DES SOUSCRIPTIONS ET DE LA DATE III
L'usage d'exprimer la date d'un livre en chiffres romains remonte aux premiers temps de l'imprimerie et a été adopté par la majorité des imprimeurs.
Si l'emploi des chiffres arabes ne peut être sujet à aucune variation, il n'en est pas ainsi des chiffres romains ; la manière quelquefois bizarre et embarrassante dont les imprimeurs ont modifié les mêmes signes pour exprimer des quantités différentes fait penser que leur but était de les rendre inintelligibles.
La connaissance des chiffres romains n'étant pas seule nécessaire pour se prononcer avec certitude sur certaines dates, et les personnes les plus versées dans cette connaissance étant quelquefois embarrassées et forcées d'examiner avec attention la position de ces signes pour se prononcer avec certitude, nous croyons devoir donner une table des chiffres romains et y joindre des exemples qui mettront les nouveaux bibliophiles à même de connaître les diverses combinaisons employées par les imprimeurs pour augmenter et
modifier la valeur de ces signes numériques.
IIII ou IV
LXXX ou XXC
LXXXX ou XC
ce
= 3oo
VIIII ou IX
CCCC ou CD
= 5oo
DC
DCCCC ou CM
XXXXouXL
On voit par le tableau ci-dessus que le chiffre moindre, lorsqu'il précède un chiffre plus fort, en diminue la valeur de la même quantité dont il l'augmenterait s'il se trouvait placé après.
Ainsi : V vaut 5 , s'il est seul ; il vaut 6 s'il est suivi d'un I (VI = 6), au lieu que si l'I le précède, il ne vaut que 4 (IV = 4).
C'est comme si l'on disait : cinq moins un — cinq plus un. Il en est de même de l'X précédé ou suivi de l'I (IX vaut 9, tandis que XI vaut 1 1), de L précédé ou
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suivi de X (XL vaut 40, tandis que LX vaut 60), du C également précédé ou suivi de TX (XC vaut 90, tandis que CX vaut 110); et ainsi de suite pour tous les chiffres romains placés avant ou après un autre.
Ces explications que nous avons cru nécessaires, et dont un grand nombre de bibliographes n'ont pas dédaigné de s'occuper, paraîtront peut-être superflues à un grand nombre de personnes; aussi, nous hâtons-nous de déclarer que nous ne nous adressons qu'aux nouveaux bibliophiles, que ce n'est que des a connaissances nécessaires à un bibliophile » que nous voulons nous occuper, et que nous ne négligerons rien pour arriver à notre but.
S'il est facile, d'après la connaissance de la valeur des chiffres romains, de savoir quelle est la date ou la quantité qu'on a voulu désigner, lorsque la marche ordinaire a été suivie, il n'en est pas de même de certains ouvrages du xv e siècle et même des siècles suivants, principalement parmi
ceux imprimés en Hollande, dans lesquels
la méthode ordinaire a été intervertie et dont les dates demandent un examen attentif.
Nous allons rapporter ci-dessous celles qui nous ont paru les plus singulières ou les plus difficiles à deviner :
CCCC iiij XX VIII
une un XX Vu)