‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 61 sur 112 · PAR LE DOCTEUR WHITE COOPER · texte numérisé non relu

PAR LE DOCTEUR WHITE COOPER

Fellow of the Royal Medical and Surgical Society, chirurgien oeuliste à S. Mary’s Hospital et premier chirurgien du North London Eye Infirmary.

—On-m’a donné à entendre que le Congrès écouterait avec plaisir une courte description de l’état présent de la science ophthalmologique dans les possessions-britanniques ; j'ai donc rassemblé ici sur les hôpitaux et écoles ophthallmiques les particularités qui m'ont paru offrir quelque intérêt; j'ai aussi ‘essayé d’esquisser brièvement les points les plus saillants caractérisant la pratique des chirurgiens anglais. Les limites imposées à un travail de ce bsenre m'obligeront à ne traiter que superficiellement la plupart de ces sujets, lcaon conçoit que, si j'avais dû descendre jusque dans les moindres détails, ce-mémoire aurait dépassé l'étendue dans laquelle il importe de le renfermer.

Je ferai précéder mes remarques, en guise de préface, de quelques obser- Vations générales sur la statistique des aveugles dans le royaume de la Grande-Bretagne.

D'après le recensement fait en 1851, il existait dans la Grande-Bretagne 121,487 personnes complétement aveugles ; 11,275 hommes et 10,214 femmes. Ona généralement pensé que l’entassement des individus dans les logements tropétroits, et les autres circonstances fâcheuses propres aux grandes agglomérations devaient, en déterminant des maladies des organes de la vue, oc- Casionner plus fréquemment la cécité dans les villes que dans les campagnes, ebque certaines professions spéciales aux cités populeuses et manufacturières avaient contribué à augmenter dans ces lieux le nombre des aveugles. C’est uneerreur : les comtés agricoles ont fourni un beaucoup plus grand nombre de cas de cécité que les comtés manufacturiers.

Dans les comtés agricoles de Wilis, Dorset, Devon, Cornwall et Somerset, laproportion est de 1 aveugle sur 758 habitans. Dans ceux d'Essex, de De et de Norfolk, qui sont aussi agricoles, la proportion est de 1

Les rapports venus des principaux comtés manufacturiers et des villes présenté un contraste frappant :

sur 1,

Dans le Yorkshire, la proportion est de. . . . . . DRE RL

Dans le Cheshire et Lancashire . . . . . .. ET Daus Londres: 25.404 2 eee RES 4 sur 4, Dans Manchester: 20974 NL LME LT PER 20 460 Dans Birmingham: . 4244144514 se a RTOUEEES Dans Sheffield . . . . . 25 42

On voit donc que l’avantage est de beaucoup en faveur des districts ma facturiers. Toutefois, comme on a trouvé que la moitié des aveugles ont de 60 ans, on doit les rencontrer en plus grand nombre dans les localités la longévité est la plus grande, et ce sont les districts ruraux.

La proportion des aveugles suivant l’âge est comme suit :

Sur 21,487, on n’en n’a trouvé que 9, 929 (moins de 14 p. c.) au-dessous

l’âge de 20 ans. Îl y en avait de vingt à soixante, 8,456 (environ 59 Pa tandis que 10,102 (47 p. c.) avaient plus de 60 ans.

Le recensement a mis en lumière ce fait curieux, que la cécité n est p pt spéciale à certaines classes ou à certaines professions, mais qu’elle ser contre presque également dans tous les rangs et dans un très grand 1 de professions. Aucune des branches bien tranchées de l’industrie manu rière n’y est plus sujette qu’une autre ; le nombre de cas que l’on a rencont parmi les -ouvriers en soie, en vêtements, en fer, en poteries, est vraïmt remarquable par son chiffre peu élevé, si l’on a égard au nombre imme d'ouvriers employés à ces sortes d’occupations. à

Les points les plus saillants dans la classification des professions sont

suivants : 4 Ouvriers agricoles aveugles, "2 00e MR ne “es 0 Fermierss.-4ir 2: rtf RE ‘EM

Domestiques (femmes surtout) . est RS ES NNNNIONE Fisserands. + 4 455 arat WAVE SR D Mineurs employés à l'extraction du cliarbon RE Mineurs employés à l’extraction du cuivre et du plomb. RE Canriérs: 2 "ST A . 0

On enseigne dans les institutions pour les aveugles la fabrication des & S et des filets, le tricot, la musique, l’art de lire avec les doigts. Le nombre € aveugles qui parviennent à gagner leur vie à l’aide de ces occupations estd

Musiciens et professeurs de musique. . . . . . . . . MR OMR. | “00 Vanniers, faiseurs de sacs et de filets. % «0. 20m 708 sta) 07 ER

Tricoteuses ; 41,123 %8l 5% 0" CRT R TERRESTRE st 2080

Je ne m'étendrai pas plus longtemps sur ce sujet, et je vais parles hôpitaux.

Il y a une différence importante entre les hôpitaux du continent etc qui existent en Angleterre; sur le continent, ces établissements sont pri palement placés sous le contrôle de l'autorité; en Angleterre, les me généraux que spéciaux, sont presque sans exception indépendants de l'Éta entretenus aux frais de la charité privée. Certains de ces établissen

| comme ceux .de Saint-Bartholomew, Guy et Saint-Thomas, à Londres), tirent inegrande partie de leurs revenus de propriétés qui leur ont été données, mais la majorité d’entre eux dépendent pour leur entretien de contributions volon- “aires. Il en est surtout ainsi des hôpitaux ophthalmiques, qui sont obligés de faire de fréquents appels au public pour obtenir des souscriptions. Le mode Jleplus en usage de faire cet appel, consiste à réunir les amis de l'institution “autour d’un excellent diner, et à terminer la séance par une collecte ; les iiners de cette nature sont si fréquents à Londres qu’il y existe au moins trois srands établissements, entretenus à l’aide de collectes faites dans ces sortes ldoccasious. Le résultat du système que nous venons d’exposer est que tous ces hôpitaux sont indépendants les uns des autres, ce qui entraîne cet inconvénient, que les souscriptions qui, réunies, suffiraient amplement pour l’entrerien. d'une grande institution unique, perdent beaucoup de leur utilité en {séparpillant sur plusieurs. De même les collections anatomiques et patholo- \giques qui. réunies, constitueraient un magnifique muséum, dispersées dans divers établissements, produisent beaucoup moins d’effet.

