M. CANNING À M. DE CHATEAUBRIAND
London, january 21, 1828.
A thousand thanks, mon cher vicomte, for your long, frank and friend}y answer to my letters. I lose nota day in replying ta it; because, though I have (as you may well believe) enough of official business upon my bands at this moment, I know nothing in the whole range of the correspondence in Europe, that can compare in importance with a just understanding between our {wo governments; and I know no so sure foundation that can be built for such an understanding, as in a constant and unreserved communication with you.
To begin with that part of your letter which relates ta our language to Spain, and to the importance which you attach to our holding a common language with France; a Janguage I mean (far I percoive that I have expressed my-
Mille remerciments, mon cher vicomte, pour votre réponse Jongue, franche et‘amicale à mes lettres. Je ne perds pas un moment à y répondre ; car, quoique j'aie bien assez en ce moment d'affaires sur les bras, comme vous pouvez bien le croire, je ne connais rien, dans l’ensemble complet de la correspondance de l'Europe, qui puisse se comparer en impertance à la bonne entente de nos deux gouvernements, et je ne connais pas de base plus sûre pour établir cette intelligence que des communications suivies et sans réserve avec vous.
Pour commencer par cette partie de votre lettre qui a rapport à notre langage à l'Espagne, et à l'importance que vous attachez à ce que nous en ayons un commun avet la France ° (je veux dire un langage semblable à celui que la France tient à l'Espâgne, car je conviens que je m'étais exprimé avec que]-
self ambiguously) common with that which Fratice holds to Spain ;— I wil tell you at once quite fairty, that I agree with you on the former point; but presume to differ on the latter.
The language which you put into our mouths as that which you say you wish we had employed in speaking to Spain — what is it but the language which we have actually employed? Bot through the spanish charge d'affaires bere, and through sir W. A’Court at Madrid, Spain knows distinctly what we think on the impractibility of the eonstitution of 1849, and of tha expediency of promising a revision of it: and these opinions are declared with less reserve, in phrase, through lord Sommerset; who carries with him , as his whole instruction, a memorandum from the duke of Wellington , in which, if your very words are not set down, there is nothing of your sentiments that is not expressed. — Do you believe that Spain « contpte sur nous pour des secours d'armes et d'argent ? » Not she; I
que ambiguité), je Yous dirai d'abord, et tottt à fait loyafemtent, que je suis d'atcord avec vous sur te premter point, mais que j'ose différer de vous sur le dernier, Le langage que vous mettez dans notre bouche, comme étant celui que vous désireriez que nous eussions employé, qu'est-it, s’H n'est Ie langage que nous avons attueHement employé ? L'Espagne saft clairement et par son chargé d'affaires ici , et par sir W. A'Court à Madrid, ce que nous pensons sur F'impossibilité de mettre à exécution la constitation de 1812, et sur l'utilité (expediency) d'en promettre la révision, et ces opinions sont déclarées avec moins de réserve dans les mots par ford f'itz Roy Sommerset, qui porte avec fui, pour toute instruction , un mémorandsm du duc de Wellington, dans Jequet, sf vos propres expressions ne sont pas employécs, au moins n'y a-t- M aucun de vos sentiments qui n'y soit exprimé. Croyez-vous que l'Espagne compte sur nous pour des secowrs d'hommes el
promise you. Do you imagine that, knowing we shall not be «contre» she has reason to flatter herself that we shall be « pour elle» in a war with France? Be assured, she is under no such mis apprehension. II you harbour such, after having seen us , in a manner which you characterise (and I do not mean to say characterise unjustly) as « sé rude, » do ourselves right against spain bi force,—ata moment when we risqued by so doing, the chance and the consequent mis-interpretation of a co-incidence between our maritime agression on the spanish colonies and a French irruption on the Pyrenees;—what would not your apprehensions,—your suspicions have been, if we had sacrificed our commercial rights and interests to a desire of propitiating Spain ; and to the purpose (it might have been said), of leaving her hands more free to cope with the combination of the continental Powers?
You are rigtht, I dare say, in your belief that this pro-
d'argent? Non, pas elle! je vous le promets. Imaginez-vous que, sachant que nous ne serons pas contre elle, elle ait des raisons de se flatter que nous serons pour elle dans une guerre contre la France? Soyez assuré qu’elle n’est pas tombée dans une pareille méprise. Si c'est là votre abri, après nous avoir vus nous faire justice contre l'Espagne d'une manière que vous caractérisez de si rude (ce que je ne prétends pas être injuste ), en employant la force dans un moment où nous risquions, par une telle conduite , de faire coïncider notre agression maritime contre les colonies espagnoles avec l'irruption d'une armée française en Espagne, quels n'auraient pas été vos craintes, vos soupçons , si nous avions sacrifié les droits de notre commerce et ses intérêts au désir de favoriser l'Espagne et de lui laisser , on aurait pu le dire, les mains plus libres pour lutter contre l’union des puissances du continent ? Vous.ayez raison , je le pense, en croyant que ce procédé a
GUERRE D'ESPAGNE. 594$ ceeding of ours has « blesse Porgueil espagnol. »—But at ‘least it must have destroyed (in fact in did destroy) the: illusion, that we had any thoughts of making common cause with Spain. | |
Nay it did create, at the first moment, att impressiori that we were leagued with you, not in counsel only but in action , against Spain ; and it is against the remnant, or’ the possible revival of that impression we are bliged to guard , when though speaking (as I have assured you), the: language which you would dictate, we never decline speaking it in concert with you. .
