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IMpa connaissance de la matière étant ainsi établie, l’action de l'humidité sur es émaux alcalins bien reconnue, mes préférences se portèrent naturellement urnes émaux à bases métalliques, qui offrent le moins d’affinité pour l'humilité,et spécialement sur le deutoxyde de-plomb et l’oxyde blanc de bismuth.
Lepoli des coques artificielles confectionnées avec ces matières résiste plus
brillant, sans jamais arriver à la rugosité de la surface. Hazard Mirault, qui mployait les anciens émaux, déclare dans son Traité de l'œil artificiel, qu’au bout de six mois, leur dégradation était telle qu'il fallait les remplacer sans blus tarder.
IL. De l’œil artificiel humain, au triple point de vue de la restauration physionomique et de ses propriétés prophylactiques et thérapeutiques.
Si nous nous rappelons l'insuffisance des restaurations artificielles oculaires, fetl'effet défectueux et si étrangement saisissant qu'elles présentaient ; si nous fenvisageons l’ancien œil artificiel au point de vue des altérations plusou moins graves qu'il déterminait dans l'orbite; si nous examinons cette coque ovalaire jcomprimée, qui. ne répondant point à la sphéricité bulbaire, exigeait la réducfuion-considérable du moignon, quand elle aurait dû, par une conformation appropriée, s'adapter avec précision à un moignon volumineux, principe absolu 1du“mouvement ; si, disons-nous, nous arrêtons notre attention sur ces faits, [nousne pouvons nous étonner de ce qu’on était, en général, dans l'obligation de soumettre à des opérations chirurgicales préparatoires, toujours cruelles, les personnes que les suites d’un accident ou d’une maladie forçaient à recourir aux ressources de l’art qui nous occupe. Cette obligation était d’autaut plus impérieuse, que la prothèse proprement dite était inconnue des artistes char- | gés de la fabrication de l’œil artificiel, et que la mission du chirurgien, s’arrétant'au seuil de l'atelier, ne pouvait pas plus descendre aux travaux de manipulation que l'artiste ordinaire ne pouvait monter au sanctuaire de la science.
Aujourd’hui, la coque primordiale que nous venons de mentionner est rem- Lplacée, du moins pour la plupart des cas, par une capsule, tantôt globulaire, tantôt hémisphéroïdale, diversement découpée. Une méthode d’appropriation individuelle en règle les dispositions, et fait de la prothèse oculaire un art »ouveau, sinon une nouvelle branche de lophthalmologie, que nous avons classé sous la dénomination nouvelle d'Ocularistique.
Les moignons volumineux, loin de présenter le moindre obstacle, sont devenus le moyen d’une complète similitude et d’un mouvement parfaitement isochrone de la part des deux organes, au point qu’on peut dire aujourd'hui que; quelles que soient les complications pathologiques qui peuvent se présemer, pourvu cependant que le volume normal de l'organe p’ait point subi d'augmentation trop notable, les opérations chirurgicales préparatoires ont cessé d’être nécessaires. L'œil artificiel, objet d’une étude plastique pour chaque patient, s'adapte exactement et se meut par l’action du bulbe, qui n’en reçoit plus aucune irritation, aucune gêne.
Ou voit qu'il ne suffisait pas d’imiter plus ou moins parfaitement les différentes parties visibles de l'œil humain : il fallait, en effet, par de rigoureuses conditions d’appropriation, l’ajuster aux diverses configurations pathologiques, de manière à satisfaire aux prescriptions prophylactiques et d’innocuité, aux . besoins d’une rigoureuse hygiène et à l'urgence d’une complète restauration physionomique.
La prothèse oculaire ne consiste donc plus dans l'application pure et sil de cet œil artificiel, de conformation unique, lequel, n’offrant de différence dans les couleurs et les proportions, était jeté à profusion dans le comm elle réside aujourd’hui dans la connaissance de règles imprimant à la ma les modifications de forme qu’exigent les différents états de l'organe, et l'étude des proportions et des divers accidents de surface que l'œil pe senter.
Avant d'établir les bases de la méthode qui nous occupe, nous. dir ques mots de l'œil artificiel, sous le rapport dynamique, question ayant | conséquence trois points également importants : la coïncidence dans le vement des yeux, les lois établissant l’harmonie du visage, enfin le rôle joue cet appareil dans l’expression de la physionomie. 4
1. Mobilité. — Si la mobilité de l'œil artificiel est la conséquence dun vement du moignon sur lequel il est appliqué, elle est aussi en raison dir de la précision avec laquelle la cavité en est ajustée sur la partie antérieur bulbe; de la disposition des sinuosités inférieures, et du système d'isole: de ses sections supérieures, temporales el caronculaires. Cet arrangement” servé d’une manière ratiounelle, fait que l'œil artificiel prend son équilibre ré sa section palpébrale inférieure, en reposant sur la région CO repli conjonctival.
