CONTRE VE SISE. I
Ies'y«ii^ "" 3^r d'étûnnement et de tristesse qui marquoit une âme saisie d hoiicur. Renault le dit au capitaine, qui s'en moqua d'abord; mais, ayant observé Jaflier quelque temps , il en demeura presque d'accord. Renault, quiconnoissoit jiarfaitement les rapports et les liaisons nécessaires qu'il y a entre les plus secrets mouvements do l'àme et les plus légères démonstrations extérieures , qui échappent quand on est dans quelque agitation d'esprit , ayant examiné mûrement c« qui lui avoit paru à la mine et dans la contenance de Jaffier, crut devoir déclarer au capitaine qu'il zie croyoit point que cet homme fût sûr.
Le capitaine, qui connoissoit Jaffier pour ua des plus vaillants hommes du monde, accusa ce jugement de précipitation et d'excès; mais Renault s'étant obstiné à justifier son soupçon , il en ■expliqua si nettement les raisons et les conséquences , que j si le capitaine ne les sentit pas .aussi vivement que lui , il comprit du moins que Jaffier étoit un homme à observer. Il représenta pourtant à Renault que , quand môme Jaffier seroit ébranlé , ce qu'il ne pouvoit se persuader, il ne lui restoit pas assez de temps jusqu'au lendemain au soir pour délibérer de les trahir et s'y ïésoudre; mais qu'en tout cas, dans les termes où «toient les choses , iln'étoit plus temps de prenidre de nouvelles mesures , et que c'étoit un risqua iqu'il falloit courir de gré ou de force. Renault repartit qu'il y avoit un moyea sûr de ne s y pai
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«xposer , et que ce moyen éîoit àe poignarder euxmêmes Jafiier, dès ce soir. Le capitaiii« demeura quelque temps muet à cette proposition: m-is tnfin il répondit qu'il ne pouvoit se résoudre à tuer le meilleur de ses amis sur un soupçon; que cette exécution pouvoit avoir diverses mauvais.es suites ; qu'il craignoit d'effaroucher leurs compagnons , de leur devenir odieux , et d]en être consid'éré comme si on vouioit affecter quelque empire sur eux, et qu'on se prétendît arbitre souverain de leur vie et de leur mort ; qu'il ne falloit pas espérer qu ils comprissent la nécessité de pcrdve Jafiîer comme ils la comprenoient eux deux, et eue, ne la comprenant pas, chaque conjuré verroi t avec regret sa vie exposée à la première imagiBation semblable qui leur viendroit; que, lorsque les esprits sont dans un grand mouvement , il faut peu de chose pour les faire détourner, et que le moiadre changement qu'ils fassent dans cet étaiest toujours dune extrême importance ,r' parce qu'ils ne peuvent plus pi-endre que des résolutions extrêmes; que si on vouioit cacher de quelle manière Jaffier seroit disparu, il étoit encore plus à craindre qu'ils ne crussent qu'il étoit découvert et en fuite , ou prisonnier , ou traître ; et que , quelque prétexte qu'on inventât , son absence , à la veille de l'exécution , y ayant autant de part qu'il yen devoit avoir, ne pouvoit que les intimider et leur suggérer de tristes pensées. Renault écoutoit attentivement ce discours da
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crïj.itaine, lorsqu un à»; leurs gens entra où il» étoicnt, avec un ordre du sénat, qu'on venoît de recevoir, pour faire embarquer le lendemain'' matin tous ceux qui avèrent éharge sirr la flotte. On apporta en même temps un billet de l'ambassadeur, qui découvroit la raison de ée commandement. Le duc d'Ozone n'avoît pu soriir si secrètement de Naples , pour aller joindre ses grands vaisseaux, que les espions de la république n'en fussent connoissancc ; mais , comme il avoit laissé un ordre qu'on ne fournît aucune voiture pour \<;nise jusqu'à un certain temps , et qu'on retint toutes les lettres qui y seroient adressées , les Véniticns n'avoient pu recevoir plus tôt que ce jour 1 avis de son départ. L'arcliiduc , nouvellement élu roi de Bohème , lui avoit demandé du secours contre les rebelles de ce pays , qui commcrrçoient à l'emucr; et le vice-roi s'étant va»té qu'il mènevoit ce secours par le golfe jusqu'aux porîs de l'archiduc en Istrîe , les Vénitiens l'avoîent fait prier par ce prince même de prertdre un autre chemin. Mais comme ii ne se gouvernoit pas par les raisons qui gouvernent les autres hommes, quand ils le surent parti , ils ne doutèrent point que ce ne fiit |Î!Our conduire lui-même ce secours par le chemin qu'il avoit résolu, ils no voulurent pas lui disputer le passage , comme ils pouvoicnt le faire , parce qu'ils ne cherchoient pas à rompre; et ïh prirent le parti d'envoyer leur flotte aux côtes d'Is'trié , où U devoit mettre à terre 3«s troupes, pour Tobser-
