PREMIÈRE SÉANCE, MARDI 10 SEPTEMBRE
Présideihce de m. LINDER, Président du Congrès, puis de M. Léon FAUCHER, ingénieur en chef des poudres et salpêtres.
La séance est ouverte à 9 heures un quart du matin. Quarante membres sont présents.
M. Linder, président du Congrès, installe la section; il lui expose en quelques mots les questions, dont le Comité d'organisation lui a réservé l'étude, puis il Tinvite à nommer son bureau et lui propose, au nom du Comité d'organisation, les candidatures suivantes :
Président :
M. Lagasse, membre d*honneur belge, ingénieur en chef directeur des ponts et chaussées, ancien président de la Société belge d'économie sociale.
Vice-Présidents :
MM. Navarro Reverter, membre d'honneur espagnol, député aux Cortès, ancien président du Congrès des ingénieurs civils à Barcelone en 1888 ;
Léon Faucher, ingénieur en chef des poudres et salpêtres, à Lille ;
Périsse, ingénieur civil, vice-président de la Société des ingénieur civils (France).
Secrétaires :
MM. Mamy, ingénieur-inspecteur de l'Association des Industriels de France.
MM. PoAN DE Sapincourt, directeur de l'Association rouennaise pour prévenir les accidents de fabrique ; PoiLLON, ingénieur-inspecteur de l'Association d'Amiens pour prévenir les accidents de fabrique.
Ces propositions sont adoptées à Tunaniniité, et le bureau est constitué comme il est dit ci-dessus.
M. LiNDER, président du Congrès, invite M. Léon Faucher, en Tabsence de MM. Lagasse et Reverter, à prendre la présidence.
M. Léon Faucher, président, remercie rassemblée de l'honneur qu'elle lui a fait de l'appeler à la présidence, et lui propose de commencer immédiatement ses travaux.
Il donne connaissance de l'ordre du jour, à la tête duquel se trouvent les deux rapports qui ont été imprimés et distribués :
1*^ Aperçu général sur les dispositifs techniques propres a prévenir LES accidents, par Alfred Toqué^ ingénieur au corps des mines ;
2^ Rapport sur l'exposition générale allemande pour la protection CONTRE LES ACCIDENTS. BevUn (1889), par Emile J/w^/er, professeur à l'Ecole centrale des arts et manufactures ; Henri 3famy, ingénieurinspecteur de l'Association des Industriels de France contre les accidents du travail, et Henry Danzer, ingénieur civil.
M. LE Président propose de prendre tout d'abord connaissance du second de ces rapports.
En l'absence de M. MuUer, que son état de santé met dans l'impossibilité d'assister aux séances du Congrès, M. Mamy a la parole pour résumer les conclusions de son rapport * .
M. Mamy. — Messieurs, M. Emile MuUer, retenu hors de cette enceinte", nous a chargés, M. Henry Danzer et moi, de l'excuser auprès de vous et de le suppléer. J'aurai donc l'honneur de vous présenter un résumé très succinct de notre rapport sur l'Exposition de Rerlin, en attirant seulement votre attention sur les points les plus remarquables que nous y avons rencontrés.
L'Exposition générale allemande pour la protection contre les
* Voir le rapport de MM. MuUer, Mamy et Danzer, t. I, p. 79.
* Le Comité d'organisation ne saurait laisser passer le nom de son éminent vice-président, M. Emile MuUer, qu'une mort prématurée vient d'enlever dans la force de l'âge et du talent, sans exprimer les regrets profonds que lui cause cette perte.
M. MuUer avait déjà beaucoup fait pour les classes ouvrières en Alsace et en France, et il n'eût pas manqué de rendre à leur cause de nouveaux et importants services, au moment où les questions du travail se posent partout avec une gravité toute nouvelle.
accidents, ouverte à Berlin le 30 avril 1889 et qui doit se terminer le 15 octobre, compte plus de 1,300 exposants. Elle comprend tous les organes, appareils, modèles, plans ou photographies, instructions ou règlements ayant trait à la prévention des accidents.
Au point de vue de la classiflcatîon, elle a été divisée en trois classes.
La première classe, répartie en dix groupes, comprend toutes les dispositions ayant un caractère d'intérêt général, s'appliquant dans toutes les industries : moteurs, transmissions, débrayages, chaudières, monte-charges, question d'hygiène et de salubrité des ateliers, poussières industrielles. On y a joint les questions d'incendie, d'éclairage, d'équipement personnel des ouvriers et les soins à donner aux blessés.
La seconde classe, répartie en 11 groupes, comprend les mesures de protection applicables à un certain nombre d'industries spéciales, telles que les industries du fer et du bois, des produits chimiques, des mines, des transports par terre et par eau, les industries textiles, alimentaires, etc.
Enfin, dans une troisième classe, on a réuni sous la rubrique « Bibliothèque » les imprimés de toute nature relatifs à cette question: brochures, statuts, instructions, règlements.