Jusque vers l’année 1804, les maladies oculaires étaient traitées à Londres {dans les hôpitaux généraux, ou hors des services publics par des oculistes qui souvent ne brillaient ni par l'instruction, ni par l’habileté. Pendant le cours |decette année furent établis deux hôpitaux ophthalmiques spéciaux. L'ur, futfondé par M. Warheu, oculiste du roi, qui, ayant dépeint à Georges HF, quirégnait à cette époque, la triste situation des soldats et des matelots qui révenaient par centaines de la campagne d'Egypte, où ils avaient perdu la vue | parsuite de i'ophthalmie purulente, obtint sa sanction pour la création du Royal nfirmary for diseases of the eye (infirmerie royale pour les maladies des yeux.) | Gététablissement, situé dans Cork street, est toujours resté comparativement une institution particulière, M. Alexander en ayant été seul charge | depuis nombre d'années.

L'autre hôpital fut établi sur des principes différents, par John Cunningham | Saunders, ce chirurgien oculiste si ami de la science, et par un comité de gentlemen qui organisèrent l'institution connue de nos jours sous le nom de | Royal Ophthalmic Hospital Moorfields. Parmi les prescriptions primitives du réglement de cet hôpital, il en est une qui exigeait que ses officiers médicaux eussent été reçus comme chirurgiens ou comme médecins. C’est là que le docteur Farre, que MM. Lawrence et Travers, Tyrrell, Scott et Dalrymple se sont formés et ont posé les fondements de leur renommée, créant en même temps äcetétablissement une réputation dignement soutenue de nos jours par leurs successeurs distingués, MM. Dixon, Bowman et Critchetr.

C'est surtout grâce à l'impulsion donnée par cette institution que furent organisés d’autres établissements semblables, destinés à répondre aux besoins sans cesse croissants, non-seulement dans Londres, mais aussi dans toutes les possessions britanniques. Parmi eux, figure en première ligne le Royal Westminster Ophthalmic Hospital, fondé par un chirurgien militaire éminent, M Guthrie. Il existe maintenant à Londres sept hôpitaux et infirmerics Spécialement consacrés au traitement des maladies des yeux, en outre des services ophthalmiques qu’on rencontre dans plusieurs hôpitaux généraux.

On y trouve donc. de nombreuses facilités pour étudier l'ophthalmologie, néanmoins cette étude n’est point encouragée par les corporations médicales. Îben résulte que les étudiants ne s'y adonneut pas avec autant de zèle et d’une façon aussi méthodique que sur le continent. Chose singulière à dire, aucune des trois corporations qui ont la faculté d'accorder des diplômes, le Royal College of Physicians, le Royal College of Surgeons, la Society of Apothecaries,

n’exigent de leurs récipiendaires aucun certificat d’études en ophthalmolog Aussi, comme la présence des élèves est obligatoire à un grand nombre cours, ils ne se rendent point aux leçons et aux démonstrations qui ne lé pas, ce qui constitue un empêchement sérieux pour les professeurs qui veul établir un cours complet d’ophthalmologie pratique. Il ne faut cependant" croire que l’étude de cette science soit complétement négligée; loin de” car dans chacun des onze hôpitaux généraux, on fait chaque année un cou complet de chirurgie dans lequel figure l’ophthalmiatrie. Ainsi à Saint-Barth lomew's Hospital, M. Lawrence fait entrer dans son cours de chirurgie leçons sur les maladies des yeux et la démonstration des opérations qui pratiquent sur ces organes; il en est de même dans la plupart des autr hôpitaux. |

Il existe en outre des cours spéciaux dont je parlerai plus tard, et d'autr facilités d’acquérir des connaissances en ophthalmologie, que je vais con nuer à faire connaître. €

A Guy's Hospital Le service ophthalmique est sous la direction de M. Franc les dispositions y sont très complètes. Il y existe trente lits consacrés at maladies des yeux. placés dans deux salles distinctes du reste de l’hôpit quinze lits pour les hommes, quinze pour les femmes. Ces lits sont constà ment remplis, de sorte que les formes les plus graves des affections oculair peuvent être observées dans tout le cours de leur développement et dans conditions connues, ce qui met à l’abri de toutes les incertitudes et de tout les irrégularités propres aux observations recueillies sur les malades des côf nhatoné externes, On choisit parmi les étudiants deux aides de pansemet qui soignent les malades sous la direction du chirurgien et exécutentMle petites opérations : la durée de leur service est de deux mois ; pendant temps ils doivent aussi accompagner le chirurgien lorsqu'il reçoit deux fois par semaine les malades du dehors, et consigner par écrit toutes les obse

vations qu'il juge convenable de faire.

On fournit ainsi chaque année à douze étudiants l'occasion de se famili: riser avec celte classe de maladies, et le service lui-même est ouvert à Loi les étudiants qui veulent en profiter : on choisit les aides de pansem parmi les plus adroits. Pendant le courant de l’été, M. France fait chaque année un cours sur la pathologie et la chirurgie oculaires. |

A Moorfields, qui est le principal hôpital spécial, il existe vingt-quatre ts à qui sont presque exclusivement réservés aux malades qui subissent des opér tions, et dont le nombre est considérable ; celui des malades qui viennent M consultation externe est immense : les étudiants y trouvent de nombreuses occasions de se familiariser avec toutes les variétés des maladies de l’œilet d’en suivre le traitement, mais on m'apprend que l’on n’y fait aucun cour régulier ; Pinstruction y est essentiellement pratique. |

On trouve des facilités presque semblables au Royal Westminster cp Hospital.

Il existe des salles spéciales pour les ophthalmiques, à Saint-Thomas H pital sous la direction de M. Macmurdo, à University College, sous Me M. Wharton Jones, et à Saint-Mary, sous celle de M. White Cooper : de chacun de ces hôpitaux existent des cours et des instructions cliniques, même temps que l'on y démontre les opérations.