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▼er et le préserver des diverses tentations qui luî pourvoient prendre à la vue de leurs places maritimes.
Les plus fermes résolutions dos honunes ne viennent pour l'ordinaire que dune forte imagination du danger qu'ils ont à courir. Parle moyen de cette imagination , l'âme se familiarise à la C\n avec les circonstaaces de ce danger, quelque affreuses qu'elles puissent être , à force de les considérer; mais aussi toute la fermeté de sa résolulion est tellement attachée à ces circonstances, que, s'il v en a quelqu'une qui vienne à changer sur le point de l'exécution, il est fort dangereux que la résolution ne change aussi.
C'est ce que llen^ault et le capitaine evaignîrent qu il n'arrivât à leurs compagnons , à l'occasion de cet embarquement imprévu de la flotte de Venise qu'ils venoient d'apprendre ; et cette nouvelle leur donna un sensible chagrin, parce qu ils jugèrent d'abord qu'elle les ohligeroit , malgré qn'ili en eussent, à changer quelque chose dans la manière dont ils avoient disposé d'abord l'exécution de leur entreprise. Cette exécution ne pouvoit pas se faire sur-le-champ , parce que la nuit étoit déjà trop avancée; il auroit été jour avant qu'on eût pu avertir la petite flotte pour la laire approcher jusqu'à la portée du canon de \ enise , où il falloit qu'elle fût pour commencer , et avant qu'on eût pu aller chercher les troupes qiriétoient au lazaret. Quant au lendemain , îes Vénitiens dt
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ran't se mettre en mer, si on faisoit aussi marolieç Haillot, il rencontreroit iufaillihlement des gens qui se rendroient tout ce jour de Venise à la flotte. La démarche quelle devoit faire étoit la plus favorable que les conjurés pussent soruhaiter : elle alloit tourner le dos k Haillot; et, toutes choses considérées, on jugea a propos de lui donner le temps de s'éloigner.
La difficulté fat à résoudre si le capitaine, Lantlade, les trois petardiers, et les autres conjui-és Gui y avaient charge, oLéiroient à l'ordre du sénat ; ils paroissoient indispensablement nécessaires à Venise pour lexécution , surtout le capitaine. Cependant c'étoit celui de tous qui pctuvoit le moins 9e dispenser tie partir : le commandement important qu'il avoit dans la flotte le feroit remarquer plus que tous les autres ensemble. Comme la plupart avoient de l'emploi sur ses vaisseaux, il pouvoit presque suppléer lai seul à leur défaut par son autorité, s il étoit présent, et même empêcher qu'on ne s'aperçût de leur absence. Ces raisons firent conclure qu'il partiroit seul avec Langlade, dont l'emploi sur la flotte dépendoit immédiatement du général , aussi-bien que celui des trois petardicrs ; mais pour ces petardiers , on aima mieux tout hasarder que de les laisser partir aussi. Lcgénéral en demanda des nouvelles au capitaine d'abord qu'il le vit , et le capitaine repenti it qu'il les croyoit cachés à Venise chez des courtisanes, aussi-bien qrr fiuelque» ofTieit-rs de
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ses vaisâoaux qu'il ne trouvoit point , et que !a précipitation avec laquelle il a\ oit fallu venir ne lui avoit pas donné le temps de les découvrà". Le général avoit reçu du sénat des ordres si presisantsde partir, et il étoit si occupé , qu'il ne put les envoyer chercher de quelques jours , et moins encore attendre qu'on les eut trouvés.