Une excellente mesure imposée aux exposants était l'obligation de peindre en rouge les dispositifs de protection qui se rencontraient sur leurs machines. L'attention était ainsi immédiatement appelée sur eux.
Je ne passerai pas en revue les dispositions diverses que nous avons rencontrées, ce serait faire double emploi avec le rapport qui vous a été remis et auquel je vous prie de vouloir bien vous reporter. Je vous signalerai seulement les points qui nous ont plus particulièrement frappés.
Les transmissions constituent dans les ateliers un ensemble d'organes particulièrement dangereux.
Le remontage des courroies sur leurs poulies, pendant la marche de l'arbre, est une opération délicate, qui a déjà occasionné de nombreux et graves accidents. Nous avons remarqué plusieurs types de perches à crochets, permettant d'effectuer cette opération sans dangers, pendant la marche, pour les petites courroies, et plusieurs systèmes de monte-courroies et en particulier le monte-courroie Baudouin, qui donnent d'excellents résultats avec les fortes courroies.
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Une disposition qui a beaucoup préoccupé les ingénieurs et constructeurs allemands, c'est le débrayage à distance des transmissions. Plusieurs systèmes sont exposés dans ce but, lés uns agissant par cordes et poulies de renvoi, les autres par des conducteurs électriques. La jonction des différentes parties d'arbres se fait par des poulies de friction, dont un grand nombre de modèles sont proposés ; et le mécanisme de Tarrét de la transmission a lieu par deux procédés différents : tantôt on intercepte l'arrivée de vapeur dans le cylindre, en même temps qu'un frein vient agir soit sur le volant, soit sur une poulie spéciale montée sur la transmission ; tantôt, et cette dernière disposition est préférable, on débraye la transmission elle-même, en même temps qu'un frein agit sur une poulie montée sur cette transmission.
Une disposition intéressante, et qui mérite d'être signalée, est la suivante : si un ouvrier vient à être saisi par un arbre de transmission, avant qu'il ait pu faire un seul tour autour de cet arbre celui-ci est débrayé par la propre action du corps tournant.
Il faut citer également de nombreux systèmes de monte-charges d'usines et de mines, avec portes de sûreté et parachute.
En ce qui concerne les moteurs, nous relevons la protection complète et parfois même le remplissage du volant de la machine à vapeur. Un progrès sérieux, dont on rencontre plusieurs exemples, est l'emploi d'un frein agissant sur la jante du volant, afin de hâter l'arrêt de la machine. Diverses dispositions sont proposées dans ce but.
Au point de vue de l'hygiène et de la salubrité des ateliers, la question des collecteurs de poussières a pris une assez grande importance et plusieurs systèmes différents se rencontrent à l'exposition de Berlin. La difficulté, en effet, n'est pas d'enlever les poussières d'un atelier, mais de les recueillir ; car; dans les villes surtout, il devient impossible de rejeter ces poussières au dehors sans soulever les plaintes justifiées des voisins.
Il faut donc un appareil qui arrête ces poussières au passage et permette de les accumuler d'abord pour les envoyer ensuite aux décharges ou les utiliser de toute autre manière.
Nous signalerons enfin Textension que semblent prendre les lampes portatives électriques pour le travail dans les ateliers où se produisent des vapeurs explosibles.
Si nous passons à l'examen des industries spéciales, nous rencontrons, pour le travail des métaux, la protection des burins,
SECTIOlN technique 37
ciseaux, outils à main, par de petits masques en treillis métallique fixés sur l'outil lui-même ; la protection des outils de tour par un procédé analogue; la garniture des meules à émeri, en vue d'atténuer les effets de leur explosion.
Les industries du bois, qui sont les plus dangereuses, semblent aussi avoir concentré les efforts des exposants allemands. De nombreuses mesures de protection sont proposées pour les scies à ruban et surtout pour les scies circulaires, pour les raboteuses en dessus et en dessous et les toupies. Un grand nombre de chapeaux de sûreté pour scies circulaires sont exposés, témoignant ainsi de l'importance qui s'attache à cette question.
Les industries textiles ont donné lieu également à de nombreuses mesures de protection. Elles se concentrent presque entièrement dans la remarquable exposition de l'Association de Mulhouse, qui occupe la place d'honneur àTExposition de Berlin. Je n'insisterai pas sur le détail de ces mesures, dont le rapport donne un aperçu d'ensemble.
Je signalerai enfin quelques dispositions particulières relatives à Imdustrie du papier, la protection complète des machines d'imprimerie et une disposition très ingénieuse et toute nouvelle pour protéger le couteau, dans les massiquots ou machines à rogner.
La Bibliothèque renferme un grand nombre de brochures et d'ouvrages sur la question des accidents.
Je citerai tout particulièrement, en lui rendant un juste hommage, le beau volume de l'Association de Mulhouse, publié par les soins de M. Engel-Gros, président de cette Association, et qui résume toutes les mesures de protection qu'elle a été à même d'indiquer.
