DE L'OPHTHALMOLOGIE DANS LE ROYAUME DE NAPLES
que la clinique ne contient que six lits, ce qui ne peut suffire à tous les besoins de Finstruction.
Les hôpitaux ont presque tous des salles spéciales destinées aux ophthalmiques, et dans ce nombre, il faut placer en première ligne les hôpitaux mili- | taïres. On trouve à Naples un hôpital dit du Très Saint Sacrement, uniquement | destiné aux militaires ophthalmiques. La direction de cet établissement est confiée au même docteur Moyna. En outre, à l'hôpital général militaire de la Prinité, il y à une salle contenant environ cent lits, que mon ami ici présent, | M:Alexandre Quadri, a sous sa direction.
Dans tous les hôpitaux militaires du royaume, on rencontre partout des salles spéciales pour les ophthalmiques. Il en est de même des hôpitaux civils. Cependant le grand hôpital des Incurables ne jouit pas de cette disposition, desorte que les ophthalmiques sont mélés aux autres malades. Je dois néanmoins ajouter que les habiles chirurgiens qui sont attachés à cet établissement sloccupeut beaucoup d’oculistique et reçoivent, à une certaine époque de lannée, dans une salle particulière, des cataractés qui viennent s’y faire opérer.
MM: les docteurs F. Palasciano et Emile Olivieri, ici présents, appartiennent audit établissement , et viennent d'y opérer des cataractés. Les hospices sont également pourvus de salles destinées exclusivement aux ophthalmiques. Je citerai en première ligue l'Hôtel des Pauvres dont une salle, destinée à ce but, est confiée aux soins du docteur Alex. Quadri.
L'hospice des Enfants trouvés on de l’Annonciation se trouve dans les mêmes | conditions. C’est M. le directeur professeur Moyna qui y est chargé du service. Les-aveugles sont reçus chez nous dans un hospice particulier, nommé Saint- Joseph, placé dans les meilleures conditions, et où ils prennent des leçons de musique. Enfin, le corps municipal de la ville de Naples a chargé, moyennant émoluments, M. Alex. Quadri de traiter les pauvres affectés de maladies oculaires. Ceux-ci sont reçus chaque jour chez lui, et il se rend, lorsque le | besoin l'exige, à leur domicile.
A Palerme, le gouvernement à institué une clinique d’oculistique, qu'il à confiée à M. le docteur Socrate Pollara, qui s'occupe avec zèle de la science dont-je vous entretiens. Il a publié d'intéressants mémoires sur la fistule lacrymale, et sur une méthode spéciale de traitement de la cataracte, se rattachant beaucoup à la kératotomie linéaire.
Les ophthalmies catarrhales sont les affections les plus communes dans le royaume de Naples; la conjonctivite phlycténulaire, autrement dite ophthalmie scrofuleuse , l'est aussi, mais à un moindre degré. D’ailleurs, les conditions thermométriques et la mer qui baigne les bords de Naples doivent nécessairement contribuer à diminuer le chiffre et la gravité des affections scrofuleuses.
Lophthalmie militaire a joué parmi nous un rôle des plus importants. En 1851et1852, elle sévit d’une manière effroyable dans la garnison de Capoue. Jeune dis pas que sa première apparition date de cette époque, puisqu'il est Cemtain qu'en 1820 elle existait dans les garnisons de la Sicile, et que le gou- Nernement y envoya J.-B. Quadri. Mais en 1851-1852, ses ravages furent tels, quenotre gouvernement se vit dans la nécessité de prendre des mesures exceptionnelles, et en confia la direction à M. le professeur Moyna. A cette époque, jeenais d’être nommé chirurgien militaire, et je fus attaché à l'hôpital de Capoue. On eut recours aux visises les plus minutieuses et les plus sévères ; tous les granulés furent éloignés des autres soldats et envoyés dans un autre hôpital, où ils ne pouvaient avoir aucune communication avec les autres alades. Les salles étaient bien aérées, et les individus placés à une bonne