CONGRÈS
Un congrès en Amérique 1 Un congrès de Peuples {'chacun a donc son tour! Un congrès pour mettre fin à une guerre de l'Europe contre l'Amërique, et pour fixer les droits d une portion du globe envers ses autres parties! Gel, dans quel temps vivons-nous! et en comparaison de tant de nouveautés et de grandeurs, que devient le reste de l'histoire , même celle des anciens jours? Quelle époque du monde vit jamais une réunion appelée du sein d'un territoire ausjsi vaste f et destinée à prononcer sur de pareils intérêts? Admirable Amérique, oui, tu te lèves sur le mondé avec Védat et la bienfaisance qui signalent le retour journalier 4e Fastre auquel tu avais élevé Congr. de Panama* i
des autels y et dont tes drapeaux retraçaient la brillante image : comme lui, avec la lumière, tu viens apporter la fécondité j comme lui encore, bienfaitrice universelle, tu n'as que des rayons d'or à faire luire sur le monde : pour toute arme, tu n^as plus besoin que d'un bouclier, tissu des mains mêmes que tu t'apprêtes à remplir de biens, et le monde bien conseillé, au lieu de t'attaquer, de te méconnaître, de te craindre, de te bouder comme un enfant, ne doit plus que veiller à ta garde, comme à celle de son trésor.
Ah ! si l'âge ennemi ne m'enchaînait pas au sol natal, ce n'est pas de la terre d'Europe que je parferais du grand conseil que l'Amérique s'apprête à tenir j j'irais aux lieux mêmes honorés par la présence de ce nouveau sénat , et plus heureux que l'envoyé du téméraire Pyrrhus, j'aurais à y contempler et à retracer au monde des hommes égaux en majesté, à ces Romains <k)nt l'aspect royal imprimait le respect , et- des intérêts dont la supériorité égale celle de l'Amérique sur le Latirim et l'Épire.
Le congrès de Panama a deux objets : i* les
ttioyens d^amener l'Espagne à liiettre un tei^me à la guerre contre FAmeriqtte j :a** l'ëtabliissemènt et la déclaration des principes du droit public 9 relatifs au droit continental, colonial,* et maritime, en paix comme en guerre. Ainsi le congrès a un objet privé, celui de la fin de la guerre avec l'Espagne, et un objet général de droit public, dont l'applicatioii se renouvellera chaque jour d'après les innombrables rapports qui vont s'établir entre l'Amérique et les diverses parti* du globe (i). L'annonce
(r) Dans la séance du lo mai i825, M. de Vîllèlle réjpondant k M. le général Foy, par rapport aux agéns consulaires ou diplomatiques à envoyer en Amérique^ a dît: Depuis 1806, ¥ Angleterre est en possession du commerce avec Us états américains; elle a^ je ne dirai pas des millions j mais des milliards engagés dans ces' pays. Or, la France commerce ai^ec eux depuis très peu d'années; en 1824^ ses exportations ont été de 3d millions j et ses importations de 16 mUlionsi
Notez ces paroles : Depuis 1808, ép6ifj[uè déForiginéde ce commerce, TAngleterre a déjà des milliards engagés dans le commerce américain; et la France , au Bout d^ peu d'années, exporte pour une valeur de 3o,ooo,ooo fr. et importe pour celle de 16,000,000 fr. Cela promet.
de la tenue de ce congrès^ et celle de l'objet de son travail, se trouve dans les papiers de Bogota, du a février i8:25, rapportés dans le Moniteur du 28 mai; on y trouve aussi l'indication de l'auteur de l'Exposé des objets qui seront soumis au coi^rès : c'est le secrétaire d'état des affaires étrangères de la république de G>lombie; ce qui donne à cette annonce un caractère officiel; et dans le fait , un exposé aussi détaillé ne peut guère être l'ouvrage que d'un homme fort rappro-
Il faudrait connattre la yaleur du commerce français aTec ces contrées aux époques antérieures à la réTO^i^ tion, pour bien juger de ce que Ton doit en attendre. II est à remarquer que le commerce d'exportation de la France en Amérique^équiyaut à la balance du commerce fayorable pour la France ^ que le rapport du directeur général des douanes dit être de So^ooo^ooo f.^ donc, sans l'Amérique , die serait zéro. Rien n'empécbera Faccomplissement, bi^i plus y tout confirmera celui de la prophétie qui a dit depuis beaucoup d'années y que par la réTolution de l'Amérique > la mer serait habitée autant que la terre, et que l'Europe manquerait à l'Amérique, bien plus que l'Amérique ne manquerait à l'Europe.
