‹ Congrès de Vérone (volume 2)Chapitre 42 sur 80 · M. DE PALMELLA A M, DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

M. DE PALMELLA A M, DE CHATEAUBRIAND

. Lisbonne, juin 4825.

J’osecroireque la nouvelle que votre Excellence recevra des événements mémorables qui viennent de se passer en Portugal ne pourra être accueillie avec indifférence ni par sa majesté très-chrélienne ni par son ministère , d’aptant plus que l’étonnante et subite résurrection de la monarchie portugaise confirme l'opinion que votre cabinet s'était formée sur les affaires d'Espagne. Il y a tout lieu d'espérer que l'exemple glorieusement donné par la nation portugaise sera suivi par la plas grande partie des habitants de la Péninsule.

Un des premiers vœux de Sa Majesté très-fidèle , aussitôt qu’elle s’est vue de nouveau libre sur son trône , a été celui de renouveler avec Sa Majesté le roi de France toutes

les relations amicales qui se trouvaient interrompues et compromises par l’aveuglement de la faction révolationnaire quia gouverné le Portugal.

Je me félicite, monsieur , d'avoir été choisi par le roi, mon maître, pour adresser l’expression de ce vœu à votre Excellence, et j'espère qu’elle voudra bien permettre à M. le marquis de Marialva d’en être l’organe auprès de Sa Majesté très-chrétienne. Il aura ’honneur de lui exprimer toute la part que le roi mon maître prend à l'heureux succès de la glorieuse entreprise de Son Altesse royale monsieur le duc d'Angoulême, entreprise qui certainement a contribuéa faciliter et à avancer la contre-révolution portugaise. Sa Majesté se propose d'envoyer au plutôt un officier-général pourtémoigner des mêmes sentiments au quartier-général de Son Altesse royale.

Espérons, monsieur , que l’Europe pourra cueillir enfin le fruit de tant de malheurs, et profitera de sa triste expérience ! Trois ans ont suffi pour démontrer aux Portugais le danger et la fausseté des doctrines démagoziques ; et la charte que Sa Majesté se propose d’accorder à ses sujets comme une juste récompense de lear fidélité et de leurs vertus patriotiques, suffira, sans doute, pour satisfaire i’opinion de la partie sensée de la nation, pour guérir graduellement les plaies que la révolution a laissées, et pour tnain-

-tenir une tranquillité durable.

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