‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 51 sur 112 · SIT · texte numérisé non relu

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Considérations préliminaires. — Sous le nom d’ophthalmie égyptiennne, armées, militaire, purulente, granuleuse, on a réuni un certain nombre d'a rations fort diverses de la conjonctive, qui n'avaient entre elles aucuns lien parenté, et auxquelles pourtant on attribuait une cause contagieuse, le m mode de propagation, la même gravité, quoique des conséquences pathol ques souvent très dissemblables et des résultats thérapeutiques désastr vinssent protester énergiquement contre un tel abus.

Aujourd'hui, nonobstant les efforts tentés pour ramener les “el L plus juste appréciation des faits, en discute encore, on ne parvient pas à « tendre, et la vérité reste méconnue au plus grand préjudice de la science l'humanité. | |

Que l’on ne croie pas que nous exagérions pour donner à nos recher€ plus d'importance qu’elles ne comportent; nou, il suffit d'ouvrir les annë de la science pour se convaincre de la stricte exactitude de notre appréciati . c’est à peine si, avec beaucoup de bonne volonté, on parvient à s’y rec naître. 1

Ainsi, pour les uns, il suffit qu’il y ait une légère exsudation purulente a quelques inégalités sur la conjonctive pour qu aussitôt le mot de conjoneti granuleuse, purulente, contagieuse, soit mis en avant; inutile de dire que cet état se rencontre chez un militaire, il prendra, de ce chef, le nom d'@ thalmie militaire, comme il deviendra instantanément une ophthalmie blent rhagique ou une ophthalmie contagieuse des nouveau-nés, si c’est 4 À bourgeois atteint d’urétrite ou chez un jeune enfant qu'on l’observe. R d’autres, l’ophthalmie en question a pour conséquence immédiate d'abel L la production de ce qu’ils appellent des granulations vésiculeuses ; pour d j tres encore, les granulations sont charnues, calleuses, végétantes, fongueu sarcomateuses ou cicatricielles. Nous n'avons pas besoin d’ajouter qu'il n pas plus d'uniformité dans les opinions en ce qui concerne létiologie de& affection si fantasque, si capricieuse; on admet bien qu’elle est contagië mais on cesse d’être d'accord lorsqu'il s’agit de savoir comment elle es tagieuse, et par quelle voie la contagion s'exerce.

D'où provient ce déplorable état de confusion? Nous n’en signalerons toutes les sources, mais nous dirons que l’on ne nous paraît pas s'être 8 samment préoccupé de l’étude anatomo-physiologique de la conjonetive à sain. À l’état pathologique, entraîné par des apparences, par des circonstäi secondaires, on ne s’est point astreint à indiquer les limites qui séparent

lainés altérations de certaines autres ; dans l'étude anatomo-pathologique, on à oublié que, pour rendre cette étude véritablement fructueuse, il fallait tenir compte des causes productrices, il fallait savoir, lorsque cela était nécessaire, remonter à ces causes rien que par l'appréciation exacte de l’altération pro- Huite, car on sait qu'il y à toujours concordance entre les causes et les bffets.

Les considérations qui précèdent nous démontrent que les véritables utérêts de la science nous font un devoir de rechercher avec soin, au milieu lerces altérations jetées pêle-mêle, ou réunies on ne sait trop pourquoi sous lune même dénomination, en quoi consiste cette ophthalmie contagieuse dite nilitaire. Si elle existe, quels en sont les altérations, la cause, les symptômes t le traitement.

“Si l'ophthalmie purulente de l’armée est, comme on le dit, contagieuse, elle doit, à moins qu'il n’y ait plusieurs ophthalmies contagieuses différentes, 1woir une cause et des lésions morbides sans analogues; elle doit avoir ufin des symptômes caractéristiques et exiger un traitement tout particulier. Sivcetie proposition est vraie, il est impossible que les altérations nombreuses uëél'on à signalées jusqu'ici comme y appartenant, ne constituent point une Méritable usurpation. Or, la justice et la science veulent qu'on accorde aux Pbphthalmies non contagieuses ce qui leur appartient, et que l’on attribue seuement à l’ophthalmie contagieuse ce à quoi elle a le droit de prétendre.

Daus ce travail, nous nous bornerons à une simple exposition des faits;

mous les examinerons avec une scrupuleuse attention et, nous gardant de oute idée théorique préconçue, nous ne produirons que les conclusions légiimes qui en découlent. Nous pensons sincèrement que ces faits présenteront ous son véritable jour l’histoire si embrouillée de l’ophthalmie contagieuse, purulente, granuleuse. Ils feront comprendre aussi que c’est abusivement Won à attribué une puissance contagieuse à des ophthalmies qui, pour avoir dela gravité, n’en sont pas moins des ophthalmies simples et par leurs causes, et par leurs altérations pathologiques.

} “Pour arriver à cette conclusion, il nous importe de rappeler, dès l’abord, l'anatomie normale de la conjonctive ; nous exposerons ensuite les altérations pathologiques que cette muqueuse peut présenter à la suite de ses phlegmasies soitsimples, soit spécifiques ; enfin, nous terminerons par l'étude de la cause, Les-symptômes et du traitement de l’ophthalmie contagieuse proprement dite.

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Anatomie physiologique de la conjonctive. — La conjonctive est une mem- Drane muqueuse qui tapisse la face interne des paupières et la face antérieure uglobe oculaire. Elle prend son origine sur le bord libre des paupières, re- {Couvre la face interne ou postérieure de celle-ci, et arrive ainsi au niveau de labase de la cavité orbitaire. Là, elle se réfléchit d’arrière en avant sur la face antérieure du globe de l'œil, en formant un cul-de-sac circulaire qui encadre la selérotique à la partie moyenne de cette membrane.

