‹ Conquête de Constantinople (volume 2)Chapitre 195 sur 309 · II. L*empereur Henri marche contre Burile roi des Bogres · texte numérisé non relu

II. L*empereur Henri marche contre Burile roi des Bogres

504. Il advint à une Pentecôte ( juin 1 207 ), dit Henri, que l'empereur était en séjour à Constantinople^ lorsque nouvelles lui vinrent que les Comains et les Blaques étaient entrés en sa terre^ et qu'ils malmenaient fort ses gens. L'empereur donc fit aussitôt convoquer ses troupes ; et quand elles furent assemblées^ il conunanda que tous sortissent après lui; et on obéit à son commandement. Puis l'empereur fit tant qu'il vint avec son armée en des prés qui sont au-delà de Salembrie ; et il commanda à son armée de camper y et il attendit là jusqu'à tant que tous furent assemblés, ou peu s'en fallait.

505. Alors l'empereur partit de Salembrie^ et chevaucha toujours

en furent tnolt dolent et moût coroueie\; et ce nefu pas de merveille. Mes à tant en lesse ore H contes à parler^ et retome à l'empereur de Costentinoble pour conter comment il desconfst Ihaut home Grieu qui Bucles estoit apelés; et cil Bucles guerroioit I sien cousin germein, qui avoit non Esclas* Or avint, ee dit H contes, que li empereres Henris estoit, etc. Le manuscrit G, qui n'a ni le prologue de CDE, ni la transition de F, continue ainsi le récit. Or vou : dirons de Pempereour Henri qui séjournèrent {sefoumoii) en Constantinoble, Nouvelles li vinrent, etc. — > D, malmenaient sa terre.

3o8 HISTOIRE DE L^EMPEREUR HENRI.

adiès avant contre Commains et Blas ; et tout adiès croissoit li os de jor en jour. Ke vaut chou ? Tant erra k'il vint en uns prés par delà Andrenople^ et dont primes fu toute se gens parvenue^ si se logierent. Lors prisent consel ke il iroient vers Blaquie * por requerre Tayue et le forche d'un haut hom ki avoit nom Esclas, et estoit en guerre contre Burille (ki ses cousins germains estoit)^ por chou ke chil Burilles li avoit tolue se tierre en trahison. Et s'il pooient avoir celui en lor aide % il envaïroient Burile seurement *.

506. Lors commanda li empereres ke li os chevauçast, comme chil ki molt avoit grant desirrier de trouver Burille son anemi ; car Johanisses^ ses oncles^ li avoit ochis son frère Tempereour Bauduin : dont molt fu grans ^ damages à le gent de Flandres et de Haynau. Ke vous diroie-jou plus? Li empereres vint à Berua * ; là dormirent le nuit ' ; et quant che vint au demain ke li solaus fu levés, Burilles lor vint en larrechin et lor fist une envaïe. Et lors n'avoit de toute nostre gent * armés fors ke l'arriere-garde et Tavant-garde.

507. Ki dont fust là, molt peust veir asprement paleter et bierser les uns contre les autres. Et por cheke nostre gens n'estoit encore conreée *, se elle auques en fu espoentée che ne fu mie mervelle *. Car se tout chil ki sont en Roumenie fussent encontre Burille et les siens, et si evussent en lor aïe toz cels de Flandres • et de France et de Normendie, n'i pevussent il là riens conquerre, se Dex proprement ne lor aidast.

5o8. Uns chevaliers de Hielemes*, ki Lyenars avoit non, preudom durement et de grant * pooir, pierchut Torguel et le beubant ki iert en eus, et ot pitié de chou k'il biersoient * si cruelment le nostre gent. Si mist arriere-dos tote couardie, et se feri en els Tespée traite. Et nonporquant, por chou ke il assambla sans commandement, li preudome

505. — « C, Blaque, — « C, avoir Paide de celui; E, avoir de celui Vaie; F, et$e alide [aiide) de celui Esclas avoit, ^^ G, car se il avoit Paide de Esclas^ mieudre pomoir averoit de grever ses anemis.

506. — « C, il fut molt très grant. — « DEF» Benu^ ou Bernai. - » G, celle nuitjnt à Benud, — 4 C, car de toute nostre gent n^avoit plus de.

PROUESSE DE LIÊNARD. 3o9

de Pavant contre les Comains et les Blaques ; et toujours Tannée croissait de jour en jour. A quoi bon ce discours? Il marcha tant qu'il vint en des prés par-delà Andrinople^ et dès que ses gens furent tous parvenus^ ils se logèrent. Alors ils résolurent qu'ils iraient vers la Blaquie pour requérir l'aide et l'appui d^un haut homme qui avait nom Esclas^ et était en guerre contre Burile (qui était son cousin germain)^ parce que ce Burile lui avait pris sa terre en trahison. Et s^ils pouvaient Tavoir en leur aide^ ils attaqueraient Burile sûrement.

506. Alors l'empereur commanda que Tannée chevauchât^ vu qu^il avait bien gbuid désir de trouver Burile son ennemi ; car Johannis^ Toncle de Burile^ lui avait occis son frère Tempereur Baudouin : et ce fut un bien grand dommage aux gens de Flandre et de Hainaut. Que vous dirais-je de plus? L'empereur vint à Berua ; là ils dormirent toute la nuit; et quand ce vint au lendemain que le soleil fut levé, Burile leur vint furtivement et leur fit une attaqué. Et alors de toutes nos gens il n'y avait d'armés que Tarrière-garde et Tavant-garde.

507. Qui eût été là, les eût pu voir âprement combattre et tirer les uns contre les autres. Et parce que nos gens n'étaient pas encore en ordre, s'ils en furent un peu épouvantés ce ne fut pas merveille. Car si tous ceux qui sont en Romanie eussent été contre Burile et les siens, et eussent eu en leur aide tous ceux de Flandre et de France et de Nonnandie^ ils n'y eussent pu là rien gagner, à moins que Dieu même ne leur aidât.

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