Ce n'est donc point par une action mécanique que l'œil artificiel se main daus la position horizontale qui lui est propre. Il est au contraire abandt à lui-même, et la disposition générale de son contour, combinée avec le oi n poids qu'établit sa partie la plus épaisse, c’est-à-dire sa partie cornéo-irien le maintient horizontalement sur sa section palpébrale inférieure dans um fait état d'équilibre. C’est ainsi qu'il cède à l'impulsion des mouvements lui sont communiqués, sans qu'aucun obstacle puisse s’y opposer.
4. Isochronisme. — Si la mobilité de l'œil artificiel est d’une absolue né sité, uous devons reconnaître que la concordance dans le mouvément Me yeux est Lont aussi indispensable, parce qu'elle est le principe direct eLin
rable de l’expression.
La discordance dans les mouvements de ces deux organes donne en une désespérante expression à la physionomie, L'isochronisme résultera { jours d’une juxtaposition de l'émail sur son centre de gravité; dans cet éta par rapport aux différentes épaisseurs. de la pièce et aux sinuosités de contour, la force centrifuge agira à l’aide de la pression des paupières, et manière absolue sur la direction qu'il doit affecter. On comprend, d’ rl règle, qu'il y à loin de la mobilité de l'œil artificiel ordinaire à l’isochro auquel l’art peut et doit atteindre.
3. Harmonie. — Aux considérations que nous venons d'exposer se joig des conditions d’un ordre tout différent, et qui seules peuvent rétablir Phan nie du visage, en donnant aux deux yeux cette unité de sentiments qui co tue le prestige de l’art nouveau. 110
L'œil artiticiel ne doit point fixer l’ attention; l effet n'en doit être ni € ni coutradictoire. Convenablement approprié, il doit faire naître l'impres où peut dire divine, que nous communiqueut deux yeux naturels express! faut que l'unité du visage soit telle, que l'œil artificiel complète un tout ensemble par faitement homogène.
4. Expression. — La mobilité, l'isochronisme et l'harmonie n'étant qu'ac soires aux mouvements expressifs, nous devons bien caractériser ici que joue l'œil dans la physionomie.
Disons d'abord que, dans l’artifice comme dans la nature, le globe ocul
meéjoue cn lui-même aucun rôle principal ; c'est-à-dire que, dans la puissante mobilité de l'expression caractérisant la face humaine, le jeu en est purement secondaire. L'expression de l’œil artificiel, participant du jeu de l’œil'naturel, est toute dans la mobilité musculaire de la face. C'est à la contraction, Lantôl lisolée, tantôt simultanée de ses différents muscles agissant sur les coins de la {bouche, et principalement sur les paupières et les sourcils, centre de la mobi- Hité physionomique, que la face doit sa grande puissance, d'expression; or, Si WMœil artificiel et l'œil naturel ne se partagent ici qu’une mission accessoire, |c'est à ue gêner en rien l’action vitale musculaire que l’on doit porter toute son fattention. C’est alors que, cédant à la moindre impression des forces motrices Iqui le mettent en jeu, cet appareil pourra concourir, sans différence aucune avec l'œil naturel, dans le jeu de la physionomie.
Ce but sera donc atteint si, pouvant céder aux impulsions des diverses parlies du visage, l'œil aruificiel a reçu dans sa conformation toutes les nuances de la plastique, qu'un oculariste, maître de son sujet, sera Loujours à même. fd'observer, en y donnant les rapports de constitution sympathique que preslerivent les règles que nous venous d'énoncer.
$ HI. Utilité au point de vue des rapports sociaux.
L'utilité de l'œil artificiel est appréciée de tous ceux qui comprennent combien les iufirmités du visage entraveut les carrières, et combien est pénible celte lutte continuelle entre les mauvais effets de la physionomie et le besoin beplaire, auquel chacun de nous est soumis. L'homme ne peut s’en défendre | en face de ceux qu'il fréquente ou qui l'entourent; l'employé à besoin de plaire äses chefs, l’ouvrier à ses maîtres, l'homme à sa femme, la femme à son mari, elles jeunes gens entre eux vivent sous celle même impression, objet inces- Sant de leurs plus chères préoccupations.
| L'état de physionomie daus lequel nous nous présentons joue un très grand lrôle dans le succès de toutes nos entreprises; et quand on néglige d'en dissit puler les altérations, ou qu’on se contente d’une restauration approximative, Lecœur peut-être brisé, et la plus belle carrière perdue sans retour. Tout est bposiif dans l'existence de l'homme, et nous savous aussi qu'il n’est favorableent remarqué, dans ses rapports sociaux, que par la tenue, le bon ton, et principalement la régularité des traits; il en est assurément de même de la lemme, qui doit le prestige de sa puissance aussi bien aux charmes de son Visage qu'aux qualités de son esprit et de son cœur.