Indépendamment de ceux de Londres, il existe des hôpitaux ophthalmiqu dans toutes les grandes villes d'Angleterre, et dans plusieurs d’entre eux fait des leçons annuelles. Toutefois, le cours le plus complet qui se fasse Mt de Londres, est celui que le célèbre docteur Mackenzie professe à l’unive

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le Glasgow. Le Eye Infirmary de Glasgow contient vingt-quatre lits, et Le nombre des malades externes y est aussi considérable. Les leçons y ont lieu trois fois par semaine et durent pendant les six mois du semestre d'hiver. Outre des notions très étendues sur l’anatomie et la physiologie de l'œil et Isurses maladies, que l’on expose aux élèves, on exécute devant eux toutes les opérations praticables sur le cadavre, après leur avoir au préalable soignensemnentenseigné et la manière de tenir les instruments et les devoirs des aides ; quand les élèves connaissent bien la théorie, le professeur exécute les manœuvres-et leur fournit ensuite des yeux sur lesquels ils répètent les opérations devant le professeur et leurs camarades.

Une excellente clinique a été établie à Dublin par le docteur Jacob, bien connu par ses travaux microscopiques et pratiques : le docteur Wilde, qui a lécrit-un mémoire intéressant sur les hôpitaux et les professeurs de Vienne, fa“aussi établi un hôpital ophthalmique auquel est attaché un cours de clinique. Voici le plan adopté par le docteur Wilde : deux jours par semaine, il donne une consultation pour les malades externes ; chaque fois qu’il se présente un cas intéressant, il invite un des élèves à décrire les symptômes, à porter un diagnostic et un pronostic, et à prescrire le traitement. On se fait alors raconter par les malades l’histoire de leur affection et M. Wilde expose [son opinion, en l’accompagnant de toutes les réflexions que le cas comporte. Unautre jour, il explique et pratique les opérations; de temps en temps, il fait funedeçon générale sur quelque sujet intéressant, el montre sa collection de dessins, qui est une des plus belles de l'Europe. Il y a d'ordinaire de quinze à [wingtmmalades dans l'hôpital et M. Wilde les fait servir à l’instraction des élèves.

Les possessions anglaises de l'Inde, bien que sous la domination du souxerain, sont sous la direction immédiate et la surveillance de l’East India Compay; qui possède une armée nombreuse, une marine et divers établissements publics. Parmi ceux-ci: figurent des hôpitaux ophthalmiques admirablement di- migés, à Calcutta, à Bombay et à Madras. Un habile chirurgien est placé à la tête déchacun d’entre eux, et les étudiants sont obligés de les avoir fréquentés pour obtenir leur diplôme, diplôme qui les rend aptes tout à la fois à pratiquer dansMnde, et à pouvoir y obtenir par le concours les services médicaux eble droit d'examen au Royal College of Surgeons, à Londres, à l’université déLondres, etc. Le principal est à Calcutta; et ce fait que 781 opérations importantes (parmi lesquelles 386 cas de cataracte) y ont été pratiquées de18%8 à 1851, suffit à démontrer l'étendue de sa sphère d’action. Le docteur Milliäm Martin est le chirurgien placé à la tête de cet établissement, et c’est SuMout à lui que l’on est redevable des admirables dispositions qui y | règnent actuellement.

Voici les dispositions principales relatives à Vi instruction :

La classe d’ophthalmologie comprend les élèves les plus avancés du collége médical ; ils suivent pendant l'été un cours complet, et à la fin de chaque ini Sion du sujet de ce cours, ils subissent un examen : de plus ils assistent à la Visité des malades internes et des malades externes; un certain nombre d'entre eux remplissent pendant trois mois consécutifs les fonctions de | secrétaires de la clinique (clinical clerks) ; chacun de ces secrétaires a chaque

jour un nouveau cas, qu’on lui enseigne à examiner et à diagnostiquer en | présence du professeur et des autres étudiants : il doit aussi mettre par écrit | l'histoire complète de chaque cas, en indiquer le traitement, et le suivre | jusqu’à sa terminaison, sous la surveillance du professeur. Lorsque la maladie

est Lerminée, le secrétaire fait un extrait dans lequel il donne en abrégé l'his-

Ji.

toire, les symptômes, le traitement, etc. Le professeur y ajoute ses obse tions, et le tout est ensuite lu devant la classe, et à la fin de leurs études élèves subissent un examen en présence d’un examinateur du gouvernem et d'assesseurs; ces juges prononcent sur le mérite du candidat.

On voit que les gouvernements de l'Inde, appréciant l'importance k ophthalmologie, n’épargnent rien pour former des médecins post connaissance approfondie de cette science.

Je vais maintenant présenter quelques observations sur la ou chirurgiens anglais.

Le premier point qui me semble digne d'intérêt, c’est le grand chat ment qui, pendant ces trente dernières années, s’est manifesté dans pratique ophthalmologique en Angleterre, comme aussi, il est vrai, dans traitement des maladies en général. On rapporte qu’un célèbre chirurgien Londres, pendant le siècle dernier, recevait plus de 1,000 livres par an, que pour les saignées qu'il pratiquait. De nos jours, à Londres, on ne prati que raremeut la phlébotomie, surtout à la suite des opérations. Rien nem mieux ce fait en lumière que la leciure du traité des maladies des ye publié en 1833 par William Lawrence, ouvrage qui a justement conquis plus grande réputation. En décrivant le traitement consécutif à l’extract de la cataracte, M. Lawrence dit : « Sile malade n’a pas été saigné an « l'opération, si l’on n’a pas eu suffisamment égard à l’état de sa santé, « même lorsque l’on à pris à toutes ces circonstances l'attention qu'él « méritent, je pose comme règle qu’à moins de contre-indication, il fau « soir même de l'opération soustraire à l'opéré de quatorze à seize onces « sang. Toutefois, s’il existe de la douleur dans l'œil ou de la céphalal « une “large saignée est tout fait indispensable. » |

On prescrivait le même emploi libéral de la saignée dans les cas les p simples. Ün grand chirurgien, sir Astley Cooper, décrit ainsi dans ses legc le traitemeht de la conjonctivite simple :«Hlne faut pas vous borner à soustra « une petite quantité de sang comme huit, dix, ou seize onces, mais pratiqt « une large ouverture à une grosse veine, et laisser couler le sang jusqu'à « qu’il se produise un effet manifeste sur l’action du cœur et des artères

L'écrivain qui vint rompre avec la routine établie, et qui, substituant u pratique toute différente, exerça une influence très cousidérable sur le tra nent des maladies oculaires, est feu Frédéric Tyrrel, chirurgien à Moorfie et maître immédiat de beaucoup des principaux chirurgiens oculistes des jours en Angleterre, L a exposé ses vues dans sou Practical Woork on LÀ Dis:ases of the Eye, publié en 1840. ‘

