L'Eucharistie, Source de Dévouement
A la conviction l'apôtre doit joindre un dévouement sans borne. Qui creusera dans son cœur des abîmes assez profonds pour qu'il puisse embrasser dans son zèle l'humanité tout entière ? Qui lui donnera ce courage héroïque de donner son argent, son temps, ses lumières, ses conseils, ses services, sa santé, bref, de se donner lui-même ? Cette bonté, cette patience, cette abnégation, cet amour passionné du sacrifice, vertus nécessaires à l'apôtre, qui les fera s'épanouir dans son âme comme la fleur s'épanouit sur sa tige ? Qui gardera dans le cœur humain, théâtre de si terribles combats, la pureté, source de vrai dévouement ? L'Eucharistie. C'est grâce à Jésus-Christ que les Apôtres ont parcouru la terre, bravant la fatigue, afïrontant les dangers, n>éprisant les supplices et la mort. C'est après avoir reçu Jésus-Christ dans l'Eucharistie, que des millions de martyrs, des légions de vierges et de jeunes gens ont rendu témoignage au Christ au milieu des plus affreux tourments.
C'est après une sainte communion que les pénitents, les anachorètes ont fui dans le désert et se sont imposés de si terribles mortifications. C'est l'Eucharistie qui a fait naître et qui soutient tant d'institutions où l'on assiste l'enfance et la vieillesse, où l'on soulage la souffrance.
Peut-il en être autrement ? Le fer plongé dans le feu en prend la nature et dcxicnt comme du feu, les saints, à force de regarder le divin Idéal, se sont faits peu à peu à sa ressemblance, le cœur humain mis en contact avec le cœur de Jésus-Christ
ar
recevra de sa pureté, de son ardeur, de son amour pour Dieu et pour les âmes.
Quel cœur pur que celui de Jésus! Depuis près de vingt siècles des hommes ont essayé et essayent encore en vain d'y trouver une fibre souillée pour nier sa divinité et faire taire nos hymnes d'adoration, et c'est ce cœur que l'on reçoit dans la sainte Communion.
Voulez-vous la mesure de son dévouement ? Jugez-le. Il donne tout : sa doctrine, sa puissance, sa liberté, son honneur, son sang, sa vie. ''Dédit semetipsum: il se donne lui-même." Dans l'ivresse de son amour, "il s'anéantit pour nous: exinanivit".
Voyez-le: Lui, la bonté même, accablé de tristesse, abreuvé de dégoût: il agonise dans la grotte de Gethsémani où lui apparaissent toutes les tortures de sa douloureuse Passion, surtout nos innombrables péchés. Lui, le Juste, est trahi, renié, abandonné par les siens, livré à ses ennemis, condamné contre toute justice, rassasié d'opprobres, maudit par le peuple témoin de ses miracles et comblé de ses bienfaits. Et sur la cîme ensanglantée du Golgotha, Lui, l'Auteur de la vie, déchiré de coups, couronné d'épines, avant de consommer son sacrifice, s'écrie qu'il pardonne et qu'il a soif de nos âmes.
Vraiment, Jésus nous a aimés jusqu'à la folie. Lorsque ce Cœur d'une pureté sans tache, d'un dévouement qui va jusqu'à se donner même pour ses ennemis, vient battre sur notre cœur, vient s'identifier avec le nôtre, puisque dans ces unions l'élément inférieur se transforme en l'élément supérieur, il ne lui arrachera pas ses sentiments d'égoïsme, pour y allumer la flamme de l'amour, du sacrifice, de l'abnégation, la flamme de l'apôtre ? Non, cela est impossible.
Semez des hosties et vous récolterez des apôtres!