(5) elle des conseils où s'est formée la résolution même de ta tenue du congrès.
Voici cet acte remarquable :
Objets de délibération pour les Puissances belligérantes exclui^isement.
i^. De former ou de renouveler, de la manière laplus solennelle, uneligue perpétuelle entre tous les nouveaux états de FAniérique contre TEspagne.
î2®. De publier un manifeste sur la justice de leiur cause, et sur leur système de politique envers les autres puissances de la chrétienté.
5°. De conclure une convention de navigation et de commerce entre elles toutes , comme alliées et confédérées.
4''. De décider , à l'égard des îles de Cuba * et de Porto-Ricco, si elles se coaliseront pour les délivrer du joug de l'Espagne, et dans ce cas, quel contingent d'hommes et d'argent chacune d'elles fournira.
5**. De prendre des mesures pour porter de concert la guerre dans les mers et sur les côtes^ d'Espagne.
6^. Déterminer si ces mesures seront ëten« dues aux Canaries et aux Ues Philippines.
Objets de délibérations communs aux Puis-^ sauces belligérantes et aux neutres.
1^. De preiîdre en considération les moyens de rendre efficace la déclaration du président des États-Unis, concernant tout projet futur de colonisation du territoire américain, et ceux de résister à toute tentative dlntervention dans les affaires domestiques des nouveaux états.
3^°. De fixer de conqert les principes contestés du droit des gens , et principalement ceux qui s'appliquent çntre les pi^issaqces belli|[érantes et les neutres.
3°. De convenir sur quel pied devront être placées les relations politiques et commerciales fies pays de cet hémisphère, qui sont mai^te-i nant oçmiiae Haïti, oiji^ qui seraient, p$:r I4 suite , sépaif^s , de leu? ipiétropple , sans être reconnus par aucune puissance^ ^^érj^ine Q<| europjBenne.
Ciextes, voilà un sujet aussi vaste que neuf ^^ aussi digne des lumières de notre temps, que 4^
/ 7 ) la sécurité qui doit régner parmi les sociétés humaines, n n'a pas encore appartenu à beaucoup de congrès d'avmr devant eux uç horizon aussi étendu , et aussi lumineux j il semble que , diBuns cette occasion , l'Amérique conserva là supériorité que , dans toutes ses proportions et dans tous ses attributs, la nature lui a conférée sur le rest^ dû monde, L'Europe ccnnpte deux grands^ congrès , ceux de Munster et de Vienne, oekd-ci très 'supérieur au premier ( i ), qui fnt presque pure-
(i) C'était le sujet d'un bien beau tratail, que le congres de Vienne; car il ne ^'agissait de rien moins que de la reconstitution de FEurope ; le moment était venu de donner de^ bases solides à son état politique : au lieu de remplir cet objet èi important, dans Tordre matériel, le congres a comme cboisi la combinaison la plus éloignée du but, en créant le grand-duché du Rhin, et en rapprochant la Prusse de la France, en morcelant la première , ce qui est énerver cette pais* sance déjà bien faible pour garder les portes de FEurope contre la Russie , et en adoptant Pextension immodérée de la puissance autricbîenne en Italie. On nV pas même donné au royaume des Pays-Bas l'extension que la nature elle-même indiquait ; on n*a pas contesté à F Angleterre la possession de quelques points insulaire^
(8) ment aUemand» Eh bien I que sont ces congrès en comparaison de celui que l'Amërique s'apprête a c^ébirer, et qui à Ifii sei4 surpassera , à une cUfitance infinie; tous ceux que VEurope a tenus et peut tenir encore? Qu'on y fesse attention, par $a nature propre çt par toutes s^ circonstances, par les germes qu'il ne peut manquer de semer, le congrès de Panama est et restera un des évépemens de l'histoire les plus féconds en résulta^ ; çn datera lor^-temps de lui. Que
semés sur le contour de tous les oontînens , points d'o à ayee quelques régimens et quelques yalsseauX, l'Angle* terre tient toujours son filet tendu sqr le j^obe.