La pratique que l’on suit le plus souvent de nos jours, à la suite de l'ex lion par exemple, consiste plutôt à soutenir qu'à déprimer, à maintenir forces de la nature de façon à ce qu’elles soient à même de fournir à lam tion, plutôt que de les abaisser au-dessous de ce nivean. Un fait curieux que l’inflammation destructive aiguë est extrêmement rare à Londres l'extraction, tandis que l'inflammation subaiguë survenant le troisième le quatrième jour, avec l'absence de réunion de la plaie par suite de l'inst sance de la vitalité, est loin d’être rare; le traitement que l’on a trouvé le avantageux en pareil cas consiste dans un régime nourrissant, l'emplo l’ammoniaque, de la quinine, de l’opium, et quelquefois du vin et du por A l'aide de ces moyens, il n’est pas rare de voir, après l'extraction, le mal entrer en convalescence au bout de dix à douze jours. Il est bien ente que chaque opéré est traité suivant les dispositions individuelles du me que je ne fais qu'exposer la pratique dont on s’est le mieux trouvé

iajorité des cas, Le caractère général des affections inflammatoires de l’œil, à Londres, est décidément l’asthénie, et l’on est beaucoup plus souvent obligé de eécourir aux toniques qu'aux moyens affaiblissants : les préparations de fer ou.de quinquina, l'huile de foie de morue sont constamment prescrites, et les {cas d'inflammauion , surtout ceux dont la forme est modifiée par la scrofule, etqui-abondent dans nos hôpitaux, se guérissent rapidement sous l'influence d'un-pareil traitement avec l’adjonetion d'applications topiques très douces. On-a souvent accusé et l’on accuse encore les praticiens anglais de faire un usage inconsidéré du calomel. Qu'on en ait fait il y a quelques années un emploi très étendu et, je le crains, bien peu judicieux, cela peut être vrai; mais; comme pour la saignée, il est maintenant comparativement d’un emploi peufréquent et en tout cas on le prescrit à dosesbeaucoup moindres. Sa place, comme ageut constitutionnel, a été en grande partie prise par le bi-chlorure de mercure (sublimé corrosif). Ce médicament à petites doses, à un douzième, Jumseizième, un vingtième de grain, combiné de diverses façons, constitue un {moyen justement considéré comme très puissant et digne de figurer daus la médecine. Le sublimé corrosif, combiné avec la teinture de quinquina, pexerce réellement sur les inflammations insidieuses et les épanchements {profonds une influence qu'aucun autre médicament ne possède au même | degré.

Quoique l'on fasse rarement usage en Angleterre du chloroforme pour l’exftaction, on peut dire que l'introduction de cet agent dans la médecine a été lacause primirive qui a fait recourir à l’énucléation du globe de l’œil dans beaucoup. de cas pour lesquels on ne l'aurait jamais proposée autrefois. Ainsi, on pratique maintenant fréquemment cette opération dans les cas de staphylôme grave, d'hydrophthalmie, de lésions traumatiques de l'œil, et même dans cerlains cas d'inflammation profonde. N'ayant jamais eu recours moi-même à cette üpération pour celte dernière catégorie de cas, je ne puis rien dire de son efficacilé pour la conservation de l’autre œil, mais je puis la recommander avec Confiance comme préférable, dans les cas de staphylôme grave, à lablatiou d'une portion du globe oculaire et à l’éevacuation de son contenu. Nons procédons soigneusement en pareil cas à l’énucléation du globe oculaire, laissant les muscles pour former un coussin destiné à supporter un œil artificiel, et comme one provoque pas la suppuration par l'introduction d’une mèche de charpie, Norbite peut recevoir la pièce artificielle, du cinquième au septième jour. Pabaissement et la réclinaison de la cataracte ne sont point populaires en Angleterre, on y préfère l'extraction au’on exécute d'ordinaire par la section Supérieure. Le couteau employé est celui de Beer, modifié suivant la fantaisie deopérateur. Deux chirurgiens éminents, aujourd’hui morts, Dalrymple et Scott, faisaient usage d’un couteau étroit en forme de faucille et tranchant sur Saconvexité, mais leur exemple n’a pas été suivi. D'un autre côté, dans l'Inde, OA Si rarement recours à l'extraction que, sur 586 opérations de cataracte pratiquées par le docteur Martin à l'Eye Infirmary de Calcutta, on ne compte quel extractions. On doit en chercher la cause, en partie dans le caractère | désnatifs de l'Inde, dont l’impatience ne leur permet qu’avec peine de supportenla contrainte indispensable à la suite de cette manière d'opérer, en partie dans leur conformation ; ils ont en effetle sourcil proéminent, l'œil petit et enfoncé, le cristallin volumineux et une constitution faible, ce qui rend chez eux la réunion de la plaie incertaine et même rare quand on les compare aux Européens. C'est ce qui a fait préférer pour eux l’abaissement, dont les résultats sont de 58 guérisons ou de 72 améliorations sur cent cas. . Pour la cataracte molle, on préfère en Angleterre la kératonyxis. On emploie

pour cela, avec le plus grand avantage, une très courte aiguille qui remp piqûre et coupe dans sa portion recourbée. On peut dire. d’une manière ge rale qu'à Londres, à part l’abaissement, peu d'opérations s’exécutent à trax la sclérotique.