SIV. De l’ancien œil artificiel.
Guidé par l'esprit synthétique, auxiliaire indispensable de toutes conceptions, je suis arrivé, par la déduction rigoureuse d’observalions diverses, à faire de la prothèse oculair e, naguère reléguée au rang des arts manuels, une Sorte d'organisme, un tout pour ainsi dire vivant, où chaque partie, considérée sous le double rapport de cause et d'effet, trouve sa place assignée el sa fonction propre.
La prothèse oculaire ayant effectivement pour but le rétablissement physionomique, vivace, des parties oculaires et de quelques-unes de leurs fonctions drganiques, les couditious auxquelles elle s'applique ressortissent aux prescriptions générales de la thérapeutique chirurgicale. Nous devions done établir des règles mvariables et précises, et pour celte raison nous avons basé notre méthode d'appropriation sur une graduation comparative de l'œil humain.
428 COMMUNICATIONS DIVERSES FAÎTES AU CONGRÈS, ETC. Chose étrange ! la prothèse oculaire, conquête de la science sur les infirmité humaines, et dont l’utilité a toujours dû être profondément sentie, paraissa condamnée, jusque dans ces derniers temps, à une perpétuelle enfance. L'en ploi constant d’un œil artificiel de forme unique, invariable, empruntée au anciens Égyptiens, la réduisait à se mouvoir dans un cercle vicieux qui se mblait fermé à tout espoir de perfectionnement. , La perte de l'œil amène en effet, dans la disposition des parties lésées, di grandes variétés dont chacune, au point de vue de la prothèse, exige ep sement une conformation particulière. Rien n’eût été plus rationvel que l’en ploi du type primordial, si la prothèse avait dû s'effectuer sur le vivant de | même manière que les Égyptiens la pratiquaient sur leurs momies, c'est dire par la substitution au globe de l'œil d’une coque d'émail répondant, pi sa forme et ses proportions, à la disposition d’une cavité orbitaire pour ail dire dépourvue de moignon. Mais, à notre avis, les avantages d’une semblabl restauration physionomique ne sauraient compenser les douleurs de l’ampi tation du globe oculaire, et il nous semble qu’il vaut bien mieux, pour évit le bistouri du chirurgien, non pas disposer l'œil perdu à recevoir l'émail, | bien approprier l'émail à l'œil perdu, tel qu’il est, tel que la maladie ou l'accill qui l'ont pour ainsi dire frappé de mort nous l'ont abandonné. 4 Nous avons dit que chaque cas présente des configurations différentes, 0! vent même opposées : le moignon oculaire, tantôt MT tantôt saillai ou enfoncé, de forme conique, arrondi chez les uns, plus large transversal ment chez les autres, offre à sa surface des accidents réunis ou isolés; paupières plus ou moins écartées, rétrécies ou dilatées, décrivent des courbe de différents diamètres, et le repli conjonctival enfin, sous l'influence du traxe de cicatrisation, subit des déplacements et des modifications très variables” La diversité que présentent ces accidents dans leurs proportions ou leur arrangements, diversité souvent réelle, là encore où les dispositions générale semblent être les mêmes, est tellement grande et exige de telles variétés dat la conformation de l'œil artificiel, qu’il faut en modifier l’arrangement pou ainsi dire pour chaque sujet. Aussi, les figures que nous donnons plus bass auront-elles simplement pour objet de fixer les principes de ma méthodes parce que les modifications qui peuvent en découler, se multipliant à Pinfin exigeraient ici un trop grand développement de mon sujet. $
Les états que nous venons de citer se compliqueut encore considérablement et sous des formes particulières, à la suite de brûlures, comme aussi chez es hommes que les événements de la guerre ont frappés dans cet organe esse tiel. À son retour de la Crimée, l'armée française m'en a fourni, ui hôpitaux militaires de Paris, des exemples, heureusement moins nombret que l’on n’avait lieu de le craindre.
Essayait-on sur des moignons appréciables l'application de l’ancienne coq prothésique, il en résultait des irritations, d’abord intolérables et qui £ s'émoussaient, au bout de quelque temps, que pour faire place à un état Suppuration qu'aucun traitement ne pouvait arrêter.