En résumé, l'Exposition de Berlin a le mérite de réunir un ensemble de mesures de protection, dont quelque-unes sontvériblement très intéressantes et dont l'application peut éviter de graves accidents. J'ajouterai qu'un compte rendu officiel illustré de cette Exposition doit être publié dans le courant de l'hiver. (Applaudissements.)
M. LE Président remercie M. Mamy de sa très intéressante communication ; il affirme, d'après sa propre expérience, les résultats considérables qui peuvent être obtenus par une amélioration dans les dispositions des ateliers et machines, et il espère que cette question prendra dans l'opinion publique toute l'importance qu'elle mérite.
M. LE Président donne ensuite la parole à M. Thareau pour présenter différentes observations sur les Systèmes d'arrêts rapides des transmissions,
M. Thareau, — Mon collègue, M. Mamy, vient de vous dire combien, en Allemagne, on se préoccupait de trouver des moyens d'arrêts rapides des transmissions, de façon à atténuer la gravité des accidents dont elles sont cause, accidents qui sont des plus nombreux et des plus graves. C'est aussi une des questions les plus importantes que nous ayons eues à étudier à TAssociation des Industriels de France, et sur laquelle il convient d appeler, d'une façon spéciale, l'attention des industriels, qui n'ont presque rien fait jusqu'ici dans cette voie.
Dans la plupart des usines, on se contente d'établir un système de sonnerie, qui permet, des diverses parties de l'usine, de demander rapidement au mécanicien l'arrêt de sa machine. Mais ce moyen est absolument insuffisant, car avant que le mécanicien soit arrivé au robinet ou valve de fermeture, qu'il l'ait manœuvrée pour la fermer, la transmission a fait un nombre de tours assez grand pour que l'ouvrier entraîné par elle soit irrémédiablement perdu ; de plus, l'entrée de la vapeur dans le cylindre étant fermée, la transmission entraînée par la force vive du volant continue à tourner et fait encore un nombre de tours qui varie en général de 15 à 30.
On a bien proposé des moyens d'arrêter la machine à vapeur des divers points de l'usine sans le secours du mécanicien, mais cela ne résout pas la seconde partie du problème; si la machine à Tapeur est arrêtée plus rapidement, la transmission n'en continue pas moins à tourner assez longtemps pour qu'on ne puisse plus espérer sauver l'ouvrier saisi par elle.
Deux moyens sont employés pour résoudre complètement la question, séparer la transmission de la machine à vapeur et du volant au moyen d'un embrayage, ou bien arrêter le mouvement du volant au moyen d'un frein.
Je n'entrerai pas dans le détail des divers appareils qui réalisent l'un ou Tautre de ces deux moyens; la description en est donnée dans le mémoire sur l'arrêt rapide des transmissions que j'ai soumis au Congrès, mais je désirerais appeler l'attention de la section technique sur un point important, c'est que pour que ces appareils ne soient pas la cause d'accidents peut-être plus graves que celui qu'on veut éviter, ils doivent produire l'arrêt
de la machine à vapeur en même temps qu'ils font agir le débrayage ou le frein.'
En effet, si on débraye brusquement la transmission, la machine à vapeur, n'éprouvant plus aucune résistance, a tendance à s'emballer et si, ce qui arrive très fréquemment, le régulateur fonctionne mal et même pas du tout, la vitesse peut devenir assez considérable pour causer la rupture du volant.
Dans le cas du frein, on ne peut espérer le faire agir efficacement sur le volant, surtout si on a affaire à une machine un peu forte, pendant que la vapeur agit avec toute sa force sur le piston. Il faut donc que l'appareil produise la fermeture du robinet ou de la valve d'entrée de vapeur, pour que le frein n'ait à vaincre que l'inertie du volant. J'ajouterai qu'il ne faui pas que le frein arrête brusquement le volant ; il en résulterait un choc qui pourrait causer sa rupture ; le volant doit pouvoir faire encore 4 à 5 tours avant son arrêt complet.
J'ai réalisé ces conditions dans le frein pour volant que j'ai étudié pour MM. E. MuUer et C**" à Ivry, qui doivent en faire prochainement l'application.
J'ajouterai qu'on a proposé un autre moyen pour arrêter rapidement la machine à vapeur et la transmission qu'elle actionne. Par un système spécial, on pourrait couper la tige qui commande le tiroir, si bien que celui-ci étant immobilisé, la vapeur, à ce moment dans le cylindre, y resterait emprisonnée, ferait frein siu: le piston et produirait rapidement l'arrêt de la machine et de la transmission. Cette disposition qui parait ingénieuse, n'a pas encore reçu, à ma connaissance, d'application.