Dans l'Ordre mor^l^ par une contradiçiiion fatale ii l'esprit humain qui rit de logique , le congrès s'est tenu à la fois en dehors et en dedans des principes de la légitimité. Eu effet , comment les concilier arec le sort fait à la branche de la maison de Bourbon, qui occur pait Parme et Plaisance , ainsi qu'a celui des républiques de Gènes et de Venise? Rien ne déroute davantage l'esprit des hommes et ne les écarte plus sûrement de la yoie droite > que lés demi-applications de principes que l'on entend proclamer inyiolables. Après cela^ le gros des hommes n'y Toit plus qu'un jeu pour les forts , un joug fait pour les feibles seuils -, et cet enseignement lea^
l'on n'attribue poîut cette annonce à l'amour de cette cause giméricaîne, que depuis tant d'années je porte dans mou esprit et dans mon cœur; ce que je dis aujourd'hui n'est que la suite pt le corollaire 4e ce que je disais il y a 27 ans ; les événernens annoncé^ se sont développés^ les résultais prévus se sont établis et consolidés. Dans cette immense affaire , tout a marché de front , sans déviation j l'Amérique a pçocé4é comme une nj^tion seule , bien plus , comme un seul homme bien inspiré pourrait le
pervertit, et leur persuade que tout est d'être fort, mauyaise leçon, et qui a fait beaucoup trop de dis^ €Îples.
pepuîs long-temps j'avais énoncé cette ppinion sur le congrès de Vienne, «et les résultats n'ont pas été propres à m'en faire clian|ger. Aujourd'hui que l'épreuve est faite et que tout est vérifié , on peut dire que les dispositions créées dans le public par des actes et pai' qaelqaes parties du, langage du congrès de Vienne , sont entrées dans le grand nombre des causes qui ont facilité le ao mars. Quand on parle de celui-ei , il faut savoir bien distinguer entre la cause et l'instrument , entre Ip mobile qi^i a produit et le bras qui a exécuté*
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faire; tout se tient dans cette magnifique révolution, et le congrès de Panama en est, pour ainsi dire , la couronne. Je publie ces vérités contre •deux ennemis qui ont fait beaucoup de mal k l'Europe: i®. les intérêts ojpposés à TAmériqfue, qui travaillent depuis dix ans à égarer sur cette question , la plus grave qui se soit jamais traitée parmi les hommes; 2^. l'ignorance 6u les distractions qui, par deux chemins difierens , amènent également à dire : T Amérique est si loiUj que mHmporte ce qui s'y passe? Eh bien ! il faut apprendre à ne pas mesurer ses affections à son égard sur la distance matérielle qui en sépare , et montrer que, si dans le fait^ la carte de géographie place l'Amérique fort loin de nous, nos intérêts les plus sensibles la rapprochent beaucoup, et la mettent, pour ainsi dire , a nos portes , et comme aumilieu de nous. Souvent, et plus encore dans les intérêts de l'Europe que dans ceux de l'Amérique , quelque chers qu'ils nous soient, nous avons dit, onnt sait pas assez ce qu'est V Amérique; on ne s'occupe pas assez de V Amérique. Les évënemens ont répondu avec exactitude à cette amipale interpellation. Voyez comme le tableau