On a toujours confondu l'action mécanique de l'œil artificiel avec une. tendue irritabilité organique chez certains individus. L’un des ophhalmolOe L les plus éminents de notre époque, M. le professeur Mackenzie, a décrit l'œilanl ficiel dont nous parlons, et il cite en ces termes des circonstances dans Jess quelles il suppose que son emploi serait nuisible : « Dans quelque cas, ditsils | il faut renoncer à son usage, soit à cause de la grande irritabilité du malad qui détermine une douleur et un épiphora que rien ne peut faire cesser, S en raison de la nature de la maladie qui a amené la perte de l'œil. »
Ici l'effet est évidemment pris pour la cause, parce que l'œil artificiel n ’agit aujourd’ hui comme corps étranger qu'autant que, par des vices d° appropria- {rivn, son contour établit une pression partielle où générale sur le bulbe, pres- {sion toujours douloureuse, et qui sera d’autant plus forte que les paupières auroot subi un plus grand rétrécissement. Les mouvements du moignon délierminent d’ailleurs un frottement très prononcé, qui devient une seconde | cause de l’irritation mécanique. ;
Nous ne croyons pouvoir mieux caractériser l’ancien œil artificiel que par les. noms de capsule elliptique, de lcoque semi-ovoidale, qui lui sont donnés dans les dictionnaires de médecine. Ce type, unique, offrait effecti-
vement une conformation semblable à celle d’une moitié SW Ur | d'œuf d'oiseau. (Voyez fig. 1.) Pet.
| “On voit par ce dessin que la coupe d’un œuf, prise ont sa longue ur, donne deux capsules identiques : ce qui explique cette dénomination de capsule elliptique, donnée par les auteurs à un appareil tel que je le trouvai au début dena carrière, tel qu'il resta encore jusqu’en 1841, époque à laquelle je son- | geai à le changer complétement.
Cette nue primordiale, rationnelle à l’origine, puisqu'elle avait seulement pour objet de répondre à l’unique disposition d’une cavité orbitaire conte- {nant un moignon oculaire réduit à un faible noyan, amenait dans les cas contraires, tant sous le rapport de l’état physionomique que sous celui de hygiène et de la conservation des parties sur lesquelles elle était apposée, les | résultats déplorables que nous avons cités plus haut.
Des altérations d’un autre ordre, résultant de cette même cause, consistaient dans la déformation générale ou partielle des paupières, l’ulcération ou Pinduration de la conjonctive , la production de végétations fongueuses et de corps fibreux sur le bulbe ou sur les paupières, ou sur ces deux parties à la {ois. La pression s’opérait-elle seulement sur la rigole conjonctivale? il en irésultait par l’étranglement des vaisseaux sanguins la tuméfaction de toute la région oculaire.
Quand le désir de dissimuler la perte de l'œil conduisait quelques jeunes gens à supporter cet hôte incommode, on remarquait bientôt, soit la réduction dubulbe, soit la trace, sur un ou plusieurs points de son diamètre, de sillons profonds semblables à ceux que les jarretières trop serrées ou liens d’assujétissement des jambes artificielles impriment aux parties du corps qu'ils compiment. J'ai vu des moignons oculaires devenus bilobés sous l'influence de la compression partielle de ces coques, et toujours ces dernières étaient pour ainsi dire noyées dans un liquide visqueux, d'apparence purulente.
Je ne puis taire ici la funeste ressource que l’on s’est créée à l'étranger de rétailler sur un grès, à la manière des verres de lunettes, les yeux défectueux quel'on y fabrique, pour en réduire le volume ou en modifier le contour. La rugosilé qui en résulte amène bientôt un rétrécissement de la cavité orbitaire, lequel conduit presque toujours à l’occlusion palpébrale,.
Ilen est de même des pièces usées que l’on fait repolir par les lapidaires et qui, quoique d’une action plus lente, n’en sont pas moins funestes.
La fusion peut seule donner à l'émail le poli parfait que réclame son innocuilé, et le seul remède est de remplacer l’œil artificiel aussitôt que lhumidité ou d’autres causes en ont détruit le poli.
Pour rendre aussi appréciables que possible les diverses phases des perfeclionnements qui nous occupent, je diviserai cet exposé en trois périodes classées dans un ordre naturel.
La première comprendra les modifications qu’a subies l’ancien œil artificie (coque prothésique semi-ovoïdale); dans les deuxième et troisième, je déerir: les conformations globulaires et hémisphéroïdales; puis, je terminerai par | à prophylaxie de l'œil artificiel, et la citation d'observations nouvelles sur 1 ès couleurs de l’œil dans les différentes races humaines.