’armée.
| “c} Dans l’absence de certaines constitutions atmosphériques et catarrhales louautres, dont l’effe est de faciliter la propagation de l’ophthalmie et d’y imprimer plus d'intensité.
d) Dans les soins mieux entendus, plus rationuels donnés aux malades; dans l'usage de plus en plus restreint d'agents actifs, violents, destructeurs, dans le traitement de l’ophthalmie à l’état aigu.
D'après les résultats si heureux que nous venons de constater, de la thérapeutiqueet des mesures hygiéniques appliquées au traitementde l’ophthalmie de l'armée, peut-on espérer l’extirpation de ce fléau dans un avenir plus ou moins prochain? Telle n’est pas l'opinion de la généralité des médecins; ce n’est pas non plus la nôtre ; non pas toutelois que nons ne croyions, quant à nous, à la | possibilité d'y arriver un jour, mais nous répélons ici Ce que nous avons dit ailleurs : une telle issue n'es! possible qu’à la condition d’une application franche, loyale, sans réserve de la prophylaxie des affections Contagieuses parinfection à l’ophthalmie de l’armée. Toutes les fois qu'on a eu recours à cette prophylaxie dans des établissements particuliers ravagés par l'ophthalmie contagieuse, on est arrivé à extirper la maladie complétement et sans reélour. Serait-il donc plus difficile d'atteindre ce but pour une caserne que pour un pensionnal,une maison d’orphelines, un pénitentiaire, etc.? Personne noserait soutenir un semblable paradoxe.