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lrare, ce qui pourrait jusqu'à un certain point s'expliquer par le tempérament lbilieux et sec qui caractérise les Égyptiens.
“D'après cette rareté de la blépharadénite, on croirait à priori que le trijeMasis est rare en Égypte; c'est le contraire cependant qui a lieu; et si Jcetté maladie est assez répandue en Grèce, sa fréquence est loin d’égaler celle que l’on constate en Égypte. Cette fréquence va si loin, que sur cent malades ophthalmiques, seize au moins ont le trichiasis. Je ne puis me rendre compte de cette énorme fréquence que par les ophthalmies chroniques qui règnent dans l'Égypte; on conçoit en effet, el je ne suis pas le premier à émetlrecelte opinion, que l’agglutination continue des cils et leur arrachement, lorsqu'on essaie d'ouvrir les yeux, finissent par donner à ces poils une direction vicieuse ou bien une insertion contre nature.
Dans un petit article que j'ai lu à la Société médicale d'Athènes, et qui vient être publié dans les Annales d'oculistique, j'ai consigué quelques remarques relatives aux difficultés du traitement chirurgical de cette maladie, surtout chez les Égyptiens, et à quelques procédés que j'ai imaginés pour les vaincre. 1 IMest aisé de comprendre que, dans un pays où les taches.de la cornée sont {sicommunes, le strabisme doit être très fréquent. En effet, je ne crois pas qu'il {wait nulle part autant de louches qu’en Égypte. Néanmoins, qu'on n’aille pas Peroire qu'on pourrait y pratiquer souvent [a myotomie oculaire; personne ne fvoudrait se soumettre à celte opération; c’est que le strabisme est considéré lparles Égyptiens comme un élément précieux de la beauté du visage, il y à "mnêémeun proverbe arabe, qui dit que le « strabisme est le séjour de la beauté » (ebhaouel bet bilaou el gamal).
IM= ENSEIGNEMENT, HOPIT AUX & EXERCICE DE L'OPHTHALMOLOGIE. A. En Égypte.
Onserait porté à croire que, dans un pays aussi fertileque l'Égypte en maladies oculaires, l’ophthalmologie doit être cultivée spécialement par les hommes de lascience. Malheureusement il n’en est rien et, je regrette de le dire, je mai trouvé ni au Caire ni à Alexandrie un seul médecin européen qui s’y appliquât spécialement ; le goût du spécialisme n’est pas encore développé chez nos confrères de l'Égypte.
“La conséquence fâcheuse de cet encyclopédisme médical est d'abandonner le champ de la spécialité ophihalmologique aux charlatans les plus effrontés, qui detemps en temps parcourent impunément ce pays au détriment de la santé desmalheureux ophthalmiques. J'ai connu à Alexandrie un de ces messieurs qui, sous les faux titres de professeur de je ne sais quelles universités, de membre de plusieurs académies, et de chevalier de plusieurs ordres, titres qulaffichait dans les rues, faisait de l’ophthalmologie la vache de Schiller. Îly a un an, on a reconstitué au Caire l’école de médecine militaire, qui était jadis connue sous le nom d'École Abouzabel, et qui porte maintenant celui d'Ecole de Casserlein; c’est une école destinée exclusivement à l'instruction des médecins militaires. L’ophthalmologie y est enseignée par un de ces ieunes médecins arabes, élèves qui après avoir étudié la médecine en Égypte AWaient été envoyés à Paris pour compléter leurs études. C’est vraiment une bonne chose que l’établissement d’une Faculté de médecine dans ce pays, livré äMignorance la plus grossière. Il n’y a que deux choses que je lui reproche : d'abord la manière d'enseigner y a quelque chose de singulier ; les professeurs,
dont les uns sont Allemands, les autres Italiens, font leurs cours dans leur ce
langue maternelle, et un drogman attaché à chacun d’eux traduit les par du professeur à mesure que Gel -Ci les prononce.