Avant de finir, je désirerais encore appeler l'attention de la section technique sur un outil très employé dans les ateliers de construction et qui cause malheureusement des accidents de la plus grande gravité, accidents qu'on pourrait éviter par une disposition extrêmement simple ; je veux parler des meules en composition. Ces meules tournent avec une grande vitesse, et soit que cette vitesse soit trop grande pour leur résistance, soit qu'il existe un défaut provenant de leur fabrication, il arrive quelquefois qu'elles éclatent et que les morceaux projetés dans l'atelier blessent ou tuent les ouvriers qu'ils rencontrent. Si on examine les meules qui ont éclaté, on voit que presque toutes se sont brisées suivant un ou plusieurs diamètres ; il en résulte un moyen bien simple d'empêcher, non pas les
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meules de se briser, mais les morceaux djêtre projetés dans Tatelier, en faisant les faces des meules légèrement coniques de façon à présenter deux surfaces convexes et de les serrer entre deux plateaux de grand diamètre également coniques. Il est alors bien évident que si la meule se brise suivant plusieurs diamètres ou rayons, les secteurs ainsi formés, étant plus épais au centre qu a la circonférence, ne pourront pas sortir d'entre les plateaux. Cette disposition est employée dans les ateliers des chemins de fer du Nord et on a déjà eu l'occasion d'en apprécier Tefficacité. Quelques fabricants de meules l'emploient, mais il serait à désirer que tous sans exception s'en servissent. En tout cas, il est utile d'en informer les industriels, qui pourront rimposer à leur fournisseur. (Applaudissements.)
M. Cheysson demande à M. Mamy, s'il pourrait ajouter à son intéressante communication quelques renseignements sur les résultats statistiques relatifs aux accidents qui figuraient sans doute à l'Exposition de Berlin.
M. Mamy répond que l'Exposition de Berlin lui a paru assez pauvre à cet égard et qu'il n'a noté aucune statistique, qui eût un intérêt très spécial.
M. LE Président fait remarquer qu'il existe en Allemagne une publication officielle, celle des inspecteurs de fabrique, qui donne de très intéressants renseignements statistiques.
M. LE Président donne ensuite la parole à M. A. Toqué pour présenter un exposé des conclusions de son rapport*.
M. Toqué. — Messieurs, le Comité d'organisation, en me faisant l'honneur de me charger d'un rapport sur les Dispositifs adoptés pour prévenir les accidents et figurant à tExposition de Paris^ avait eu l'idée d'établir une sorte de pendant au rapport sur l'Exposition générale allemande de prévoyance contre les accidents, inaugurée à Berlin au mois d'avril dernier. Son but était de permettre, par la lecture de ces deux rapports, des rapprochements qui n'auraient pas manqué de présenter un certain intérêt. Malheureusement notre grande Exposition, si abondante en documents et en richesses de toute sorte, n'a pas été organisée de manière à mettre en relief le point de vue spécial qui nous occupe. Sans doute elle n'est pas sans présenter tel ou tel appa-
' Voir le rapport de M . Toqué, t. I, p. 45.
reil de protecUon, tel ou tel dispositif ingénieux qui mérite véritablement d'attirer l'attention ; mais on n'en rencontre qu'à Télat d'exemples isolés, d'exceptions peu nombreuses, qui ne sauraient suffire à donner une idée complète des efforts faits dans les exploitations industrielles, au point de vue pratique de la protection des ouvriers contre les accidents. Ne trouvant pas, dans l'Exposition de Paris, les éléments que j'espérais, j'ai dû renoncer à en faire la monographie telle que je l'avais conçue d'abord, et j'ai été ainsi amené à prendre comme sujet de mon rapport un Aperçu général sur les dispositifs techniques propres à prévenir les accidents.
Je commencerai par indiquer la bibliographie relative à mon sujet. Avant tout, il convient de citer le magnifique volume que vient de faire paraître l'Association de Mulhouse pour prévenir les accidents de fabrique. Cet important recueil, intitulé Collection de dispositions et dappareils destinés à éviter les accidents de machines^ est publié en trois langues et comprend 42 planches ; il figure avec honneur à l'Exposition d'économie sociale et notre Président vous a annoncé hier, au milieu de vos applaudissements unanimes, que M. Engel Gros, président de l'Association alsacienne et digne continuateur de l'éminent philanthrope M. Engel Dollfus, son père, avait la générosité d'en faire préparer, à ses frais, une édition spéciale et d'en offrir un exemplaire à chacun de ses collègues du Congrès. Ce volume résume d'une façon excellente tous les bulletins que l'Association, fondée en 1867, a publiés périodiquement ; il donne véritablement l'état actuel de la question pour les différentes industries qu'il passe en revue et je n'ai pu mieux faire que de le prendre pour guide, en reproduisant tantôt par une analyse sommaire, tantôt par des extraits textuels, les causes d'accidents qu'il signale et les moyens préventifs qu'il recommande.