Remplis de la vie divine par la communion quotidienne, débordants de Jésus-Christ, de son nom, de sa doctrine, de ses œuvres, nos élèves, dès leur passage au Séminaire, en imprégneront leurs pensées, leurs sentiments, leurs actions. En un mot, ils en vivront. Tout vif sentiment, toute pensée forte, toute conviction profonde tendent à s'exprimer par tout l'être et l'activité, à éclater au grand jour. Comment se contenir partout, quand on a l'âme pleine d'un nom ? Comment lier sa langue quand le cœur se trouve trop petit pour renfermer une émotion qui malgré lui déborde ? Comment ne jamais répéter
les échos d'une voix qu'au-dedans de soi l'on entend sans cesse ? Comment emprisonner une conviction dont on vit ? Nous croyons, disait saint Paul, voilà pourquoi nous parlons. Nos élèves affirmeront au Séminaire et plus tard, dans le monde, la foi de Jésus-Christ, cette foi que redisent les échos des siècles, qui trouve toujours des docteurs pour la proclamer, des saints pour la traduire, des martyrs pour la confesser. A ceux qui leur diront: "Nous vous défendons d'enseigner au nom de Jésus-Christ", ils répondront avec saint Pierre: "Nous ne pouvons taire ce que nous avons vu et entendu". Par nos paroles et par nos actes nous le proclamons hautement: Jésus-Christ est notre Roi, le Roi des individus et des peuples! Il régnera!
Le deuxième orateur est Monsieur l'abbé H. Cousineau, curé de Saint-Eustache. Le sujet de son discours a trait à "T influence de l'Eucharistie sur la vie chrétienne, individuelle, familiale et sociale."
Influence de l'Eucharistie sur la vie chrétienne, industrielle, familiale et sociale
Discours de M. l'Abbe Cousineau.
Messieurs,
Il se fait de nos jours un mouvement admirable vers l'Eucharistie; mais il y a quelque chose, il me semble, d'anormal dans ce mouvement: c'est que les foules qui viennent à la Table Sainte sont trop exclusivement composées de femmes et d'enfants. Pourtant les enseignements des Souverains Pontifes, la Théologie, la doctrine chrétienne ne distinguent jamais entre les deux sexes, et font un devoir respectif à tous de la communion fréquente. La Communion n'est pas une dévotion particulière, elle est la décision fondamentale de la vie chrétienne. Conséqu»mment, elle s'adresse aux hommes comme aux femmes. Il est certains restes de jansénisme, un certain préjugé qui éloigne de la Table Sainte. Eh bien ! il faut le détruire énergiquement. C'est une erreur que la communion soit bonne seulement pour les femmes et les enfants. La communion fré-
quente doit être la pratique des hommes, et je dirai surtout des hommes; car l'homme joue dans la famille comme dans la société un rôle prépondérant. A lui de bien faire, de donner l'exemple.
Jésus-Christ, en rachetant l'homme, en mourant sur la croix, a créé dans le monde une vie nouvelle, et cette vie, du nom sur Christ, s'est appelée la vie chrétienne. Comme elle dépasse toutes les exigences et toutes les forces de la nature humaine, les théologiens l'appellent vie surnaturelle. Elle élève l'homme jusqu'à Dieu, lui faisant partager les prérogatives de la Divinité. Elle mérite bien le nom de vie divine. Cette vie nouvelle est sortie du Cœur du Christ dans un élan de miséricorde et de générosité purement gratuite; et pour cette raison, on l'appelle vie de la grâce.
Elle n'est pas restreinte à un groupe spécial d'individus, à une catégorie de choix, à un peuple privilégié. Non, Jésus- Christ a sauvé le monde, il a élevé le monde à la vie de la grâce. Et cette vie de la grâce divinise l'homme dans tout son être: son intelligence, sa volonté, ses sens, son âme et son corps.
A cette vie il fallait un aliment et Jésus-Christ n'en trouva pas de meilleur que lui-même. De là est née la chose sainte par excellence, le Sacrement des sacrements, l'Eucharistie: «Je suis le Pain vivant descendu du ciel; celui qui mange de ce Pain a la vie en lui, et je le ressusciterai au dernier jour. Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang, vous n'aurez point la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang vit en moi et moi en lui." C'est là, le dogme fondamental de la morale chrétienne, la vie de la grâce; et comme nourriture de cette vie, l'Eucharistie. La vie chrétienne ne se comprend pas sans l'Eucharistie, pas plus que la vie physique ne se comprend sans la nourriture corporelle.
L'histoire de l'Eglise démontre, d'une façon frappante le lien étroit et nécessaire entre la communion fréquente et la vie chrétienne. Les siècles de communion fréquente ont été des siècles de foi et de vie chrétienne. La communion quotidienne a fait triompher l'Eglise de la rage de ses persécuteurs pendant les trois premiers siècles. Puis le vieux monde s'est écroulé. Au Moyen-Age, la communion fréquente fut en honneur.
