IX
Traitement curatif de l'ophthalmie purulente granuleuse. — Le traitemeæ curatif de l’ophthalmie granuleuse spécifique est local et général. Le trait ment local s'adresse directement, immédiatement à l'organe souffrant; Me traitement général est un adjuvant indispensable de la médication locale, @ facilite l’action, combat des diathèses préexistantes, prévient ou anéantitMle . complications. LA
Détruire foncièrement, radicalement les granulations, modifier puissae ment la surface conjonctivale et la ramener à l’état d’inflammation simple, est le problème thérapeutique que nous avons à résoudre. La solution de“ce problème est toute entière dans l'emploi de la méthode modificatrice, dans l'application des caustiques. ÿ
Suivant nous, la médication modificatrice doit être considérée comme étañ ‘4 le traitement spécifique de l’affection granuleuse, quel que soit son siége; nous ne pensons pas que, dans l’état actuel de la science, elle puisse être avan tageusement remplacée. |
Les caustiques seuls peuvent satisfaire aux exigences de cette méthode, seuls ils sont assez énergiques, seuls ils sont capables d'atteindre le mal jus: qu’à la racine et de laisser entrevoir, comme conséquence à peu près certaine, la guérison dans un temps plus ou moins limité. Pour cela, il faut une cons tion, ils doivent être appliqués en temps opportun, et secondés par des aux liaires puissants. 4
De la cautérisation. — La cautérisation, telle que nous l’entendons , n’estu pas celte cautérisation irrégulière, pratiquée avec hésitation, à des intervalles, plus ou moins éloignés, et dont les conséquences sont si peu favorables. Nor la cautérisation, suivant notre manière de voir, doit être profonde, presqu continue, c’est-à-dire répétée à des époques très rapprochées, et répartie également sur toute la surface de la conjonctive malade. La cautérisation doit être appliquée dès l'apparition des granulations, l'intensité des accident phlegmasiques n’est point une contre-indication ; il faut se hâter, car si ON hésite, si l’on agit superficiellement, incomplétement, l'arme si utile don vous disposez retournera contre vous; le mal se jouera de vos vaines tenta lives, vos efforts seront stériles, et vous resterez le triste spectateur d ravages que vous n'aurez pas eu la force d'arrêter. Vous vous rejetterez alors dans votre détresse, sur l'insuffisance d’une méthode que vous aurez été inha bile à appliquer. 4
Cette opinion est aussi celle de plusieurs praticiens du plus haut mérite Voici comment M. Fallot s'exprime à ce sujet : | - « Quelques auteurs ont dit, et ceux qui ont écrit depuis ont répété qu’e en | cautérisant les granulations, il fallait les toucher légèrement. Quelque répandu que soit ce précepte, tout appuyé qu'il est de suffrages respectables, je ne puis l'admettre, et le considère plutôt comme le résultat d’une spéculation e. cabinet, que de l’ébservation des malades. D’après mon expérience, il fau! cautériser fortement, intéresser à la fois toutes les granulations répandues sur une paupière, si l’on veut guérir sûrement et promptement. » F
Les effets de la cautérisation seront d'autant plus prempts qu’on y aüra el recours à une époque plus rapprochée de la période d'invasion. Employée à | propos, elle deviendra souvent, maniée par un praticien exercé, un véritable
hoyen abortif. Les granulations comptent parmi ces affections qu'il faut tuer “himédiatement sur place, si l’on veut les combattre avec fruit et en prévenir les'conséquences.
Lorsque nous sommes appelé à donner des soins à un granulenx, nous
Ramener à l’état inflammatoire simple une muqueuse atteinte d’inflammaionspécifique. Une fois le résultat obtenu, combattre la phlegmasie simple harles moyens habituels ; de la sorte, nous établissons en termes précis les “udications et les limites du traitement modificateur.
| Avant de pratiquer la cautérisation, on doit prendre les précautions nécesaires pour qu’elle soit efficace et pour qu’elle n’agisse que sur les parties que l'on veut détruire ou modifier.
Ainsi, quand il s’agit d’une conjonctivite granuleuse, on doit renverser les onjonctives de telle sorte que l’altération spécifique soit mise à découvert lans toute son étendue.On ne saurait prendre trop de soins quand on retourne {a paupière supérieure.
Dans le renversement ordinaire, la partie de la conjonctive qui se trouve lumédiatement sous l'orbite ne se découvre point ; il est possible de cautériser lesgranulations de la région tarsienne, mais celles de la région sous-orbitaire fchappent; de là insuccès et récidives. Pour bien cautériser la paupière supérieure, il est donc nécessaire, en même temps qu’ou relève fortement la paupière, d'appuyer sur l'orbite, de faire basculer le cartilage tarse, la coujonctive hpparait alors dans toute son étendue et le mal peut être atteint partout où il setrouve. À la paupière inférieure, il ne se présente aucune difficulté. Quand on.cautérise la paupière supérieure, le malade doit regarder en bas, c’est le contraire pour la paupière inférieure.
Paction du caustique, avons-nous dit, doit être égale partout; en règle générale, on cautérisera d'autant plus profondément que les granulations seront plus anciennes et plus invétérées.