Immédiatement après cet ouvrage, il y a lieu d'en mentionner un autre d'un grand mérite, dont l'auteur, M. Poan de Sapincourt, est directeur de V Association rouennaise pour prévenir les accidents de fabrique^ fondée en 1879 ; la publication de ce mémoire, commencée en 1881 dans le bulletin de la Société industrielle de Rouen, s'est poursuivie chaque année depuis cette époque.
Quant à V Association parisienne fondée en 1883, et connue, depuis 1887, sous le nom S! Association des Industriels de France pour préserver les ouvriers des accidents du travail, elle a publié,
indépendamment de ses comptes rendus annuels, un certain nombre d'études sur des sujets techniques : transmissions et maniement des courroies, moteurs industriels, meules en grès et meules artificielles.
Mentionnons enfin une brochure intitulée : Mesures contre les accidents et Institutions de prévoyance établies à rimpnmerie Chaix,
J'ai maintenant à résumer l'économie générale de mon rapport. Un ordre qui s'impose tout naturellement, c'est d'étudier d'abord les appareils communs à toute espèce d'industries, pour passer ensuite aux dispositions spéciales à certaines industries.
Traitons d'abord des générateurs à vapeur. Ils peuvent donner lieu à des explosions, qui sont parfois de véritables catastrophes ; les causes en étant malheureusement multiples, il importe de les prévenir, dans la mesure du possible, et je rappelle les prescriptions réglementaires qui, dans les divers pays, imposent toute sorte de dispositions préventives.
Quant aux moteurs à vapeur, ils peuvent donner lieu à des accidents variés, par exemple lors de la mise en marche, au moment de l'arrêt, ou même en marche normale ; eux aussi nécessitent de nombreuses précautions pour protéger le personnel qui y est occupé.
Je dis ensuite quelques mots des moteurs à gaz, puis des moteurs hydrauliques, et enfin des moteurs électriques. Ces derniers surtout sont à étudier de près, car ce sont de nouveaux venus qui, sans aucun doute, sont appelés à jouer dans l'avenir un rôle de plus en plus étendu. Je rappelle que les pouvoirs publics sont déjà intervenus en cette matière par le décret du 15 mai 1888, qui traite de la déclaration préalable à l'établissement des conducteurs électriques, des règles générales sur leur établissement et leur exploitation, enfin de leur surveillance administrative. En somme, au point de vue de l'action administrative, on peut dire que les moteurs électriques ont été placés sous la surveillance des ingénieurs des télégraphes, dans les mêmes conditions que les appareils à vapeur se trouvent sous la surveillance des ingénieurs des mines.
Passons maintenant aux transmissions. Parmi les mécanismes qui occasionnent le plus d'accidents, elles sontà citer en première ligne : employés dans presque tous les ateliers et locaux indus-
triels, ces organes, en raison de la gravité des accidents auxquels ils donnent lieu, exigent une attention toute spéciale de la part des chefs d'industrie. Au sujet du maniement des courroies, je parle brièvement de la perche à crochet, du crochet porte-courroie ordinaire, du porte-courroie Biédermann, et enfin des montecourroies. Je signale la nécessité, pour les arbres, poulies, courroies et engrenages, d'avoir recours à des couvertures et à des entourages.
Je termine par Texamen des monte-charges, en donnant quelques détails sur les divers éléments dont ils se composent: treuils, cages et couloirs, parachutes et enfin cordes, chaînes et câbles, au sujet desquels la question de Tusure doit attirer tout spécialement lattention des chefs d'industrie.
Ayant ainsi examiné rapidement les appareils communs aux diverses industries, je m'occupe ensuite de quelques industries importantes, en indiquant au fur et à mesure, pour chacune d'elles, les dispositifs de protection qui lui sont propres.
Je commence par l'exploitation des mines, sujet extrêmement vaste, qui fait l'objet d'un Congrès spécial tenu à Paris en même temps que le nôtre. Ce serait sortir du cadre de mon rapport que de vouloir décrire toutes les mesures de précaution que cette industrie comporte; je ne fais que les indiquer au passage, en m' arrêtant seulement un peu au sujet de l'abatage et de la perforation mécanique. 11 s'agit là de l'emploi des explosifs en présence d'atmosphères plus ou moins grisouteuses ; cette question a donné lieu à des recherches expérimentales entreprises par une commission spéciale, à la poudrerie de Sevran- Livry, et dont les résultats sont consignés dans deux rapports très substantiels de M. Mallard, inspecteur général des mines, résumant d'une façon complète l'état actuel de la question, et montrant que, grâce à l'emploi de nouveaux explosifs (mélanges appropriés d'azotate d'ammoniaque, soit avec de la dynamite, soit avec certaines autres substances), le danger d'explosion se trouve considérablement diminué.