On s’y occupe avec zèle et succès d’études ophthalmoscopiques; toutefois prix élevé des publications qui s’y rapportent est cause qu'il ne s’y est pa sur ce sujet aucun ouvrage illustré comme ceux qui sont sortis de la pre du continent; mais on ne doit pas perdre de vue que c’est en Angleterre, il ouze ans, que l’on a établi pour la première fois la possibilité d'examiner térieur de l’œii à l’aide de la lumière réfléchie. Dans un mémoire sur l'aspect lumineux de l'œil humain, lu par M. Cumui Ï devant the Royal Medical Chirurgical Society of London, le 25 juin 1846, et} blié dans les Transactions de la société celte même année, nous trouvons remarques suivantes :

« La démonstration de ce fait qu’il existe dans l’œil de l’homme, à l’ état sai une réflexion lumineuse semblable à celle de l'œil des animaux, me par surtout avoir cette importance qu’elle peut fournir un procédé pour exaimin | la partie postérieure de l'œil. La rétine et la choroïde étant restées jusqu présent invisibles dans l'œil sur le vivant, et l'occasion de les examiner apr la mort ne se présentant que rarement, attendu que les maladies dont e sont le siége n’entraînent point la mort, il règne une grande ae k les affections morbides de ces deux membranes; mais actuellement que connait l'existence normale de ce reflet lumineux, sa disparition ou quelqu chose d'inaccoutumé dans son aspect pourront faire découvrir des chan! ments restés jusqu’à présent inconnus, ou apercevoir d’une manière plus.sati faisante ceux que l’on n’avait fait que soupçonner. » La vérité de ces paroles nous est maintenant familière à tous. Bien que je n’aie cité aucun ouvrage, je ne puis passer sous silence l’ admire travail que le docteur Wilson, d' Édimbourg ,à publié sur la chromato-pseudop= & sie, ou colour-blindness. Ce volume, sous le. rapport de la finesse d'observation et de loriginalité, mérite les plus grands éloges. Pendant le cours de ses re cherches, aussi méthodiques qu ‘approfondies sur cet obscur sujet, le doctéli \ Wilson a découvert beaucoup de faits nouveaux; entre autres, la singulière | expression des yeux des colour-blind. Chez les uns, c’est un regard étonné, qui, chez les autres est vif mais sans but; chez un petit nombre enfin le regardes vide comme si les yeux étaient fixés sur des objets situés au delà de la portée“ la vue. Le docteur Wilson signale cétte particularité dans l’espoir que les futurs observateurs y feront attention. Sur 1,154 individus mâles examinés à Édif bourg par le docteur Wilson, 65 étaient colour-blind, ce qui donnela proportion de 4 sur 55. [1 lui paraît résulter de ses recherches que, en Angleterre, une personne sur vingt présente à un degré quelconque une des variétés de cette amo malie de la vue. Afin de s'assurer si l'habitation sous un ciel brillant, parmi r* plantes et des animaux revêtus des plus vives couleurs, peut avoir quelquen fluence sur l'appréciation des teintes, il se livra à l'examen approfondi di sensations visuelles d'un Chinois, d’un Caffre et de cinq Turco- Ro L'appréciation des couleurs manifestée par chacun d’eux était excellente, € beaucoup supérieure à celle de la majorité des natifs d'Angleterre, mais s0! ce rapport, c'est le jeune Caffre qui se montra le plus habile de tous, il as ù lissait des laines colorées et des papiers teintés avec une promptitude et adresse que beaucoup de coloristes de profession auraient pu lui envier. Æ conclusion finale du docteur Wilson est celle-ci : ; «I se croit pleinement autorisé à affirmer que l'appareil cérébro-rétini

ds

thezvles colour-blind, est, soit par suite d’un vice congénial ou de quelque Fhangement morbide survenu après la naissance, privé de la sensibilité, pour esimpressions calorifiques, qu'il possède chez ceux dont la vision est normale. est probablement la rétine qui est le siége de cette diminution de la sensibilité pour les couleurs, et la forme la plus simple de la colour-blindness pouraitrassez convenablement être appelée amaurose chromatique (chromaticlmaurosis). » |

| Jusque dans ces dernières années, l'Angleterre ne possédait surla pathologie bculäire aucune iconographie d’un mérite réel. Feu Dalrymple est venu comblerce vide. Son collègue Scott s'était proposé de faire une publication de ce genre, et avait pour cela rassemblé une collection de beaux dessins ; mais, hrrêté par la mort, il la lègua à Dalrymple, qui y fit de nombreuses additions fetpublia le magnifique in-folio intitulé : On the Pathology of the Eye, ouvrage fjuiraccrut beaucoup sa réputation et sa clientèle. M. Churchill, qui en a été éditeur, m'a fait savoir que les frais de cette publication se sont élevés à une somme considérable, et il ajoute ce renseignement bibliographique curieux, jüela plupart des exemplaires sont partis pour le continent et les États- {Unis, de sorte que très peu sont restés en Angleterre.

Appréciant toute la valeur de votre temps, je ne vous en prendrai pas davanlage, mais je ne puis, Messieurs, terminer cette communication, sans exprimer le sentiment de reconnaissance que les ophthalmologistes anglais doivent à leurs confrères du continent.

Du continent s'échappe sans cesse un faisceau de lumières qui, chaque jour, ffaitde notre art une science plus étendue, plus approfondie, plus exacte, Il west pas une partie de l’ophthalmologie qui n’ait été soigneusement étudiée et grandement améliorée par les brillants travaux de ceux que j'appelle avec orgueil mes amis du continent; ayant largement profité pour mon compte de leurs travaux, je ne fais qu'accomplir un devoir en leur offrant ici le tribut de

PAR LE DOCTEUR F. BUSINELLI, Opérateur et aide à la clinique d’ophthalmologie de Vienne.

On compte actueliement dans les États autrichiens six universités de classe (1), celles de Vienne, Prague, Padoue, Pavie, Pesth et Cracovie; quatre universités de 2 classe (2), où l’on ne donne pas l’enseignement médical supérieur, celles de Gratz, Insprück, Olmütz et Lemberg, et deux écoles de chirurgie, 3° classe (3), à Salzburg et à Klausenbure.

()} Celles où l’on donne des cours de toutes les facultés : droit, théologie, philosophie, médecine, etc. 11 s’y trouve un professeur spécial pour l’ophthalmologie et une clinique.

(2). Toutes les facultés y sont représentées. Au lieu de la médecine, on donne un cours de chirurgie, auquel on joint des lecons d'ophthalmiatrie. (6) ei il manque l’une ou l’autre des facultés du deuxième rang. La médecine manque à peu prèss à sa place on y enseigne la chirurgie, comme dans les universités de deuxième classe.

Dans chaque université de première classe, il existe une clinique particuli [ pour les ophthalmiques, dans laquelleun professeurordinaire donne un & public. Dans tous les autres instituts ci-dessus mentionnés, le professeu chirurgie donne un cours sur les maladies des yeux, et les ophthalmiques s traités à la clinique de chirurgie.