Avant d'employer l'agent caustique, le pus et toutes les matières qui lubrifientla conjonctive doivent être soigneusement enlevés à l’aide d’un linge fin, onpasse sur les granulations à rebrousse poils, de manière à les écarter et à permettre qu'elles soient atteintes par le caustique dans une plus grande étendue et dans une plus grande profondeur. On cautérise d’abord à rebronsse poils, puis dans le sens de leur inclinaison.
Lacautérisation étant faite, on évile que son action se déplace, se porte surla sclérotique ou sur la cornée transparente. Pour obvier à cet inconvénient, on maintient les parties dans la position où on les avait mises pour pratiquer l'opération, pufs, avec un pinceau imbibé d'huile fine, on parcourt légèrement et à plusieurs reprises la surface cautérisée; on évite que l'huile Quita servi à éteindre l’action du caustique coule sur la figure; enfin, on lemiet doucement les paupières dans leur position normale; par ce procédé Onprévient les adhérences qui se forment si aisément entre la conjonctive palpébrale et la conjonctive oculaire, et l’on garantit l'intégrité de l'organe de la vision.
Si la cautérisation provoquait des douleurs trop fortes, on remplacerait Phuile fine par l'huile belladonée ou par l'huile de jusquiame, ete.
Lorsque nous faisons usage d’un caustique liquide, outre les applications oléagineuses dont nous venons de parler, nous étendons sur la surface cautérisée, avant de remettre la paupière en place, un léger feuillet d’ouate, afin d'établir un isolement complet ; nous utilisons particulièrement ce moyen lorsque nous employons le nitrate acide de mercure. Après une heure de
séjour nous retirons cette ouate, l’action du caustique étant ordinairem épuisée. |
La cautérisation doit être fréquemment répétée pour empêcher le ge granuleux de se reproduire et de régénérer les granulations que l'on s'eff d’anéantir. La repullulation des granulations est excessivement rapide facile; une goutte de pus suffit pour provoquer ce résultat, dès lors il ne point s'arrêter dans l’application des agents de destruction, tout retard fatal ; ici le festina lentè des auteurs conduirait à l’incurabilité. L’ jndica est done formelle : à la résistance du mal, il faut opposer la persistatiell remède. |
La première cautérisation étant faite, les symptômes de réaction étant jurés, dès que l’on aperçoit une goutte de pus, l’eschare n'étant pas mé éliminée, il n’y a pas de temps à perdre, il faut retourner les paupières, nettoyer et procéder à une nouvelle cautérisation. 4
On renouvelle cette manœuvre jusqu’à ce que l’on voie la muqueuse@ jonctivale reprendre ses caractères normaux, jusqu’à ce que l'on reconnais un travail régulier de résolution et de réparation. | à
Ce qui précède indique avec quel soin il faut observer un granuleux, p qu’au début du traitement on doit le cautériser tous les jours et mêmed eL trois fais par jour.
La cautérisation, pour éêtreefficace, doit atteindre les tissus altérés danse leur profondeur ; il est clair dès lors que le choix du caustique n’est pas inc férent. Jusqu'à présent on à presque toujours employé le salfate de cuivr le nitrate d’argent fondu. Ces agents, convenablement appliqués, Sr incontestablement de bons effets : cependant, leur action nous paraît superficielle pour que nous leur accordions notre prédilection dans tous cas. Nous ne le condamnons pas pourtant, nous avons nous-même recours! nitrate d'argent, en crayon ou en dissolution concentrée, dans la plup des cas, lorsque les granulations sont récentes, aiguës, peu invétérées« qu'elles sont déjà arrivées à leur période de déclin, ou enfin lorsqu'elles envahi les conjonctives des jeunes enfants sous le nom d’ophthalmie purulet des nouveau-nés. Chez-les nouveau-nés, pour dire un mot en passant duur tement que nous leur faisons subir, nous avons eu recours, suivant la graW de l’affection, à la cautérisation par la pierre infernale, aux instillations a une solution de sublimé ou de nitrate d'argent. Nous avons remarqué quech les enfants les granulations disparaissent beaucoup plus vite et plus facileme que chez l'adulte, ce qui tient à un degré d'organisation moins avancé. |
Mais chez l'adulte, lorsque les granulations sont chroniques, rebelles, tement développées, un agent modificateur plus puissant devient ind pensable ; le nitrate d'argent ne peut plus rien contre la tenacité du mal voilà pourquoi nous avons appelé à notre secours le nitrate acide mercure.
Le nitrate acide de mercure est un caustique très actif, il pénètre et modil avec facilité les tissus sur lesquels on le dépose ; son action sur les produ tions spécifiques est extraordinaire, on connait ses brillants succès con les affections du col de la matrice, etsurtout contre les granulations de muqueuse de cet organe. Ce sont ces résultats heureux qui nous ont conduit en tenter l'application dans les granulations conjonctivales rebelles et invé” térées. Les succès que nous en avons obtenus ont justifié nos prévisions.
N'est-il pas téméraire ou tout au moins dangereux d’employer contre maladie qui affecte un organe aussi délicatque l'œilun médicament si énergique el qui peut si aisément provoquer les accidents les plus graves? Sans dote;
ce Sd
jh CR tt ss
are he
2, site mu Eu
Er