Avant que de s'embarquer, le capitaine avoit pris Jaffier en particulier pour ^ prier de tenir sa place auprès de Renault la nuit de l'exécution. U lui exagéra la conHancc qu'on avclt tn sa conduite et en son coura'pre; que, sans ce t»c assurance, il ne se seroit jamais résolu à s'éloigner; mais qu'il croyoit laisser un autre lui-même à ses compagnons , puisque Jaffier demeureroit. Pendant ce discours, le capitaine l'observa avec attention; mais cet homme , qui fut attendri par les témoignages qu'on lui donnoiî de l'estime qu'on avoit pour îai , y répondit avec des marques de zèle , do fidélité et de i-econnôissance , qui auroient rassuré le plus soupçonneux de tous les hommes. C'étoit le dernier effort de sa résolution mourante : elle acheva de disparoître avec le visage de son ami ; et , n'avant plus devant les veux le seul homme dont la considéiatiôn pouvoit.le retenir, il s'abandonna tout entier à son incertitude.
La description que , sur la fin de sa harangue," Renault avoit faîte de la nuit d^e l'exécution , l'a- Toit frappé à un tel point qu'il ne poùvoiî modétCT sa pitié. Son imagination rencbérissoit ^lii'
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tette peinture: elle lui repiésentoit exactement, et avec les plus vives couleurs, tontes les cruautés «t les injustices inévitables clans ces occasions. Depuis ce iiLoment, il u'enlendoit plus de tous côtés que des cris denfaats (ju'on foule aux pieds, des gémissements de vieillards qu'on égorge, des hurlements de femmes qu'on déshonore ; il ne voyoitque palais tombants, temples eu feu, lieux «aints ensanglantés. Venise , la triste , la déplorable Venise, se présentoit partout devant ses yeux, non plus triomphante, comme autrefois, de la fortune ottomane et de la fierté espagnole ,. mais en cendres ou dans les fers , et plus noyée <iaus' le sang de ses habitants cjue dans les eaux qui l'environnent.
Cette funeste image l'obsède nuit et jour, le sollicite, le presse, l'ébranlé. En vain il fait eûort pour la chasser : plus obstinée que toutes les furies des fables, elle l'occupe au milieu des repas, elle tiX)ublesou repos, elle s'introduit jusquedans «•s songes. Mais trahir tous ses amis 1 et quels amis 1 intrépides , intelligents , uniques en mérite dans le talent où chacun d'eux excelle; c'est l'ouvrage de plusieurs siècles de joindre ensemble une seconde (bis uo aussi grand nombre d'hommea exti-aordinaires. Dans le point qu'ils vont se rendre mémorables à la dernière postérité, faut-il leur ravir le fruit prêt à cueillir de la plus grande résolution qui soit jamais tombée dans l'esprit d'un particulier? Et comment périront- ils? par dei
I^a COSJCRATIOSi
tourments plus singuliers et plus i-echerchés qn» tous ceux que les tyrans des siècles passés ont inventés. Qui ne sait qu'il y a telle sorte de prison à Venise plus capable d ébranler la constance d'un homme de courage , que les plus affreux supplices des autres pays ? Ces dernières réflexions , qui attaquoient Jaffier par son foible , le raffermissoient dans ses premiers sentiments : la pitié qu'il seibtoit pour ses compagnons balanroit dans son âme celle que la désolation de ^ enise y excitoit; et il continua dans cette incertitude jusqu'au jour de l'Ascension , auquel