* In truth, how could we speak in concert with you; not being prepared to adopt your conclusions ;—not having (to state the matter fairly) the same right as you to adopt’ them? You say to Spain. « Your present system is not ¢ only distasteful to us, it is practically injurious. It « subjects us to incessant alarm; it imposes upon us bur-
blessé l’orgueil éspayrtél; mais au moins il doit avoir détruit ; et il l’a fait, l'opinion illusoire que nous avions quelque idée de faire cause commutie avec l'Espagne. Bien plus, il a fait supposer dans le premier moment que nous étions unis avec vous, non pas seulement en principes, mais même pour l'action, contre l'Espagne; et c'est contre les restes de cette impression, et pour l'empêcher de renaître, que nous sommes obligés d'être en garde lorsque, tout en tenant (comme je vous en ai assuré déjà) le langage que vous nous dicteriez , nous évitons cependant de le tenir avec vous. Dans le fait, comment pourrions-nous parler de concert avec: yous , n'étant pas disposés à adopter vos conclusions, n'ayant pas (pour établir le fait avec loyauté ) le même droit que vous pour les adopter? Vous dites à l'Espagne : « Votre système actuel » n'est pas seulement désagréable à la France ; il est, de fait, » nuisible à ses intérêts, Il l'oblige à de continuelles alarmes,
warrant to you the chances of suecess through that chan: nel. I am become less sanguine than I was in the hope of it. Things have fallen out untowardly and contrary, I confess, to my calculation. I did expect that the French Despatch would not be delivered, till after those of Russia, etc. It has preceded them. I reckoned much upon the interval that would followed the departure of the three charges d’affaires — the minister of France still remaining at Madrid ; and, as,I understood M. de Villéle’s despatch to M. La Garde (but I presume incorrectly) waiting for some new fact to motiver his departure. It now seems as if M. La Garde were to follow his three colleagues more closely ; and on nearly the same grounds. I think these changes unfortunate. But still I do not despair; I do not despair if you continue to be for peace; and if your just estimate of the dangers of war to France, does not yield ta your belief of its facilities and your anticipation
fiant dans les espérances que j'en avais; les choses ont tourné d'une manière contraire, je l'avoue, à mes calculs. J’espérais que la dépêche du gouvernement français ne serait donnée qu'après celles des trois puissances ; elle les a précédées. Je comptais beaucoup sur l’espace de temps qui suivrait le départ des trois chargés d'affaires, le ministre de France restant encore à Madrid, et attendant (c'est ainsi que j'avais compris, mais, à ce que je vois, à tort, la dépêche de M. de Villèle à - M. de La Garde) quelque nouveau fait pour motiver son départ. Il semble maintenant que M. de La Garde doive suivre de plus près ses trois collègues , et en se tenant quasi sur le même terrain. Je crois que ce changement est malheureux, mais je ne désespère pas encore. Je ne désespère pas, si vous continuez à être pour la paix, et si votre juste opinion sur les dangers de la guerre pour Ja France ne cède. pas à votre croyance de sa facilité et à votre anticipation de sa gloire.
of its glories. But, I own, some of your topieks alarm me, more than your reasonings tranquillize me upon that point.