Aussi la vie chrétienne débordait-elle partout dans les arts et les sciences. Voyez le génie chrétien nourri de l'Eucharistie s'épanouir dans les chefs-d'œuvre de peinture et d'architecture. Les cathédrales du Moyen-Age nous apportent à travers les siècles un parfum de surnaturel et de divin que le génie d'aujourd'hui est impuissant à reproduire.
L'erreur qui s'appelle le Jansénisme (1583-1638) éloigna plus tard les peuples du banquet eucharistique, et du coup furent taries les sources fécondes de la vie chrétienne. Les erreurs les plus condamnables ont envahi le monde, comme les herbes les plus desséchées. Je ne vous ferai pas l'histoire du matérialisme, du naturalisme, du rationalisme, du socialisme, et pour les résumer toutes, l'histoire du modernisme en ces derniers siècles. Toutes ces erreurs, qui ont contribué à obscurcir dans le monde le flambeau de la foi et à étoufïer la vie chrétienne, sont nées du Jansénisme ou de l'éloignement du banquet eucharistique.
Pourtant, ne désespérons pas. Le Christ sommeille dans la barque de Pierre, que les flots impétueux des erreurs modernes ont menacé d'engloutir. Mais le Christ se réveille, et dans la personne de son Vicaire sur la terre il commande aux vents et à la tempête. Aux cris des apôtres et des disciples efïrayés: "Seigneur, sauvez-nous; nous périssons V — une voix pleine de calme et d'une majesté toute divine a répondu du fond du Vatican: "Instaurare omnia in Christo", tout rétablir dans le Christ, ramener la vie chrétienne dans les âmes, et à cet efifet les nourrir du pain eucharistique, mais les nourrir quotidiennement, mais les nourrir dès qu'elles sont capables de cette nourriture: "Celui qui mange ma chair et boit mon sang, vit en moi et moi en lui."
Le Décret de Pie X sur la Communion quotidienne, et celui sur la Communion des enfants: c'est donc le salut du monde, c'est la vie chrétienne ressuscitée dans les âmes. Les Pères de notre premier Concile national de Québec ont compris cette vérité. Ils nous l'ont enseignée dans leur lettre mémorable sur l'Esprit chrétien: monument de dogme catholique et de doctrine digne de figurer parmi les pages des plus saints et des plus illustres docteurs de l'Eglise. Cette lettre devrait être entre les mains de chacun d'entre vous. Si brève qu'elle soit, elle constitue le manuel le plus complet do ce que doit savoir et de ce
que doit faire tout bon catholique. Vous y verrez ce que doit être la vie chrétienne, le rôle de la communion fréquente dans la vie privée, dans la vie de famille et dans la vie sociale.
La vie du chrétien doit être la vie du Christ. Or, la vie du Christ sur la terre n'a pas été inspirée par des maximes de la vie mondaine. Il y a entre la vie privée du Christ et la vie mondaine un abîme infranchissable. Dans presque tous ses discours le Christ a stigmatisé l'esprit du monde, qu'il appelle esprit d'orgueil, esprit de Satan; et de lui-même il dit: "Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur' ' ; cette humilité qui est la base de la vie chrétienne, nous ne l'aurons que dans la communion fréquente. Où, du reste, pourrions-nous la trouver ailleurs ?
L'esprit du Christ, Messieurs, est un esprit d'obéissance. Sa vie fut une vie d'obéissance. "Il leur était soumis": c'est là, la vie du Christ pendant trente ans. Pendant sa vie publique, l'Apôtre saint Paul dit de lui qu'il"s'est fait obéissant jusqu'à la mort et jusqu'à la mort de la croix". Le mal de nos jours quel est-il ? Le mal de l'insubordination et de l'indépendance, le mal de Lucifer dans le ciel. On se révolte contre toute autorité: l'enfant supporte mal l'autorité de son père, le citoyen n'obéit aux pouvoirs légitimement établis que par la crainte du gendarme ou de la prison. Hélas! le chrétien lui-même, par ignorance ou par malice, s'arroge le droit de discuter et souvent de condamner les ordres et les lois de l'Eglise. Vertu d'obéissance donc, qui ne peut germer et croître que dans les âmes nourries quotidiennement du pain eucharistique.
