‹ Congrès de Vérone (volume 3)Chapitre 13 sur 53 · LE GÉNÉRAL GUTLLEMINOT A M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

LE GÉNÉRAL GUTLLEMINOT A M. DE CHATEAUBRIAND

Madrid, 15 juin 1825.

Monseigneur,

Je reçois la lettre que votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire le 8.

Notre droite n'est point perdue de vue. Dans ce moment , la brigade Huber opère par Reynosa contre quelques troupes constitutionnelles , qu'on dit avoir passé la Deba, pour marcher contre Saint-Ander et Santona que bloque le général Marguerie. Nous avons dans cette partie 4?ooo hommes, qui sont plus que suffisants. Bourke, qui est à Léon , agit en même temps sur Oviedo. Nous attendons de bons résultats de cette combinaison, et surtout de la désunion et du découragement qui règne chez l'ennemi. Une lettre que nous avons interceptée, et que j'ai envoyée hier au ministre de la guerre, vous donnera de justes espérances sur les succès de nos affaires dans les Asturies et la Galice.

Wilson y est venu ; et , après avoir pris connaissance de l'état des choses dans cette partie , est entré en Portugal par Orensée. Il y arrivera trop tard, la contre-révolution y est consommée. Le roi et la famille rovale y sont entièrement libres. Un de mes officiers, envové aux nouvelles à Sala-

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manque, m'apprend que le comte d'Amarante a quitté cette ville le 8 au matin, pour se joindre aux troupes qui se sont déclarées pour le roi.

Morillo, à qui j'ai envoyé une lettre de sa femme, paraît bien disposé, ainsi que plusieurs de ses généraux. Bourke doit entrer en relations avec lui.

Nous en avons ouvert de nouvelles avec Saint- Sébastien et Pampelune. Une lettre que j'ai de L'Abisbal pour son frère, qui est dans la première de ces places, a déjà produit quelque division parmi les chefs de la garnison. L'Abisbal doit être arrivé à Bayonne. Il avait été arrêté par les autorités deBergara, qui le croyaient en fuite; mais il a été relâché.

Je pense aussi que le roi sera emmené à Cadix. Bordesoulle prendra alors le commandement des deux colonnes expéditionnaires, et serrera Cadix de près. Tl n'y a pas d'apparence que S. M. C. aille à Badajos. Cette place n'est pas en état , et la situation actuelle de Portugal ne permet pas d'y songer. Bourmont, qui suit la direction de Badajos, ne rencontre rien ; il a passé le Tage sans coup férir, et était le juin à Truxillo.

Nous espérons que les douze mille hommes que vous nous envoyez ne nous feront pas faute d'ici au moment où ils pourront entrer. Nous profitons de la disposition des esprits pour frapper vite. Je mets tous mes soins à bien coordonner la marche de tous ces paquets qui, dans les cir-

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