When I speak of the dangers of war to France, do not suppose that I undervalue her resources or power. She is as brave and as strong as she ever was before, she is now the richest—the most abounding in disposable means of all the states in Europe. Here are all the sinews of war, if there be the disposition to employ them. You have a million of soldiers you say, at your call. I doubt it not : — and it is double the number, or thereabouts, that Buonaparte buried in Spain. You consider a « premier succés au moins » as certain; I dispute it not. I grant you a French army at Madrid. -But I venture to ask « what then?—if the king of Spain and the Cortes are by that time, where they infallibly will be, in the isle of Leon?» I see plenty of war, if you once get into it : but
Mais j'avoue que quelques-uns de vos remèdes m’alarment plus que vos raisonnements ne me rassurent sur ce point. Quand je parle des dangers de la guerre pour la France, ne supposez pas que je veuille déprécier ni sa force ni ses ressources ; elle est aussi forte et aussi brave qu'elle l'ait jamais été; elle est la plus riche, la plus abondante en moyens disponibles , de toutes les nations de l’Europe; elle a tout ce qui constitue le nerf de la guerre, si on veut l’employer. Vous avez, dites-vous, « un million de soldats prêts à votre appel, » je n'en doute pas, et c’est à peu près le double de ce que Bonaparte en a perdu en Espagne. Vous considérez un premier succès au moins comme certain; je ne le dispute pas. Je suppose une armée française à Madrid; mais je hasarde de demander : « Que ferez-vous si le roi d'Espagne et les Cortés sont alors où ils seront infailliblement, dans l’île de Léon? » Je vois beaucoup de guerre si une fois vous la com-
like England in 1688, to preserve her laws dnd liberties . by a slight change in the reigning dynasty ; and to place an Austrian prince, with enlarged: powers upon her throne? Surely, the discussions with which the war has been prefaced , are as hazardous as the war itself. . Consider before what an audience you plead: how many of their passions are against you, how few of their sympathies with you. In the beginning of the French revolution , the character of your Louis XVI, ranged. all that was good in Europe on his side. Of Ferdinand is it not enough to say, that in the British Parliament , and not in the popular branch of it, but in the House of Lords, and not by a factious orator, but: by the first Minister of the King, (a man , whose temperance and sobriety of judgment, even his adversaries extol) it has been admitted that the conduct of Ferdinand had « provoqued a revolution. » And
est prête, comme l'Angleterre en 1688, à mettre ses lois et ses libertés à couvert par un léger changement dans la dynastie régnante , et à placer sur le trône un prince autrichien avec un pouvoir plus étendu ? Certainement , les discussions qui ont comme servi de préface à la guerre sont aussi hasardeuses que la guerre même. Voyez devant quelle audience vous plaidez, combien de passions sont contre vous, combien peu sympathisent avec vous! Dans le commencement de la révolution française, le caractère de. Louis XVI mit de son côté tout ce qu'il y avait d’honnéte en Europe. Mais quant à Ferdinand, n'est-ce pas assez de dire que , dans le parlement anglais, non dans la partie populaire de ce parlement, mais dans la chambre haute ; non par un orateur factieux, mais par le premier ministre du roi (homme dont les adversaires mêmes vantent la modération et la sagesse de ses jugements), ce ministre a dit que la conduite de Ferdinand avait provoqué la révolution? Et faites-vous la guerre pour délivrer un
do-you make war to free such a monarch from all restraint? and do you hope to have mankind with you?
. Judge of the confidence with which I mean to open myself to you, when I hesitate not to submit such arguments as these, to your consideration.
I have, however, detained you too long. Only one word more. The arguments which I thus venture to address to you, do not imagine that I suggest them ta Spain.
Far otherwise. With regard to the personal safety of the king, we have spoken at Madrid as plainly as you could wish us or as you could speak. And I verily believe there is no danger. With regard to his prerogatives, we have not disguised our opinion that they ought to be enlarged : and I am not without hopes, that a revisal of the constitution is intended. I am sure its imperfections are acknowledged. But can they promise a revisal of it under pain of invasion? Make the case your own,
tel monarque de tout contrôle ? Espérez-vous d'avoir pour vous le genre humain ?
Jugez de la confiance avec laquelle je veux m'ouvrir à vous, puisque je n’hésite pas à soumettre de tels arguments à votre réflexion. Mais je vous ai retenu trop long-temps. Un mot encore cependant. Les arguments que je me hasarde à vous adresser, n’imaginez pas que je les suggère à l'Espagne. Bien Join de là, à l'égard de la sûreté personnelle du roi, nous avons parlé aussi positivement que vous pouviez le désirer, ou que vous pouviez parler vous-même ; et, en vérité, je crois qu'il n’y a aucun danger. Quant à sa prérogative, nous n'avons pas déguisé notre opinion, qu'elle devait être étendue, et je ne suis pas sans espérance que l'intention ne soit de revoir la constitution. Je suis sûr que ses.imperfections sont reconnues. Mais les Espagnols peuvent-ils promettre une ré-
Would France yield any thing to such a menace? Did she?
Bat so far is our language to Spain from being the Janguage of encouragement to defiance, that I venture to affirm itis nearly attributable to sir W. A’Court’s advice, that the communications of the three powers were not met by an instant transmission of their passports : an while I am writing, I receive despatches of the 40" from Madrid, which inform me thatit is under discussion in the Spanish cabinet, whether they shall not ask our good offices with you? Ido not answer for the reault of that discussion. But will you prevent off the chance of such an opening for explanation and for peace?—I trust not.
And sa, fort the present , farewell.
CANNING
vision sous peine d'inyasion ? metter-vous à leur place. La France céderait-elle à une pareille menace? Le ferait-elle ?