Poursuivons. Le sensualisme envahit nos cœurs. On a horreur de tout ce qui gêne, de tout ce qui mortifie. Le désir du bien-être, l'amour de la jouissance, le luxe qui dévore les fruits du travail, l'intempérance du boire et du manger, du boire surtout, sont les fléaux de la société contemporaine. Et le remède à ce mal ? La communion fréquente ! Se nourrir chaque jour de Celui qui a dit: "Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il se renonce, qu'il porte sa croix et qu'il me suive."
La communion fréquente fait la vie chrétienne dans la famille. La famille, Messieurs, quelle chose sublime et sainte, lorsque sous le regard de Dieu, elle accomplit sa mission de peupler la terre de saints et le ciel d'élus. Aussi de tous côtés l 'esprit du mal attaque cette forteresse. Des lois impies aussi
contraires au droit naturel qu'au droit divin brisent le lien matrimonial, font du mariage un contrat vulgaire, soumis au caprice des passions les plus viles. Ou bien encore le mari qui n'a pas l'esprit chrétien néglige son épouse, ses enfants, son foyer; il fuit le sanctuaire pour aller s'abrutir au cabaret ou au club, laissant sans défense l'arche sainte confiée à sa garde. D'autres lois, non moins impies, peut-être plus criminelles, vous enlèvent, parents chrétiens, l'âme de vos enfants, faisant de l'école un temple tans Dieu.
Le remède à tant de maux, où est-il ? Toujours le même, Messieurs: '^ Instaiii a, e cmnia in Christo" -, ramener la vie chrétienne au foyer, en nourrissant abcndam.ment parents et enfants du pain eucharistique.
J'ai dans ma paroisse, et il y a dans toutes nos paroisses, plusieurs familles dont tous les membres: le père et la mère, les fils et les filles se partagent les quatre dimanches de chaque mois pour la communion. Je vous invite à contempler ces families, Messieurs; vous y verrez régner avec la prospérité matérielle, la paix et l'harmonie des intelligences et des cœurs. A passer devant ces miaisons, on sent qu'il y a du bonheur.
Enfin, dans l'ordre social, ne croyez-vous pas, Messieurs, que la communion fréquente serait la solution à des problèmes d'une importance indiscutable? Un grand mal social de nos jours est l'antipathie, quelquefois la haine entre les différentes classes de la société. Les puissants s'unissent pour écraser les faibles et les faibles se liguent pour résister aux puissants. Le capital méprise le travail et le travail déteste le capital. Quand donc cessera cette guerre fratricide ? Quand le patron et l'ouvrier, le maître et les serviteurs viendront, ccmm.e deux frères, s'asseoir souvent au même banquet eucharistique. Jusque-là on parlera de paix et il n'y aura pas de paix. La paix ne naîtra dans le monde que par la communion fréquente. Alors se réalisera la cantique des anges annonçant aux hommes la venue du Messie sur la terre: ''Gloire à Dieu au plus haut des deux et paix sur la terre aux hommes de bonne volotitél"
Rôle des Hommes dans l'Education eucharistique des Enfants
Discours de M. D. Leclair.
Monsieur Damien Leclair, un ancien zouave pontifical, parle ensuite de la part que doivent prendre les laïques dans le mouvement religieux, et spécialement dans l'éducation eucharistique des enfants au sein de la famille.
Dans ce Congrès eucharistique, dit-il en substance, contrairement à ce que nous constatons dans des réunions de ce genre tenues par nos frères séparés, nous ne venons pas pour discuter, encore moins pour présenter des vérités nouvelles. Nous sommes dans la possession tranquille de la vraie foi; nous venons simplement nous encourager mutuellement à la traduire plus fortement dans notre vie.
Pie X, le grand Pape de l'Eucharistie, nous a tracé notre programme et la marche à suivre. ' ' Instaiirare omnia in Christo, tout restaurer, tout rétablir dans le Christ" : tel est le véritable progrès à réaliser; devenir des catholiques convaincus, des catholiques d'action, en devenant d'abord les familiers, les convives assidus du Banquet eucharistique.
Nous devons, nous hommes, prendre part à ce mouvement de régénération chrétienne par l'Eucharistie. Comment cela ?
Au sein de la famille d'abord, en nous acquittant fidèlement de notre important devoir d'éducateurs chrétiens. Ce devoir nous l'exercerons plus particulièrement à l'égard de nos enfants, quand ils reviennent à la maison paternelle, après avoir été confiés aux éducateurs catholiques, ou quand ils ont atteint l'âge adulte.
