M. CANNING A M, DE CHATEAUBRIAND
London , february 7, 1823.
__ I searcely know how to write to you to-day, my dear M. de Chateaubriand. I hesitate between the duty of sincerity , and the fear offence; till I have almost a mind not to write at all. But there is no end of such difficul-
Tl n’est pas encore trop tard pour sauver le monde d'une sé rie de calamités. La clef de l'abime est encore entre vos mains : ouvrez-le; et qui pourra répondre de l'étendue de la dévastation ? « Le commencement des querelles est comme l'éruption des eaux, » de la Sagesse inspirée. Le génie est parent de l'inspiration; et je prie que, dans cette occasion, il puisse profiter de l'avertissement et de la parabole, et s'arrêter !
Pour toujours, mon cher ami, yotre ami et votre admirateur. |
Je sais À peine comment vous écrire aätijourd'hui, mon cher monsieur de Chateaubriand ; j'hésite entre le devoir de la sincérité et la crainte de l'offense, à un point qu'il me vient presque à l'esprit de ne pas écrire du tout. Mais de telles dif=
ties ; or rather, if such difficulties are suffered to prevail there is an end of our correspondence, And that, I may say without flattery to you, or Vanity on my own part, would, in the present crisis of affairs, be a national, if not an Æuropean misfortune. I write therefore, and will write the truth; subject, I am afraid to some possible misconstruction and to the risque of what may be distastefull, but with no other intention (ita we Deus adjuvet) ; than that of consulting your ease and honour as well as my own, and the interests of both our governments ; and . in the confidence that, even if you distrust my judgment, you cannot doubt my friendship.
Well then, to begin at once with what is most unpleasant to utter, you have united the opinions of this whole nation, as those one man, against France. You have excited against the preseat soveraing of that kingdom, the feelings which were directed agzimst the aserper of
ficuiltds ne finiraient pas + où platbt, st nous laissons prévaloir ces difficultés , c'est notre correspondance qui finira. Et cela, je puis le dire sans flatterie pour vous comme sans vaisité sur mon propre compte, serait, dans la crise présente d'affaires, ut malheur national, sinon « européen. » J'écris dont, et j'écrirai la vérité ; exposé, j'en ai peur, à quelque mal-entendu et au risque de pataître désagréable , mais sans aucune autre intention ( ita me Deus adjuvet / } que celle de consulter votre " convenaate et votre honneur aussi bien que les miens, et les intétèts de nos deux gouvernements; dans la confiance enfin que , si vous rejetez mon jugement , vous ne douterez pas de mon amitié.
Eh bien donc ! pour commencer par ce qu'il y a de plus déplaisant. à prononcer, vous avez uni contre la France les opinions de tout ce peuple comme celle d'un seul homme: Vous avez excité contre le présent souverain de ce royaume les sentiments dirigés contre l'usurpateur de la France et de l'Es-
GUERRE D'ESPAGNE, Bud France and Spain , in 4808 , nay, the consent , I am grieved to say, is more perfect now than on that occasion : for then the Jacobins were loath to inculpate their idol; now, they, and the Whigs and Tories, from one end of the country to the other, are all one way. Surely sucha spontaneous and universal burst of national sentiment must lead any man, or any set of men, who are acting in opposition to it, to doubt whether they are acting quite right. The government has not on this occasion Zed the public; quite otherwise. The language of the government, has been peculiarly measured and temperate; and its discretion far more guarded than usual; so much so, that the mass of the nation were in suspense as to the opinions of the government and that portion of the daily press, usually devoted to them, was (for some reasons better known perhaps on your side of the water than on ours) turned in a directly opposite course. I was not without
pagne, en 1808; bien plus, l'assentiment, je suis forcé de le dire, est plus parfait à présent qu'il n'était alors ; car alors les jacébins avaient de la répugnance à blâmer leur idole; maintenant, eux, et whigs et torys, d'un bout du pays à l'autre, sont tous du même avis. Sdrement une explosion spontanée et universelle des sentiments nationaux doit amener tout homme, ou toute masse d'hommes agissant en opposition à ces sentiments, à douter si ce qu'on fait eat bien. Dans cette oncasion, le gouvernement n'a pas conduit le public ; il en est tout autrement. Le langage du gouvernement a été particulièrement mesuré et tempéré, et il s'est tenu sur la réserve bien plus que de cou- © tume ; si bien que la masse de la nation était en suspens touchant les opinions du gouvernement, et que la partie de la presse quotidienne qui lui est habituellement dévouée se trouvait (par des raisons mieux connues peut-être de votre côté de l'eau que du nôtre) tournée dans un sens directement opposé. Je n'étais pas sans m'attendre à un tel houillonnement :
expectation of such an ebullition. M. de Marcellus will probably have told you that I did express such an expectation to him, and that I assured him of my perfect conviction that if the word « neutrality » had found its way into the speech, we should have had to combat the combined efforts of all parties in the House of Commons, to get rid of it. Even if you distruct us, what hinders your negociating for yourselves? Only negociate at least, before you invade.
. Ever, my dear M. de Chateaubriand, with the sincerest regard and admiration , yours.
CANNING