Mais notre langage à l'Espagne est si loin d'être un langage d'encouragement, que j'ose affirmer que c’est principalement à l'avis de sir William A’Court qu'on peut attribuer que les communications faites par les trois puissances n'aient pas été immédiatement suivies de l'envoi des passeports ; et, pendant que j'écris, je reçois des dépêches du 40, de Madrid, qui m'informont que le cabinet de Madrid discute s'il ne nous demandera pas nos bons offices auprès de vous. Je ne réponds pas du résultat de cette discussion, Mais voulez-vous rejeter la chance d'une telle ouverture & des explications et à la paix? J'espère que non.
Et ainsi pour le présent , adieu.
M. GANNING A M. DE CHATEAUBRIAND.
Forelgn-Office, jan. 24, £823.
1 am enabled to perform the promise which 1 held out to you in my last letter; and to transmit to sir Charles Stuard, by this day’s Messenger, a note from the spariish government to sir W. A’Court requesting our good offices to avert a war. The assuranees which that note contains, I confess, tranquilize me as to the points on which apprehension was felt: — especially in relation to the royal family of Spain : In any case the note invites discussion ; and I trust you will feel it wholly impossible to decline the overture.
M. Jackson who brought sir W. A’Coart’s despatches, and is returning to Madrid with mine, has orders to wait your pleastire at Paris, and to be the bearer of any thing that. you may wish to say to sir W. A’Court. Use A’Court as your own: Here is no longer any danger of misappre-
Je puis remplir la promesse que je vous ai faite dans ma dernière lettre, et transmettre à sit Charles Stuart, par Île messager de ce jour, utte note du gouverneinent espagnol à sir William A'Court, réclamant nos bons offices pour empé< cher la guerre. Les assurances que contient cette lettre me tranquillisetit, je l'avoue , quant aux points sur lesquels nods aviotis dés appréhensions , surtout relativement à la farniilé royale d'Espagne. En tout cas, cette note demande une diseussion , et j'espère que vous sentirex qu'il est entièrement impossible de rejeter les ouvertures. |
M. Jackson, qui a potté les dépêches de sir William A'Gourt et retourne à Madrid avec les miennes, a l’ordre d'attendre à Paris Votre bon plaisir , et de se charger de tout ce que vous pourres dire à sir William A'Court, Serves-vous de co dèr-
hension at Madrid. I write to him, on the contrary to communicate unreservedly upon every thing wiht M. La Garde, if he is still there (as I hope he is); if not, to consider himself as M. La Garde’s successor in every thing in which he can be serviceable to the french government. Peace, peace, peace.
It is still within your reach, with honour as well as with safety. But, turn political events as they may, I am, mon cher vicomte, ever your friend and servant.
CANNING
M, DE CHATEAUBRIAND À M. CANNING
Paris, ce 27 janvier 1823.
Si quelque chose, mon honorable ami, pouvait me faire changer d'opinion sur la politique que la France doit suivre, ce serait certainement votre lettre du 21; je ne connais rien de plus pressant et de plus éloquent, mais elle laisse subsister la diffieulté tout entière.
hier. comme s'il vous appartenait, Il n’y a plus maintenant à Madrid de crainte d’un malentendu. Je lui écris, au contraire, de communiquer sans réserve avec M. de La Garde, s'il est encore à Madrid (comme j'espère qu’il y sera); sinon, de se considérer comme le successeur de M. de La Garde en tout ce qui pourrait servir le gouvernement français.
La paix! la paix! la paix! elle est encore à votre portée, avec honneur comme avec sûreté. Mais que les événements politiques tournent comme ils le voudront, je suis toujours, mon cher vicomte, votre ami et votre serviteur,
Nous convenons d’abord tous les deux- que la constitution espagnole doit subir des modifications, mais vous croyez que ces modifications doivent être apportées par le gouvernement espagnol. Quel temps assignez-vous à ce changement si désirable? Combien faudra-t-il de mois et peut-être d'années pour que nous puissions sans danger abandonner ces mesures préservatrices que le duc de Wellington a lui-même approuvées? Pouvons-nous pro- Jonger, dans un avenir incertain, cet état de gêne et de violence dans lequel la révolution espagnole nous a placés? Sir Charles Stuart m’a remis votre petite lettre du 24 et la copie de la note à M. San-Miguel. Qu'ai-je trouvé dans cette note? Que le gouvernement espagnol restera invariable dans ses sentiments; que s’il y a des défauts dans la constitution des Cortès, ce sera la nation qui corrigera ces défauts, quand et comment il lui plaira; et qu’enfin le gouvernement espagnol réclame les bons of: fices de l'Angleterre. Pourquoi? pour qu'elle nous détermine à dissoudre notre armée d'observation ! N'est-ce pas Ja une proposition aussi insultante que dérisoire, et peut+ on commencer une négociation sur une pareille base? Vous le voyez, mon honorable ami, on veut nous potisser à bout. Ce n’est pas en nous mettant sous les pieds des révolutionnaires que nous nous sauverons : NOUS savons trop, par expérience, ce qu'il en coûte pour se soumettre à l'anarchie et pour capituler au pied des échafauds. Nous voulons la paix, nous l’appelons de tous nos vœux, mais nous ne Ja voulons pas avec la révolution. Nous ne voulons pas que chaque jour on essaie de corrompre nos soldats et de soulever nos peuples. Et croyeZvous que l'Angleterre soit moins menacée que la France par les clubs de Madrid? N’avez-vous pas vos radicaux comme nous avons nos jacobins? Votre puissante aris-
