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Bien que les États-Unis aient le bonheur de ne posséder aucune a r mée qui puisse propager l’ophthalmie militaire, comme il paraît que cela se voit en Belgique et dans les autres royaumes, états et empires de l'Europe, laffectionconnue sous ce nom n’en n’est pas moins répandue dans presque tous les états de l’Union, aussi bien dans les villes et les cités que dans les campagnes. Dans le Kentucky, le Tennessée, le Mississipi, la Louisiane, l’Indiana ebMlllinois, l'affection oculaire la plus fréquente est la conjonctivite granuleuse. Dans quelques-uns de ces états, particulièrement dans les deux derniers, elle règne parfois d’une manière endémique. Dans les riches campagnes des basses terres de ces deux états, les fièvres intermittentes et les névralgies Sont très fréquentes, et j'ai souvent pensé que la conjonctivite granuleuse avait, comme ces deux genres d’affections, une origine paludéenne (malaria). Poutelois je n’ai aucune preuve positive de la vérité de cette assertion. Tout ce que je sais d’une manière certaine, c’est que les personnes qui, dans ces districts, habitent le long des rivières, et les bateliers qui naviguent constamment sur nos eaux de l’ouest et du sud-ouest, sont tout particulièrement sujets äcétte variété d’ophthalmie. L’inflammation se développe d'ordinaire avec une grande rapidité. Ainsi, une personne qui est parfaitement saine le soir, S'éveille souvent le matin avec les yeux extrêmement tuméfiés et douloureux, läconjonctive très rouge, et bientôt l’on voit survenir un écoulement abon-
' dant puriforme ou muco-purulent, en même temps qu’un larmoiement con dérable et une photophobie extrême. La surface interne des paupières 0 promptement un aspect villeux qui, dans l’espace de quelques jours, géné lement deux ou trois, est remplacé par des granulations volumineus s, sont surtout nombreuses et proéminentes à la paupière supérieure, où € revêtent souvent la plus grande ressemblance avecles granulations d'une de bonne nature.
Dans les états dont je parle, qui sout si remarquables par la richesse el fertilité de leur sol d’alluvion, la conjonctivite granuleuse se rencontre ri ment chez les enfants. Parmi plusienrs centaines de malades atteints dect
‘affection, auxquels j'ai donné mes soins pendant seize ans que j'ai hab Louisville dans le Kentucky, très peu avaient moins de vingt ans. A partit cette période de la vie, tous les autres âges y étaient également sujets: l'ai souvent rencontrée sur des personnes qui avaient dépassé la soixantai Néanmoins elle est plus fréquente chez les jeunes adultes. Les femmes an sont rarement atteintes, simplement peut-être parce qu’elles sont md exposées que les hommes à ses causes excitantes. C’est probablement pour même raison qu’elle est rare chez les enfants. Les deux yeux sont ordinañ ment entrepris, soit simultanément soit successivement.
Dans la forme ]la plus intense, la maladie s'accompagne d’un gonfleme considérable des paupières, et parfois de chémosis ou œdème du tissu cell Jaire sous-conjonctival; dans ce dernier cas, elle se termine souvent ol gangrène de la cornée et la destruction complète de la vue ; toutefois ce terminaison est rare. Le plus souvent, l'inflammation revêt la forme chrot que, se prolonge pendant des mois et même des années, amenant graduél ment l’opacité de la cornée, la désorganisation des tissus profonds de l'œi ct finalement la perte de la vision. Dans les basses terres de l’Indiana em l'Iinois, beaucoup de cas de cécité complète sont dus à cette cause. |
Quant à l'écoulement qui accompagne cette forme de la cenjonctivite,;# acquis la preuve complète qu'il est contagieux par contact immédiat. Je dirai à Pappui de cette remarque que j'ai vu cette inflammation se communique des personnes saines pour s'être lavées dans le même bassin ou essuyées'ax le même linge que des personnes malades. Je connais de nombreux exemp dans lesquels la maladie a affecté plusieurs membres de la même famille, souvent quatre, six où même huit, et plusieurs cas dans lesquels elle a enva | tous les commensaux d’un pensionnat nombreux. Il ne serait pas philosophi que d'affirmer que, dans tous ces cas, elle s’est produite par le contact sur des, yeux sains du produit de la sécrétion d’une conjonctive enflammée, car même cause qui l’a produite chez le premier sujet peut très bien l’avoir déteé minée sur un second, puis sur un troisième, et ainsi de suite pour tous.