Signalons, à ce propos, la brochure intitulée : Vair comprimé aux mines de Blanzy^ publiée par M. Mathet, ingénieur en chef de ces mines. S'appuyant sur la conclusion même de la commission ci-dessus, d'après laquelle l'emploi des nouveaux explosifs ne saurait supprimer complètement les dangers d'explosion, M. Mathet expose qu'il importe à tous les exploitants de
développer dans la plus large mesure Tutilisation de Tair comprimé dans leurs mines ; il donne comme exemple tout ce qui s'est fait dans ce sens à Blanzy, et fait ressortir les avantages que Ton arriverait à obtenir, si cette pratique parvenait à se généraliser.
Je donne ensuite quelques détails sur les machines à travailler le bois, les ateliers de construction, la fabrication du papier, l'imprimerie, les filatures de coton et de laine, le tissage, les appareils pour impression, teinture et apprêt.
Rappelons, après M. Thareau, que les grandes meules peuvent causer des accidents très graves en éclatant pendant le travail. Leur choix, leur montage et leur emploi exigent des précautions toutes spéciales, dont on peut trouver le détail, soit dans le volume de l'Association de Mulhouse, soit dans la brochure de l'Association des Industriels de France intitulée : Instructions sur les précautions à prendre dans l'emploi des meules en grès et des meules artificielles.
Au sujet de Timprimerie, j,e ne puis mieux faire que de renvoyer à la brochure de M. Chaix que j'ai déjà signalée et qui donne le dessin d'une machine à imprimer munie de ses principaux appareils de préservation. On s'est efforcé d'y multiplier ceux-ci d'autant plus qu'on y emploie toujours un certain nombre d'enfants. En outre, pour atténuer les effets des accidents qui, malgré toutes les précautions, viendraient à se produire, on a imaginé deux installations très utiles, qui permettent de préserver la victime en arrêtant presque instantanément le mouvement des machines. Ce sont :
1** Le débrayage instantané qui, par la manœuvre d'un levier mis à la portée du chef des tirages et du chauffeur, arrête le mouvement de l'arbre de couche ;
2** Les boutons électriques, placés à la portée des ouvriers, qui produisent automatiquement le désembrayage de l'arbre de couche et préviennent en même temps le chef chauffeur.
Je bornerai ici cet exposé rapide de mon rapport. Ne pouvant embrasser toutes les industries, je me suis contenté d'en examiner un petit nombre présentant une certaine importance, et encore ne Tai-je fait que d'une façon générale, en laissant à des spécialistes plus éminents le soin d'entrer dans les détails pour telle ou telle industrie qui les concerne particulièrement. Je termine, ainsi que j'ai commencé, par un hommage sincère rendu
à rAssocîation de Mulhouse, qui, ayant ouvert résolument la marche, n'a cessé de prêcher d'exemple et de déployer tous ses efforts pour vulgariser Tidée, si féconde au point de vue humanitaire, de la prévention en matière d'accidents de travail. (Applaudissements .)
M. LE Président adresse ses vives félicitations à M. Toqué pour le rapport si net et si précis qu'il a présenté ; il s'associe à lui pour rendre hommage aux efforts poursuivis et aux résultats obtenus par l'Association de Mulhouse. Cet exemple le confirme dans son opinion qu'on peut beaucoup pour diminuer le nombre et la gravité des accidents de fabrique. Il y a là un devoir pour tous les chefs d'industrie.
M. Ed. Simon ne croit pas que les dispositifs techniques pour prévenir les accidents soient aussi rares à l'Exposition de Paris que pourraient le faire croire les paroles de M. Toqué. Il cite en particulier des machines de la Société alsacienne de construction mécanique et propose à MM. les membres du congrès de leur faire les honneurs de cette partie de l'Exposition.
M. LE Président croit être l'organe de tous ses collègues en remerciant M. Simon de son offre et en acceptant sa proposition. Il fait cependant observer que le Comité d'organisation s'est parfaitement rendu compte de tout ce que contient cette remarquable Exposition au point de vue spécial qui occupe la section. Il s'est déjà adressé aux ingénieurs de cette grande Société.
Une visite de cette partie de la galerie des machines a été décidée en principe depuis plusieurs semaines. Il ne s'agit plus que de fixer le jour et l'heure.
La visite est fixée au vendredi 12, à neuf heures du matin.
M. Harlé, inspecteur du travail des enfants, rappelle et résume les observations qu'il a eu l'honneur de présenter dans un récent rapport adressé au conseil municipal de Paris.
Plusieurs constructeurs, dit-il, ont reconnu la nécessité de la protection immédiate des engrenages ou des parties dangereuses des machines et sont entrés dans cette voie. Malheureusement cette initiative ne s'est pas encore généralisée; elle n'a lieu que lorsque les parties dangereuses sont peu importantes et par suite leur protection peu coûteuse ; mais, quand les travaux à faire entraînent une certaine augmentation de prix, les machines sont Hvrées sans protection ou avec des appareils de protection
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incomplets, quitte à les terminer lorsqu'un accident sera arrivé ou qu'un inspecteur du travail les aura ordonnés.
