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Gothique.
Allemand.
Fig. 110. — Alphabet* comparatifi poar k de l'origine de l'imprimerie à la lin
. caractères empl
du xvin* tiècle.
et qu'ils passèrent plus tard de la langue technique dans celle des érudits. »
Les caractères gothiques employés dès l'origine de l'imprimerie et dans les éditions du xve siècle, dit P. Lambinet*, n'ont rien de commun avec ceux que les Goths apportèrent en Italie et en Espagne. Celui dont Ulphilas, évêque arien, Goth de nation, est réputé l'auteur, se nomme gothique ancien, composé du grec et du latin. Le gothique moderne est la consommation de la décadence de l'écriture dans lesxme, xive et xve siècles.
Né dans le moyen âge, avec la scolastique, époque de la décadence des arts et des bonnes études, il est le fruit de la bizarrerie ; c'est l'écriture latine dégénérée et chargée de traits superflus. Ce gothique r qui avait déjà paru dans le xne siècle, s'étendit dans tous les États de l'Europe dès le commencement du xme. Les monnaies, les sceaux, les médailles, les monuments lapidaires, les cloches en furent empreints;, les États du Nord en conservent encore aujourd'hui l'usage.
Ce goût d'écriture se multiplia et fut diversifié selon le génie des peuples et le caprice des copistes dans les manuscrits et les abréviations. Ces caractères, dans l'imprimerie**, sont connus sous le nom de-
* Remarques sur les éditions du xve siècle et sur le mode deleur exécution. Réimprimé dans les Miscellanées Bibliographiques. Paris, Edouard Rouveyre, 1878, in-8°.
** Il existe quelques ouvrages avec gravures qui peuvent donner une idée de la marche progressive de cet art célèbre. Nous citerons celui du docteur Dibdin : Antiquities typographical r 4 vol. in-4°; Bibliographical Decameron, 5 vol. in-8°; Bibliotheca Spenceriana et ses supp., 6 vol. in-8°; de Heinecken, Idée générale
lettres de forme à cause des traits angulaires, pointus, qui rendent la forme de ces lettres plus composée. Ils étaient d'abord destinés en Allemagne, en France, en Angleterre, en Italie, en Flandre, pour les inscriptions publiques, pour les livres d'église, les livres d'images. La Bible des pauvres, Y Histoire de Saint- Jean, le Donat (fîg. 109), et plusieurs autres ouvrages ont été exécutés avec cette espèce de caractères, avant l'invention de la typographie*. Gutenberg,
d'une collection complette d'estampes, in-8°; celui de Jensen, sur V origine de la gravure sur bois, etc., 2 vol. in-8": celui de Langlois, du Pont-de-1'Archc, Essai sur la calligraphie au moyen âge, Rouen, 1854, in-8°.
Nouvelles recherches sur l'origine de V imprimerie, par le comte Léon de Laborde, fac-similé; Paris, 1840, in-4°, rempli d'écriture, vignettes gravées en bois, de belles lettres majuscules, etc. ( >n y trouve une dissertation sur la célèbre gravure du saint Christophe de la Bibliothèque nationale de Paris (voir flg. 129) comparée avec celle du British Muséum à Londres, etc. Les planches sont dessinées et gravées par l'auteur même du Mémoire.
Vue intérieure d'une imprimerie, gravure en bois tirée d'une Danse macabre; L von, 1499, petit in-folio, cité dans le catalogue de Mac-Carthy, n* 2841.
Diverses gravures en bois publiées par Dibdin, BibUographieai Decameron, t. II, p. 118, 119, 120 et 121, d'après des titres de livres de 1500 à 1520.
Dans le livre de Schopperus et Jost Amman, Panoplia sive de artibus mechanicis, in-12, pi. xix (voir fig. 58).
Intérieur d'une imprimerie à gravures, planche de la suite. intitulée : Nova reperla..., composée par Jacques Stradan. et gravée par lui-même, Philippe Galle et quelques autre-. Cf. l'œuvre de Stradan (et voir fig. 121).
Autre intérieur d'imprimerie, dans l'œuvre d'Abraham 1 faisant partie de la suite intitulée : Essai de ta gravure sur !
* Jeté en molle, fondu dans un moule. ( >n s'exprimait ainsi pour désigner d'abord le moule, puis les pièces fondues, el plus tard l'impression et les livres imprimés sur caractères fondus. On dit encore <mi province d'une belle écriture, bc rapprochant de la régularité de l'impression : c'est moulé et d'un enfant qu'il ne lit pas encore l'écriture, mais qu'il lit le moulé. < >n remarquera que les fondeurs avaient le droit de tondre des lettlt
Fust, Schoiffer et la plupart des imprimeurs du xve siècle, ont employé, dans leurs éditions, les lettres de somme, moins chargées d'angles et de pointes que les lettres de forme. Les Anglais les désignent sous celui de black-letter ; les Flamands sous celui de lettres
et cela en 1-260 : c'est une preuve de l'usage des caractères mobiles de l'imprimerie avant la découverte de l'impression.
1227. Item molle ferre um, cum quo ftunt ostie. (Inventaire de Saint-Martial de Limoges.)
1260. Nus lormiers ne puet ne ne doit mètre en œvre nule manière d'œvre gelée en molle, quar èle est fausse. {Livre des Métiers.)
1269. Nus molères ne puet moler ne fondre chose là où il i ait leitres et se il le fesoit, il seroit en la merci le Roi de cors et d'avoir,hors mise leitres , chascune par li, mes en scel ne en deniers, ne en chose qui porte soupeçon, ne puent il moler ne fondre.
1445. Item pour j doctrinal getté en molle, envoyet quérir à Bruges, par Marquât, écripvain à Vallenciennes. ( Mémoriaux de Jean le Robert.)
1460. ij grands molles de cuivre à faire plombets pour les grandes coulevrines et iv petits pour les petites. (Chambre des comptes de Nantes.)
1474. (Les lettres de naturalisation des trois fondateurs de l'imprimerie à Paris leur sont données) pour l'exercice de leurs ars et mestiers de faire livres de plusieurs manières d'escriptures en mosle et aultrement.
1476. Ilem plus unum molle fusti, cum quo est assuetum facere candelas sept. (Inventaire ap. Du Cange.)
1496. Pour cent sols unes heures en parchemin escriptes en moule. A Estienne Joudelle ex sols pour unes autres heures en parchemin escriptes en moulle qu'il a baillées pour MDS. (Comptes du duc d'Orléans.)
1498. Plusieurs livres, tant en parchemin que en papiers, à ia