Quant aux causes excitantes de cette affection, nous ne les connaïissoi réellement pas. I est excessivement probable qu'elle se développe sous Pa tion de quelque influence atmosphérique, mais nous ignorons la nature pl cise de cette influence, Toutefois, je suis disposé à croire, ainsi que cela a dé élé avancé, que cette influence a quelque rapport intime avec l’infecth palustre (mal'aria) qui, dans presque tous les États du sud-ouest de l’'Amériq du nord, joue un rôle si désastreux dans la production de presque tou espèce de maladies, fièvres, névralgies, dyssenteries et pneumonies. IL y trois circonstances qui reudent celte idée plausible : 1° la soudaineté de li vasion de l'ophthalmie granuleuse; 2 sa persistance extraordinaire dans régions miasmatiques ; 3° le fait qu’elle est surtout commune chez ceux q s'exposent aux intempéries el aux vicissitudes atmosphériques. Il ne faudr
cependant pas induire de mes remarques que je prétende que la conjonctivite gr 9 uleuse ait le caractère intermittent, ni qu ‘elle soit suscattihle d’être gué-
D rement au traitement de cette maladie, je n’ai absolument rien de itisfaisant à fournir. Je me bornerai à dire que j'ai essayé scrupuleusement 1 pendant longtemps tous les moyens de traitement connus, et que souvent je-mai abouti qu'au désappointement le plus absolu. Depuis quelques années, | je me borne principalement à l’excision des granulations, surtout lorsqu'elles
bplus exubérantes qu’à l’ordinaire, aux scarifications des paupières, el à l'application, tous les deux jours, du sulfate de cuivre en substance, avec un séton à chaque bras, en même temps que je surveille le régime et la liberté du ventre et des sécrétions. Lorsque la santé générale est en ‘souffrance, | je prescris la quinine et le fer, ou le fer avec l'extrait de quinquina, des alins légers, mais nourrissants, et l’exercice en plein air. La poudre de JDower, administrée à la dose de 16 à 20 grains au moment du coucher, agit 4e heureusement, en diminuant la douleur et la photophobie, ainsi | ape Pécoulement du pus et des larmes. Les sangsues et les ventoûses scarifiées | m'ont fort peu réussi. Je me suis quelquefois fées bien trouvé de faire lotion- | ner es yeux, le front et les tempes avec l’eau salée chaude, L’extrait de Goulard, Pacétate de plomb et le sulfate d’alumine en solution, à divers degrés | de concentration et combinés diversement, m'ont aussi rendu des services, fumais beaucoup moins que le sulfate de cuivre. Dans les dernières périodes de lamaladie, ou lorsque la violence de l’inflammation à diminué, j'ai employé avec.un succès signalé l’onguent à l’oxyde rouge de mercure très étendu | (unguentum hudrargyri oxydi rubri, U. S.), et celui de nitrate de mercure (unguentum hydrargyri nitratis, U. S.) appliqués deux fois par jour au bord e de la paupière inférieure.
…L'ophthalmie purulente sans granulations est une maladie très rare dans ce | pays; elle cède en général beaucoup plus facilement. Elle se déclare parfois chez les enfants, quelques jours après la naissance, sans cause appréciable, ébsaccompagne d’un gonflement considérable des paupières, d’un écoulement purulent abondant, et d'une altération considérable de la coloration normale | de la conjonctive.