11 est regrettable de dire qu'à Tctranger il n'en est pas tout à fait de même. Ainsi bien des machines agricoles y sont munies de leurs organes protecteurs, tandis que c'est à peine si on commence à les voir sur les machines françaises. Les constructeurs étrangers ont sans doute pensé qu'ils se trouvaient en face d'hommes d'une intelligence peu développée et qu'il y avait lieu d'y suppléer. Les machines pour filatures, où travaillent un grand nombre de femmes, sont plus protégées. En général, dans les machines pour l'industrie, la protection immédiate est l'exception. Si Ton pouvait obtenir des constructeurs qu'ils livrent leurs machines complètes, on aurait réalisé un grand progrès. Malheureusement, plusieurs raisons s'y opposent.
II y a deux ans, à la suite d'une enquête faite, de concert avec M. l'inspecteur divisionnaire et M. l'inspecteur principal, sur les presses lithographiques, j'ai été voiries principaux constructeurs. Au cours de nos conversations, je leur fis observer qu'ils trouveraient avantage à livrer les machines munies de leurs appareils de protection. Tel ne fut pas l'avis dés constructeurs auxquels je faisais cette remarque. Ils répondirent que les travaux de protection s' élevant quelquefois à plusieurs centaines de francs, il résulterait de leur adoption un désavantage commercial et et qu'ils aimaient mieux laisser l'imprimeur libre de faire ce qu'il jugeait nécessaire. Cette raison résultant de la concurrence est vraie pour un grand nombre d'autres machines.
Une autre raison non moins importante, c'est que, bien sou- Vent, le danger d'un organe est augmenté ou évité par la position de la machine ou son emplacement. Qui de nous n'a vu des machines, qui seraient très dangereuses sur un passage, devenir absolument inoffensives par le fait d'un mur ou môme d'un simple poteau dans l'atelier, de sorte qu'un appareil de protection devient inutile dans ce cas. On est donc obligé de s'en tenir aav raisons d'espèce et d'ordonner les mesures selon qu'elles sont nécessaires, quelque désir que l'on ait de les voir se généraliser. Les constructeurs de machines connaissent bien ces raisons ; il est donc difficile d'imposer d'une façon absolue, par avance, la protection des parties dangereuses, soit d'une machine motrice soit d'une machine- outil.
M. Roland, Ingénieur en chef de r Association Normande des
propriétaires (T appareils à vapeur, — Messieurs, je veux me borner h présenter une observation sur le travail de M. Toqué. — Adhérent de la dernière heure, ce n'est qu*aujourd*hui même que j'ai pu prendre connaissance de son rapport. Je fais donc appel à toute votre indulgence.
À la page 6, 2^ alinéa, M. Toqué s'exprime ainsi, au sujet des précautions à prendre pour les moteurs à vapeur * :
« Pour éviter les accidents, on doit entourer certains organes, volant, bielle, manivelle, balancier, régulateur, tige de piston, tige de pompe à air, garnir de balustrades suffisantes les ouvertures du plancher, les escaliers, les plates-formes, couvrir les engrenages et en général les parties mobiles, au besoin avec conjonction de verrous de sûreté dont la fermeture est assurée par le mouvement même de la machine, de sorte qu'on ne peut soulever les couvercles tant que la machine est en marche. »
Je crois qu'excès en tout est un défaut et que, si toutes les recommandations de M. Toqué peuvent s'appliquer à toute machine, il doit être fait une exception pour les machines à vapeur. Autant il peut être utile de s'opposer au contact de pièces mobiles des machines, autant il est nécessaire de laisser toucher les organes en mouvement d'un moteur à vapeur. Pour éviter un petit accident, en effet, on risquerait d'en rendre un plus grave possible.
Messieurs, j'ai pour mission de faire passer des examens à une certaine classe de mécaniciens ; or une des questions que je pose porte justement sur le rôle du mécanicien une fois que la machine est mise en route. Les bons mécaniciens ne manquent pas de me répondre qu'ils ne doivent pas perdre un instant de vue et vérifier constamment, en les touchant, toutes les parties mobiles de leur moteur. Cette réponse, que je considère comme excellente, n'aurait aucun sens si les pièces étaient inaccessibles, comme semblent l'indiquer les expressions du passage que j'ai cité. Une fois la machine en route, le mécanicien n'aurait plus de rôle assigné. Nous pensons au contraire que cette surveillance continue est un des moyens les plus efficaces pour empêcher les accidents et qu'il faut laisser au mécanicien le libre contact des organes. Je vois encore un danger à propager cette idée que les
* Nous ferons remarquer que, dans la réimpression de son rapport, M. Toqué a tenu compte de l'observation de M. Roland et a modifié les termes dans ce qu'ils avaient de trop absolu. (T. I, p 50.)
pièces mobiles d'un moteur peuvent et doivent être enfermées. Dans un procès intenté par un mécanicien à son patron, l'avocat ne manquera pas de faire prévaloir cette opinion et le tribunal sera tout porté à admettre cette proposition, quand il saura qu'elle a été émise devant un congrès international sur les accidents.
