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Fig. 6a.— Type de la décoration d'une reliure pour Thomas Maïoli (rvi* siècle). Entrelacs bleus, blancs et rouges.
Fig. 66. — Type de la décoration d'une reliure pour Thomas Maïoli (xvi* siècle). Compartiments cerclés d'or, fers azurés, et pointillé.
claires, chatoyantes que portaient les femmes, voulaient que l'enveloppe de leurs livres fût plus gaie, qu'un rayon de soleil, un sourire animât les reliures, que leurs lluides nuances s'évaporassent parmi les rayons de leurs bibliothèques. Les reliures en mosaïque * bleu^de ciel, citron, orange, rose ou gris perle, vert pâle et vert olive, furent de mode sous la Régence et pendant le
règne de Louis XV. On sait que les filles de Louis XV, Mesdames de France, avaient adopté une couleur
* On appelle reliure en mosaïque, une reliure dont le plat et le dos sont décorés d'ornements en maroquin de diverses couleurs, rattachés par des filets exécutés en or. Jusqu'à la fin du xvii" siècle, on employait le procédé en usage à Florence pour la mosaïque en pierre dure, dit procédé dHiicrustation. Au xviii' siècle, au contraire, on adopte la méthode d'application. Les morceaux de maroquin de couleurs diverses, au lieu de venir remplir des interstices découpés dans le maroquin, sont collés sur le fond, auquel on laisse toute son intégrité. Cette dernière méthode a l'avantage de conserver à la reliure sa solidité primitive; elle a été suivie sans exception par les Padeloup et par les Derome (Voir fig. 200 et 201).
parliculière pour la reliure de leurs livres : Madame Adélaïde avait choisi le maroquin rouge, Madame Sophie, le maroquin citron, et Madame Victoire, le maroquin vert olive ; les gardes de leurs volumes étaient le plus souvent en cuir aminci, en étoffe de soie chatoyante
Fig. 70. — Reliure en tapisserie de soie au petit point (xvii* siècle).
pour les reliures de grand luxe. Dans le travail qu'il a consacré à la description d'un Catalogue de fers à dorer au xv!!!*^ siècle, M. le vicomte de Savigny de Moncorps, mentionne que l'on conserve, aux archives de l'Arsenal, un mémoire de livres par Gollombat, précieux tant au point de vue des détails qu'à celui du prix de la
Fig. 71. — Type de la décoration d'une reliure pour Jean Grolier
(XVI* siècle).
Entrelacs de diverses couleurs, et pointillé.
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Fig. 72. — Type de la décoration d'une reliure pour Jean .Grolier.
Style Lyonnais (xvi' siècle).
Entrelacs de diverses couleurs, fers azurés et fers à or plein.
reliure elle-même. Ce document topique, pour l'histoire de ce petit manuel officiel de poche qui a nom Calendrier de la Cour, donne la composition exacte de la fameuse « boëte à almanachs » commandée chaque année pour le Roi, et marque soigneusement les différences de reliures, suivant le rang et l'importance des personnages auxquels elles étaient destinées. Reliures à compartiments de différentes couleurs, ornées de peintures sous mica, avec chiffres et armoiries, pour les grands seigneurs; dentelles à petits fers, armes poussées en or sur des plats ou attributs emblématiques pour les personnages de moindre importance ; reliures en maroquin ou en veau façon écaille, doublées de tabis ou de papiers à fond d'or, et même simple brochage de papiers d'ornement, pour les exemplaires ordinaires destinés au service des officiers subalternes de la maison du Roi. Cette échelle du luxe et des situations sociales, par le livre, va des reliures les plus riches aux couvertures les plus humbles.
Les couvertures de livres furent, à l'origine, chargées de coins métalliques, de clous à têtes saillantes, parce que le livre était couché au lieu d'être placé debout, ainsi que de fermoirs à griffes en métal, le tout gravé au burin de traits flabellés ou pointillés, mais sans dessins caractéristiques. L'ensemble était solidement fixé, au moyen de rivets, dans les ais en chêne recouverts de cuir brut ou à peine écru ; de simples filets à froid, réunis parallèlement, sillonnaient les plats, les coupant en diagonales et allant aboutir aux angles où étaient fixés les clous, au milieu était placé un ombilic. C'était
la première ornementation appliquée à la reliure; le brillant et l'éclat du métal ressortaient sur le fond du cuir ou du parchemin employés, et atténuaient la sévé-
Fig. 73 à "y. — Fers monastiques h froid (.\v° siècle). Origine de 1 "ornementalion de la reliure.