tocratie est-elle moins un objet de haine pour les niveleurs modernes que la forte prérogative royale de notre monarchie? Nous avons là un ennemi commun ; des soldats législateurs pauvent, à Londres comme à Paris, déclarer un matin qu'il faut régénérer nos institutions, détruire nos deux chambres, et établir la souveraineté du peuple par l’éndependance des baïonnettes,
Le roi a rappelé son ministre de Madrid, Sir William A'Court est donc resté seul représentant des cing grandes puissances ; nous nous abaudonnons très-volonticrs à ses bons offices pour tout ce qui conservera 4 la France la paix avec l'honneur. Nous continuerons néanmoins nos préparatifs de guerre. Le temps qui s'écoulera depuis le jour où je vous écris jusqu’à celui où nous commencerons les hostilités (si ces hostilités sont inévitables) suffit encore pour s'entendre et tout arranger. Voyez, mon honorahle ami, employez les ressources de votre génie pour amener les Kspagnols à laisser à leur roi la faculté de s'entendre avec eux pour modifier leurs institutions. Le jour où vous m’annonceriez un tel résultat de vos efforts serait le plus beau de ma vie. Dans tous les cas, rien n’altérera ma haute estime pour votre pays et mes affectueux sentiments pour vous,
CHATEAUBRIAND
M. CANNING À M. DE CHATEAUBRIAND, Foreign-Office, january 27, 1933
M. de Marcellus has tantalized me for the last four days, mon cher vicomte, with the promise of a courier who was to bring him most important communieations, But the courier does not arrive, I can hold out no longer : and therefore I send off a messenger, before the rae gular day, to sir Charles Stuart, to beg that he, en his part, will also disregard the established order of our eorrespondence ; and let me know, without delay, what hag been done and is doing at Paris. To-morrow is a day with you of tremendous importance. Got grant that it may have passed without a déclaration of war, and all may yet be well. |
Is it possible, meantime that all that I hear, from other sources of the excessive unpopularity of the apprehended
M. de Marcellus m'a flatté, ces quatra derniers jaurs, mon cher vicomte, de la promesse d'un courrier qui devait lui apporter les plus importantes communications. Mais le cour rier n'arrive pas, Je ne puis modérer plus longtemps mon impatience ; j'envoie donc, avant le jour marqué, nn courrier à sir Charles Stuart, pour lui dire que , lui ausal, pour sa part, ne fasse aucune attention à l'ordre établi de notre core respondance, et me mande sans délai ce qui a été fait at oe qui se fait maintenant à Paris, Demain est payr yous un jour d'une importance redoutable. Dieu veuille qu'il ep passe sans une déclaration de guerre, et tout sera encore pour le mieux.
Est il possible que tout ce qui m'est parvenu d'une autre source sur l'excessive impopularité de la guerre crainte en
war in France, cat be true and yen that you can be bent upon it ?— By « you » I of course do not meän you individually ; because I am sure that you are for peace, if not compelled to war, as a choice between evils. But what evil can be greater than the carrying on a war, with an unwilling people, against a people struggling for their national existence? — How long —I conjure you to consider — will the point of honour, en which you rely and which I admit to be the main spring of French exertion. — How long will that sustain you through the harassing difficulties, and irglorious details of a war of posts and guerillas ?
We have seen in our time, many moments of crisis and alarm; many on the turn of which, hung the fate of nations. "But I protest I do not recollect any instance in which I have thought so much at stand in a single decision. That decision is éo-day in your hands. When you
France soit vrai, et que vous penchiez encore pour cette guerre ? Par vous je n’entends pas vous individueliement, parce que je suis sûr que vous seriez pour la paix , si vous ne preniez pas la guerre comme un choix entre plusieurs calamités. Et quel malheur serait plus grand que celui de faire la guerre avec un peuple qui ne la veut pas, contre un autre peuple qui se débat pour son existence nationale? Combien de temps, je vous conjure de le considérer, le point d’honneur, sur lequel vous comptez, et que j’admets être le principal ressort de l'énergie francaise, combien de temps le point d’honneur vous soutiendra-t-il parmi les fatigantes difficultés et les détails inglorieux d'une guérré d’avant-postes et de guérillas ? © Nous ayons vu dans notre temps beaucoup de moments de crise ct d'alarme, beaucoup auxquels était attachée la destinée des nations; mais je proteste que je ne me rappelle aucune circonstance dans laquelle j'aie pensé que tant de résultats dépendaient d'une simple décision. Cette décision est
GUERRE D'ESPAGNE. 54t
receive this letter, it will be (in one case) past your recal. May it have been such , as to satisfy your own enlightened judmend; safe as well as honourable for France, and by consequence salutary for the world.
