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, Fig, 53. — La Paix et la Guerre, Allégorie, 1468.
Ecole de Fr. di Giorgio. Couverture peinte d'un livre de « Bicchcrna ■ et «Gabella». Archives de Sienne.
les voyons traçant sur la planchette le titre du livre, les armoiries du camarlingo (trésorier) et celles des quatre magistrats en exercice, le tout très soigneusement dessiné et colorié*.
« Un camarlingo doué de certaine vanité, assez peu monastique, eut la velléité de laisser, sur la couverture
Fig. 56. — Le Camarlingo et 1 Ecrivain de Biccherna, 1353,
couverture peinte d'un livre de « Biccherna » et • Gabella »
Archives de Sienne.
de son livre, sa propre image, en s'y faisant représenter assis à son bureau devant ses livres et sa pecunia. Son exemple eut des imitateurs, et suivant les moyens, le goût ou la vanité de ces magistrats, la planchette supérieure fut plus ou moins ornée par la main d'habiles
"Au commencement du xix" siècle, Renouard, observait qu'on avait vu en France quelques volumes reliés en vélin ou en parchemin blanc, avec des figures ou ornements dessinés sur les couvertures ; ces dessins étaient toujours de médiocres copies, soit d'après quelques-unes de ces compositions de l'antique que l'on retrouve partout, soit d'après des gravures. Cet amateur
artistes. Ceux-ci, ayant dès le xiii° siècle créé une école bien digne de se mesurer avec celle qui, à Florence, s'honorait des noms de Cimabue et de Giotto, pouvait-on s'en tenir à des blasons et au peu de variété qu'offrait l'image de l'éternel caissier et de son bureau? Évidemment non.
^ Aussi, dès l'origine du xiv« siècle, l'usage de laisser leurs livres ornés de peintures se trouve, pour les magistrats de la Biccherna et de la Gabella, définitivement établi. Par la suite, de la petite couverture du xiii^ siècle, peinte en sa moitié supérieure, on arrive successivement jusqu'à la toile du xvii° siècle, qui se mesure par plusieurs mètres. »
Constatons en passant, qu'à la fin du xix« siècle, la mode est revenue à ces couvertures peintes, d'un très grand intérêt artistique.
Le genre tout particulier d'ornements compliqués qui se montrent, en Allemagne et en Lombardie: à la fin du xv^ siècle, dans les miniatures des manuscrits,
possédait un Virgile in-S» ainsi décoré, un autre Virgile in-f» se trouvait dans la bibliothèque Gaillard.
Renouard ajoutait à cette remarque : « Des artistes médiocres m'avaient assez passablement fait de ces peintures que l'on voit sous la dorure des tranches, autre sorte d'ornement pratiqué en France dès le xvi" siècle et que les Anglais ont renouvelé d'une manière très remarquable. Je voulus faire exécuter à Paris quelques reliures ornées de dessins à l'extérieur, mais avec la supériorité qui appartient à la France dans la production des arts. Sur un Temple de Guide, grand in-i°, de Didot l'aîné, orné à l'intérieur de dix beaux dessins de J.-B. Regnault, Moreau m'avait dessiné deux compositions charmantes.
« Il me sembla ensuite que deux paysages seraient, pour un bel exemplaire de VHomme des Champs, de Delille, un ornement aussi agréable que de bon goût. Je m'adressai encore à Moreau : il me remit deux charmantes compositions, que l'on doit compter parmi ses meilleurs ouvrages. »
Fig. 37 et 58. — Reliures en peau de truie estampée (xv siècle).
Fig. 59 et 60. — Reliures en cuir gravé et ciselé, avec coins en métal (xv* siècle).
Fig. 61. — Reliure en parchemin gaufré à froid (xvi* sièclej.
dans les ornements typographiques des incunables milanais, se manifesta également dans les fers de reliure. . Parmi les cuirs employés avant le xix« siècle, on distinguait à l'origine, c'est-à-dire pendant la fin du xV siècle et le début du xvi"^, le veau, le cuir de vache,
Fig. 62. — Reliure véiiilienne (lia du xvi" siècle).
la peau de truie blanchie, la basane ou peau de mouton, et enfin le vélin et le parchemin de diverses couleurs*. Avec les années, le progrès et le goût vont
• En n'insistant pas sur l'usage du vélin et du parchemin, nous ne voulions pas omettre d'en parler, mais ces deux peaux, subissant des préparations particulières qui leur enlèvent leur apparence normale, exigent un travail tout spécial. Les livres recouverts avec ces peaux sont d'un effet fort gracieux dans
Fig. 63. — Pièce de cuir peint, doré et rehaussé de gravure au fer chaud. Travail vénitien (xvr siècle).
augmentant la richesse des décorations polychromes; l'imitation ininterrompue de l'Orient contribue à perfectionner les genres de reliure; on fait bouillir le cuir colorié en noir, on l'amollit et on le façonne au fer chaud, en forme de bas-relief, laissant le fond pointillé et donnant ensuite, à l'ensemble, un brillant avec des vernis spéciaux ou avec l'albumine.
La reliure en cuir doré revêt une forme singulière et pittoresque pendant le cours du xvi"^ siècle. Le cuir mouillé est comprimé avec des matrices spéciales ou modelé en reliefs géométriques, de manière à offrir presque la reproduction d'un plafond à petits caissons. Dans ce cas, la surface du cuir, traitée au plâtre, était lissée et brunie, puis peinte en couleurs vives de laque et de vert, sur lesquelles on traçait à la fin des petites ileurs et des méandres de style oriental. On voit si évidemment dans ces travaux le caractère des productions de l'Orient, qu'on pourrait considérer ce pays comme ayant été le premier inspirateur de modèles artistiques si délicats, et si achevés.
Ce genre d'impression se modifie aussi avec le temps ; quelquefois le cuir n'est employé que pour le dos du livre, ou soigneusement sculpté, pour former les reliefs des petits caissons.
L'introduction du maroquin du Levant, ainsi que le cuir de Russie, transforma en partie les reliures de luxe. Le chagrin, qui pouvait être d'abord de la peau
leur blancheur immaculée; lorsqu'elles sont rehaussées par des filets d'or, elles deviennent fort riches. On sait quel judicieux emploi les Italiens et les Hollandais ont fait du parchemin dans la reliure.
d'âne à gros grains, se fait artificiellement, de nos jours, par l'impression du graine sur les basanes. Le veau et la basane étaient employés dans leur couleur naturelle, tel que ces cuirs sortaient de la tannerie, d'où les dénominations de veau et de basane fauve ; le racinage, le jaspage et autres couleurs, appliquées sur le fauve
Fig. 64. — Reliures en peau de truie estampée (xv* siècle).
du cuir, ne furent réellement en usage qu'à la fin du xyii"^ siècle, et pendant tout le xvni'^.
La peau de truie était généralement blanchie ; le maroquin, au contraire, affectait toutes les nuances, le plus souvent à tonalités foncées : rouge cardinal, ponceau, bleu de roi ou azur foncé, vert olive foncé, vert d'eau ou de feuille.
Pendant les xvii'' etxviii'= siècles, les teintes s'éclaircirent insensiblement, les tons ne furent plus uniformes ; les amateurs, s'inspirant peut-être des étoffes
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