‹ Congrès de Vérone (volume 2)Chapitre 59 sur 80 · ANCILLON · texte numérisé non relu

ANCILLON

M. DE METTERNICH A M. DE CHATEAUBRIAND

Lemberg, le 20 octobre 1823.

Monsieur le Vicomte, -

Le courrier de Votre Excellence qui m’a remis, le 48 ’ dans la matinée, la lettre qu’elle m’a fait l'honneur de m'écrire le 8 de ce mois, ainsi que celle qui s'y trouvait jointe pour l’empereur, mon auguste maître, est arrivé ici au moment même où Sa Majesté venait de partir pour retourner dans sa capitale. Ne pouvant pas douter de la vive satisfaction avec laquelle l'empereur apprendrait l’heureuse délivrance du roi Ferdinand et de sa famille , je me suis fait un devoir de lui expédier sur-le-champ votre lettre par courrier, et venant de recevoir dans le moment même là réponse que vous adresse Sa Majesté, je ne perds par un instant pour vous la transmettre. Je vous demande la permission, monsieur le Vicomte, d’y joindre mes félicitations les plus sincères sur un événement aussi glorieux pour les armes du roi, qu’il est satisfaisant pour son cœur et impor- - tant pour le repos de l'Europe. La coincidence de la délivrance de S. M. C. avec l’aplanissement des nombreuses et graves complications , qui depuis trois ans menaçaient de troubler le repos de l’Europe dans l'Orient , est une de ces conjonctures heureuses que la Providence paraît avoir miraculeusement amenées pour mettre enfin un terme aux + maux que souffre l’Europe depuis trente ans, et pour assurer le triomphe des principes éternels du bien sur le génie du mal. Ce triomphe esten partie votre ouvrage, monsieur le Vicomte , et je partage sincèrement la vive satisfaction que vous devez en éprouver !

Veuillez agréer, avec mes remerciements , l’assurance de ma haute considération.

METTERNICH

Vicomte de Châteaubriand.

Moi, Don Jean , par la grâce de Dieu, roi du royaume uni du Portugal, Brésil et Algarves, en-deca et en-dela de la mer d’Afrique, seigneur de Guinée, et de laconquéte, navigation et commerce de l’Éthiopie, Arabie, de la Perse et de l'Inde , etc.

Je vous salue :

Prenant en considération vos qualités distinguées , vos mérites et services agréables à mon auguste frère et allié le roi de France , qui vous a confié la direction des affaires de son royaume; et voulant vous donner un témoignage authentique du haut prix que j’attache aux services que, comme son ministre d’état , vous avez rendus à la cause de Sa Majesté Catholique et de sa royauté; j’ai trouvé bon de vous élever à la dignité de grand’croix de mon royal ordre de notre Seigneur Jésus-Christ. Et, afin que l’ayez pour entendu et puissiez porter les insignes que je vous envoie, et qui, comme tels, vous appartiennent, je vous fais cette lettre, et que Dieu vous tienne dans sa sainte garde.

Écrit à notre palais de Bemposta , le 43 novembre 4825, .

LE Rot.

Contresigné, JOAGHIM PEDRO GOMES DE OLIVEIRAs

Saint-Pétersbourg, le 24 novembre 1823.

Dans le cours des graves événements , qui depuis l’année dernière ont fixé l'attention de l’Europe, j'ai eu plus d'une fois occasion d’applaudir à vos talents et à vos principes. Les plus heureux succès ont couranné la noble persévérance avec laquelle vous avez soutenu la cause de l’ordre; et tous ceux qui partageaient avec vous le désir de la voir triompher vous doivent des témoignages de leur estime. C'est à ce titre que je vous prie de recevoir , monsieur le Vicomte, les décorations ci-jointes de l’ordre de Saint- André. Veuillez les regarder comme la meilleure preuve des sentiments que je yous porte.

ALEXANDRE

Berlin, ce 24 novembre 1823.

Monsieur le Vicomte de Chateaubriand , vous connaissez l'estime que depuis longtemps j’ai pour vous. J’ai un véritable plaisir à vousen offrir aujourd’hui une nouvelle marque, en vous faisant tenir mon ordre de I Aigle-Noir. J'aime, du reste, à me dire que vous n’aviez pas besoin de cette preuve pour être convaincu que j’ai parfaitement reconnu et apprécié les services signalés que, par votre coopération éclairée au succès de l’entreprise contre l’Espagne révoltée, vous avez rendus à l’Europe. Sur ce, je prie Dieu, monsieur le vicomte de Chateaubriand , qu’il vous ait en sa sainte et digne garde.

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