VII
Thérapeutique. — Toutes les ophthalmies granuleuses émanant d’une seule eb même cause contagieuse, et étant constituées par les mêmes altérations Anatomo-pathologiques, l'examen thérapeutique auquel nous allons nous livrer “2 applicable à toutes ces ophthalmies, quelle que soit la position sociale de 4 personne affectée, quel que soit son sexe, quel que soit son âge, quels que
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soient enfin la source du virus contaminant et le mode suivant lequel la trans-| mission contagieuse se sera effectuée. | à.
Est-ce à dire que la médication que nous croyons devoir préconiser sera invariable ? que nous ne tiendrons aucun compte des influences qui réagissent: si profondément sur les affections contagieuses comme sur les autres maladies? — Nullement; ce que nous avons en vue ici ne se rapporte qu'à nature intime du mal, nous n’oublierons pas que les circonstances les plu secondaires réagissent parfois fortement sur l’état principal, et que souventce sont de petits riens qui entravent dans leur action bienfaisante Îles agents thérapeutiques les plus énergiques et les mieux indiqués. | #. Ayant bien défini, bien limité l’affection que nous avons à combattre, il fau que la médication à y opposer le soit également. De prime abord, nous diri-| serons nos efforts contre l’altération spécifique qui domine tout, les altéra-| tions secondaires, les complications occuperont la seconde place. Nous évite rons l’empirisme comme Îa routine; partant d'un diagnostic certain, not traitement sera simple et rationnel, | Li Après cela, que l’on ne s’imagine pas que nous ayons la prétention de guérim toutes les affections granuleuses avec rapidité et facilité; nous n’ignorons past les difficultés pratiques avec lesquelles nous devrons très souvent compter; nous savons que l’ophthalmie granuleuse se guérit difficilement, exige traitement long et persistant, et que l'on doit s’estimer heureux quand: arrive au but sans avoir compromis l'organe de la vision. à | Nous ne sommes pas les seuls à avouer de telles craintes; M. Robertme dit-il pas que « la conjonctive, dans lophthalmie granuleuse, ne reprend « jamais son état normal; que le plus souvent on substitue une membram | « nouvelle à la muqueuse altérée; qu’il a vu des granulés traités pendant quinze et dix-huit mois n'être qu'améliorés, et chez lesquels l’ophthalmie reparaissait de temps en temps. » (Annales d’oculistique, 1. XVIIL.) &. | Cette opinion est fondée, et il est peu de praticiens qui n’aient vu des gra-! nuleux traités pendant des années infructueusement. Ge sont là des exceptions 1 sans doute, mais enfin elles existent et nous devons les signaler. + Si nous reconnaissons la grande difficulté de guérir l’ophthalmie grant|
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caractères pathognomoniques, nous aurons un avantage incontestable poum y opposer un traitement efficace. Désormais on aura le signalement exact des l'ennemi contre lequel on devra lutter; il ne sera plus permis, lorsqu'on sel trouvera en face d’une conjonctivite granuleuse, d’errer dans son traitement,* d'invoquer des fantômes qui n'existent pas, et puis de se faire des illusions | sur les résultats qu’on doit en attendre; il ne sera plus permis de prendrex pour une affection granuleuse celle qui n’en offre pas les caractères, et puis de produire des observations phénoménales où la guérison aura été promptet radicale. Puisque nous y sommes, disons que ces erreurs de diagnostic peus vent avoir des effets déplorables. Combien d’ophthalmies qui auraient été gué\ ries par un traitement simple ne sont pas devenues graves, parfois mêl incurables par le fait du traitement incendiaire qu'on leur opposait sous prétexte qu’elles étaient granuleuses. On ne fait point l’aveu de tels comptes ; ils existent cependant, ils méritent d’être soigneusement notés d la prophylaxie des maladies de la coujonctive, il y a là une réforme très importante à introduire. S.
