‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 54 sur 112 · LEO · texte numérisé non relu

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Les premières ont.été faites avec le pus virulent provenant des granulations spécifiques, à leur période d’acuité.

Nous avons rempli une petite curette de ce pus virulent, puis nous l'avons introduite dans le canal de l’urètre d’un homme : dans tous les cas, nonobstant l'absence de tout éréthisme favorable, il s’est développé, du troisième au cinquième jour, une inflammation urétrale granuleuse en tout sembable, les conditions d'organes mises de côté, à celle de la conjonctive qui nous avait iourni le pus contaminable. — L’écoulement urétral était identique à l'écoulement conjonctival ; l'induction nous disait qu’il devait aussi jouir des mêmes | propriétés.

Nous avons vu des individus, atteints d’urétrite contagieuse purulente, portérà leurs yeux leurs mains souillées de pus provenant de l’écoùlement urétral, et après vingt-quatre à quarante-huit heures être frappés d’une ophthalmie purulente granuleuse.

Ces faits se sont passés sous nos yeux, pendant notre clinique, devant nos élèves. Un jour même, pendant notre clinique, un malade qui se trouvait dans nos salles pour une urétrite virulente, et qui déjà était atteint d’ophthalmie sranuleuse à l’œil gauche, pour y avoir déposé imprudemment la matière de son-écoulement urétral, après avoir porté rapidement et machinalement ses doigts à l'œil malade, les reporta ensuite chargés de pus à l’œil sain; nous prédimes que sous peu l’œil droit partagerait le sort de l'œil gauche, et vingtquatre heures après l'événement avait justifié nos prédictions.

Cesfaits d’expérimentation spontanée, involontaire, car nous nous garderons bien de tenter de semblables essais sur des yeux sains, ont une valeur décisive; ondirait qu'ils se sont produits exprès pour démontrer la vérité que nous essayons de répandre.

Un médecin que nous avons traité était un jour consulté par un malade atteint d’urétrite granuleuse purulente suraiguëé : il examine le canal de Murètre pour constater les engorgements de la muqueuse; il le presse pour en faire sortir l'écoulement, ses doigts sont, souillés par la matière purulente. Sans y faire attention, il les-porte à son œil gauche, la contamination a lieu, etwingt-quatre heures après, il était atteint d’une ophthalmie purulente granuleuse à l'œil gauche. Nous pûmes garantir l'œil droit, mais il perdit l’œil gauche, malgré l'énergie de notre traitement.

Nous n’en finirions pas, si nous voulions rapporter tous les faits de l’espèce qui sont à notre connaissance. ;

“Autant nous avons été réservé dans nos expériences lorsqu'il s’agissais de

Vorgane de la vision, autant nous avons procédé hardiment lorsque nous étions certain de ne point compromettre la santé des sujets sur lesquels nous opérions. Voici encore quelques expériences très convaincantes : — Nous avons recueilli une certaine quantité de pus exsudé par une conjonctivegranuleuse. Nous l'avons placée sur la partie de la muqueuse où viennent S'ouvrir les canaux des glandes vulvo-vaginales, et toujours nous avons obtenu des granulations spécifiques avec exsudation purulente. Nous avons fait la même chose pour l’urètre et pour le col utérin, et constamment nous avons provoqué le même résultat, lorsque des circonstances particulières provenant, Soit d’une leucorrhée abondante, soit d’une insensibilité acquise par des excès Op. nombreux et trop répétés, ne venaient pas neutraliser l’action spécifique du pus contagieux.

Enfin, nous avons, dans différents cas, pris la matière purulente provenant des résultats expérimentaux que nous avions provoqués chez l’un et l’autre sexe, en employant le pus sécrété par les conjonctives granuleuses ; nous avons

déposé ce pus dans l’urètre à l’orifice des glandes vulvo-vaginales sur le € utérin, et ces expériences ont toujours abouti à des résultats positifs.

Que conclure de cette série de faits empruntés à l'observation et à l'& rimentation directe? N’est-il pas évident qu’il y a concordance parfaite ep les granulations telles que nous les avons décrites, et quel qu'en soit le ke et la cause qui les provoque? La spécificité des premières et la virulence la seconde ne sont-elles pas désormais incontestables? Pourra-t-on ent sérieusement prétendre que les granulations sont variables dans leur cons tution anatomique, dans leur forme, dans leur propriété et dans leur aspe que leur cause n’est pas unique, n’est pas toujours identiquement la mê n’est pas constituée par le pus granuleux qui renferme en lui le virus que k | nous force a appeler granuleux ? On contestera encore ces vérités si, par ind férence ou par préjugé, l’on persiste à regarder comme étant des granulatiol toutes les sortes d’aspérités qui troubleront la régularité de la surface jonctivale, si l’on persiste à confondre la propagation par voie d’irritabic qui appartient à toutes les maladies dont les produits jouissent de certain propriétés irritantes, avec la propagation morbide par voie de contaminatit spécifique, qui est l’apanage exclusif des maladies réellement contagieuses les adoptera, au contraire, si l’on daigne examiner de nouveau les faits, répéter nos expériences. |

Nous allons, pour rendre plus concluante la vérité de ces proposition exposer une série d’autres expériences dont le résultat a été invariableme négatif. On se convaincra par là que nous avons pris en sérieuse considér. tion les opinions de nos adversaires, et que, si nous ne les admettons pas, © que la logique comme les faits nous le défendent. |