I hope you will be satisfied with our course now. Public report tells me that you ( again meaning not you M. de Chateaubriand , but France ) cannot bear that we should negociate between a Bourbon and a Bourbon. In God's name, why not? Have we not negociated between a Bourbon and his people? and had you reason to suspect us of failing in that trust.
- Even M. de Marcellus was surprised at this declaration, and perhaps did not more than half believe it : but what he has heard Tuesday, and what he now hears every day, has, I dare say satisfied him of the correctness of my opinion. — « And what then?» you will perhaps say,
aujourd'hui entre vos mains. Quand vous recevrez cette lettre, il sera (sous un rapport) trop tard. Puisse cette décision ayolr été telle qu'elle ait satisfait votre jugement éclairé, sûre autant qu’honorable pour la France, et, par conséquent, salutaire pour le monde.
‘ J'espère que maintenant vous serez content de notre conduite. Des rapports publics me font connaitre que vous (ce n'est pas, encore unc fois, vous, M. de Chateaubriand, mais Ja France) ne pouvez supporter que nous négociions la paix entre un Bourbon et un Bourbon. Au nom de Dieu, pourquoi pas? N'avons-nous pas négocié entre un Bourbon et son peuple? et avez-vous eu quelque raison de nous soupconner en défaut dans cette circonstance ?
M. de Marcellus même fut surpris de cette déclaration, et peut-être ne l'a-t-il crue qu'à moitié ; maïs ce qu'il a su mardi et ce qu'il entend maintenant tous les jours l'a satisfait, j'ose le dire, sur la rectitude de mon opinion. « Eh quoi donc! » direz-vous peut-être, la France est-elle tellement asservie
« Is France to truckle to the public voice of England? Is she not to assert her honour, and to maintain her security, if England objects to her mode of accomplishing those purposes? » — Far be it from me to hazard any such doctrine! But I venture to suggest that in either of two views, the judgment of England cannot be quite indifferent to France. As a moral, and enlightened people, it cannot be indifferent that the English nation, weighing the cause of France against Spain, in the ba- Jance, should pronounce her pretexts for war frivolous, and her intended aggression unjust ; — that it should be thus made plain to France before-hand that in the course of this war (if unfortunately it should begin) her success will he matter of regret, her failures matter of rejoicing to a whole friendly people. — But further it cannot be indifferent ta France to see that the Spanish war is considered by the instinctive sense of the people of England,
» à la voix publique de J’Angleterre? n'est-elle pas là pour » assurer son honneur, pour maintenir sa sécurité, si l'An- » gleterre lui objecte la manière dont elle veut accomplir ses » desseins ? » Qu'il soit loin de moi de hasarder une pareille doctrine, mais j'ose avancer que , sous Jes deux points de vue, le jugement de l'Angleterre ne peut être entièrement indifférent à la France. Comme un peuple moral et éclairé, il ne peut être indifférent que la nation anglaise, en pesant dans la balance la cause de la France avec la cause de l'Espagne, prononce que les prétextes de Ja France pour la guerre sont frivoles, ct l'agression qu'elle médite est injuste; qu'il soit tout d'abord démontré à la France que, durant cette guerre (si malheureusement elle a licu) , les succès scront une cause de regret, les revers une cause de joie pour un peuple entièrement ami. Mais bien plus, il ne peut être indifférent à la France de voir que la guerre d'Espagne est considérée par le sentiment instinctif du peuple d'Angleterre (auquel le gou-
untaught in this respect by their government, (and led indeed to believe that their government was of a different opinion), as touching very nearly English interests.
In truth, why revive , mon cher ami, the recollections of times, when Spain was the theatre of our contest and rivality? — Why revert to the succession war, and the family compact? M. de Montmorency avoided these topicks, when he asked the English plenipotentiary at Verona, what appui moral or material, we would give to France, if unavoidably envolved in a war with Spain ? — a war, by the way, in all the questions at Verona, represented as purely defensive on the part of France:
Was it worth wiils to change those questions from « European » to « French, » for the purpose of pointing them against England? or did it escape your observation that
vernoment n'avait pas fait la leçon sur ce sujet, et qui, au contraire, était disposé & croire que le gouvernement avait une tout autre opinion) comme touchant de très-près les intérêts anglais.