l'exécution avoit été remise- On reçut dès le matin des nouvelles du capitaine. Il mandoit qu'il répondoit de la flotte; qu'elle alloit aux enyircns de Maran ; qu'en même, temps qu'on en verroit au lazaret quérir les troupes de Liev£Stein , on fît partir une barque pour luien donner avis , et qu'il attendroit cet avis pour commencer d'agir de son côté. On envoya à Haillot les guides qu'on lui avoit promis. On introduisit dans le clocher de la procuratie de Saint-Mara des hommes apostés qui avoient quelque habitudeavec ceux qui v faisoient garde, et qui les assou— pirent par le moyen de drogues et d'odeurs propres à cet effet, mêlées dans des viandes et dans des breuvas^ts, et en les faisant boire et manç^er avec excès à l'occasion de la réjouissance publique du jour. On donna l'ordre à des officiers qu'oni choisit pour s'emparer des maisons des sénateursqui étoient plus à craindre ,^et pour les tuer. Oœ
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toarqua à chacun la maison où il deyoit sV/ita^ cher; de même ù chacun des principaux ccinjuréar et des autres officiers le })osle qn'il devoitoccnp^r, les hommes ciu'il lui ialloit, où il les preadroit, le mot pour les reconnoitre j et le eheniin pour Ici conduire. On fit savoir aussi aux troupes du lazaret, aux Espagnols de la petite flotte, et aux millo Hollandais qui étoîent déjà dans Venise, comment ils se dévoient départir depuis la place de Saint-Marc, où tous dévoient se rendre, les lieux qu'ils dévoient occuper , les commandants qui; leur étoient destinés, et le mot pour*lcs recon^noître. On lit visiter par des gens non suspects la 4'uste du conseil des dix, et on trouva l'artillerie en état de servir.
Jaffiev eut la curiosité de voir la cérémonie où le doge épouse la mer, parce que c'étoit la dernière fois qu'elle devoit se faire. Sa compassion redouhia à la vue des réjouissances publiques : la tranquillité des iùaiheureux Vénitiens lai fit sentir plus vivement leur désola ti>>n prochaine ; et i^ en revint plus irrésolu que jaiiiais : mais eniiu la ciel ne voulut pas abandonner l'ouvrage de douze siècles et de tant de sages têtes à la fureur d un© courtisane et d'une troupe d'hommes perdus.
Le bon génie de la république suggéra un expédient à Jaiïier, par lequel il crut sauvej- tout ensemble et Venise et ses compagnons, il iut trouver Barthelemi Comino, secrétaire du conseil des dix, et lui dit qu il avoit quelque chose de fort pressé «
vtjvciei qui importoltau saluL^e 1 Eiat; maU^u il vouloit auparavant que le cloge et le conseil lui promissent une grâce , et qu'ils s'engageassent par les serments les plus saints à faire ratitier au scnut ce qu'ils Buroient promis ; que celte grâce ctoit la vi-^ de r»ngî-deux [vcrsonnes qu'il nommeroit, quelque crime qaeliesiiussent commis: maisqu oa ne crût point arracher son secret par les tourments , sans la lui accorder , parce qu'il n'y ea avoit point d'assez hoii-ibles pour tirer une seule paro'a 4e fia l>oucliie. Les d4x furent assemlilés daas un moment, et ils députèrent sur-le-champ au doge, pour recevoir de lui la parole qne Jaf- 6er demandoit. Il n'hésita pas non plus qu eux à la donner; et Jaffier, alors pleinement content de ce qu'il aJloit faire, leur découvrit toute la conjuration.
