COMMENTARII
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Quibus hac editione acccdunt
TACOBI PICOLOMINEI, CAR-
DINALIS PAPIENSIS. Oyi PIO PONT.
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BIBtIOTEGA
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Flg. 77. — Titre chargé, aux xvii', xviii* et xix* siècles, de trois cachets à l'encre grasse, d'un ex-libris manuscrit et d'un cachet à la cire.
tablette*. D'autres prennent des deux mains un livre relié, serrent bien chaque plat et l'ouvrent brusquement..., la couture intérieure ou le dos sont brisés. Le livre jouera, il remuera de droite à gauche, des cahiers s'enlèveront, des pages s'envoleront; le seul remède est de faire relier le volume à nouveau. Si, au contraire, le livre a été ouvert sans produire de pesée sur les couvertures et en laissant glisser les plats à mesure que l'ouverture se développe, la brisure ne se produira pas. Voici ce que M. Darche écrivait à ce sujet dans son Essai sur la lecture : « C'est chose digne de pitié, de voir certains lecteurs tenir leur livre d'une main par le milieu ou le poser sur les genoux sans y toucher, quitte à le ramasser s'il vient à tomber, ou sur une table un peu trop malpropre, ou bien encore, ce qui abîme le livre, le poser sur la table, avec l'un des coudes appuyé sur les feuillets d'un côté du livre et l'autre de l'autre côté : d'où il arrive que l'on fatigue beaucoup les reliures, si toutefois on n'en brise pas les ligatures ! Tout livre, dès qu'il est admis dans notre intimité, a un droit acquis à notre estime, à notre affection et à notre respect. Or, ce n'est point estimer, ni affectionner, ni respecter un livre que de le tenir si mal.» Dans son Manuel de bibliothéconomie,
* Un inventeur américain, M. Lawrence, a imaginé un petit appareil (chariot porte-livre) permettant d'introduire et de retirer facilement les volumes d'une bibliothèque, quelle que soit la justes^se des rayons. Cet appareil consiste, ainsi qu'on le voit par la figure 76, en une petite planche glissant sur des roulettes. La tranche du volume repose sur la partie en saillie de cette planchette et les bords de la couverture viennent s'appliquer sur la bordure un peu moins élevée. Devant la planchette peut s'adapter une petite étiquette indiquant le titre et le numéro d'ordre du livre auquel elle est attachée.
M. le D"" Arnim Graesel insiste sur les soins de propreté qui sont nécessaires aux livres, non seulement pour en conserverla fraîcheur, mais encore, et surtout, pour en prévenir la destruction. C'est là une vérité prouvée par l'expérience et sur laquelle nous nous dispenserions d'insister, si des exemples d'incurie, hélas ! trop nombreux, n'étaient pas là pour nous prouver que les recommandations à ce sujet ne sauraient être trop souvent renouvelées, ou pour mieux dire, qu'il faut les répéter à satiété *.
Nous donnons, ci-après, les principales dispositions d'un règlement de l'ancienne bibliothèque de la Sorbonne** qui était en vigueur au xiV et au xv^ siècle, elles nous enseignent combien les livres, tant parleur rareté, que par l'importance que l'on attachait à la science dont ils étaient les dépositaires, avaient de prix aux yeux de ceux qui les possédaient ou qui s'en servaient.
Une bibliothèque était à cette époque, ainsi que s'exprime le règlement, un lieu auguste et sacré.
* Cf. Manuel de bibliothéconomie par le D' Arnim Graesel, bibliothécaire à l'Université de Berlin. Édition française revue par l'auteur et considérablement augmentée. Traduction de Jules Laude, bibliothécaire universitaire. Paris, H. Welter, libraire-éditeur, 1897, in-8°.
** La Sorbonne doit son nom à son fondateur, Robert, chapelain de saint Louis, né en 1201, à Sorbon, village près de Rethel, dans le diocèse de Reims. Robert de Sorbon se proposa de réunir dans une même maison un certain nombre de professeurs et d'étudiants, afin d'aider ceux-ci, généralement très pauvres, à parvenir au grade de docteur, et de les tenir éloignés des tentations dangereuses. — La bibliothèque, réorganisée en 1705, fut appelée successivement bibliothèque de l'Université de Paris et du collège Louis-le-Grand, du Prytanée français, de l'Université de France, de l'Académie de Paris et enfin de la Sorbonne. L'un des bibliothécaires est M. A. Maire, auteur du Manuel pratique du Bibliothécaire que nous aurons souvent l'occasion de citer au cours de notre travail. !
« 1° Toute personne qui entrera dans la bibliothèque devra aussitôt fermer la porte ; il en sera de môme si
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Fig. 78. — Fac-similé (réduit) du Règlement de 1451 de la Bibliothèque de la Sorbonne.
elle y introduit un ou plusieurs étrangers. Si cette personne sort, elle fermera la porte, quand même il
resterait quelqu'un dans la bibliothèque; le tout, sous peine d'une amende de six deniers.
« 2" Toute personne qui se sera servi d'un livre doil, avant de se retirer, fermer le livre. Ceci a été ordonné parce que plusieurs personnes avaient coutume de laisser les livres ouverts; ceux-ci sont alors exposés à tous les accidents qui peuvent en résulter, couverts de poussière et fort endommagés. De môme, lorsque quelqu'un introduira des personnes étrangères dans la bibliothèque, il veillera à ce que les livres dont ce& étrangers se seront servis soient fermés, comme il est dit ci-dessus; sinon, on lui infligera la peine qu'il eût encourue s'il avait lui-même laissé les livres ouverts. Cette peine sera une amende de six deniers pour chaque volume laissé ouvert; si plusieurs volumes ont été laissés ouverts, l'amende se multipliera par le nombre des volumes, à raison de six deniers pour chacun.
« 0° Si quelqu'un introduit un étranger dans la bibliothèque, il ne devra pas le quitter, à moins qu'il n'y ait là quelqu'un qui consente à rester avec le visiteur. Mais si celui qui a introduit un étranger dans la bibliothèque s'éloignait et le laissait avec une personne de la maison sans s'être assuré que celte dernière consent à accompagner l'étranger, l'introducteur encourrait une amende de six deniers. »
Ces dispositions furent, quelques années plus tard, complétées de la manière suivante :
I. Aucun membre de la société n'entrera dans la bibliothèque sans être en robe et en bonnet.