L'étude de la médecine dure cinq années. Les étudiants qui veulent ob e le doctorat en médecine doivent suivre pendant la cinquième année le con d’ophthalmiatrie. Quant aux candidats pour le doctorat en chirurgie, , doivent être déjà docteurs en médecine et subir deux examens sévères, où sont examinés aussi par le professeur d’ophthalmiatrie.

Celui qui veut obtenir le diplôme de maître en chirurgie doit avoir | avec succès ses cours de grammaire et d’humanités, mais il n’a cependant besoin d’avoir fait d’ études philosophiques. Le cours entier pour les maîtres chirurgie dure quatre ans, et pendant la dernière année, on leur dosness | des leçons d’ophthalmologie.

Un docteur en médecine peut, en passant un examen particulier et sé sur l’ophthalmologie, devenir magisler artis oculisticæ, sans avoir obtenu pr lablement le doctorat en chirurgie.

Les grades de docteur en médecine, docteur en chirurgie, maître en chi gie, et magisler artis oculislicæ ne sont conférés que dans les université première classe, tandis que, dans les établissements d'ordre inférieutil ne crée que des patrons en chirurgie (après un cours de trois ans).

Vienne. — Le premier professeur d’ophthalmogie à l'Université de Vien (fondée en 1365) fut un homme de grand talent, Barth, élève de Wenzel, q dès l'an 1775, avait été nommé par l’impératrice Marie-Thérèse recteur pi les maladies des yeux, et qui fut l’année suivante nommé professeur ent Outre qu’il donnait des leçons publiques, il faisait aussi dans sa elinid ambulatoire, en présence de nombreux étudiants, des opérations oculaires:

Il était suivi par son élève et aide particulier, George-Joseph Beer qui, peu d'années, éleva l’ophthalmologie à une hauteur qu’on n'avait pas sou çcounée jusqu'alors. Aussi vit-on bientôt arriver en foule à Vienne, de tou les parties de l’Europe, pour assister à ses lecons particulières , des homn avides d'apprendre. Beer occupa, en 1812, sa chaire de professeur extraor naire d” ophthalmologie, mais sans pouvoir donner ses leçons au lit du male Cet obstacle fut écarté dans le cours de la même année; car, sur la proposit de Beer, Sa Majesté l’empereur François autorisa la création d’une clio d'ophthalmologie avec seize lits.

En 1821, le docteur Antoine Edler de Rosas obtint la place de prof alors vacante. Par son infatigable activité, il augmenta sous tous les rappot le matériel d'enseignement, les collections d'instruments historiques, dep parations anatomiques naturelles et en cire, et cela aussi bien pour l’anatoi physiologique que pour l'anatomie pathologique et comparée. Enfin, il for une bibliothèque qui contient les meilleurs ouvrages et revues périodiques médecine, et particulièrement d’ophthalmologie, tant du pays que de l'étr ger. Il établit aussi une association d’instruction (lehrverein) dont les mi bres (docteurs et étudiants): peuvent, moyennant une modique rétributit ( user des livres et des journaux non-seulement dans le local de la bibliothèc mais encore au dehors. 4

La chaire devenue vacante par la mort du professeur de Rosas fut conf dès l'année scolaire 1856-57, au professeur actuel M. Arlt. Il serait super d'entrer dans de grands détails sur cet homme, dont les remarquables tram scientifiques sont déjà suffisamment connus de tous les oculistes, et qui, 4

| “Quant au point où en est actuellement l’enseignement à l’école d’ophthalmologie de Vienne, je dois dire ce qui suit:

} “La“clinique, bien disposée, se trouve au premier étage, et contienttrente lits let un ampbhithéâtre.

1 La bibliothèque de cette clinique contient environ 3,500 ouvrages et 404 journaux de médecine.

“L'arsenal chirurgical comprend, outre les instruments usuels, une collection d'instruments historiques. |

Pour exercer les élèves aux opérations, on emploie ce qu'on nomme les {fantômes. Ces fantômes sont disposés de telle sorte que les yeux frais d'hommes ou d'animaux qu’on y adapte peuvent se mouvoir dans toutes les

directions, comme le globe de l'œil vivant.

{ “La collection de préparations anatomiques des parties normales de lœil compte environ 110 pièces, parmi lesquelles 30 préparations micro$copiques de Pœil humain, par le professeur Hyrtl, et 90 be dre anatomiques d'yeux des différentes classes d'animaux.

Dans la dernière année scolaire, on a traité à la clinique 268 patients; |18"individus ont été opérés de la cataracte, dont 25 aux deux yeux.

Après la visite des malades internes, les ophthalmiques ambulants sont visités et traités dans l’amphithéâtre. Ces patients Sont ordinairement visités par chaque élève à son tour, sous la direction du professeur, .et l'élève doit, pendant cet examen, dire à haute voix quels sont les phénomènes maladifs | qu'il remarque.

L'étudiant s’habitue ainsi à rechercher attentivement les symptômes de la maladie et à les décrire avec exactitude.

. —Lenombre des ambulants qui, depuis le professeur Beer, sont régulièrementinscrits surun registre spécial, s’est élevé, dans la dernière annéescolaire, à 1,424.

Le. nombre des auditeurs inscrits pour le cours d’ophthalmologie, seulement pendant le 4% semestre 1856-57, était de 126.

Outre le professeur ordinaire de la clinique, il y a à Vienne deux professeurs extraordinaires d'ophthalmologie, qui sont M. le professeur Stellwag von Cañon, et M. le professeur Edouard Jaeger. Le premier à à l'hôpital militaire une clinique pour les ophthalmiques, dans laquelle les élèves du Josephinum imperial (institut où l’on forme des médecins militaires) reçoivent l’enseignementthéorique et pratique. Le professeur Stellwag donne aussi des cours privés sur le diagnostic différentiel des maladies des yeux, sur l'emploi de Pophthalmoscope et sur les opérations oculaires.

Le professeur Jaeger, comme premier médecin de l’hôpital, à la direction d'une division pour les ophthalmiques (50 à 80 lits) où, dans la dernière année scolaire, c’est-à-dire depuis le mois d'octobre 1856 jusqu’au mois de juillet 1857 inclusivement, soit en dix mois, on a traité 659 patients, dont 426 hommes et 233 femmes.

Pendant ce laps de temps, on y a fait 65 opérations de cataracte (la plupart par extraction supérieure) dont 39 sur des hommes et 24 sur des femmes.