La chose kur parut si horrible et si merytilieuse, qru ils ne la purent croire. Touitefois, comm« il étoit aisé d'en vérifier quelqu-e particularité, on enyoja Comino au clocher de la procuratie. U rapporta qu'il avoit trouvé tout le corps-de-;]jarde enivré et endormi : ensuite on l'envoja à 1 arsenal, ïl fut long-temps sans pouvoir trouver les officiers gagnés ; mais enfin un valet , intimidé par ses menaces , iui montra une petite porte qu'il fi; enfoncer , après avoir heurté quelques coups inHiilement. Il les tiouva avec les trois petardiersqui mettoienl la dernière main aux feux d'artifice destsoés pour l'exécution, U leur demanda ce qui 1««
COÎITllE VEX leE. «7^
^biîgeoit à travailler le jour d'une sL Ijoiinc icJp , et pourquoi ils n'avoient pas ouvert quand il avoit keurté. Ils répondirent avec une grande ingénuité que les j)etardiers dévoient partir le lendemain pour aller joindre la flotte ; que le général leu» av^it mandé dy porter un giand nombre de feux ù artifice tout prêts à jouer ; que, ne s'en étant pas trouvé de faits autant qu'il en demandoit , ils avaient prié les autres de leur aider à y travailler; que la chose pouvant être de conséquence, ils avoient cru diîvoir se dispenser de lobservation de la féie ; et que . pour le faire sans scandale , il» s'étoieut enfermés , comme il les avoit trouvés , dans le lieu le plus retiré de l'arsenal , qu'ils ^voient choisi e.\près. Quoique Comino ne pût rien répliquer à cette réponse , il les arrêta prisonniers.
Les dix , épouvantés de plus en plus , envoyèleut ensuite chez la Grecque; mais on n'y trouva personne. Les hommes apostés qui avoient endormi le corps-de-garde du clocher avoient fait çemblaot de dormir comme les autres quand ils avoient vu Comino ; mais il fut à peine sorti, qu'ils coururent chez la Grecque , où ils donné-, rent l'alarme si chaude , que , sans perdre ua moment , Nolot , Robert , Revellido / Retrosi , V illa-Mezzana , Durand , Ternon , et Robert Brulard, qui se trouvèrent ave;^ elle par hasard, fmcnt •e jeter tou3€nsem])le dans une des barques qu'on fvoit retenue? ou pont de Rialto pour aller queri»
les troupes du lazaret, et soitiicnt heurcuseiaont de Venise.
La douleur qu'on eut de leur évasion fit résoudre de visiter les maisons des ambassadeurs de France et d'Espagne , sans plus attendre. On en demanda civilement l'entrée pour affaire qui regardoit le salut de la république. Le Français laccorda de même; et Renault fut pris et emmené avec Laurent Brulard et de Bride. Mais 1 Espagnol refusa avec aigreur : il allégua tous les privilèges de sa cbarge , et protesta avec fureur contre la violence qui lui étoit faite , quand il vit qu'on entroit de force. Cn v trouva de quoi armer plus de cinq cents homuies , soixante pétards , et une quantité incroyable de poudre , de feux d'artifice» et autres choses semblables. On en fit un inventaire exact', et il v assista en s'en moquant.
Bans le temps qu oa apportoit cet inventaire au couseil des dix, un noble de la maison de Valiera y arriva avec Braiuviîle et Théodore , deux des principaux conjurés. Ils venoient d'apprendre aue tout étoit découvert : et désespérant de so sauver, parce qu'ils surent aussi que tous les ports étoient fermés depuis l'évasion de la Grecque , iU prirent le parti de faire semblant de vouloir découvrir la conjuration , et ils furent trouver ce noble qu'ils avoient connu eu Flandre, pour les amener au conseil des dix, où ils furent arrêtés. On parcourut cependant tout ce qu'il y avoit da cabarets , hôtelleries , cbambies à louer , lieux in*