‹ Congrès de Vérone (volume 2)Chapitre 64 sur 80 · COLONIES ESPAGNOLES. 224 M. DE RAYNEVAL A M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

COLONIES ESPAGNOLES. 224 M. DE RAYNEVAL A M. DE CHATEAUBRIAND

Berlin, 17 octobre 1825.

‘Monsieur le Vicomte ,

Je profite de l'occasion que me procure M. de La Ferronnais, pour vous envoyer la dépéche ‘par laquelle je vous annonce l’arrivée à Berlin du courrier porteur de la grande nouvelle de la délivrance du roi Ferdinand. Je voudrais pouvoir y ajouter quelques détails sur l'effet qu’elle a produit dans le public, où il y avait encore assez d’incrédules sur un succès définitif de notre part ; mais, par une fatalité tont à fait contrariante, un accès de goutte très-fort est venu me surprendre la veille même du jour de l’arrivée du courrier. C’est tout ce que j'ai pu faire que d’aller chez le comte de Bernstorff, à qui j'avais promis d'annoncer moi-même un événement qu’il attendait , je dois lui rendre cette justice, avec une impatience presque égale à la mienne, Mais cette sortie m’a mal réussi, et depuis il m'a été impossible de quitter le coin de mon feu. Le comte de Bernstorff étant aussi retenu chez lui par le même motif que moi, je n’ai rien pu savoir qui fût digne de vous être mandé. |

: Je ne terminerai point cette lettre, monsieur le Vicomte, ‘sans offrir à Votre Excellence mes bien sincères félicitations sur la part qu’elle a eue aux grands événements qui font aujourd’hui la joie et l'orgueil de tous les cœurs vrai- ‘ment français. Il n’est personne qui ne reconnaisse combien l’énergie de vos conseils, la rectitude de vos principes, : ont contribué au succès. L’esprit de rébellion éteint dans son dernier asile, et, du même coup, la monarchie

légitime à jamais affermie en France, commencent pour l’Europe une nouvelle ère politique à laquelle se rattachera votre nom , ce nom déjà illustré de tant de manières. Agréez , monsieur le Vicomte, l'hommage de mon entier dévouement et celui de ma haute considération. RAYNEVAL.

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