Le professeur Jaeger donne également des cours privés tant sur l'emploi de l'ophthalmoscope que sur les opérations oculaires.

En outre il a, en commun avec son père le docteur Frédéric Jaeger (profes-

seur pensionné de l’Académie Joséphine), une clinique privée dans sa maïs contenant de dix à seize lits. | “Wei Les cours privés de ces deux derniers professeurs extraordinaires ré sent de nombreux auditeurs tant autrichiens qu’étrangers. Enfin les ophthalmiques peuvent encore être reçus dans trois autres"ht taux privés; ce sont les hôpitaux privés Pelzli, Wertheim et Frommer traitement y est fait par le médecin que les patients eux-mêmes ont choïs Oculistes des pauvres. — Une institution très bienfaisante, établie à Wie depuis plusieurs années déjà, est celle de trois oculistes des paux Ils sont obligés de traiter gratuitement chaque jour, à l'heure de consultation, les ophthalmiques nécessiteux, et au besoin d'aller les wo domicile. Les remèdes des malades pauvres sont payés par un fonds pauvres à ce destiné. Le premier oculiste des pauvres (qui reçoit un tr ment de 500 florins) est actuellement le docteur Gulz, oculiste estimé à égards ; le second est le docteur Blodig (aide émérite du professeur Ro La place du troisième n’a pas été occupée depuis la mort du docteur @ Le second et le troisième oculiste des pauvres ne reçoivent aucun” ment. ‘4 PraçuE.— Cette ville, dont l'Université est, comme on sait, la plus ancie de l'Allemagne (elle date de 1348), possède actuellement les établissem suivants pour les ophthalmiques:

a) La clinique ophthalmique de l’Université, qui existe ee 16 Elle à trente lits, vingt-quatre représentations plastiques d’yeux mal fournies par le docteur Paulus, el une bibliothèque assez complète. En o celte clinique possède beaucoup de préparations anatomiques naturelle upe collection d'instruments historiques. +!

Le professeur Fischer, disciple de Beer, qui a occupé la chaire de cette nique depuis 1820 jusqu’en 1846-47, mérite ici une mention spé P son zèle infatigable à augmenter et à améliorer toutes les institutions ut pour sa rare humanité, pour son excellente méthode d’enseignement," pour ses connaissances et son habileté.

Depuis que son successeur le professeur Arlt a été appelé à Vienne chaire de Prague a été confiée au titulaire actuel, le professeur de Hasner. b) La division des ophthalmiques à l’hôpital général de Prague contient cinquante à soixante-dix lits et est sous la direction du docteur Pilz. c) L'institut d'opération des aveugles, contenant seize lits, est soutenu grande partie par les contributions de personnes bienfaisantes. On y opèr l'on y traite gratuement chaque anuée plus de cent pauvres atteir s cataracte. Les opérations s’y font deux fois par an, au milieu de maîe commencement de juillet.

Les élèves en ophthalmologie sont ordinairement invités à assister à opérations. ”” d) L'institut ophthalmique impérial des États, qui a un oculiste payé par États des seigneurs de la Bohême, diffère très peu de l'institution ci-des mentionnée des oculistes des pauvres de Vienne, attendu que l'oculiste | États est également tenu de traiter gratuitement les ophthalmiques pau de la capitale et de tout l'empire. Les remèdes prescrits dans cet insti sont délivrés gratuitement aux frais du fonds domestique des États. De | à 184%, 23,000 ophthalmiques pauvres ont été traités+par l'oculieté États.

PapouE. — La clinique d’ophthalmologie de l’antique Université dè pi fut fondée en 1818, lorsque l'étude de l’ophthalmologie fut devenne obl ga-

loire, et que l'on prît en conséquence les mêmes mesures pour chaque

université (de première classe), dans toute l'étendue de la monarchie au-

trichienne. |

| “Le premier professeur à la Clinique d'ophthalmologie de Padoue fut le professeur Rosas. Il eut pour successeur le professeur Forresini, et plus tard le

docteur Mattioli occupa cette chaire comme suppléant.

Actuellement elle est occupée par le professeur Gioppi, qui a été élève en opérations à la clinique chirurgicale du professeur Schuh, à Vienne. Cette | Clinique d'ophthalmologie possède aussi des préparations en cire, tout à fait (semblables à celle de la Clinique de Vienne. On y fait également un traitement ambulatoire.

Pavie. — La Clinique d’ophthalmologie de l’Université de Pavie n'offre Prien qui mérite une description à part. Elle est en somme organisée de la même manière que celle de Padoue. La chaire y est occupée depuis de longues années, comme on le sait, par le digne professeur Flarer. Lenombre des malades qu'on y traite par an est de 150 à 160. On y fait en moyenne de 50 à 60 opé- Arations dont la plupart sont des opérations de cataracte. La méthode presque texclusivement usitée est la dépression avec réclinaison.

Quant à ce qui est des autres villes du royaume Lombard-Vénitien, je

Mférai remarquer qu’aussi bien à l'hôpital civil de Venise qu'à l'Ospitai mag-

giore de Milan, il existe une division pour les ophthalmiques, sous la direc-

Jtion d'un oculiste nommé à ce poste, mais qui pourtant ne donne aucun

| enseignement.

(Mais ce dont je dois faire une mention particulière, c'est qu’il existe à Milan trois consultations ambulatoires pour les ophthalmiques pauvres :

Le docteur Marchetti, qui dirige à l'Ospital maggiore une division d’ophthalmiques avec soixante-cinq lits pour femmes et enfants (les homines sont encore traités dans les chambres de malades dépendant de la chirurgie) donne chaque jour dans ce même local une consultation pour les ophthalmiques pauvres, auxquels on délivre également gratis (aux frais de l'hôpital) les remèdes nécessaires. Le nombre des ambulants doit être de 2,000 par an.

Le même docteur Marcheuti a une seconde heure de consultation à l’hôpita des frères de la Miséricorde (fate bene fratelli) où il traite annuellement envi r0n 3,000 malades. Il s’y trouve quatre lits réservés pour les opérations et les cas graves. |

“La troisième consultation gratuite pour les ophthalmiques pauvres est donnée par le docteur Quaglino dans sa propre maison. Il compte chaque

annéeS,000ambulants, qui reçoivent gratis d’un pharmacien de la ville (Ravizza)

les médicaments nécessaires.