En dedans, elle passe sur la face antérieure de la caroncule lacrymale, s'adosse ensuite à elle-même pour aller tapisser la face postérieure de cemême rgane et se continuer, en se repliant de nouveau, avec la conjonctive ocuaire. Elle se continue également en dedans avec la muqueuse des canaux la- CIYmaux, et en dehors avec celle qui pénètre dans les conduits excréteurs de la glande lacrymale.

La conjonctive est composée de deux couches. L'une, superficielle, est con-

stituée par un épithélium pavimenteux, excepté dans le repli oculo-palpébr où, selon quelques auteurs, il devient vibratile; l’autre, profonde, estde nature celluleuse ; elle disparaît au niveau de la cornée. La conjonctiveet unie aux parties sous-jacentes par du tissu cellulaire, serré au niveau“de cartilages tarses, moins dense dans le repli oculo-palpébral, moins dense encore sur la sclérotique, de sorte que son adhérence aux organes sous jacents est d’autant moins intime qu’elle s'éloigne plus de son pointMde départ. di Au premier aspect, la conjonctive paraît parfaitement lisse ; cependant, un examen attentif y fait découvrir de petites aspérités disperedes en avant, cartilages tarses, nombreuses surtout vers le grand angle de l'œil. Cesail lies, appelées papilles, diminuent de nombre et de volume à mesure quon s'approche du cul-de-sac conjonctival où elles finissent par ne plus êtrep ceptibles.

C’est dans ces papilles que viennent se terminer les extrémités nerve qui se rendent à la conjonctive, et qui lui assurent sa sensibilité tactile. Si l’on tient compte de ces petits corpuseules, qui sont d’une sensibilité cessive, et desnombreux vaisseaux sanguins de la conjonctive palpébrale, on on s'élonnera plus ni de leur congestion, ni de leur inflammation, ni de hypertrophie si faciles, et que l’on rencontre dans une foule de circonstan les plus ordinaires, dépendant soit de la constitution, soit du tempéram& soit de circonstances morbides antérieures, et l’on se gardera bien, doré vant, de considérer cet état papillaire, inflammatoire ou hypertrophiq comme un élément pathologique de l’ophthalmie contagiense ; on se gard bien d’invoquer un tel fait comme capable de prouver que l'on peut avoir à tomiquement le germe d'une semblable maladie, quoique l’on n'ait jamais soumis à l’action virulente de la cause de l’ophthalmie contagieuse. Dès 1849, dans l'examen minutieux que nous fimes de la conjonctive, me signalâmes l'existence d’une double rangée de follicules, disposées parall ment, au nombre de dix à vingt-cinq, dans le repli oculo-palpébral. Plus La M. Sappey vint confirmer l’existence de ces glandes, destinées par leurs sée tion à favoriser l’ampliation de la conjonctive palpébrale sur la conjonel oculaire. La description de M. Sappey fut en tout point conforme à Æt que nous avions donnée, Ce sont des follicules analogues aux glandes m pares des autres muqueuses. Ils sont tantôt simples, tantôt bilobés; danse dernier cas, un seul canal excréteur répond à deux cavités folliculeusesæ forme de bouteille. A l’état normal, ils sont difficilement appréciables al nu. Îl suffit cependant d'exécuter une douce compression à la base de I bite pour les voir apparaître, et même pour en voir sortir le liquide muqu qui sert à lubrifier la conjonctive. Ils se présentent, au-point de vue de volume, dans des conditions variables suivant les sujets, les constitutior les tempéraments. Nous en avons vu d’un volume assez considérable, sans q twroublassent le moins du monde les fonctions oculo-palpébrales. Toutelt les sujets d’une telle observation offraient ordinairement, le matin, une € crétion muqueuse dans le grand angle de l'œil. Il se produit dans la conjo tive ce qui arrive dans toutes les muqueuses, qui peuvent varier par Val dance de leur sécrétion sans constituer un état morbide. C’est ici simplen une grande activité fonctionnelle, qui s’observe surtout bien chez les4 sonnes lympathiques ou scrofuleuses, et chez celles qui fatiguent habitué ment l’organe de la vision. 2 | Nous croyons qu'il est inutile d'attirer plus longtemps l'attention des ophthalmologistes sur ces deux éléments de la conjonctive, les papilles etes

PR — 2 M à

ec g. + SO + S.

oMicules, dont la connaissance est indispensable pour bien se rendre compte éce que nous allons dire. Ceux qui voudront se convaincre de la présence de Les papilles et de ces follicules ne tarderont pas à les découvrir bien déveoppées chez l’un ou l’autre sujet qui fera l’objet de leur examen, et qu’ils sau-

bervent pas avec des idées préconçues, et qu'ils ne veuillent pas, de propos élibéré, sacrifier la vérité à l'erreur. Nous avons eu l’occasion de montrer à

jJusieurs malades, qui se trouvaient dans nos salles, à l'hôpital Saint-Pierre : ous-n'avons donc plus à insister sur l'existence d'éléments anatomiques qui ont aujourd'hui du domaine de l’anatomie descriptive de l'œil sain. Lesystème vasculaire de la conjonctive est très fin et très abondant; la senibilité y est aussi très grande. Ces deux conditions anatomiques réunies endent cette membrane excessivementsensible aux agents extérieurs, et font Welle s'enflamme avec la plus grande facilité. On conçoit qu’en raison de ces ‘onditions les inflammations conjonctivales arrivent aisément aux différentes onséquences qui découlent de toute phlegmasie.

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