Nous avons expérimenté avec la matière de ces ophthalmies que l’on acc sidérées comme contagieuses, parce qu’elles étaient compliquées d’une sécr tion plus ou moins abondante de mucus ou de muco-pus, que l’on a ensu appelées granuleuses, parce que la conjonctive offrait diverses inégalités de nous croyons avoir établi la nature. |

Nous avons recueilli du pus provenant d’ophthalmies catarrhales suraigt d’ophthalmies avec développement folliculeux et papillaire considérable ; na avons déposé celte matière muqueuse, mucoso-purulente et parfois purulente 1° dans la fosse naviculaire; 2° à l’orifice des glandes vulvo-vaginales; 3* dat le vagin et sur le col utérin, et nous n’avons obtenu aucun résultat. — Que quefois , chez l'homme, il survenait à la région naviculaire une légère déma geaison accompagnée de suintement muqueux; quelques injections astringent faisaient disparaître cet accident au bout de deux à trois jours.

Nous avons employé la matière de ces ophthalmies arrivées à l’état chr que, lorsqu il y avait hypertrophie folliculeuse et papillaire; aväriabS ces expériences ont été négatives. ,

Le mucus, ou le muco-pus des conjonctivites folliculeuses et des blennoi rhagies simples chroniques, déposé sur n ‘importe quelle muqueuse, sur conjonctive même, devenaient impuissants à y éveiller le moindre accid inflammatoire, à moins que l’on eût mis en usage une quantité L'op gran de la matière de ces écoulements.

A l’état aigu, l'écoulement des blennorrhagies simples, siégeant soit l’urêtre, soit dans le vagin ou au col utérin, porté sur des conjonctives sainé y provoque une ophthalmie très intense avec sécrétion muco- -purulente ; &«t et ophthalmie réellement catarrhale, que l’on nomme blennorrhagique à cau des circonstances qui ont présidé à son apparition, n’est rien autre qu’ phlegmasie ordinaire avec hypersécrétion muqueuse ou purulente, mais 1

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résente rien qui la rapproche de ce que nous avons décrit sous le nom d'oph- Wthalmie virulente granuleuse,

n'y à pas bien longtemps qu’un de nos confrères donnait des soins à une petite fille atteinte de vulvite simple suraiguë, avec écoulement muco-purulent rès abondant ; sans y réfléchir, il porte ses doigts imprégnés de cet écoulementrà ses yeux et les frotte; la conjonctive ne tarde pas à se congestionner, ine-ophihalmie catarrhale suraiguë apparaît, c’est l’ophthalmie blennorrha- “lsique des auteurs : il y a écoulement, développement papillaire et folliculeux, “Imaisiil n'y a pas la moindre trace de granulations; au bout de huit jours, notre confrère se promenait complétement guéri.

“Nous avons soigné un grand nombre de ces ophthalmies; elles se présentient d’abord sous un aspect effrayant; elles étaient blennorrhagiques, mais cles n'étaient ni granuleuses, ni virulentes ; elles guérissaient très rapidement après quelque jours d’un traitement approprié.

Alétat chronique, l'écoulement des blennorrhagies simples, qu'elles existent

aux muqueuses génito-urinaires ou à la conjonctive, est inoffensif; il ne compromet point les relations sexuelles, il ne compromet point les yeux. Cet écoulement muqueux peut être déposé fréquemment sur les conjonciives sans rien y produire, car le nombre des personnes qui sont atteintes d’urétrites simples chroniques est considérable, et il est rare que l’on voie leurs veux malades , quoiqu’on doive avoir la conviction qu’elles y portent souvent {leurs doigts souillés.… A coup sûr, cette immunité serait impossible avec {lophthalmie granuleuse spécifique, quel que fût son état d'ancienneté. Avant de clore ce paragraphe, nous allons rapporter quelques résultats expérimentaux, qui cerles ont été obtenus en dehors de toute idée préconçue, puisque leur auteur ne se doutait point que nous suivions ses essais, qui pourtant avaient une si grande importance.

On a proposé de guérir le pannus par l'inoculation ou plutôt par la contamipuation du pus blennorrhagique. Cette pratique est surtout usitée à l'Institut {ophthalmique de Bruxelles, où elle produit des effets heureux, chaque fois qu'on peut arriver à provoquer une blennophthalmie intense.

Notre savant confrère M. le docteur Bosch nous demande souvent, pour pratiquer le traitement dont nous venons de parler, de lui envoyer du pus provenant de blennorrhagies suraiguës, les plus virulentes sont les meilleures; parfois nous satisfaisons à sa demande, et alors cela marche bien; il obtient la blennophthalmie, par conséquent la guérison du paunus; mais Souvent il arrive, vu la rareté relative des blennorrhagies granuleuses, que »ous.ne pouvons lui fournir que le muco-pus provenant de blennorrhagies simples, que nous avons cependant toujours soin de choisir les plus aiguës; dans ce cas, notre honorable confrère ne manque jamais, quelques jours aprés notre envoi, de nous renouveler sa demande en nous annonçant dans ses.lettres que la matière par nous expédiée a été incapable de produire le moindre effet et sur la conjonctive et sur le pannus. De tels faits n'ont pas besoin de commentaire.

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