En vérité, pourquoi faire revivre, mon cher ami, les souvenirs des temps où l'Espagne était le théâtre de nos différends et de notre rivalité? Pourquoi revenir à la guerre de la Succession et au pacte de famille? M. de Montmorency évita ces sujets lorsqu'il demanda au pléoipotentiaire anglais, à Vérone, quel appui moral ou matériel nous donnerions à la France, si elle était inévitablement engagée dans une guorre avec l'Espagne; guerre qui, pour le dire en passant » était représentés, dans toutes les questions , à Vérone, comme purement défensive de la part de la France?
Valait-il la peine de changer ces questions «européennes » en questions « françaises, » dans le dessein de les tourner contre l'Angleterre? A-t-il échappé à votre observation que
such was the effect of the new light in which the speech of the king of France has placed them?
Now, do not mount your war-horse, and say—what signifies after all the ill-will, or even the hostility of England? There is no ill-will — and God forbid that there should be hostility ! — we are as peaceable as lambs. We want peace for ourselves, and for all the world; for you, our neighbours, especially; because we know, by woful experience, to what danger we are exposed paries cum proximus ardet. But, in that pacific disposition, we do most peacefally complain, that you have set us a task almost as difficult as you have set to the Spaniards. You have spoken aloud, before all the world, upon topicks, which in order to keep a stric, and unalterable neutrality, we ought to have ‘heen enabled to treat as obsolete and forgotten. °
telle était la nouvelle lumière que le discours du roi de France avait fait jaiHir sur ces questions ?
- Maintenant, ne montez pas sur votre cheval de bataille, et ne dites pas : Que signifient, après tout, la malveillance, ou même l'hostilité de l'Angleterre? Il n'y a pas de malveillance, et Dieu préserve qu'il y ait hostilité! nous sommes aussi paisibles que des agneaux ; nous avons besoin de la paix pour nous-mêmes, pour tout le monde, spécialement pour vous, nos voisins, parce que nous savons, par une triste expérience, à quel danger nous sommes exposés : paries cum proximus ardet ; mais, dans ces pacifiques dispositions , nous nous plaignons , très-paisiblement , de ce que vous nous avez donné une tâche presque aussi difficile que celle que vous avez tionnée aux Espagnols. Vous avez parlé haut, devant tout le monde, sur des sujets que, pour garder une stricte et inaltérable neutralité, nous aurions dû être rendus capables de traiter comme surannés et oubliés.
You have approximated two epochs which had. been
long distinct in our minds ; the war for Spain against Buo-
. naparte, of which undoubtedly we had not forgotten either the origin or the termination;—with that of a cen-
- tury ago, the origin of which was perhaps the last thing
- we should like to be reminded — except its termination. And we think rather hard, after having exhausted our blood and treasure in a war of six years against France, to restore the Bourbon to the throne of Spain, to have it recalled to our recollection that there was a time when France placed them there, in spite of us.
T really think it would have been better to keep the war toute europeenne as M. de Montmorency left it; than to change its nature to foute francaise, in the sense in which that term is now applied.
The distinction between « European » and «French» we were perfectly ready to allow; — in as much as vicinity,
Vous avez rapproché deux époques long-temps distinctes dans nos esprits : la guerre pour l'Espagne contre Bonaparte, de laquelle, sans aucun doute, nous n'avons oublié ni l’origine ni la fin; Ja guerre d'il y a un siècle, dont l’origine serait peut-être la dernière chose dont nous aimerions qu'on nous rappelât le souvenir, — si ce n’est sa conclusion ; et nous pensons qu’il serait dur, après avoir épuisé notre sang et nos trésors dans une guerre de six ans contre la France, pour établir les Bourbons sur le trône d'Espagne, de rappeler qu'il fut un temps où la France les y placa en dépit de nous.
Je pense réellement qu'il aurait mieux valu garder la guerre « toute européenne, » comme M. de Montmorency l’a laissée, que de changer sa nature en « toute française, » dans le sens qu'on applique maintenant à ce mot.
Nous étions parfaitement prêts à reconnaitre la distinction entre « européenne » et « française, » en tant que votre voisi-
and consequent liability to danger from contact or contagion, distinguished your claim to meddle in the concerns of Spain, from that of the remoter continent. But when consanguinity of dynasties is pleaded as the ground of interference , we cannot help recollecting that Zast French war in Spain (in which we triumphed) was undertaken by France to expel that dynasty; — and we do not take it kindly to be reminded that the last French war but one, (in which we were foiled) was carried on to introduce it. We might have been allowed to forget the battle of Almanza, when we had restored Ferdinand of Bourbon by the battle of the Pyrenees.