s'e$t agrandi dans l'espace de quelques années: il y a dix ans, qui s'occupait de l'AinériqUe? aujourd'hui, qui n'estpas forcé de s'en occuper? il y a dix anis, quelle' ^ce occupait FAmérique dans ces registres publics des évéuemens de tout l'univers, que l'on iij^elle les journaux ? Aurjourd'hui ils se partagent entré elle et le reste da inonde. Il n'est plus, un Européen qui, à son réveil, cherchant le monde au point' où il l'a laissé la veille, ne se rencontre en présence de l'Amérique autant que dans celle d;e l'Europe n^ême ; il n'est plus de discussion ou de transaction dans laquelle l'Amérique n'enlise) toutes les voiles et tous les vœux (i) de FEu-^ rope cherchent également à se tourner vers elle; son amitié est un sujet d'envie ou de regrets, suivant qu'on en jouit ou qu'on en est
(i) Voyez les associations qui se forment dans le royaume des Pays-Bas , en Suéde, en Prusse et dans la Basse* Allemagne ; le Toeu des peuples est évident ; ceux des gouyernemens ne le sont pas moins; il n'est pas fort difficile de juger à quelles considérations tiennent les retards qu'ils ^subissent personnellement; et qu'ilîç fp?it éprouver aux autres.
exclus; et, chose singulière, mais vraie, ceux qui s éloignent d'elle, ou qui tâtonnent à son égard , se font tralc^er comme des victimes vers des autels charges de dons qu'il ne tient qu'à eux de partager avec ceux que des intérêts mieux entendus ont déjà fait accourir auprès d'eux. Aveuglement déplorable, spectacle misérable, et qui froisse l'esprit, erreur d'après laquelle, par xme victoire contre nature , la routine l'emporte sur la lumière , les petites conddérations sur les plus élevées, et les peuples voient leurs vrais intérêts immolés à des calculs que l'on n'osera pas défendre dans deux ans. Aussi voyez ce qui se passe , et si jamais le monde fut té-moin d'une scène aussi remarquable. La guerre a commencé et a été poursuivie sur le sol de l'Amérique; voilà que le théâtre en est déplacé, et rapporté de l'Amérique en Europe. C'était une guerre continentale, la voilà une guerre maritime; l'Espagne envoyait en Amérique, avec menaces et fracas, les exécuteurs de ses durs commandemens , les ministres terribles de ses vengeances; son tour de trembler est vei^u, ses rivages n'ont plus que des ports solitaires et alarmés, la Méditerranée porte avec
C»5) étonnement des pavillons inconnus d'elle; Co^ lonibie^ Buenos-Ayres, viennent rendre aux côtes de l'Espagne la désolation qu'elle a portée sur la Plata et l'Orénoque, et l'Amérique bloque aujourd'hui les ports d'où le génie devinateur de Colomb s'élança pour la révéler et la donner à l'Espagne, présent funeste à toutes les deux. Telles sont les circonstances dans lesquelles se reunit le congrès de Panama.
Mais qui a conduit l'Amériqueà le former, qui lui en a inspiré la pensée? le bon sens, c'est-à'-dire l'obéissance à la nature des choses.^ on ne s'égare jamais en s'abandonnant à elles , et en se laissant porter sur leur cour». Ôr voici cette nature des choses dans la question ac* tuelle.
La guerre de l'Amérique a un objet commun, et un ennemi connnun, l'Espagne et sa domination. La cause est commune à toutes les parties de 1^'Amériqne ; toutes comparaîtront donc à Panam^^ De quoi y traitera-t-on à l'égard de l'Espagne-? sera-ce de conquête sur elle , de l'affaiblir dans sa puissance , ou de quelque autre objet ambitieux? loin de là, on •ne demandera à l'Espagne que de finir sa mau-
vaise guerre, et de laisser FAmériqUe libre et tranquille , comme TAmérique: veut laisser l'Espagne^ Il ne s'y agira que de forcer l'Espagne à La paix, à défaut de la raison et du sentiment de ses intérêts, par celui des calamités résultantes de la guerre. Cette guerre, de la part de l'Amérique , sous couleur offensive, sera donc purement défensive; car elle ne renferme aucun objet d'ambition : c'est une guerre de paix.