Le. près beaucoup d'essais, le moyen que j'ai trouvé le plus efficace est la Solution de bi-chlorure de mercure, dans la proportion, pour les enfants nou- Wéausnés, d’un huitième de grain dans un drachme d’eau de chaux et sept achines d'eau commune. On injecte toutes les deux heures cette solution sousles paupières, après les avoir auparavant nettoyées à l’aide d’une injection deautiède. J'administre toujours en même temps une petite dose de poudre de e Dower et de calomel, un quart à un tiers de grain de la première, et un uitième de grain du second environ, trois à quatre fois par jour. Pour les lies, on doit augmenter La quantité du bi-chlorure de mercure. x ophthalmie D lèuce est aussi très COominune parmi DOUS ; mais d’après ce que j en ai vu, elle n'offre rien de spécial. Elle attaque ü’ordinaire les mis au-dessous de dix ans, présentant des indices manifestes de scro- % dans d’autres parties du corps, particulièrement aux oreilles, à la gorge, “peau et aux ganglions lymphatiques du cou. Les enfants des pauvres y ab plus prédisposés que les enfants des riches, bien nourris et bien vêtus, mais néanmoins ces deruiers en sont souvent attaqués. Les moyens qui réus- Sissent entre mes mains Sont : la quinine, l'opium et le tartre émétique ; je veille en même temps à la liberté du ventre, au régime, à l’état de la peau, # à ce que le malade prenne de l'exercice en plein air, mais je proscris les
révulsifs et toute espèce de collyre. Dans les cas les plus obstinés el plus rebelles, j'ajoute d'ordinaire aux toniques une très petite quanti bi-chlorurure de mercure, un vingtième de grain environ. ‘4 Le tartre émétique me paraît surlout utile dans les cas où il existe” opacité de la cornée; je dépasse rarement la dose d’un trentième de gr Je considère l’opium comme un adjuvant des plus importants dans le traitem attendu qu’il contribue beaucoup à diminuer la photophobie extrême quiet stitue un des symptômes les plus remarquables de cette affection. Dans cas chroniques de longue durée, qui s’accompagnent d’un écoulement mt purulent cousidérable et d’agglutination des paupières, on se trouve sou ès bien de l'application, une fois par jour, de quelqu'une des pomna astringentes les plus douces. ‘4 L'ophthalmie névralgique, exempte de complication, est rare dans cep même dans les régions miasmatiques des états du sud et de l’ouest. Elle d'ordinaire très facilement à d’assez fortes doses de quiniñe, comme sn administrés toutes les six ou huit heures, daus l'intervalle des paroxysmes La cataracte est assez commune, aussi bien dans les villes que dans lesw pagnes, à tous les âges et dans toutes les classes de la société. à L'étude des maladies oculaires n’a pas reçu dans ce pays toute l’atve qu'elle mérite. Nous avons à Philadelphie un hôpital spécialement consacr leur traitement, et il y a d'excellentes infirmeries ophthalmiques à New-Mt à Boston, et dans plusieurs de nos plus grandes villes. Mais dans lintér des terres, ces maladies sont ou fort négligées, ou traitées exclusivemen 2 les charlatans (Cuacqs). | | Les seuls ouvrages d’origine américaine qui aient jamais été publiés ic la médecine et la chirurgie ophthalmiques sont le Treatise on the Eye, du teur Fricks, et le Manuel du docteur Littell; ce dernier ouvrage est un ab admirable de tout ce qui a été écrit sur ce sujet, le premier n’est guère qu résumé du célèbre ouvrage de Beer. Les traités de Lawrence et de Macken ont été réimprimés dans notre ville, et y sont très répandus. | L'ophthalmoscope est employé çà et là par quelques rares praticiens. A ami, le docteur E. Williams, de Cincinnati, est peut-être celui qui, par nous, en possède le mieux l'usage; il est aussi fréquemment employé pa docteur À. Hewson, ophthalmologue distingué de celte ville, et l'un« chirurgiens de Will’s Hospital, où l’on traite les maladies des yeux: J'ajouterai, pour terminer, qu'après informations prises, je n'ai point app que l'ophthalmie, sous quelque forme que ce füt, eût jamais régné épidé quement ou endémiquement dans notre armée, ni pendant les guerres révolution dans le siècle dernier, ni dans celles que nous avons souten contre la Grande-Bretagne en 1812-13-14, contre le Mexique il y a dix ans; enfin dans celles que nous avons encore de temps en temps avec les aborigè de ce pays.