M. LE DUC DE MONTMORENCY-LAVAL A M. DE CHATEAUBRIAND
Kome, 19 mai 1825.
Le nonce est chargé, monsieur le Vicomte, de vous communiquer une dépêche du prince de Metternich au comte Aponny, en date du 47 avril, et la réfutation du cardinal, du 9 mai.
Vous ne pouviez me donner un moyen plus assuré de plaire au Cardinal, qu’en me chargeant de lui porter quelques paroles qui promettent intérêt et protection au saintsiége dans ses différends avec l'Autriche. |
On est peut-être à tort convaincu que l’intention de l’Autriche est d'occuper militairement les trois légations, immédiatement après la mort du pape. On est tellement per-
saadé, qu’on prétend avoir connaissance de lettres circulaires déjà imprimées à Modène, par lesquelles on invitera les fournisseurs du duché à concourir pour les approvisionnements nécessaires à un corps de vingt mille hommes.
Le gouvernement romain est beaucoup trop circonspect pour oser lui-même parler dé telles révélations , mais elles nous sont parvenues, au ministre de Russie et à moi, par une voie indirecte.
Ti me reste à vous répondre , au sujet du désir de la démission de l’archevêque de Lyon , dont vous me parlez dans votre lettre particulière du 23 avril : j'ai consnité des gens quilapprochent ; jamais le cardinal Fesch ne se pliera à ce sacrifice. Les anciennes tentations ont été inutiles ; celles-ci le seraient encore.
Je n’ai plus, monsieur le Vicomte, qu’à me féliciter avec vous de nos progrès en Espagne, et dans le cœur des Espagnols. Mais que fait-on à Séville, et sir William A’Court laissera-t-il jamais M. le duc d'Angoulême approcher de la personne du roi ?
Je ne connais rien de plus noble et de plus digne d’un ministre du roi que vos paroles dans les deux chambres.
C’est mon plaisir d’en faire convenir quelques libéraux anglais que nous avons encore ici ; vous les dépeignez parfaitement.
. Vous ne doutez, monsieur le Vicomte, de mon ancien et inaltérable attachement.