Mais ce qu'il y a de plus inconcevable, c’est que l’on ait établi une Fac dans un pays où il n’y a ni école primaire, ni école secondaire. Comment} rait-on initier aux mystères sacrés de la science un jeune homme dépou des notions Îles plus élémentaires ? Je ne sais si je me trompe, mais l'es bumain ne saurait jamais impunément faire de si grands écarts; il doit n cher pas à pas et monter une à une toutes les Mae des connaissant préliminaires pour pouvoir entrer dans l'édifice majestueux de la scie Avant de songer à étudier la médecine, on doit avoir bien étudié la logique regrette de le dire, mais élever une Faculté de médecine sur de pareils { dements, c’est vouloir construire une maison en commençant par le toit (
Il n'ya pas dans toute l'Égypte un seul hôpital civil destiné aux indigè mais, grâce à la-réduction que l’on vient de faire subir à l’armée, on reçe présent quelques malades civils dans les hôpitaux militaires. Les Européeis blis dans ce pays y entretiennent trois hôpitaux : un hôpital français à Ale: drie et deux hôpitaux grecs, dont un à Alexandrie et l’autre au Caire.M ces hôpitaux sont destinés exclusivement au traitement des Européens ; "| pital grec du Caire fait sur ce point une exception honorable, puisqu'il ye une consultation gratuite et journalière avec distribution de médicame dirigée par M. le docteur Pisas, et destinée à tout malade indigent, de quele relision et de quelque nationalité qu’il soit; à mon départ d'Alexandrie, onäl introduire le même système à l'hôpital grec de cette dernière ville. = L
Quant aux aveugles, la religion mahométané a pris le soin de soulager le le malheurs; la cécité est considérée £hez les musulmans comme la voie mène le plus sûrement au ciel, et tout aveugle est regardé comme un sai cette idée consolante adoucit la triste existence de ces êtres” dépossée Aussi, dans toutes les mosquées de l'Égypte voit-on un grand nor d’aveugles nourris par la charité, ou plutôt par la vénération pablique ainsi que dans la mosquée de Guémilazer, au Caire, on entretient plus de” aveugles; la vénération du public pour ces saints est telle, qu'ils pe uv impunément commettre les plus grands crimes, et celte impunité va silo: que la mosquée en question est un asile inviolable pour tout criminel: Dans toute procession religieuse le cortége est précédé d’un grand nombre d' . = sles se tenant par la main, fumant leur pipe et murmurant des chants teli gieux, comme pour indiquer que, pour être exaucés de Dieu, on dites de la jouissance des objets matériels d’ici-bas.
L'exercice de la médecine n’est pas digne d’envie en Égypte ; aussi me qu'au Caire et à Alexandrie que l’on voit des médecins; même dans ces. ville il existe à côté des médecins un grand nombre de charlatans exerçant leum tier librement et sans contrôle. C’est que la médecine ne peut être vrai exercée que dans la colonie européenne qui, dans les deux villes m nées, ne dépasse pas, je crois, le nombre de trente mille âmes. Qu Ë indigènes, ils ne croient nullement à la médecine, ou bien, pour y croir en exigent des miracles. Chez les Égyptiens, pour se charger de la cure d malade, le médecin doit lui promettre de le guérir dans l’espace de que jours; même malgré cette promesse, le troisième, ou tout au plus Et
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(1) J'apprends à l'instant que l’on vient de fonder au Caire, pour les élèves del École di decine , une école préparatoire où les jeunes sujets, qui savent lire et écrire l'arabe, doiven pr endre l’arithmétique, la géométrie, l'histoire naturelle et la logique. Il est à espérer queye quelques années, celte école fournira à celle de médecine des adeptes moins ignorants.
(10 octobre 1857. — A.)
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{quatrième jour, le malade impatienté appelle quelque médicastre indigène ou “hien une vieille femme renommée pour ses cures merveilleuses, et le lende- “nain vous trouvez près du chevet de votre malade la poudre ou lélectuaire de cetoracle infaillible, devant lequel votre hippocrate suranné n’est aux yeux de 'Égyptien qu’un nain ridicule.
| Le traitement des femmes est bien plus difficile encore. Celle-là se présen- “ent au médecin la figure couverte d’un voile épais (bourko), qui ne permet “devoir que les yeux; le nez lui-même en est soigneusement caché; c’est à iravers cette petite ouverture que l’on doit examiner, et même opérer les veux, “ce qui certainement n’est pas toujours chose commode. Quant à la santé génélrale de la femme, il n’y a pas moyen de s’en assurer; on ne vous donnera tout Jauvplus que le pouls à tâter; encore y eut-il une époque où les femmes ne présentaient le poignet qu'à travers un rideau. La chose la plus offensante que l'onpuisse proposer à une femme égyptienne, c’est de lui demander à faire {voir sa langue.