Par nos conseils, et plus encore par nos exemples, nous devons compléter l'œuvre de leur éducation religieuse et morale, en leur facilitant les moyens de suivre leur vocation, en leur demandant de nous accompagner fréquemment à la Table Sainte, afin de puiser là les grâces dont ils auront besoin su r le chemin de la vie.
Cette profession de foi intégrale nous avons à la faire, non seulement dans l'intimité du foyer, mais au grand jour de la vie publique et dans nos relations sociales. Nos frères séparés pourraient peut-être nous faire la leçon sur ce point. Pourquoi craindrions-nous de nous montrer toujours et partout catholiques convaincus et militants ? Les catholiques des vieux pays, en France, en Belgique, em Allemagne, nous donnent à l'heure actuelle les plus nobles exemples, et leurs adversaires eux-mêmes déshabitués du fait, sont obligés d'avouer qu'ils apportent de la crânerie dans la manifestation publique de leur foi.
Puisque tout revient à l'esprit religieux, conclut l'orateur, puisque dans les pays les plus avancés dans la civilisation, on s'aperçoit et on avoue avoir fait fausse route, allons-nous dégénérer ? Allons-nous nous engager dans les voies qu'ailleurs on abandonne ? Il est grand temps de nous arrêter. Fermons l'oreille aux discours faux et trompeurs de ceux qui ne sont pas de Dieu et cherchent à nous faire abandonner notre culte extérieur et public. Soyons des apôtres laïques, comme le furent les deux vaillants chrétiens dont nous célébrons cette année le centenaire. Veuillot est mort les armes à la main, faisant bonne garde au pied du trône du chef suprême de l'Eglise catholique. Ozanam prêcha la charité, la commisération du pauvre et de l'afifîigé. Leurs œuvres subsistent, et qui dira jusqu'à quel point, dans les desseins de la Providence, ils ont contribué à faire cesser ce vent de libéralisme qui soufflait en tempête contre l'Eglise!
A leur exemple, soyons des fervents de l'Eucharistie, que Jésus-Hostie habite sans cesse dans nos âmes, que par notre exemple les jeunes gens soient entraînés à marcher sur les traces du Christ Sauveur. Cette jeunesse pénétrée du souffle religieux, le répandra avec une intensité grandissante, l'homme public comme l'homme privé sera changé, et tout le peuple canadien bénira le Seigneur.
La Communion, source de lumière et de réconfort pour la Jeunesse
Discours de M. R. Aubry.
Monsieur Rock Aubry élève du Séminaire, est alors invité par Sa Grandeur à adresser la parole à l'assemblée au nom de ses condiciples.
Le jeune orateur, s'inspirant des leçons de l'expérience du passé, en tire la conclusion que la communion fréquente est surtout nécessaire aux jeunes. Elle l'est encore, ajoute-t-il, parce que notre jeune intelligence et notre cœur de vingt ans ont besoin d'un aliment qui leur convienne. Or l'Eucharistie est à la fois lumière pour l'intelligence et consolation pour le cœur.
La lumière nous est nécessaire, à nous surtout, les jeunes. Notre intelligence s'éveille à la vérité, elle cherche, elle scrute, elle veut savoir encore et toujours plus. Dieu doit être à la base de nos connaissances. L'Eucharistie nous donnera la science de Dieu et l'intelligence de la vie.
Mais il nous faut de plus un grand amour au cœur. La contemplation du vrai entraînant l'affection du cœur et l'adhésion de la volonté, l'objet de notre science deviendra naturellement l'objet de notre amour. Que d'illusions souvent, et par suite, de désenchantements, dans la recherche et la poursuite du bonheur que rêve un cœur de vingt ans! L'expérience montre que les plaisirs, les honneurs, les richesses ne sauraient combler le vide de ce cœur. Dieu seul, le Dieu de l'Eucharistie, peut combler ce vide.
De là doivent se dégager des résolutions pratiques. Entre toutes les autres, s'impose celle de communier souvent, tous les jours même: au collège d'abord, afin d'amasser pour l'avenir une réserve de grâces, puis plus tard, dans le monde où les dangers sont nombreux. Ce sera faire œuvre d'apostolat en même temps qu'œuvre de sanctification personnelle.