DISCO C IV J 1 I
peine de décider si la vertu est approuvée parnji les hommes, nous n'eiitendous dire autre cîiose; ou s'il est en notre pouvoir de la pratiquer, novi» le sentons : mais ce dont ou est en peine souvent , c'est de savoir en quoi consiste cette vertu , et lequel de deux partis , qu'il est également en notre pouvoir de prendre, méritera une approbation légitLxaç; et c'est ce que tous les exemples du monde ne sauroient faire voir, rju-lque célcLres et estimés qu'ils puissent être, parce que les hommes sont sujets à estimer mal à propos. D'où vient donc qu'on en cherche toujours ?
Es^t-ce que l'àme, n.ç se sentant pas aLS.-ez forte pour considérer la vertu en elle-même et pour en juger «ùremeut, cherche les exemples qui sont ^onforjnes à l'idée qu'elle en a, comme des autorftés pour appujer le disceruejaent toujours incei> tain qu'eile en faitj regarde ceux de ces exemples qui soBt généralement estimés cçmme des miroirs q,ui repésentent cette vertu sous une forme seniible, et dans lesquels il est plus cisé de la connoitre et plus difficile de s'y tronxper V Mais si c'étoit cefte j\iste défiance de nos propres forces qui cous fît chercher des exemples , cela ne seroit pas $i générai ; car il n'y a que les sages qui soient capai>ies d un Sjentiment si louable : cette hounètfl défiance peut do^c bien être leur mctif ; màê ^pl peut être celui du commun des hommes ?
Çoinme nous sojnnaes trop matériels pour conlioitre la beauté de la vertu . nous soramej iu.^*-
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Cependant la plupart des bonnes actions ôvs crands sont de «^tte nature. On les accoutume, à force de o^rands exemples , à ne considérer la vertu que selon les sujets où elle se trouve , et point du tout en elle-même. Il arrive de là quils ne l'estiment que dans leurs semblables ; qu'ils ne la veulent reconnoitre que quand elle est accompagnée des ornements éclatants de leur condition : peut-èti'e encore se font ils accroire qu'elle n'est estimable que parce que leurs pareils l'ont pratiquée , et qu'ainsi ils peuvent , aussi-bien que lei autres , ériger leurs fantaisies en vertus quand il leur plaira. Si l'on établit ainsi l'exemple pour leur seule règle , par où veut-on qu'ils distinguent les bons d'avec les mauvais; eux, dans qui l'orgueil et la flatterie ont travaillé dès leur enfance à étouffer toutes les lumières de la nature ?
Que si l'exemple est une règle si sujette h ti-omper , d'où vient donc que les hommes font tant d'estime de cette règle ? Un bel esprit de l'antiquité , examinant cette question , a cru que l'estime qu'on en fait venoi»: de ce que les boni «"xemples qui sont illustres ont cet avantage , qu'ils font voir tout ensemble, et que la vertu est possible et qu'elle est approuvée (i). Mais est-il befcoin d'exemple pour le savoir? On n'est pas en
'r) MeUùs homines excmplis docentur quse imprimis î oc in se boni i^abeiît 'TTiod approbant quae prsecipiuni Ê-ri j^osse. Viva. P i-te \