Acette misère morale viennent s'ajouter une foule de préjugés plus funestes encore. Le malade atteint d’ophthalmie aiguë doit tenir pendant sept jours entiers les yeux couverts d'un mouchoir noir de laine pour les tenir chauds ; il doitéviter avec un scrupule religieux de les mouiller avec de l’eau : cela les fdétruirait. Le huitième jour, il enduit ses yeux de blanc d'œuf mélangé d'alun, et il attend la disparition de l’œdème ; ordinairement cette disparition tcoincide avec la perforation de la cornée ; cependant le mal ne s’arrête pas là ; läpeine le malade a-t-il ouvert les yeux, que la vieille femme ou l'arabe surviennent apportant des poudres caustiques, dont ils saupoudrent impitoyabliement le globe oculaire. Cette terrible opération est répétée tous les jours jusqu'à ce que la perforation de la cornée se cicatrise et qu'il se forme un énorme leucôme adhérent. C’est alors que le malade a recours au médecin, en Muidemandant de le débarrasser de ce leucôme (el nochta); et comme cela est Limpossible, il parcourt de nouveau toute la légion des charlatans, jusqu'à ce quelœil, constamment irrité-et brûlé et gratté, finisse par tomber dans l’atro- | phie,se délivrant ainsi pour toujours de ces tourments cruels et interminables.
B. En Grèce.
Que si maintenant, laissant là ce triste récit, nous arrêtons un instant nos
regards sur le tableau riant de la Grèce libre, le parallèle ne peut plus se Soutenir : là, au milieu d’un peuple civilisé et sous un gouvernement éclairé, Oùtrouve des institutions propres, tant à prévenir les maladies qu’à les faire traiter d’après les règles de l’art.
L'exercice ophthalmiatrique présente à Athènes lamême facilité que dans les autres capitales européennes; on se soumet de bonne heureet de bon gré aux soins du.médecin, etl’on supporte avec soumission Loutes les rigueurs du traitement.
La tendance vers le spécialisme est très manifeste parmi le collége médical d'Athènes ; elle trouve un soutien dans le public intelligent de cette ville, qui en sait apprécier Lous les avantages.
L'enseignement universitaire se ressent de ce progrès; déjà dans la Faculté de médecine, on a créé trois chaires spéciales, dont une a été consacrée à l’ophthalmologie. ;
La ville d'Athènes est une des rares capitales qui possèdent des hôpitaux destinés exclusivement au traitement des maladies oculaires. Uu philanthrope distingué, M. le docteur Roeser, premier médecin du roi, en a conçu, il y a Quimze ans, l’idée bienfaisante. C’est un de ces nombreux établissements
élevés et entretenus en Grèce par des contributions volontaires. Sa Maje notre gracieuse reine Amélie a bien voulu le prendre sous sa haute prot tion, et donner la première l'exemple de cette générosité philanthropic pour ces êtres malheureux qui courent le risque de perdre le plus précie de leurs sens. Cet hôpital, que j'ai l'honneur de diriger, et qui sert dec que} ophthalmologique à la Faculté, contient vingt-quatre lits destinés à malade indigent, de quelque nationalité et de quelque croyance qu'ilse Depuis le mois de juillet 1854 jusqu’à la fin de l’année dernière, le nom des malades internes el éxternes qui y ont été soignés s'élève à 1,372, 4 931 habitaient la ville d'Athènes, 368 provenaient des provinces et 83 était arrivés de l'étranger. ’
Mais je m'arrête, Messieurs, de peur de me laisser aller à faire de ma pal un éloge que l'on pourrait trouver exagéré. Qu'il me suffise d'ajouter qué médecine ne fait que suivre le progrès rapide que les sciences et les k font tous les jours dans ce pays. Tout prouve que la Grèce, régénérée, mardclie grands pas dans la voie de la civilisation la plusélevée, et qu’elle s'efforce derés ser les espérances @e ces âmes généreuses qui l'ont couverte de leurs sympathi
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