FUITE DES GRECS
pereur et ses gens viendraient toutefois sur eux^ ils reculèrent vers leurs gens qui étaient sur le rivage^ en sorte que ceux -ci les pouvaient aider de leurs arcs et de leurs engins.
470. Uempereur les tint ainsi assiégés avec ses dix-sept vaisseaux^ tant que le cri poussé du côté de G>nstantinople vint à lui ; et avant que la nuit vînt, il y en eut tant d'arrivés qu'ils furent partout en force sur mer; et ils couchèrent armés toute la nuit, et leurs vaisseaux ancrés. Et leur conseil fut tel que sitôt qu'ils verraient le jour, ils iraient les combattre sur le rivage pour prendre leurs vaisseaux. Et quand vint environ minuit, les Grecs tirèrent leurs vaisseaux à terre, et y mirent le feu et les brûlèrent tous, et délogèrent, et s'en allèrent fuyant.
47 1 . L'empereur Henri et ses gens furent bien contents et joyeux de la victoire que Dieu leur avait donnée, et de ce qu'ils avaient secouru leurs gens. Et quand vint le matin (2 avril 1207), l'empereur et tous les autres s'en vont au château du Chivetot; et ils trouvèrent leurs gens malades et bien blessés la plupart. Et l'empereur et ses gens regardèrent le château, et virent qu'il était si faible qu'il ne valait rien à ^enir. Et ils recueillirent toutes leurs gens sur les vaisseaux, et sortirent du château et le laissèrent. Ainsi retourna l'empereur Henri en Cotistantinople.
ex. Johannis lève le siège cfÂndrinople.
472. Johannis le roi de Blaquie ne se reposa pas, lui qui avait assiégé Andrinople; mais ses pierriers, dont il avait beaucoup, tirèrent de nuit et de jour, contre les murs et les tours, et firent grand mal aux murs et aux tours. Et il mit ses sapeurs aux murs, et maintes fois ils donnèrent. l'assaut. Et ceux qui étaient dedans. Grecs et Latins, se tinrent très-bien; et ils mandèrent bien souvent à l'empereur Henri qu'il les secourût, et qu'il sût que s'il ne les secourait, ils étaient perdus
471. — « A omet etjoiant, — « C, rt tes barons; D, et toute lios. — ^ F, et se^ ^«iç, et virent qn^U estaient sifeible qu'il ne fesoient point à retenir, ne li chastiaus ausint; quar moût estoit afebloiex. — * A, recuillierent to\ lor gen\ ; CDE, si se rentrèrent à toutes (ou si rentrèrent toutes) lor gens, — » C, r/ laisierent vaghe le castel, — • A omet ensi repaira, etc.
473. — » ODE, se reposa, mes ce nefu mie grantment, — « A, quHl avoit. — » A omet et parjor et par nuit.
fin. Et Tempereres ère mtilt destroiz; que quant il voloit ses genz d'Andrenople aler * secore d'une part, Toldres li Ascres le tenoit si destroit d'autre part, si que par estovoir le convenoit à retomer.
473. Et issi fut Johannis tôt* le mois d'avril devant Andrenople; et l'aprocha si de prendre qu'il abati ' des murs et des tors en deus leus trosque en terre^ et si que il pooient venir main à main as espées' et as lances à cels dedenz. Ensinques i fist de nîult granz assaus ^ ^ et cil se défendirent bien ; et i ot mult des morz et des navrez d'une part et d'autre.
474. Ensi con Diex vidt les aventures avenir, li G>mmain qu'il ot * envoie par la terre orent mult * gaaingnié; et furait revenu à Tost d' Andrenople à toz lor gaaienz; et distrent que il n'i remanroient plus à Johannis^ ainz s'en voloient aler en lor terre. Issi se partirent li G>mmain de Johannis; et cum il vit ce, si n'osa remanoir sanz als devant Andrenople '. Ensique s'en parti de devant la vile ^ et la guerpi.
475. Et sachiez que on le tint à grant miracle^ de vile qui ère aprochie de prandre con ère ceste^ que il la laissa^ qui hom si poeteis ère * . Ensi con Diex vielt les choses *, si les convient avenir. Cil d' Andrenople ne tardèrent mie de mander l'empereor que il venist tost por Dieu \ que seust de voir ' que se Johannis li rois de Blaquie retomoit *, que il estoient mort ou pris *.
476. L'empereres, à tant de gent con il avoit *, fu atomez d'aler à Andrenople. Et lors li vint une novele qui mult fu griés, que Esturions *, qui ère amirals des galies Toldre l'Ascre, ère entrez à dix et sept galies en Boche d'Avie, el Braz Saint George, et fu venuz en