Enfin, Messieurs, est-il besoin d'observer que le mécanicien est un ouvrier spécial, qui ne se trouve pas dans les mêmes conditions que ceux qui conduisent les machines-outils ? Pour moi, et c'est la conclusion à laquelle je voulais arriver, on ne doit demander, ni au constructeur, ni à l'industriel, d'empêcher le contact des pièces mobiles d'un moteur. Ce qu'il faut rechercher au contraire, c'est l'accès facile de ces parties ; en prenant la précaution de placer des mains courantes, on arrivera avec un peu d'intelligence à donner la sécurité à laquelle l'ouvrier a droit. Si les risques professionnels sont plus grands pour lui que pour les autres ouvriers de Tusine, on les diminuera en choisissant un ouvrier instruit, rompu à son métier, en ne confiant pas, en un mot, le moteur au premier venu.
M. Délaissement, ancien inspecteur du travail, — Je n'entrerai pas dans le détail des divers appareils de protection applicables soit aux moteurs, soit aux machines-outils si variées dans l'industrie; je me bornerai à quelques indications générales qui me paraissent avoir de l'importance.
1** A mon avis, il est nécessaire que les organes dangereux soient, toutes les fois que cela est possible, entourés d'appareils protecteurs et ceux-ci, pour être toujours efficaces, doivent être parfaitement établis. Des protections défectueuses peuvent donner une fausse sécurité; elles ont occasionné des accidents. Les protections fermées en métal plein, cachant ou dissimulant les parties dangereuses en marche, ne donnent pas toujours une sécurité absolue ; mais elles préservent les engrenages des poussières et, pour ce motif, elles sont parfois employées. Les protections à claires-voies me paraissent préférables pour la sécurité ; elles laissent voir le mouvement des engrenages ou des organes dangereux; elles permettent à l'ouvrier non seulement d'apercevoir les causes de danger ; mais encore de s'intéresser davantage au fonctionnement des machines et au travail lui-même. Toutefois les claires-voies doivent être à mailles assez serrées ou à jours assez petits pour que la sécurité soit absolue et qu'en cas
SECTION TECHNIQUE 4t)
d'inattention ou de chute, les membres de l'ouvrier ne puissent être mis en contact avec l'organe dangereux. Je parle ici de certains couvre-engrenages et appareils analogues, et non pas des grilles ou des simples barrières qui isolent bien les machines et peuvent suffire, dans certains cas, pour assurer la sécurité.
2^ Lorsqu'il existe des machines dangereuses qui ne peuvent être protégées sans empêcher le travail, ou lorsque des opérations dangereuses par elles-mêmes sont confiées à des ouvriers, ceux-ci doivent être choisis parmi les plus expérimentés et les plus prudents et il me parait indispensable que les industriels établissent des règlements particuliers^ indiquant les précautions nécessaires et la manière de procéder rationnelle et méthodique pour éviter lès accidents. En outre, ces prescriptions réglementaires, pour être efficaces, doivent être portées d'une façon absolument certaine à la connaissance des ouvriers et leur être rappelées fréquemment à des époques périodiques.
Beaucoup d'industriels ont fait des règlements particuliers et les ont affichés; mais ces règlements ne sont pas toujours observés et leur inexécution est une cause d'accidents. Pourquoi cela? Sans rechercher toutes les causes de distraction, d'inattention, d'imprudence de l'ouvrier, je crois qu'il en existe une qui a une grande influence et qu'il est facile d'éviter. L'ouvrier lit rarement les règlements affichés, il les oublie ; l'ouvrier nouveau les ignore et le personnel se renouvelle sans cesse. 11 importe donc de rappeler souvent aux ouvriers les prescriptions réglementaires ; et, pour cela, il suffit qu'à des dates fixes (tous les premiers du mois, par exemple, à une heure déterminée), les contremailres donnent lecture des règlements aux ouvriers réunis, en ajoutant, au besoin, des explications verbales. L'ingénîeur-directeur d'un grand établissement industriel a employé ce moyen ; des carnets signés par les contremaîtres constatent que les lectures ont été exactement faites ; ils sont déposés sur son bureau comme pièces justificatives et pourraient, le cas échéant, atténuer ou dégager sa responsabilité personnelle. Les accidents, qui auparavant étaient assez fréquents, ont cessé. C'est donc une pratique qui me parait efficace et recommandable.
M. Etienne, inspecteur fédéral des fabriques^ fait remarquer qu'en Suisse on commence à peindre en rouge tous les organes dangereux des machines, de façon à attirer l'attention des ou-
Triers; cette disposition a été généralisée à l'Exposition de Berlin. Elle peut présenter de sérieux avantages et, à ce point de vue, 4oit être recommandée.
La séance est levée à H heures.