L'Amérique, a combattu et triomphé : elle a déchiré jusqu'au dernier des drapeauic que l'Espagne avait arborés chez elle j elle en a jeté les lambeaux aux vents. L'Espagne se confie datas son éloignement contre les ressentimens de l'Amérique ; jcelle-ci ne s'abuse pas sur la nature des coups qu'elle peut porter à TEspagoe. Porto-Rîcco, Cuba , les Canaries ,' les Philippines peuvent être atteintes; à Panama, l'Amérique délibérera sur ce qu'elle doit faire de ces domaines de.son ennemi, s'il reste obstiné et implacable. Tel sera le premier objet des délibérations du congrès américain.
• D'un autre côté, ^Amériq^è entre dans le monde politique et social : elle voit et entend *
( i5 ) tout ce qui s'y passe. Hëlas ! qu'y aperçoitelle? le choc des opinions, la flùdtuation et la contradiction dans les principes élémentaires 4e Tordre social, une niasse immetise de maux produits par l'arbitraire, dans des sociétés déformées par lui. Le bon sens lui fait sentir le, besoin de ne pas confier ses destinées à cette mer orageuse , mais de donner à son existence une base solide, celle qui résulte de iadoption des vrais principes, de Tordre social; en un mot elle veut le droit; elle va dire au reste du n^onde ce qu'elle attend de lui, com^ie^ ce qu'il doit attendre d'elle; à Panama sera faitie la déclaration des droits d'un monde à l'égard de tous les peuples. Jusqu'ici quelques états, rares encore, avaient des déclarations de droits des citoyens y actes privés et renfermés dans l'enceinte de ces familles; à Panama > la* scène s'agrandira, on entendra une partie de l'univers dire aux autres parties du globç : Le Droit est une divinité tutélaire et impartiale pour tous; voilà ce que la nature des choses le fait. Je le prends à sa source; là il est pur ^ exempt du mé" lange des passions^ des préjugés ^ des intérêts et de la rouille du temps. D'ailleurs^ il n'y a pas de
( i6 ) temps pàiir le droit; seul, ce droit sera ma règle^ seul il régnera sur moi à votre égard; mms aussi chez les autres, je uë reconnaîirai pas dautre mattfe. Admirable langage^ et <Jùi renferme tout ce que l'oii doit aux autres et à soi-même. Le congrès de Panama est donc dans la nature des choses àinéricaines; il ne pouvait point n'être pas tenu , il est le f ésidtat oblige de là revolutioii dé FAmérwjtie j ciette révoltition a marché avec un ensemble et une rapidité privilégia entre toutes les révolutions c[ue l'histoire rappelle. On a conabattu quarante ou cinquante ans pour la Hollande et polir la Suisse^ et dix ans au plus ont complété l'immense changement de TÂmérique; toutes ses parties sont arrivées au but^ comme à la même heure; toutes veulent également tine solution définitive et complète avec tout le monde ^ et avec toutes choses. Rien de plus naturel en soi^ ni de plus juste à l'égard des autres; la guerre sans objet est une atrocité, indigne d'êtres dou& de raison ; l'instinct de la destruction et du carnage n'appartient qu'à la brute. Une existence équivoque, contestée, est pleine de dangers; fAmérique connaît les siens, de plus elle sent sa force et son prix; elle ré-
( 17) clame ses droits à cette sécurité (l'existence qui est le droit commun de Thomme enyers son semblable^ et de toute société envers les autres sociétés. Délivrée d'ennemis extérieurs , l'Amérique , par une transition naturelle , passe à la consolidation sociale de son existence future; c'est ce noble et légitime sujet qui attire a Panama ses représentans chargés delà mission la plus étendue et la plus élevée dont la politique.ait encore revêtu des hommes.