Enfin il existe à l'hôpital des sœurs de la Miséricorde (fate bene sorelle) une division ophthalmique séparée, avec douze lits pour des domestiques du sexe féminin. Le même docteur Quaglino dirige gratuitement le traitement de ces malades. Qu'il me soit permis de dire ici quelques mots de ce véritable ami déPhumanité qui, non-seulement pour sa bienfaisance, mais encore pour sesefforts scientifiques, mérite d’être mieux conuu et apprécié. Sentant combien ilMimportait à La science de connaître plus exactement ce que les anciens médecins nommaient l’amaurose, le docteur Quaglino s’est voué particulièrement à Pétude de cettemaladie, que nous dérobent encore en partie des voiles épais, eb qui se présente sous tant de formes diverses. [l a jusqu'ici rassemblé mille huit cent cinquante-huit histoires de malades atteints d’amaurose, qu’il a écrites lui-même avec le plus grand soin, et auxquelles, depuis l'invention dMelmholtz, il a ajouté exactement les résultats fournis par l’ophthalmoscope.

Puisse un si bel exemple exciter d’autres médecins italiens à poursuivre louable travail!

Dans les autres villes de province du royaume Lombard-Vénitien, les 0 thalmiques sont ordinairement reçus dans les divisions chirurgicales, ebtra par les premiers chirurgiens des établissements respectifs. Mais, dans toutes villes, on trouve au moins un médecin pratiquant, qui est en mêmeter maître en ophthalmologie, et qui entreprend des traitements et des opératit à titre privé (assez souvent dans sa propre maison), sans être ouvertém établi comme oculiste, et sans posséder d’institut privé permanent. ä Trieste. — Dans le nouvel hôpital de Trieste, l’oculiste docteur Fendle une division pour les ophthalmiques; il n’existe d’ailleurs aucun institut ces sortes de malades dans toute la province. Nous devons aussi mention! ici le docteur Cappelletti, également estimé comme auteur et comme rateur.

Dacmarie. — Dans toute la Dalmatie il n'existe, autant que je sache, au établissement ophthalmologique. Dans les quatre hôpitaux de cercle de la D matie, quelques ophthalmiques sont traités par le premier chirurgien con tant. Des dépressions de cataracte ont été entreprises dans ces dernië années par les docteurs Borsatti, à Zara, et par le chirurgien LS Ê Raguse.

Honerie. — A l'exception de Pesth et de Groszvaradin, on ne trouve dé toute la Hongrie aucun institut ophthalmologique proprement dit. 4 L'Université de première classe de Pesth a sa Clinique d’ophthalmolo, à part, elle est organisée comme celles du reste de la monarchie et possède mêmes ressources pour l’enseignement. Le professeur actuel est le doct Lippay.

En Hongrie, nous trouvons encore un homme qui, par sa bienfaisance et zèle pour la science, s’est acquis à juste titre la reconnaissance de sa patrie l'estime de ses collègues. Nous voulons parler du docteur Gross qui, dep piusieurs années déjà, a fondé à ses frais, à Groszvaradin, un institut ophth: mique (avec un certain nombre de lits), qu il dirige encore actuellement même. 4

Il y a quelques années, cette opinion régnait parmi les médecins autrichie qu’il y avait en Hongrie beaucoup plus d’ophthalmiques que dans les aut pays de l'empire. C’est ce qui engagea notre paternel gouvernement à envoy en Hongrie, aux frais de l’État, trois oculistes provinciaux, comme 61 nomma, avec mission de parcourir dans des temps déterminés les dive comitats, afin d’y traiter les ophthalmiques et de séjourner plus longtemps où des affections graves ou épidémiques réclameraient des soins particulie Mais, en examinant les choses de plus près, on reconnut que la fréquet présumée des maladies d’yeux ne consistait pas en réalité dans un plus gre nombre de cas, mais plutôt dans les conditions particulières où se trouvaib pays, dans les mœurs de la REPAS dans le manque de secours en tem ‘opportun, elc. :

Or, comme les médecins sébaiinit ne pouvaient pas visiter assez L quemment les malades, disséminés partout, et qu'aujourd'hui les chemins ler ont singulièrement facilité de communications, on a supprimé ces oculis provinciaux. É

GaLLiciE. — L'Université de Cracovie est en ce moment organisée. université de première classe; en conséquence, pour le commencement d prochaine année scolaire, elle aura aussi sa Clinique d’ophthalmologie, sou direction de M. le professeur Slawikowski.

pr or XL

In A Lemberg il existe, comme nous l’avons déjà dit, une université de deuxième elasse avec une école de chirurgie.

ja Clinique d'ophthalmologie consiste en deux chambres ; elle est indépenjante de la Clinique de chirurgie, et placée sous la direction d’un professeur spécial pour l'oculistique (Hawranck).

jy avait aussi pour la Gallicie comme pour la Hongrie un oculiste provincal: il était obligé de parcourir chaque année la province et de traiter les ophthalmiques.

Grarz, OLmurz et Insprucx. — Ces villes possèdent comme Lemberg des universités de, deuxième classe, avec cette différence que, dans les deux premières villes, les professeurs de la clinique de chirurgie (Piringer et Hauser), | donnent aussi le cours d’ophthalmologie. |

Mais à Insprück, l’ophthalmologie est enseignée par le professeur de physiologie et de pathologie, docteur Seidl. À Gratz, il existe aussi un professeur privé de cette branche, le docteur Ress], aide émérite de l’école d’ophthalmologie de Vienne.

| “Écoles inférieures de chirurgie. — Sazzeurc et KLaAusENBuRG (en Transylvanie)

ne possèdent pas d'université, mais une école de chirurgie avec la même orga- | nisation que celle des universités de deuxième classe. | “A Salzburg, le professeur Blarina, et à Klausenburg, le professeur Nagel | enseignent la chirurgie et l’'ophthalmologie.

NB. Nous n'avons pas parlé dans cette nolice des instituts pour les aveuals, par la raison qu'ils ne font pas partie des établissements thérapeutiques. | Qu'il nous suffise de dire que, non-seulement dans les capitales, mais même Pdans chaque grande ville des provinces, il y a des instituts d'éducation. instituts d'occupation pour les aveugles, et des asiles pour les aveugles

adultes.

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