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Fig. 80 à 91. — Fers à dorer (xvi* siècle).
rite de son ensemble; puis est venue la décoration dite monastique. Avec la Renaissance, l'art de la reliure se développe; sa décoration va en s'harmonisant en élégance et en finesse de motifs. Le décor, les dessins se multiplient à l'infini ; l'humble feuille de lierre
Fig. 9-2. — Etude sur la distribution des surfaces (Alsace), (fin du XV' siècle).
Fig. 93. — Type de la décoration d'une reliure de Geoffroy Tory (XVI* siècle).
aldine se transforme en rinceaux vénitiens, en guirlandes de fleurs, en fleurons ajourés, en entrelacs pleins et évidés, en ornements complets, faits tout spécialement pour les plats. Mais à côté de ces grands motifs, Je
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Fig. 9i à lOo. — Fers à or plein (xvr siècle).
Fig. 106 à 110. — Fers pointillés (xvi* siècle).
Fig. 111 à 117. — Fers azurés (xvi* siècle).
dessins exécutés d'une pièce, il existe des petits fers à sujets spéciaux qui sont l'expression d'une époque, d'un style, et que nous allons examiner.
Il y a d'abord le fer à or plein, nommé fer italien, qui d'une courbe et d'un dessin gracieux, ne laissait pas moins d'être lourd dans ses parties pleines, car l'or s'étalait et faisait tache. On y a remédié par les fers
azurés : les pleins ou creux des filets étaient évidés par des lignes striées, très souvent horizontales, comme imitant la hachure de la couleur azur dans l'art héraldique,
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Fig. 118 à 122. — Fers à dorer évidés (époque de la Renaissance).
Fig. 123 à 126. — Fers à dorer (lin du xvi* siècle).
Fig. 127 à 133. — Fers à dorer (dits à la fanfare).
Fig. 13-t à 137. — Fers à dorer (commencement du xvii' siècle).
d'où son nom, du reste. Enfin les fers furent entièrement évidés à la fin de la Renaissance, si kien que les contours seuls imprimaient leurs arôtes sur les plats ; il y avait déjà une modification de goût. Sous Henri III, on avait perfectionné au plus haut degré les reliures
Fig. 138 — Type de la décoration d'une reliure avec médaillons incrustés,
fers azurés, petits fers et pointillé (troisième période de la Renaissance).
(Milieu du xvi* siècle).
Fig. 139.— Plaque de cuivre, gravée par Souze.au moyen de laquelle la dorure
de la couverlure a lieu par une seule application, contrairement à la
manière dite aux petits fers, qui demande l'art individuel du graveur
et du doreur pour les combinaisons exécutées alors au moyen
de fers détachés.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE HUITIÈiME. 53
en cuir à filets et ornements d'or et de couleur ; la Bibliothèque nationale possède, en ce genre, des reliures de cette époque qui servent aujourd'hui de modèles. Avec la fin de ce règne, disparaissent les légers et gracieux entrelacs, les volutes sveltes et gracilement ondulées; la décoration est plus géométrique, les lignes sont froides, avec des fonds nus sur
Fig. liO à 15-2. — Fers à dorer, coins et milieux (xvii* siècle).
lesquels on pousse les armoiries en plein centre. La brillante facture de Le Gascon vint apporter une innovation agréable ; si l'art et la ligne étaient moins purs dans cette sorte d'ornements, par contre la multiplicité des volutes ramassées, traitées au pointillé, comme filigranées, rendait les reliures d'un effet très saisissant. L'impression de ces contours volutes s'accolant les uns aux autres, leur ont fait donner le nom de reliure à la fanfare. Un autre genre d'ornement,