‹ Congrès de Vérone (volume 2)Chapitre 8 sur 80 · XXII · texte numérisé non relu

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Examen des trois cas de guerre exposés par M. le vicomte de Montmorency. — Le congrès n’a pas poussé la France à la guerre ; la Prusse et surtout PAutriche y étaient fort opposées. — Réflexions sur les notes de M. le ministre des affaires étrangères. — Noble conduite de ce ministre, — M. Gentz.

Dans la séance du 47 novembre , les plénipotentiaires examinérent, pour arriver à une détermination, les trois cas de guerre exposés par M. le vicomte de Montmorency, et qui pouvaient suivre les questions éventuelles de la déclaration du 20 octobre. Ces trois cas de guerre étaient :

4° Celui d’une attaque à main armée de la part de l’Espagne contre le territoire français, ou d’un acte officiel du gouvernement espagnol provoquant directement à

la rébellion les sujets de l’une ou de l’autre des puissances ;

2° Celui de la déchéance prononcée contre Sa Majesté le roi d'Espagne, d'un procès intenté contre son auguste personne , ou d’un attentat de même nature contre les membres de la famille;

Se Celui d'un acte formel du gouvernement espagnol portant atteinte aux droits de succession légitime de la famille royale. |

Ainsi donc, c’est la France elle-même qui, par l'organe de M. de Montmorency, a déclaré qu’elle serait sans doute obligée de faire la guerre; c’est la France qui, le cas échéant, a demandé à ses alliés ce qu’ils comptaient faire si des hostilités venaient à éclater. Non-seulement le congrès n’a pas poussé la France à la guerre, mais la Prusse et surtout l'Autriche y étaient trés-opposées; la Russie seule l’approuvait, et promettait son appui moral et son appui matériel.

IL était tout simple qu’en cette périlleuse entreprise, avant de nous y jeter, nous voulussions connaître ce que | nous laissions derrière nous et les dispositions de nos alliés. Nous devions surtout prévoir que l’Angleterre pourrait intervenir et se poser en face de nous auprès des Espagnes. La seule parade à ce coup était de lui présenter un faisceau de puissances unies, de la retenir en lui montrant qu'une guerre avec la France serait, pour le cabinet de Saint-James, nne guerre possible avec le continent, une guerre certaine avec la Russie. Cette précaution ne m'était pas d’une grande valeur, car je pense qu’une guerre de la France contre l'Angleterre serait d'un succès facile si elle était conduite d'après un plan nouveau, et si l’on ne s’alarmait pas de quelques sacrifices nécessaires; mais, dans le cas actuel, il était

toujours sage d'empêcher cette rupture, en contenant M. Canning par la possibilité d’une conflagration générale. |

Voilà oe qui rend les notes de M. de Montmorency inattaquables. Cependant, s'il nous avait fait l'honneur de nous consulter, et s’il n’eût point rédigé ces nates dans le seoret de son cabinet, aveo M, Bourjat, elles auraient été libel- Jées autrement : elles n’eussent point demandé catégoriquement à l'Europe ce qu'elle pensait de nous et des diffioultés dans lesquelles nous pourrions nous trouver engagéa; elles se fussent contentées de dire : « Nous, étant » contraints à la guerre, et l'Angleterre intervenant, » embrasseres-vaus natre alliance? » On n'aurait point parlé de la possibilité d'un secours matériel ; car, en sup= posant un revers en Espagne, nous avions une révolution en France, et tous les Cossques de la terre ne nons auraient pas sauvés.

Plein de vénération pour les vertus de M. le vicomte de Montmorency, yous sommes obligé d'avouer que nous n'avions pas le bonheur de lui agréer, Pepsanne plus que Jui n'avait aimé et n’aimait encore les libertés publiques ; mais les crimes do 1795 le tenaient en garde contra ses premières opinions et Jui laissaient des doutes sur la valeur des principes qu'il avait aus. Jl y a aussi des sympathies et des antipathies d'humeur et de caractére ; nous n'étions pas honoré de la eanfiance de M. de Montmorenoy, il nous avait vu venir avec regret au-delà des monts; il aa tait apposé à notre mission ; nous la devions à M. da Villèle , qui était bien aise d'avoir un ami à Vérone, Nous n'eûmes de véritable crédit au congrès qu'après le départ de M. de Montmorency. Nous devons rendre cette justice au duc Mathieu, les qualités supérieures de son âmel'emportérent sur son peu de penchant pour natre personne :

en nous quittant, il détrnisit d’une façon tonte magnanime les préventions qu’on avait inspirées à Alexandre contre nous; il devint ainsi la eause première de notre faveur auprès de ce prince , sans crainte de se donner un rival. Mais enfin tout se traita d’abord presque à notre insu ; si vous exceptez la traite des noirs et les colonies espagnoles, on ne demanda notre sentiment sur rien ; tout se passa entre les chefs des cabinets, ainsi que l'indique suffisamment l’intitulé même des communicastians ver bates. Nous n'eùmes guère de rapports qu'avec M. Gentz ; nous l'avons vu mourir doucement au gon d'une voix qui Jui fit oublier eelle du temps.

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