Les traitements les plus divers ont été successivement vantés contrela maladie qui nous occupe. Nous croyons inutile d’en dresser l'inventaire,
De
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Nous nous bornerons à dire que les divers traitements ont été empruntés : 1j Ja médication antiphlogistique; 2° à la médication résolutive et révulsivé; 5° à la médication astringente ou styptique ; 4° à la médication modificaltrice et substitutive; >° enfin à certaines opérations ayant pour but d'enlever
Sans nier l'opportunité, dans certains cas, de ces divers modes de traite- | ent, nous devons convenir cependant que 1ous n’ont point une importance Légale. Les antiphlogistiques, les résolutifs, les astringents, abandonnés à leur L propre force, sont insuffisants pour détruire les granulations spécifiques.
| wants qui peuvent rendre de grands services. L’altération granuleuse, toute Lépécifique qu'elle soit, se révèle sous la forme inflammatoire, et cette forme doit réclamer l’emploi des antiphlogistiques, des évacuants, des altérants, des calmants, des résolutifs et des révulsifs, mais ces moyens ne sont que des | auxiliaires qui doivent précéder, accompagner ou suivre une médication plus énergique, plus directe et plus efficace.
En Belgique, où presque toutes les méthodes de traitement ont été employées, LiMenrest une qui a résisté, au milieu de l'abandon dans lequel les autres sont presque toutes tombées. Nous voulons parler de lacétate de plomb en poudre fine, appliqué directement sur la partie malade. On avait eu tant de déboires avec la cautérisation, que le sel plombique fit immédiatement fureur; ses succès furent étonnants, c’est à peine si quelques solides partisans de la cautémisalion, limitée aux seules granulations spécifiques, osèrent encore élever la voix eu faveur de la méthode dont ils étaient restés les rares et fidèles defen- ) Seurs. Aujourd'hui que l’enthousiasine est un peu calmé, que la froide raison éstrentrée dans les esprits, que faut-il penser de lacétate de plomb, dont iotre savant confrère et ami le docteur Buys a été l’ardent propagateur? Nous ädmettons en grande partie les avantages que l’on a accordés à ce médicament, } mais cette concession de notre part ne s'applique qu’aux ophthalmies réputées granuleuses, par ce seul fait que le poli de la conjonctive était troublé par des éminences, quelles qu’en fussent la nature, la cause et les caractères. Dans ces cas, l’acétate de plomb réussissait et devait réussir; on peut même dire-qu'à ce point de vue, il a rendu de grands services, car il éloigoait des iédications dangereuses et souvent désastreuses. Les succès de l'acétate de plomb s'expliquent done parce qu'ils ont été obtenus à l'ombre d’une erreur dediagnostic; mais toutes les fois que nous avons eu à combattre une ophthalmie réellement granuleuse, le sel plombique est resté insuffisant, sinon Mipuissant. Ces réflexions sont en tout applicables au tannin, au tannate de plomb que l'on à voulu substituer à l’acétate de plomb, et qui comme lui peu- Vent être avantageux contre les développements folliculeux et papillaires, iais échouent contre les granulations vraies.
Nous ne nous arréterons pas, dans ces considérations sommaires, à discuter laméthode de M. Van Roosbroeck, de Gand, qui consiste, dans les granulations chroniques et rebelles, à appliquer sur la surface malade du muco-pus bleniürrhagique le plus virulent, le plus irritant que l’on puisse trouver. Le professeur de Gand se félicite des succès qu'ilobtient par ce procédé; nous ne les apprécierons pas, n'ayant pas élé à même de suivre ses essais ; nous dirons Simplement qu’il uous semble qu'ici ses résultats doivent être attribués à une action toute substitutive.
Telles sont les considérations générales que nous avions à présenter sur la thérapeutique de l’ophthalmie granuleuse. Elles sont incomplètes, elles n’ont pas même effleuré tout ce qui a été fait sur ce sujet, mais elles suffisent pour-
tant pour justifier les efforts que nous avons faits dans le but d'aboutir à traitement plus rationnel, plus précis, et partant plus avantageux.
Nous ne nourrissons aucune illusion; nous avons dévoilé nos appréh sions et nos espérances, C’est aux praticiens à à décider si nous nous somn trompé. l
Le traitement de l’ophthalmie granuleuse purulente est prophylactique curatif. C’est par l’examen de ces deux questions que nous allons terminer travail. |
PR RC