‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 56 sur 112 · VIII · texte numérisé non relu

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Traitement prophylactique de l’'ophthalmie granuleuse. — Empêcher la ma festation du mal, telle est la première indication que doit remplir le pratiei consciencieux. Quelles sont les mesures et les précautions à prendre po neutraliser la canse contagieuse des granulations, pour en arrêter la propag tion et en prévenir les effets désastreux ? Telle est le problème que nous am à résoudre.

Pour arriver à cette solution, il nous suffira de rappeler ici les précep établis par plusieurs ophthalmologues, et entre autres par Cunier. On ses vient des travaux de cet habile oculiste, sur les causes de la propagationt l’ophthalmie contagieuse dans les classes pauvres. Avec ces savants confrères, nous dirons :

4° {1 faut faire disparaître tout ‘encombrement partout où il existe, soi dans les hospices, soit dans les maisons particulières ; l'encombrement est. effet une des causes les plus propices à la propagation de l’ophthalmie € tagieuse. Le germe virulent, si mince qu’il soit d'abord, grandit bientôt, pr& de l'intensité, produit ensuite des ravages effrayants sous l’influence de le combrement. | 90 J] faut éloigner les hommes sains de tous ceux qui sont atteints de gran lations, de granulations véritables s'entend, quel qu’en soit du reste le des d’acuité; car, à toutes les périodes de leur existence, la sécrétion du pus nuleux qui est constante, est contagieuse. C’est en raison de cette proprié que l’on peut presque toujours remonter à la source du mal. 3° Il faut éloigner les agents capables d’irriter directement ou indirectemet les organes de la vision. Ces agents, nous l'avons souvent répété, parle seule puissance, sont incapables d’engendrer des granulations, mais 1ls pe vent en favoriser le développement, et activer les accidents qui en dépendë ’est dans ce but que nous recommandons, lorsque l’on à à redouter l'inx sion de l’ophthalmie contagieuse, d’éloigner, de réformer les coiffures qui leur appui sur le front, ou qui serrent trop; de laisser le cou dans une liben telle que la circulation ne puisse être entravée; d'éviter enfin toutes les ca ditions qui sont susceptibles de congestionner la tête, et par suite les yeu Toutes ces causes, seulement excitantes, peuvent favoriser une cause pl puissante, la seule réelle, qu’il faut chercher dans la nature contagieuse de maladie.

4 Jusqu'à quel point le principe virulent de l’ophthalmie contagieu: Ê représenté par l’exsudation du pus conjonctival, peut-il saturer l’atmosphè d’une chambre ou d'une salle d'hôpital, pour que l’air devienne le véhict de ce principe, atomistiquement divisé? Nous nous le sommes déjà demand celte saturation de l'air peut-elle avoir lieu ? Sans trancher la difficulté, no dirons qu'elle n'est ni invraisemblable, ni impossible ; en avouant cela, n0 ne partageons pourtant pas la manière de voir des chirurgiens qui prétende

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avoir vu bon nombre de personnes atteintes de granulations spécifiques, par le seul fait d’avoir logé dans des salles où antérieurement on avait admis dés. ophthalmies contagieuses. Si ce fait a été constaté, c'est qu'il y a eu dure chose que l’air pour les contagionner. Quoiqu'il n’y ait que la contagion immédiate et médiate de prouvée, nous recommanderons néanmoins comme chose utile, une bonne aération, et même le badigeonnement et la désinfection des places où auraient résidé des granuleux. Mais nous insisterons sur la nécessité d'exercer la plus grande surveillance pour que le linge, | lesvélements et les objets de couchage soient toujours dans le plus grand état de propreté possible.

Ces mesures hygiéniques, s'adressant particulièrement aux affections coujoneuivales, ne sont pas les seules indiquées par la prudence. Ce n’est pas toujours d’un conjonctive granuleuse à une conjonctive saine que se fait le transport du principe contagieux , souvent une ophthalmie relève directement d’une urétrite viruleute grauuleuse. Si, dans le passé, on avait pris en considération celte opinion, on n’aurail pas tardé à reconnaître que, fréquemment, lophthalmie granuleuse dépendait du transport sur la conjonetive du muco-pus virulent provenant de l’urètre, du vagin et du col de la matrice, où l’on pouvait retrouver des altérations granuleuses identiques ; ily à un rapport plus constant qu'on nele croit généralement entre la fréquence des granulations conjonctivales et-celle des granulations urétrales et utérines ; elles peuvent coïncider chez le même individu, comme chez des individus différents.

On fera donc bien de rechercher s’il n’existe pas de blennorrhagies granuleuses, et l’on recommandera aux personnes qui en sont atteintes de prendre les-plus grandes précautions, et d'éviter toute espèce de contact entre la matière Mirulente urétrale d'une part et Les yeux sains de l’autre. Comme la contamination-peut s’opérer par l'intermédiaire d'agents employés par des personnes infectées, il faudra apporter la plus grande attention sur ce sujet, et se conduire en conséquence. On comprendra le genre de précautions à prendre, si l’on se rappelle que les lavandières par exemple ne sont si souvent atteintes de granulations oculaires, que parce qu'elles sont chargées de laver un linge où se trouve en dépôt une certaine quantité de matière infecte.

L'ophthalmie purulente contagieuse des nouveau-nés, procédant presque toujours de granulations utérines, on doit, lorsque cela est possible, lorsque Nona des motifs de soupçonner la santé d’une femme, l’explorer avec soin et détruire les granulations avant l'accouchement. On peut être mis sur la voie, en observant la nature de l'écoulement dont les femmes se plaignent habituellement.

Pallaitement des enfants granuleux doit être surveillé, ils pourraient comuniquer à leurs nourrices la maladie dont ils sont affectés, et réciproquement. Ace propos, nous blâmons énergiquement la singulière habitude de confier deux enfants à une même nourrice, de les coucher dans le même berceau, et deles nettoyer avec le même linge, avec la même eau, etc. Nous avons vu quatre petits enfants granuleux confiés à deux nourrices ; ces enfants étaient dans un état pitoyable, ils s'étaient infectés les uns les autres; on conçoit qu'il élait difficile qu’il en fût autrement.

Lorsqu'on redoute la contamination granuleuse, il n'y à pas un instant à perdre , il faut s’empresser de laver les yeux avec de l’eau de chaux afin de neutraliser, s’il est encore temps, l’action pathogénique de la cause virulente.

Si, nonobstant l'emploi intelligent de ces moyens préservatifs, l’ophthalmie Se déclarait, on devrait aussitôt, un diagnostic exact étant établi, recourir

à une médicalion active, modificatrice, afin de ne pas laisser aux granu- | lations le temps de jeter de profondes racines dans les muqueuses. à

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