Besides — to revert to a suggestion in ‘one of my former letters; if this consanguinité be alone or in great part the cause of the French invasion of Spain (an invasion which all Europe, except the powers that were assembled at Verona, concur in deeming a great calamity )
nage, et par conséquent votre opposition au danger par contact ou contagion, distinguait votre droit de yous méler des affaires d'Espagne, de celui des peuples d'un continent plus éloigné. Mais lorsque la parenté des races est mise en avant comme cause d'intervention, nous ne pouvons nous empêcher de nous souvenir que la dernière guerre française en Espagne (dans laquelle nous triomphâmes) fut entreprise par la France pour expulser cetia race; et nous ne prenons pas bien qu'on nous remémore l'avant-dernière guerre française (dans laquelle nous fûmes vaincus) qui fut déclarée pour l'introduire. Nous aurions pu oublier la bataille d'Almansa , après avoir rétabli Ferdinand de Bourbon par la bataille des Pyrénées.
En outre, pour revenir à ce que je disais dana une de mos lettres précédentes, si cette parenté est seule, ou en grande partie, la cause de l'invasion française on Espagne (invasion que toute Europa , excepté les puissances rassemblées à Vérone, s'accorde à considérer comme une grande calamité) ;
do you not, in announcing the cause, indicate the remedy? — Austria has already, whether awkwardly or maliciously, reminded the Spaniards of happy times, antecedent to te transfer of Spain, of the house of Bourbon ; and we have our own cure fort misgovernment in 4688, too freshly and too constantly before our eves, to have any objection, to offer a similar expedient, if adopted by Spain.—Indeed, indeed, my valued friend , you have stirred mest incon-. venient reflections !
And what is the result to which these reflections lead me ? — Why — as before, to the one, only praticable and wholesome result — Peace, peace. I I thought this object desirable for France, (as for fall the world ), before the speech of the king of France; I think it doubly so since. « Peace with honour! » To be sure, you place your honour in obtaining security — security from the dangers to which you say your vicinity exposes you. Be it so, we
en annonçant la cause, né pouvez-vous indiquer le reméde?. L'Autriche a déjà, soit maladroitement, soit malicieusement, rappelé aux Espagnols les temps heureux qui précéderent le transfert de l'Espagne à la maison de Bourbon ; et la guérison que nous avons appliquée, en 1688, à un mauvais gouvernement, est trop vive et trop constamment devant nos yeux, pour que nous ayons aucune objection à faire à un semblable etpédient, s'il est adopté par l'Espagne, En vérité, en vérité, mon estimable ami, vous avez agité leg réflexions les plus embarrassantes.
Et quel est le résultat auquel ces réflexions m'amèhent ? Eh bien! tout comme d'abord, à an seul, à un seul praticable et salutaire résultat : la paix ! la paix! Si j'ai pensé qu'elle était à désirer pour la France (aussi bien que pour le monde) avant le discours du roi, je le pense doublement depuis. La paix avec honneur ! Certainement voire honneur consiste à obtenir des sécurités, sécurités contre les dangers auxquels vous dites
will labour with you, and for you, to obtain for you that seourity ; we advise you to take it small ; because in good truth, the Spaniards have not much to give, be they ever so willing. But we advise you, taking it, to make the most of it; to cry it up as sufficient to justify you in discountenancing your preparations for invasion, in laying down your arms, « If by that expression, M. de Villèle means withdrawing the army of observation.
Leave the Spanish revolution to burn itself out, within its own crater. You have nothing to apprehend from the eruption, if you do not open a channel for the lava through the Pyrenees.
Such are my opinions, honestly and sincerely given. Such, Lord Liverpool tells me he believed to be yours before you left this country inthe summer. He regrets, as much as he is surprized at the change. |
que votre voisinage vous expose. Qu'il en soit ainsi, nous tra- Vaillerons avec vous, et pour vous, afin de vous obtenir ces sécurités ; nous vous conseillons de les prendre, toutes petites qu’elles soient; car, en bonne vérité, les Espagnols n’ont pas beaucoup à donner, le voulussent-ils jamais. Mais notre avis ét, tout en les prenañt, de les vanter beaucoup , de vous écrier qu'elles sont suflisantes pour justifier la cessation de vos préparatifs d’invasion , et pour mettre bas vos armes, si par cette expression M. de Villèle entend retirer l'armée d'observation.
Laissez la révolution espagnole se consumer d'elle-même dans son propre cratère; vous n'ayez rien à craindre de l'éruption si vous n'ouvyrez pas à la lave un passage à travers les Pyrénées.
Telles sont mes opinions, données avec franchise et sincérité, Lord Liverpool me dit que telles il croyait être les vôtres avant que vous ne quittiez ce pays dans l'été : il regrette votre changement autant qu'il en est surpris,
It is not yet too late to save the world from a series of calamities. The key to the flood gate is yet in your hands. Unlock it, and who shall answer for the extent of devastation? « The beginning of strife is as the letting out of waters’. » So says inspired wisdom. Genius is akin to inspiration ; and I pray that if may on this occasion profit by the warning of the parable ; and pause !
Ever, my dear friend, your friend and your admirer.
CANNING